Perspectives Énergies 2050

A l’heure où le ministère chargé de la transition écologique change de leader et où la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie de la France doit être définie pour les prochaines années, il est intéressant de ressortir un « rapport » sur les perspectives énergies 2050 regroupant de nombreuses contributions de « sachant ». Le point intéressant est que toutes les sensibilités se sont exprimées parmi la cinquantaine de contributeurs, industriels, chercheurs, professeurs, responsables de grandes administrations, leaders d’ONG, …. Nonobstant la diversité des rédacteurs, un grand nombre de points de convergence apparaissent sans toutefois gommer d’autres points de divergence.

Convergences, d’abord sur la difficulté du travail prospectif et l’impossibilité structurelle à prévoir les ruptures. L’augmentation de la population mondiale, son urbanisation dans des villes fréquemment situées à côté des mers et océans forgent le contexte humain et géographique commun.

La nécessité de lutter contre les émissions de CO2 est incontestée.

La demande mondiale d’énergie en 2050 est prévue stable ou en hausse par la quasi-totalité des contributeurs, face à une offre où, globalement, l’énergie ne manquera pas.

Pour tous, l’électricité s’imposera en tant qu’énergie finale, en forte croissance si ce n’est dominante. Sa distribution sera moins centralisée et organisée dans des réseaux intelligents.

Dans des proportions variées, les énergies solaire, éolienne et gazière devraient se développer. L’importance du stockage d’électricité est soulignée tout comme ses insuffisances technologiques actuelles et l’attente de progrès majeurs.

Pour finir, la nécessité d’efforts de sobriété et d’amélioration d’efficacité énergétiques est unanimement affirmée.

Au-delà de ces convergences, apparaissent des vues prospectives diverses, voire opposées, ce qui n’est pas surprenants, eu égard à la diversité culturelle des rédacteurs.,

Face à la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique, certains prévoient des transitions énergétiques rapides alors que d’autres soulignent le long horizon de temps des investissements énergétiques imposant des évolutions lentes. De la même manière, une taxation du CO2 plus ou moins universelle est à portée de main pour les uns et quasi inaccessible pour les autres.

La structure de la fourniture d’énergie ne fait aucun consensus. Pour les uns, en 2050, les énergies fossiles resteront largement majoritaires avec un pétrole maintenant plus ou moins son usage au niveau de production actuel et un charbon, certes « propre », continuant à être largement exploité. Pour d’autres, en 2050, les énergies renouvelables seront devenues dominantes. L’hydrogène sera pour les uns un vecteur structurant, surtout pour les transports, alors qu’il est souvent par ailleurs totalement ignoré.

Un fort développement de l’énergie nucléaire n’est pas un scénario réellement envisagé, sauf exceptions. En revanche, son maintien, voire une croissance modérée, est retenu fréquemment. La dispersion d’opinions porte en grande partie sur sa mise en œuvre : 3èmegénération, 4èmegénération, petits réacteurs ? A titre personnel, je m’interroge toujours sur la capacité intellectuelle à être à la fois pour le transport électrique et contre l’énergie nucléaire. Rappelons qu’un Allemand a un bilan carbone deux fois plus mauvais qu’un Français. Sans même parler de l’impact écologique global des batteries…

Si l’importance de la recherche et développement dans les domaines de l’énergie est fréquemment soulignée, certains attendent et considèrent comme acquis l’apport d’avancées substantielles, voire de ruptures, d’autres soulignent le caractère imprévisible des fruits de la recherche et la faiblesse des niveaux d’investissement.

Outre ces convergences et divergences, des approches spécifiques ont été présentées. Pour n’en citer que trois, retenons la criticité de la forte consommation de ressources minérales (par exemple le lithium) pouvant déboucher sur des impasses de disponibilité, la problématique de la consommation croissante d’énergie électrique dans un monde toujours plus numérisé et l’importance de la prise de conscience individuelle d’une responsabilité énergétique.

Pour finir, le rapport souligne le pessimisme général quant à l’atteinte des objectifs de la COP21.

Ma touche personnelle : la seule bonne énergie est celle qu’on ne consomme pas !

Et savez-vous que la consommation de l’ensemble des appareils électrique « en veille » nécessiterait…. une tranche nucléaire !

http://academie-technologies-prod.s3.amazonaws.com/2018/08/20/12/30/01/604/Livre_PerspectivesEnergies2050_web.pdf

Voir aussi Terra Nova – Pour un débat serein sur la Programmation Pluriannuelle de l’Energie : une stratégie claire pour le secteur électrique http://tnova.fr/system/contents/files/000/001/603/original/Terra-Nova_Note-PPE_270628.pdf>

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