Vers un regroupement des grandes écoles de commerce ?

L’Institut Montaigne propose 10 recommandations pour la gouvernance des écoles de commerce françaises dans un rapport intitulé « Business schools : rester des champions dans la compétition internationale« . Ce rapport fait le constat que ces écoles semblent atteindre les limites de leurs performances et que leur avenir suscite des inquiétudes. Ici aussi (voir http://science-innovation-developpement.com/financement-du-superieur-vers-une-regle-des-3-tiers/) la question du modèle économique est posée.

Pour favoriser une vraie mixité sociale, ce rapport suggère que l’État s’engage à mieux financer ces écoles contre une plus grande ouverture aux boursiers. De plus, le rapport propose que l’État débloque 100 à 300 M€ pour créer 5 à 6 regroupements universités-business schools.

De plus, et dans le cadre des réflexions globales sur la stratégie nationale de l’enseignement supérieur, il est intéressant de prendre en compte les effets de la future loi Mandon (votée en première lecture au Sénat le 5 novembre dernier), qui permettra aux écoles consulaires de s’autonomiser de leur CCI. Même si c’est une avancée tant en termes de financement que de gouvernance, … par les gains d’autonomie et de souplesse de gestion qu’il permet, … les investisseurs privés hésiteront à s’engager – surtout s’ils sont internationaux – dans un schéma où les CCI restent nécessairement actionnaires à 51 %. Le rapport évoque alors 2 possibilités :

  • favoriser l’intégration de business schools devenues autonomes dans l’écosystème des grandes universités publiques, dans une logique de synergie écoles/IAE/facultés de gestion,
  • pratiquer une plus grande ouverture de l’actionnariat des écoles à des investisseurs privés intéressés, dans le cadre d’un portefeuille d’établissements par exemple, à avoir des parts dans une école labellisée par les accréditeurs internationaux.

Voici les 10 propositions contenues dans ce rapport :

  1. Initier une stratégie de développement en Afrique
  2. Faire encore davantage des business schools une force motrice pour l’entrepreneuriat
  3. Moduler les droits de scolarité pour une vraie mixité sociale
  4. Faire des business schools les pionnières en France d’une filière de bachelor d’excellence
  5. Revisiter le doctorat en gestion
  6. Encourager des regroupements universités-business schools et créer des pôles compétitifs à l’échelle internationale
  7. Faire des business schools des opérateurs d’excellence de la formation continue
  8. Sécuriser le financement des business schools en permettant des levées de fond de grande ampleur et une évolution du droit de tester
  9. Miser sur le numérique pour faire évoluer le modèle économique des business schools
  10. Mettre en place une gouvernance représentative des acteurs du financement et de l’écosystème de chaque école

http://www.institutmontaigne.org/fr/publications/business-schools-rester-des-champions-dans-la-competition-internationale

Signalons aussi le palmarès annuel des masters en management du Financial Times, récemment paru. Un point intéressant est que l’un des critères utilisé est la rentabilité du point de vue de l’étudiant : le rapport entre les frais de scolarité en master et le salaire moyen des diplômés trois ans après leur sortie. La question des critères est un point particulièrement important où le clivage avec la « culture anglo-saxonne » est fort. Mais ceci est une autre histoire…

http://rankings.ft.com/businessschoolrankings/masters-in-management-2014

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