Déc 29

Pilotage de la recherche par son impact

La dépense nationale de recherche et développement (DNRD) s’est élevée en 2014 à 51,4 Md€, soit 2,4 % du PIB dont 19,9 Md€ (38%) par les administrations, donc le budget de l’Etat.

EESR10_R_26_01

On ne peut donc que saluer la démarche du CIRAD qui a mis au point une méthode participative pour évaluer l’impact de la recherche appelée ImpresS (Impact des recherches au Sud / IMPact of RESearch in the South)
logo CIRADLa recherche est de plus en plus appelée à démontrer son utilité et son impact sur la société. Preuve en est la structuration des stratégies nationale et européenne de recherche en défis sociétaux, voir en particulier http://science-innovation-developpement.com/anatomie-comparee-des-defis-societaux-dans-la-snr-et-h2020/.

Pour certaines disciplines, les résultats de la R&D diffusent rapidement dans le public. Pensons au numérique. Mais il est clair que, en général, les impacts de la recherche, et de la recherche agricole pour le développement, en particulier, se construisent sur le temps long et sont très diversifiés — positifs, inattendus, négatifs. Comme le remarquent les chercheurs du Cirad, les bailleurs de fonds et les décideurs politiques ont donc une double attente vis-à-vis des chercheurs et de leurs institutions : montrer de manière convaincante comment les investissements publics dans la recherche produisent d’une part des résultats scientifiques d’excellence et contribuent d’autre part à des innovations ayant un impact tangible sur le développement.

Pour évaluer ces impacts, la méthode ImpresS intègre le point de vue des acteurs de terrain. Elle a été testée sur 13 projets de recherche du Cirad et de ses partenaires.

1708 Impress 2

Un exemple peut être fourni.
1708 Impress

ImpresS, utilisée en ex post, vise à répondre aux questions suivantes :

  • Quels changements ont affecté la société dans la durée, à la suite des interventions de recherche ?
  • Comment ces changements se sont-ils produits et pourquoi de cette manière ?
  • Quelle a été la contribution réelle de la recherche ?
  • Quelle est la diversité des impacts associés à ces changements, leur intensité et leur ampleur ?

L’application de cette méthode a fait ressortir 3 points particuliers :

  • Interagir avec tous les acteurs est essentiel pour produire de l’impact
  • Le renforcement des capacités au cours du processus d’innovation est un catalyseur pour engendrer les impacts
  • Les impacts sont diversifiés et se construisent sur le temps long

Ces points ont des conséquences sur les institutions de recherche :

  • Assumer les multiples rôles de la recherche et s’impliquer dans les systèmes d’innovation
  • Favoriser les interactions avec les acteurs de l’innovation et les acteurs politiques
  • Expliciter les hypothèses de chemins de l’impact

Existent aussi des conséquences/recommandations pour les commanditaires et les bailleurs de fonds de la recherche :

  • Considérer une large gamme d’impacts possibles
  • Inscrire l’action dans le temps long
  • Ajuster la programmation en fonction du suivi des hypo- thèses d’impact

En conclusion, le Cirad note qu’améliorer l’impact de la recherche signifie se défaire de l’illusion de la promesse de l’impact à très court terme et promouvoir, auprès des chercheurs comme des bailleurs de fonds, une meilleure compréhension des mécanismes à l’œuvre pour générer l’impact sur des pas de temps plus longs. Seule une « culture de l’impact », fondée sur cette compréhension, attentive à capitaliser sur les expériences collectives, s’appuyant sur des outils rigoureux et asso- ciant tous les acteurs, peut garantir la capacité d’avoir de l’impact.

http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/articles/2017/ca-vient-de-sortir/perspective-n-42-depasser-la-promesse-de-l-impact-pour-piloter-la-recherche

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire
Déc 22

Sèmè City : un projet de cité internationale de l’innovation et du savoir

Joyeuses fêtes de Noël à tous !

Au titre de parangonnage, il est intéressant de voir quelle peut être l’approche d’autres pays en matière de développement de cluster, centre d’innovation et autre « pôles ou communautés d’universités et d’organismes »…

Bénin logo

Lancée dans le cadre du « Bénin Révélé », programme d’investissement et de développement sans précédent, Sèmè City est un projet unique en Afrique.
Seme City Logo

Ce projet est porté par la Présidence de la République du Bénin. Cette cité dédiée à l’innovation et au savoir a vocation à rassemble des institutions de formation de haut-niveau, des centres de recherche et de développement ainsi que des incubateurs de solutions innovantes pour répondre aux défis du Bénin et de l’Afrique

L’idée est de former une nouvelle génération de talents et favoriser l’éclosion de nouveaux modèles de croissance inclusive et durable fondés sur l’« Innovation Made in Africa ».  L’enjeu est clair : répondre aux défis économiques du Bénin et plus globalement de l’Afrique, pour offrir des opportunités d’avenir à la jeunesse du continent.

images Seme City

L’ambition affichée est de sortir environ 200 000 étudiants diplômés des écoles et universités de Sèmè City d’ici 2030, et de créer plus de 190 000 emplois directs et indirects, dont 1/3 d’auto-emplois.

Les activités de Sèmè City sont organisées autour de 5 grappes interdisciplinaires :

  • Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques
  • Arts, Design et Sciences Humaines et Sociales
  • Agriculture, Nutrition et Ressources Naturelles
  • Santé et Sciences de la Vie
  • Management, Administration et Entrepreneuriat

Un appel international à projets a été lancé afin de nouer des partenariats stratégiques pour le développement de Sèmè City. Cet appel s’est clos le 15 novembre et les partenaires retenus seront connus le 31 janvier 2018.

semecity1

Pour la chargée de développement du Programme, Claude Borna, Sèmè City sera consacrée à l’incubation, l’innovation, la recherche et à la formation. C’est en quelque sorte, une ‘’usine’’ de recherche et d’invention qui puise sa substance de la nature et des réalités endogènes. Sèmè City affirme-t-elle sera une citée écologique qui sera bâtie sur une architecture moderne. Pour elle, les challenges actuels imposent une formation adaptée. La science doit être selon elle une réponse aux défis de notre temps mais aussi des générations à venir. Centre d’éducation Benin City sera également un centre de génie, et de futurs entrepreneurs. Nous aurons un campus avec des villages étudiants, de chercheurs et d’entrepreneurs. Le souci est de rapprocher ces deux mondes qui font des choses extraordinaires, mais qui n’arrivent pas à capitaliser. Bénin city, c’est selon elle la rupture dans le modèle de formation.  Nous avons à disposition 20 hectares de forêt. Ceci sera entièrement réhabilité et servira d’expérimentation pratique. Nous aurons des formations académiques d’excellence. Ce sera des centres d’excellence avec des secteurs de pointe et des universités de recherche. Mais nous aurons aussi des formations spécialisées. La finalité de tout ceci est de trouver des réponses à chaque problème de développement qui se pose.

1710 Seme

http://semecity.com

 

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire
Déc 15

CIR et compétitivité française

En France le soutien à la R&D industrielle s’appuie sur des règles simples et stables, au coût maîtrisé. C’est le maintien de la compétitivité par les coûts de la recherche qui garantit une évolution favorable des effectifs de recherche sur le territoire national. Le CIR y est pour beaucoup.

Telles sont les principales conclusions de l’enquête annuelle sur la comparaison internationale sur le cours du chercheur que vient de publier l’ANRT dont les éléments importants sont repris ci-dessous.

Il ressort aussi de cette étude que la France maintient sous la pression son attractivité internationale.Alors qu’en France le soutien à la R&D industrielle s’appuie sur des règles simples et stables, au coût maîtrisé, les autres pays phares en matière de R&D cherchent encore leur modèle. Le rapport note aussi que la Chine attire à présent les chercheurs par son marché du travail dynamique et par les moyens et équipements qu’elle met à leur disposition. Au Royaume-Uni, la fusion des dispositifs « grandes entreprises » et « PME » opérée il y a moins de deux ans permet aux entreprises qui y effectuent des recherches de profiter pleinement d’une définition des dépenses éligibles et d’une relation avec l’administration fiscale plus souples avec, pour conséquence, un impact direct sur le coût de la recherche de l’ordre de 10%.

Au gré des évolutions internationales, le cours du chercheur français, modèle de stabilité, reprend un indéniable leadership.En France, le dispositif jeune docteur apparaît comme un puissant booster de l’emploi de chercheur dans les entreprises. Le rapport souligne qu’aux Etats-Unis, l’envolée des coûts se poursuit et s’explique par un crédit d’impôt recherche peu avantageux, sauf rares exceptions, et des budgets des agences de financement public amputés. Au Royaume-Uni, au moment où le crédit d’impôt réformé prend ses marques, la perspective du Brexit inquiète.

Les effectifs de recherche des entreprises membres du panel de l’ANRT 2017 sont majoritairement (à 58 %) localisés en France. Pour l’ANRT, l’explication est simple et tient en un mot : compétitivité (coût et hors coût).

Ces entreprises de pointe, dans des secteurs variés de haute-technologie très concurrentiels, qui réalisent des activités dans des dizaines de pays, privilégient la France. Et ce, sans désengagement de zones où elles visent la croissance de leur chiffre d’affaires. En Europe, investir en France reste très avantageux et les chefs d’entreprise ne s’y trompent pas. Le CIR y est pour beaucoup. Les Etats-Unis amplifient leur singularité – il est maintenant deux fois plus cher qu’en France d’y réaliser ses développements technologiques. Un CIR modifié risquerait fort d’entrainer la France, seule, dans l’orbite américaine.

Le panel sur lequel est fondé cette étude regroupe 14 groupes internationaux qui effectuent une partie de leur recherche en France. Ils investissent plus de 13 Md€ en recherche dans le monde, avec des équipes de R&D dans plus de 30 pays, ce qui représente plus de 67 000 chercheurs pris en compte dans cette comparaison. Ils ont et maintiennent plus de la moitié de leurs effectifs en France ! Et ce, pour des raisons qui n’ont pas toutes à voir avec l’habitude ou le patriotisme. L’explication est simple et tient en un mot : compétitivité (coût et hors coût).

http://www.anrt.asso.fr/fr/actualites/parution-de-la-septieme-comparaison-internationale-sur-le-cours-du-chercheur-panel-anrt

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire
Déc 08

Pôles, SATT et IRT : les avis et recommandations pleuvent

Coup sur coup (et non coûts sur coûts comme certains esprits chagrins pourraient le penser !), les recommandations pleuvent sur trois outils partenariaux de politiques publiques d’innovation.

Le CESE publie un avis s’interrogeant sur quelle politique pour les pôles de compétitivité ?

Le sénateur rapporteur spécial de la mission « Recherche et enseignement supérieur » qualifie les SATT : des structures de valorisation de la recherche publique qui doivent encore faire la preuve de leur concept

Le rapport relatif à la mise en œuvre et au suivi des investissement d’avenir, le « jaune » budgétaire » estime que les instituts de recherche technologique démontrent au quotidien qu’ils sont en mesure de concevoir et d’entreprendre de nouveaux projets collaboratifs en six mois environ ce qui est mieux que tout autre dispositif de recherche partenarial bénéficiant d’un soutien public national ou européen.

S’agissant des pôles de compétitivité, leur création en 2004 avait pour objectif de regrouper et faire travailler en synergie sur un même territoire des entreprises, des établissements d’enseignement supérieur et des organismes de recherche au profit de projets d’innovation, afin de dynamiser la compétitivité de l’industrie française. En 2017, l’objectif de décloisonnement des acteurs de l’innovation et de leur mise en réseau est atteint. Pour le CESE, il s’agit désormais de transformer l’innovation en produits et services créateurs de richesses et d’emplois, au service des transitions et en cohérence avec les neuf solutions industrielles de l’Industrie du futur. Il souligne le besoin d’approfondir et compléter les évaluations des pôles, qui serviront à engager une nouvelle phase de leur activité. Il livre dans cet avis son analyse des conditions d’une nouvelle dynamique des pôles et formule 12 recommandations pour les aider à passer de « l’usine à projets » à « l’usine à produits » et services :

  1. Mieux caractériser les pôles et leurs échelles d’action
  2. Faciliter les coopérations interpôles
  3. Développer une méthodologie partagée d’évaluation
  4. Tirer les leçons de l’évaluation en engageant des actions correctrices graduées
  5. Assurer une convergence d’intérêts entre partenaires tout au long de la vie des projets, notamment sur les questions de propriété intellectuelle
  6. Instaurer un lieu d’échange et de partage d’informations sur les enjeux
  7. Lutter contre le saupoudrage et assurer une sélectivité rigoureuse lors du financement des projets
  8. Concentrer les financements sur l’innovation et le développement des produits et services
  9. Anticiper collectivement les risques d’innovation
  10. Accompagner la numérisation des entreprises adhérentes ou qui souhaitent s’associer à un pôle
  11. Veiller à la cohérence globale des objectifs, des stratégies de filière aux pôles de compétitivité
  12. Anticiper les évolutions et développer l’emploi dans leurs filières ou champs thématiques de compétences et dans les territoires

Créées en 2010 dans le cadre du programme d’investissements d’avenir (PIA), les sociétés d’accélération du transfert de technologies (SATT) ont pour objet de répondre à certaines des lacunes du système de valorisation français : le manque de financement de la maturation et de la « preuve de concept », d’une part, des services de valorisation insuffisamment développés voire inexistants au sein des différents établissements de recherche, en particulier au sein des universités, d’autre part. Après une mise en place parfois longue et tardive, 14 SATT sont désormais opérationnelles. Les SATT répondent globalement à l’un des principaux objectifs qui leur étaient assignés en finançant la maturation et la « preuve de concept ». Entre 2012 et 2016, près de 215 millions d’euros ont ainsi été dépensés par les SATT, pour 1 388 projets soutenus. Malgré le développement de leur activité, les recettes de ces sociétés restent, pour l’heure, limitées, en particulier celles issues du transfert de technologies, avec seulement 15 millions d’euros sur l’ensemble de la période, un montant bien faible au regard de ces 215 millions d’euros engagés. Tirant un bilan des SATT contrasté même s’il est encore trop tôt pour juger pleinement de leurs résultats et de leur pertinence, le rapporteur spécial du Sénat formule 19 recommandations résumées ci-dessous :

Les principales recommandations

  1. Garantir une plus grande proximité avec les chercheurs…
  2. Développer la détection et ensuite le transfert de technologies dans certains domaines de recherche apparaissant davantage sous-exploités, par exemple les sciences humaines et sociales.
  3. Augmenter les chances de réussite et renforcer les liens entre les SATT, les chercheurs et le secteur économique …
  4. Conserver le principe d’une activité principale de maturation et de transfert des projets soutenus, en veillant à ce que les SATT ne multiplient pas trop les activités annexes…
  5. Renforcer le pilotage national, notamment par une fiabilisation et une stabilisation des données disponibles sur l’activité et les résultats de l’ensemble des SATT.
  6. Prévoir la représentation des SATT au sein du comité national de gestion, en s’appuyant par exemple sur le réseau des SATT pour désigner la personne idoine.
  7. Progresser dans le développement du réseau des SATT.
  8. Poursuivre les efforts de coordination avec les organismes de recherche et leurs filiales de transfert et trouver des moyens de travailler avec efficacité et souplesse, y compris dans les procédures mises en place.
  9. Favoriser les interactions entre les SATT et l’ensemble des acteurs de la valorisation, notamment les structures également financées par le PIA.
  10. Encourager la co-maturation afin d’associer au plus tôt les entreprises intéressées par les résultats d’une recherche et de garantir une « preuve de concept » optimale.
  11. Nommer rapidement un ou des membres experts du secteur économique au sein des conseils d’administration des SATT.
  12. Inciter les SATT à identifier les demandes du marché (« market pull ») auprès des entreprises présentes sur leur territoire en complément de la recherche de commercialisation des projets issus de laboratoires.
  13. Optimiser la connaissance par les acteurs du tissu économique local et des besoins identifiés au sein des entreprises, fluidifier les relations entre les SATT et les unités de valorisation restées dans les universités.
  14. Mener une réflexion, au niveau du comité de pilotage et du Commissariat général à l’investissement, sur l’avenir des SATT d’ici à la fin du financement par le PIA et envisager les solutions possibles dans le cas où elles ne pourraient poursuivre leur activité sans enveloppe supplémentaire.
  15. S’interroger sur la possibilité offerte aux SATT de bénéficier du crédit d’impôt recherche (CIR) en leur qualité de sociétés privées, même si leurs financements sont très largement publics.
  16. En remplacement des SATT qui ne fonctionneraient pas et ne parviendraient pas à développer efficacement leur activité, notamment en raison de la couverture d’un territoire trop important, créer des structures plus légères reposant directement sur les établissements universitaires … et faire appel à d’autres SATT en tant que de besoin.
  17. Déployer des actions de sensibilisation auprès des laboratoires et des entreprises…
  18. Simplifier et rationaliser le paysage de la valorisation et de l’innovation.
  19. Faciliter le partage de copropriété entre les établissements et les organismes de recherche dans le cadre des projets issus des unités mixtes de recherche.

L’objectif des Instituts de recherche technologique (IRT) est, en s’inspirant des meilleures pratiques internationales, de constituer un nombre restreint de campus d’innovation technologique de dimension mondiale. Ils regroupent des établissements de formation, des laboratoires de recherche appliquée publics et privés, des moyens de prototypage et de démonstration industrielle et des acteurs industriels sur un même site.

Le « jaune » estime que les bilans annuels sont globalement très encourageants, en raison notamment de la capacité des IRT à attirer de nouveaux partenaires privés et de la mise en place rapide de plates-formes de R&D, dont les équipements sont en partie couverts par des apports industriels en numéraire. Les industriels saluent la capacité des IRT à réaliser les programmes de R&D dans les temps.

Néanmoins le « jaune » donne des pistes d’amélioration :

  • renforcer les concertations, d’une part, des IRT avec les acteurs académiques pour orienter les formations et pour développer le ressourcement scientifique, et, d’autre part, des IRT avec les pôles de compétitivité pour continuer à attirer davantage de PME, mais aussi de grands groupes français et étrangers, sur ces campus,
  • poursuivre les améliorations de simplification du suivi des IRT,
  • consolider les actifs (équipements, démonstrateurs) des IRT mais aussi développer leurs compétences en interne,
  • être plus ambitieux en termes de valorisation, produire davantage de brevets, et surtout obtenir plus de licences et créer davantage de start-up,
  • poursuivre le déploiement de projets européens et internationaux.

http://www.lecese.fr/travaux-publies/quelle-politique-pour-les-poles-de-competitivite

http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/commission/finances/Controle/RI_prov_SATT.pdf

https://www.performance-publique.budget.gouv.fr/sites/performance_publique/files/farandole/ressources/2018/pap/pdf/jaunes/jaune2018_investissements_avenir.pdf

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire
Nov 29

Des initiatives publiques sur l’ESRI, mais avec quels résultats ?

Dans le dernier classement du Times Higher Education, la Comue PSL se classe à la première place française mais est seulement 72ème … alors que l’ENS Paris seule, sa plus fameuse composante, était 66ème en 2016.

Non les Comue, les fusions, les rapprochements ne suffiront pas à elles seules à nous faire remonter dans les classements, comme le remarque Olivier Rolot dans son blog. N’auraient-elles pas en plus un effet délétère dans l’éco-système ?

N’étant pas sûr que forcer les acteurs avec un schéma qui n’est pas le leur ait beaucoup d’avenir, le président de la République à CentraleSupélec le 25 octobre dernier, a très justement jugé qu’une part de la naïveté était de considérer que les rapprochements pouvaient se faire sans que la gouvernance des universités ait évolué. Emmanuel Macron a donc acté que l’ensemble universitaire de Paris Saclay se compose de deux pôles complémentaires et d’éléments de transversalité profondément structurés. Il a même ajouté que quand il regarde l’excellence qu’il évoquait à l’étranger bien souvent elle repose sur les deux pôles qu’il vient de décrire.

Pour les regroupement, il aurait fallu partir de la définition d’un projet commun. Or, ce sont les structures qui ont prévalu dans la construction initiale. Et qui dit structure, dit chef. Et là, tout a été bloqué. Comme l’avait remarqué la ministre, Frédérique Vidal, à l’assemblée générale de la CDEFI, La seule question à ne jamais poser avant le projet, c’est « qui est le chef ? »…. Elle y a aussi précisé que, désormais, les organismes pourront organiser leur gouvernance strictement comme ils l’entendent, à partir du moment où cette gouvernance porte la stratégie.

Attendons sereinement la décision du jury de l’Idex pour Saclay en décembre prochain, sereinement car, même si Saclay dans son ensemble n’est (ou presque) constitué que de premiers de la classe dans leur domaine, les personnes à la manœuvre sont sensés et intelligentes.

Mais quand est-il par ailleurs des résultats des efforts constants et importants des gouvernements qui se succèdent en matière d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation ? Prenons quelques exemples.

Quelques classements des établissements d’enseignement supérieur

Pour le (trop) célèbre classement de Shanghai, la France place 3 universités dans les 100 premières du classement de Shanghai : l’UPMC est 40ème (39ème en 2016), Paris-Sud est 41ème (49ème en 2016) et l’ENS est 87ème (69ème en 2016). La situation ne s’améliore pas.

Dans le classement des 1 000 meilleures universités mondiales du Times Higher Education, la France place 31 établissements contre 27 l’an passé, dont 6 dans le top 200 : PSL (72ème), Polytechnique (115ème), l’UPMC (123ème), puis Paris-Sud, l’ENS Lyon et Paris-IV.

Toujours pour le Times Higher Education en 2018, l’École polytechnique (82ème) et PSL (99ème) sont les deux représentants français figurant dans le top 100 mondial en ingénierie et technologie, pour lequel 23 français sont présents dans le top 500. En sciences informatiques, se sont 8 institutions françaises qui sont dans le top 300 avec Polytechnique en 70ème position et PSL en 77ème.

Pour le Financial Times et les executive MBA, la France place 11 établissements dans le top 100 avec l’Insead (3ème), HEC  (5ème), ESCP Europe (10ème), puis Kedge, Essec, Neoma, EM Lyon, Edhec, Toulouse business school et ESC Rennes (98e).

Pour The Economist, 6 écoles françaises figurent dans le top 100 des MBA : HEC (15ème), Insead (21ème), Edhec, Audencia, Grenoble École de management, EM Lyon.

Remarquons que ce sont majoritairement les écoles privés (souvent consulaires) avec un fort taux de sélection et aux coûts très importants qui réalisent les meilleurs performances françaises…

Classements sur l’« innovation »

Selon l’édition 2017 de l’Indice mondial de l’innovation publiée conjointement par l’Université Cornell et l’INSEAD et l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), la France est 15ème et gagne 2 place par rapport à 2016. Ce sont la Suisse, la Suède, les Pays Bas, les États-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni sont les pays les plus innovants du monde, tandis qu’un groupe de pays comprenant l’Inde, le Kenya et le Viet Nam devancent les autres pays au niveau de développement équivalent.

Pour l’Indicateur de l’innovation 2017, la France se positionne 15ème. Ce sont la Suisse, Singapour et la Belgique qui sont en tête des pays les plus innovants pour ce classement établi par le Fraunhofer Institute for Systems and Innovation Research en coopération avec le Centre pour la recherche économique européenne.

Attractivité de la France

Le nouveau baromètre EY de l’attractivité de la France affiche pour l’année 2016 des résultats particulièrement encourageants en termes d’investissements étrangers. Selon EY, la France monte ainsi à la troisième place du podium de la destination européenne la plus prisée des investisseurs étrangers, derrière le Royaume-Uni, encore numéro 1 avec 1 144 projets, et l’Allemagne avec 1 063 projets. L’année 2016 a été marquée en France par une forte augmentation des implantations et des extensions annoncées par les investisseurs étrangers (+30 %).

Le rapport note que «l’innovation est désormais notre premier avantage compétitif (50 %, +14 points en un an). En conséquence, le nombre de centres de recherche et développement (R & D) en 2016 (51) nous place en position quasi-égale avec l’Allemagne et le Royaume-Uni». Si les investisseurs étrangers plébiscitent la France pour installer leurs centres de R & D, c’est notamment grâce au succès du crédit d’impôt recherche, qui a permis de générer quelque 2 600 emplois.

Paris, capitale européenne de l’innovation

Carlos Moedas, commissaire européen à la Science, la Recherche et l’Innovation, a récemment annoncé que Paris est la capitale européenne de l’innovation 2017, s’étant donné comme mission de devenir une ‘Fabcity’ accueillant le plus grand campus de start-up au monde, encourageant les projets innovants de ses citoyens et entrepreneurs, avec un prix d’un M€ destiné à faire monter en gamme ses activités d’innovation.  Les dix villes finalistes utilisent les idées les plus innovantes pour améliorer la vie et impliquer les citoyens dans la communauté. Les 2 villes dauphines sont Tallinn (Estonie) et Tel Aviv (Israël).

La marque France

L’agence d’évaluation Brand Finance a publié le classement 2017 des 100 marques nationales les plus performantes (source Les Echos). La France se maintient à la 6ème place et la valeur de sa marque (3,1 Md$) gagne 27 % depuis 2016.

La valeur de chaque marque nationale mesurée en billion de dollars est calculée sur un agrégat de différents indicateurs clefs : force du pays dans chaque domaine (biens de consommation, système social, tourisme, gouvernance, investissement…), PIB annuel, coût du capital, taux d’imposition sur les sociétés.

Au global, le classement bouge peu depuis l’année dernière, avec les États-Unis toujours largement en tête (21 Md$) même si la croissance diminue fortement avec les incertitudes de la présidence Trump alors que la marque Chine (10 Md$) continue son impressionnante percée et passe de la 8ème à la 2ème place en à peine dix ans. Sans surprise, les vieux pays d’Europe de l’Ouest et du Nord stagnent ou décroissent légèrement, là où les tigres et dragons asiatiques ainsi que les pays d’Europe du sud mesurent eux des croissances souvent supérieures à 30 %. Le dynamisme économique et la dépense publique tirent les premiers tandis que les politiques de rigueur budgétaire rassurent pour les seconds.

http://orientation.blog.lemonde.fr/2017/09/20/les-ecoles-dingenieurs-a-lheure-des-fusions/

http://www.shanghairanking.com/ARWU2017.html

https://www.timeshighereducation.com/world-university-rankings/2018/world-ranking#!/page/0/length/25/sort_by/rank/sort_order/asc/cols/stats

https://www.timeshighereducation.com/world-university-rankings/2018/subject-ranking/engineering-and-IT#!/page/0/length/-1/sort_by/rank/sort_order/asc/cols/stats

http://rankings.ft.com/businessschoolrankings/executive-mba-ranking-2017

http://www.economist.com/whichmba/full-time-mba-ranking?year=2017&term_node_tid_depth=All

http://www.wipo.int/pressroom/fr/articles/2017/article_0006.html

http://www.innovationsindikator.de/fileadmin/2017/PDF/Innovationsindikator_2017.pdf

http://www.ey.com/fr/fr/newsroom/news-releases/ey-communique-de-presse-les-cartes-en-main-barometre-de-l-attractivite-de-la-france-2017

https://www.lesechos.fr/industrie-services/services-conseils/030677158273-la-marque-france-a-le-vent-en-poupe-2120693.php#xtor=CS1-33

http://brandfinance.com/knowledge-centre/reports/brand-finance-nation-brands-2017/

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire