Pour un livre blanc science – société

Les combats entre connaissance et croyance ne doivent pas être préemptés dans les débats par des « croisés ». Or « nous ne pouvons pas dire les connaissances dans les termes des croyances » selon les mots d’Etienne Klein.

On ne peut donc que se féliciter du lancement, à l’OPECST le 14 novembre dernier, de la rédaction d’un Livre Blanc « société, recherche, enseignement supérieur » selon le principe d’une auto-saisine d’Allis.

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Allis est une association qui vise à développer et promouvoir les coopérations entre la recherche, l’enseignement supérieur et les acteurs sociaux et socio-économiques grâce à :

  • une alliance entre les institutions d’enseignement supérieur et de recherche, les associations, les institutions de finance et d’investissement, la fonction publique, les entreprises et les collectivités locales et territoriales
  • un haut niveau de confiance de nos concitoyens dans le rôle des sciences et de la recherche dans nos sociétés
  • une implication et une mobilisation de tous les acteurs impliqués

Parmi ses modes d’actions figurent :

  • Animer le débat public
  • Renforcer les capacités d’initiatives des acteurs de la société civile
  • Soutenir les initiatives des institutions de l’enseignement supérieur et de recherche
  • Favoriser le croisement des savoirs académiques, d’action et d’expérience
  • Accompagner les collectivités territoriales et leurs politiques publiques

Le « Livre Blanc Société, Recherche, Enseignement supérieur » a vocation à :

  • repérer et mettre en lumière un ensemble significatif d’expériences originales
  • contribuer à un diagnostic partagé
  • effectuer des recommandations envers les puissances publiques et les acteurs impliqués

La rédaction de ce Livre Blanc s’appuiera en particulier sur les travaux du colloque-forum « Réinventer l’alliance sciences-sociétés » qui s’est déroulé en janvier 2015 dont les principales conclusions sont  les suivantes :

  • les relations science–société constituent un ‘continent invisible’, où se multiplient les initiatives,
  • une somme d’initiatives ne fait pas une politique ; des accompagnements institutionnels et de nouvelles politiques publiques sont nécessaires. Ces nombreuses relations sont morcelées, au point que la conscience de leur nature échappe souvent aux acteurs eux-mêmes, empêchant tout effet cumulatif et les confinant aux marges des entités de recherche et d’enseignement supérieur comme de la société civile,
  • les acteurs territoriaux (notamment les collectivités et grandes métropoles) sont de plus en plus attentifs à accompagner, comprendre et incorporer ces dynamiques à leurs agendas et schémas stratégiques, et dans les processus d’élaboration des politiques publiques,
  • les acteurs de l’investissement et de la finance en viennent à considérer ces coopérations acteurs- chercheurs comme prometteurs en termes de projets pour un développement soutenable,
  • les institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche commencent à prendre la mesure de ce potentiel de projets communs.

Les travaux s’appuieront aussi sur les travaux des Groupes de travail Alliss,
des auditions de personnalités, des rapports récents sur des sujets connexes (cf le rapport Houllier sur Les sciences participatives en France, voir http://science-innovation-developpement.com/pour-de-meilleures-sciences-participatives-en-france/ ), et des contributions individuelles (4 pages maximum à envoyer à contact@alliss.org).

Ce Livre Blanc devrait être publiée fin mars 2017.

Comme l’a signalé Jean-Yves le Déaut, président de l’OPECST, la science doit être considérée comme un bien commun. La technology assesment nécessite la poursuite de la démocratisation des savoirs. Des acteurs non académiques doivent pouvoir s’exprimer. Il faut se méfier des amalgames entre la science et ses applications.

Dans la problématique « démarches scientifiques rationnelles versus croyances », souvenons nous de Bernard Russel : « Tout le problème de ce monde, c’est que les idiots et les fanatiques sont toujours si sûrs d’eux, tandis que les sages sont tellement pleins de doutes. »

Il est vrai que les anglo-saxons parlent de popular science. C’est effectivement mieux de parler de science populaire et de populariser la science que de vulgarisation de la science…

http://www.alliss.org

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