Sep 26

L’hydrogène dans la transition énergétique (ADEME)

Pour compléter le petit tour d’horizon sur l’hydrogène dans la transition énergétique, il est intéressant de faire un zoom sur les travaux de l’ADEME, travaux notamment incarnés dans une  fiche technique portant sur les contributions attendues du vecteur hydrogène à la transition écologique et énergétique, « rendue nécessaire » pour lutter contre les changements climatiques et réduire les impacts des activités humaines sur la santé et les écosystèmes.

Les développements technologiques et les expérimentations menées ces dernières années dans le domaine de l’hydrogène permettent d’affirmer que ce vecteur apportera quatre contributions majeures à la transition énergétique et écologique :

  • Dans le cadre d’un mix électrique futur associant fortement les sources renouvelables (solaire, éolien, hydraulique), l’hydrogène apporte des solutions de flexibilité et d’optimisation aux réseaux énergétiques. Tout d’abord, en tant que gaz, l’hydrogène est stockable et contribue à pallier la variabilité temporelle des renouvelables et des usages énergétiques. De plus, via le procédé de « power-to-gas », il permet de décarboner progressivement le contenu des réseaux de gaz et des usages associés.
  • Le stockage permis par les technologies hydrogène offre de nouvelles perspectives pour l’autoconsommation à l’échelle d’un bâtiment, d’un ilot ou d’un village. Ce stockage repose sur la complémentarité entre un stockage court terme (batteries), et une chaîne hydrogène qui assure un stockage sur plusieurs jours, semaines ou mois. La pertinence économique de cette solution commence à être réelle pour certains sites non interconnectés au réseau électrique continental, dans les collectivités d’outre-mer par exemple.
  • L’hydrogène embarqué apporte des solutions nouvelles pour l’électromobilité, notamment pour des véhicules lourds, ou pour garantir autonomie et disponibilité pour des véhicules utilitaires légers. Cela concerne ainsi en priorité les véhicules à usage professionnel, qu’ils soient terrestres, maritimes, fluviaux, ferroviaires. Les technologies associées à l’hydrogène mobilité sont encore chères et les expérimentations et pré-déploiements à venir nécessitent, comme toute technologie émergente, un soutien pour amorcer la demande de véhicules et accélérer l’industrialisation. A terme, des modèles économiques viables semblent atteignables pour une mobilité électrique hydrogène professionnelle.
  • L’industrie emploie actuellement plus de 900 000 tonnes d’hydrogène par an, produit à partir de combustibles fossiles, ce qui représente 7,5% des émissions de gaz à effet de serre de l’industrie française. L’enjeu est d’améliorer les procédés et de substituer, lorsque cela est possible, des ressources renouvelables aux ressources d’hydrogène fossiles.

Plusieurs exemples de projets en cours sont explicités dans la fiche dont les projet Méthycentre (démonstrateur de « power-to-gas), La Nouvelle à la Réunion (stockage hybride batterie/chaine hydrogène) et EcobioH2 (bâtiment HPE).

http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/fiche-technique_hydrogene_dans_la_te_avril2018_2.pdf

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Sep 21

Perspectives Énergies 2050

A l’heure où le ministère chargé de la transition écologique change de leader et où la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie de la France doit être définie pour les prochaines années, il est intéressant de ressortir un « rapport » sur les perspectives énergies 2050 regroupant de nombreuses contributions de « sachant ». Le point intéressant est que toutes les sensibilités se sont exprimées parmi la cinquantaine de contributeurs, industriels, chercheurs, professeurs, responsables de grandes administrations, leaders d’ONG, …. Nonobstant la diversité des rédacteurs, un grand nombre de points de convergence apparaissent sans toutefois gommer d’autres points de divergence.

Convergences, d’abord sur la difficulté du travail prospectif et l’impossibilité structurelle à prévoir les ruptures. L’augmentation de la population mondiale, son urbanisation dans des villes fréquemment situées à côté des mers et océans forgent le contexte humain et géographique commun.

La nécessité de lutter contre les émissions de CO2 est incontestée.

La demande mondiale d’énergie en 2050 est prévue stable ou en hausse par la quasi-totalité des contributeurs, face à une offre où, globalement, l’énergie ne manquera pas.

Pour tous, l’électricité s’imposera en tant qu’énergie finale, en forte croissance si ce n’est dominante. Sa distribution sera moins centralisée et organisée dans des réseaux intelligents.

Dans des proportions variées, les énergies solaire, éolienne et gazière devraient se développer. L’importance du stockage d’électricité est soulignée tout comme ses insuffisances technologiques actuelles et l’attente de progrès majeurs.

Pour finir, la nécessité d’efforts de sobriété et d’amélioration d’efficacité énergétiques est unanimement affirmée.

Au-delà de ces convergences, apparaissent des vues prospectives diverses, voire opposées, ce qui n’est pas surprenants, eu égard à la diversité culturelle des rédacteurs.,

Face à la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique, certains prévoient des transitions énergétiques rapides alors que d’autres soulignent le long horizon de temps des investissements énergétiques imposant des évolutions lentes. De la même manière, une taxation du CO2 plus ou moins universelle est à portée de main pour les uns et quasi inaccessible pour les autres.

La structure de la fourniture d’énergie ne fait aucun consensus. Pour les uns, en 2050, les énergies fossiles resteront largement majoritaires avec un pétrole maintenant plus ou moins son usage au niveau de production actuel et un charbon, certes « propre », continuant à être largement exploité. Pour d’autres, en 2050, les énergies renouvelables seront devenues dominantes. L’hydrogène sera pour les uns un vecteur structurant, surtout pour les transports, alors qu’il est souvent par ailleurs totalement ignoré.

Un fort développement de l’énergie nucléaire n’est pas un scénario réellement envisagé, sauf exceptions. En revanche, son maintien, voire une croissance modérée, est retenu fréquemment. La dispersion d’opinions porte en grande partie sur sa mise en œuvre : 3èmegénération, 4èmegénération, petits réacteurs ? A titre personnel, je m’interroge toujours sur la capacité intellectuelle à être à la fois pour le transport électrique et contre l’énergie nucléaire. Rappelons qu’un Allemand a un bilan carbone deux fois plus mauvais qu’un Français. Sans même parler de l’impact écologique global des batteries…

Si l’importance de la recherche et développement dans les domaines de l’énergie est fréquemment soulignée, certains attendent et considèrent comme acquis l’apport d’avancées substantielles, voire de ruptures, d’autres soulignent le caractère imprévisible des fruits de la recherche et la faiblesse des niveaux d’investissement.

Outre ces convergences et divergences, des approches spécifiques ont été présentées. Pour n’en citer que trois, retenons la criticité de la forte consommation de ressources minérales (par exemple le lithium) pouvant déboucher sur des impasses de disponibilité, la problématique de la consommation croissante d’énergie électrique dans un monde toujours plus numérisé et l’importance de la prise de conscience individuelle d’une responsabilité énergétique.

Pour finir, le rapport souligne le pessimisme général quant à l’atteinte des objectifs de la COP21.

Ma touche personnelle : la seule bonne énergie est celle qu’on ne consomme pas !

Et savez-vous que la consommation de l’ensemble des appareils électrique « en veille » nécessiterait…. une tranche nucléaire !

http://academie-technologies-prod.s3.amazonaws.com/2018/08/20/12/30/01/604/Livre_PerspectivesEnergies2050_web.pdf

Voir aussi Terra Nova – Pour un débat serein sur la Programmation Pluriannuelle de l’Energie : une stratégie claire pour le secteur électrique http://tnova.fr/system/contents/files/000/001/603/original/Terra-Nova_Note-PPE_270628.pdf>

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Sep 14

Les collectivités territoriales contribuent pour 1,6 Md€ à l’ESR

En 2016, les collectivités territoriales ont apporté 1,6 Md€ à la recherche et l’enseignement supérieur. Cet effort déclaré est plus important pour la recherche que pour l’enseignement supérieur. Le budget  R&T local privilégie le transfert de technologie et celui dédié à l’enseignement supérieur cible les opérations immobilières. Suite aux réformes territoriales, les actions en faveur de la recherche ralentissent en 2016. Les collectivités territoriales de cinq territoires régionaux apportent, en moyenne par an, plus de 100 M€ à la R&T.

Telles sont les principales conclusions d’une étude du MESRI.

L’effort déclaré en faveur de la recherche est plus important que celui dédié à l’enseignement supérieur. En 2016, les collectivités territoriales déclarent consacrer 1,55 milliard d’euros (Md€) au soutien de la recherche et de l’enseignement supérieur (ESR). Cet effort est moins important qu’en 2015 (1,71Md€), particulièrement dans les actions en faveur de la recherche.

Suite aux réformes territoriales, les actions en faveur de la recherche ralentissent en 2016. Entre 2015 et 2016, les dépenses des collectivités en faveur de la Recherche et du transfert de technologie (R&T) diminuent sensiblement (-18 %), principalement du fait de l’échelon régional. L’effort accentué des régions, en 2015, à la veille de la mise en place de la loi NOTRe, est suivi d’un moindre soutien, en 2016, année des réorganisations institutionnelles et politiques. La place des régions reste cependant prépondérante dans le soutien local à la R&T (70 %).

De 2015 à 2017, le budget R&T local privilégie le transfert de technologie. Celui dédié à l’enseignement supérieur cible les opérations immobilières. Au cours des années 2015 à 2017, les opérations de transfert de technologie sont la priorité des collectivités territoriales dans le financement de la R&T (34 %). Elles accompagnent notamment la recherche partenariale et les dispositifs de valorisation. Le soutien local direct à la recherche publique, un tiers des dépenses de R&T, consiste en des aides aux chercheurs (10%), aux projets de recherche (11 %) et à l’équipement des laboratoires (11 %). Les opérations immobilières, construction ou rénovation de bâtiments dédiés à la R&T, gardent cependant une place importante : 29 % des dépenses.

Les collectivités territoriales de cinq territoires régionaux apportent, en moyenne par an, plus de 100 M€ à la R&T.

Une concentration territoriale plus forte des dépenses en faveur de l’enseignement supérieur. Même si l’enseignement supérieur relève en premier lieu des compétences de l’État, les collectivités territoriales, dans une optique d’attractivité territoriale, s’y impliquent. Aujourd’hui, un dialogue s’est réellement instauré entre les élus locaux et les responsables et acteurs des établissements du supérieur.

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid24748-cid127773/en-2016-les-collectivites-territoriales-consacrent-1-6-md€-a-la-recherche-et-l-enseignement-superieur.html

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Sep 10

Une fois n’est pas coutume …

Une fois n’est pas coutume, en ce début de semaine, signalons la sortie de plusieurs documents fort intéressants voire utiles, les titres parlant d’eux-mêmes …

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Sep 07

Combien d’élèves ingénieurs ?

Les acteurs économiques manquent de compétences, notamment d’ingénieurs formés. Témoin, le secteur du numérique pour lequel ce sont 10 000 ingénieurs qui manquent à l’appel chaque année.

Mais quelle est la tendance du nombre des élèves ingénieurs ? Une récente fiche du MESRI donne des éléments de réponse.

Le nombre d’inscrits en cycle d’ingénieur progresse de 4,1% en un an, dans la continuité de la dynamique observée les années précédentes, notamment dans les écoles privées (+9,4%). Si 75% des étudiants sont inscrits dans un établissement public, le privé accueille l’autre quart. Les évolutions offrent un fort contraste selon les domaines de formation. Deux domaines, qui accueillent ensemble déjà près de 25% des étudiants, enregistrent une progression de plus de 10% des inscrits : ce sont les domaines de l’informatique et de l’électronique et électricité. Les études d’ingénieur restent encore très peu féminisées, à 27% à peine. Le recrutement en cycle ingénieur se fait majoritairement parmi les étudiants issus de catégories sociales favorisées.

Des effectifs en hausse à la rentrée 2017.

L’apprentissage est davantage répandu dans les écoles privées.

Les femmes représentent 27% des effectifs en cycle ingénieur.

Les classes préparatoires aux grandes écoles : principales voies d’accès à la 1ère année du cycle ingénieur.

<http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid132285/les-effectifs-en-cycle-ingenieur-en-2017-2018.html>

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