Déc 01

Michaelle Jean à la tête de la francophonie

Michaelle Jean a été désignée Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie le 30 novembre 2014 lors du XVème Sommet de la francophonie à Dakar, devenant ainsi la première femme nommée à ce poste. J’ai pu apprécier ses qualités et sa ténacité pour avancer vers la réalisation de ses objectifs lors de missions en Haïti pour reconstruire le système d’enseignement supérieur et de recherche haïtien après le séisme du 12 janvier 2010. Elle était alors chancelière de l’Université d’Ottawa et envoyée spéciale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en Haïti dans le but d’obtenir des fonds pour la reconstruction du patrimoine haïtien et favoriser l’éducation.

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Canadienne d’origine haïtienne, née à Port au Prince, ayant acquis la nationalité française de par son mariage avec un Français, Jean-Daniel Lafond, elle a dû y renoncer, « libérée de son allégeance à l’égard de la France », lorsqu’elle est devenue gouverneure générale du Canada en 2005.

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Nov 30

Quelques déclarations sur les SATT

Entre la préparation de la loi de finances 2015, diverses déclarations des actes dirigeants et la première convention des Satt organisée le 25 novembre dernier à Paris sous l’égide d’Olivier Fréneaux, président de la Satt Sud-Est et du Réseau Satt, les Satt ont été objet d’attentions diverses.

Morceaux choisis….

Louis Schweitzer, Commissaire général aux investissements :

  • Une Satt qui ne connaît que des succès est une mauvaise Satt. Un taux d’échec raisonnable est un indicateur important.
  • Les Satt doivent développer leurs capacités de gestion des risques car accepter le risque, c’est accepter l’échec » les Satt doivent également augmenter leurs ressources propres pour accéder à l’autonomie Accélérer le transfert est un métier de professionnel qui exige beaucoup d’enthousiasme et je pense que l’activité des Satt est irremplaçable.

Pierre-René Lemas, Directeur général de la CDC :

  • Les Satt sont quelque chose d’extrêmement innovant. Ce sont des sociétés, filiales des établissements avec des professionnels au service de chercheurs en lien avec les entreprises, qui sont ancrées sur des territoires et qui essaient de mettre fin à la multitude des interlocuteurs.
  • Les Satt changent le mode de financement de la maturation en mettant fin aux subventions saupoudrées vers un tas d’interlocuteurs, ce qui était la tradition en France.
  • Les Satt ont vocation à être présentes sur tous les territoires car la recherche, l’innovation et le développement des entreprises ne s’opèrent pas hors sol mais bien sur ces territoires.

Geneviève Fioraso, Secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche :

  • Les Satt doivent réussir sur deux fronts : le choix des projets à soutenir et la capacité à prendre des risques sans être court-termistes.
  • Les Satt doivent être un lien permanent entre la recherche publique et les entreprises, et le moteur de la valorisation dans les regroupements universitaires.

Alain Juppé, co-président du comité de pilotage du programme des investissements d’avenir (PIA) :

  • Aujourd’hui, les partenariats public-privé ont changé grâce aux Satt.

Michel Rocard, co-président du comité de pilotage du programme des investissements d’avenir (PIA)  :

  • Les Satt, vous êtes une invention dans un ‘no man’s land’ et sur un champ conflictuel !
  • Le drame français n’est pas dans l’intelligence mais dans le passage de la recherche à l’industrie, les chercheurs ne voulant pas travailler pour le capital. En outre, le milieu de l’éducation et de la recherche est très gauchiste d’où ce divorce entre chercheur et industrie. C’est pourquoi nous avons décidé de privilégier l’excellence avec le PIA.
  • Le mot recherche est à chaque fois implicitement associé au mot fondamental alors que la faiblesse est bien dans le mot appliqué… Vous êtes les enfants de tout cela.

Jean-Loup Salzmann, président de l’université Paris-XIII et de la CPU :

  • Nous nous sommes engagés dans les Satt car nous sommes passés en 20 ans du Moyen-Âge au XXIe siècle avec la loi Allègre, la loi LRU, la loi Fioraso et le PIA, qui a permis d’essayer de simplifier un paysage atrocement complexe.
  • La Satt est un guichet unique, une interface entre la recherche publique et l’entreprise afin qu’il n’y ait qu’une seule porte d’entrée, ce qui est essentiel.
  • Normalement, il ne devrait pas y avoir de problèmes sur l’articulation entre les Satt et les Comue puisque l’organisation territoriale est à peu près la même pour les Comue et pour les Satt (à part en Île-de-France). Sur les territoires, nous devrions ainsi trouver une Comue, avec les organismes de recherche et les grandes écoles et un interlocuteur pour les entreprises qui sera la Satt. C’est le schéma prévu mais comme on est France, il peut y avoir des exceptions.

Roget Genet, Directeur général de la recherche et de l’innovation :

  • Les Satt jouent le rôle de traducteur, de mécanisme qui facilite le contact entre les uns et les autres.

Alain Fuchs, Président directeur général du CNRS :

  • C’est un choix de politique scientifique raisonné que d’être actionnaire de toutes les Satt. Nous travaillons activement avec les Satt pour qu’elles marchent le mieux possible.
  • Il reste quelques petits frottements mais nous allons fluidifier cela et ainsi parier sur un succès des Satt.

IGAENR (rapport Évaluation du dispositif d’incubation issu de l’appel à projets du 25 mars 1999) :

  • Les incubateurs doivent atteindre un niveau de qualité d’incubation plus homogène sur le territoire afin d’accueillir en particulier les projets issus des Satt.
  • Ils devraient aussi impliquer davantage les établissements publics d’ESR, sur la base de leurs missions et d’une politique de valorisation renouvelée, dans des structures d’incubation bien articulées avec l’ensemble des acteurs de l’écosystème régional, dont en premier lieu les Satt.
  • Une articulation efficace liant les Satt avec l’ensemble des incubateurs, préfigurée par les conventions existantes, est à développer.
  • Même si une Satt a la capacité d’accompagner le processus de création d’une entreprise innovante […], elle ne peut en assumer tous les aspects, surtout les plus avals ou très spécifiques. Une autre voie de coopération consiste pour une Satt à s’adjoindre les métiers spécifiques liés à l’incubation.

Rapport relatif à la mise en œuvre et au suivi des investissements d’avenir, ou « jaune budgétaire » :

  • Les Satt, dont l’objectif est d’avoir un compte de résultat positif avant la fin de la période de contractualisation de 10 ans avec l’ANR, devraient opérer une augmentation des revenus immédiats des activités de prestation et de service, notamment la gestion des contrats, pour compléter les revenus liés aux opérations de maturation dont les retours ne sont attendus qu’à moyen terme.

Philippe Baptiste, DGD Science du CNRS :

  • Le CNRS ne délèguera pas la gestion de ses contrats de recherche aux Satt.

Olivier Fréneaux, président de l’association des Satt :

  • Les Satt ne cherchent pas à gérer les contrats, c’est à leurs actionnaires d’en décider.
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Nov 27

La Chine devrait bientôt devancer les États-Unis et l’UE en dépenses de recherche scientifique et technologique (OCDE)

Les économies avancées (USA, Union Européenne, Japon) pèsent de moins en moins dans la recherche scientifique et technologique, les demandes de brevets et les publications scientifiques, laissant ainsi le champ libre à la Chine qui devrait accéder au premier rang mondial des dépenses de R&D autour de 2019, selon un nouveau rapport de l’OCDE (Science, technologie et industrie : Perspectives de l’OCDE 2014).

La part de la zone OCDE dans les dépenses mondiales de R&D est ainsi passée de 90 % à 70 % en l’espace de dix ans. Dans cette zone, le taux de croissance annuelle des dépenses de R&D a été de 1,6 % entre 2008 et 2012, soit deux fois moins qu’entre 2001 et 2008. La cause de ce ralentissement est à rechercher dans le fait que les budgets publics de R&D ont stagné, voire fondu, dans un grand nombre de pays et que les entreprises ont continué de bouder l’investissement. À l’inverse, en Chine, les dépenses de R&D ont doublé entre 2008 et 2012.

En 2012, les dépenses intérieures brutes de R&D (DIRD) se sont élevées à 257 Md$ en Chine, contre 397 Md$ aux États-Unis et 282 Md$ dans l’UE-28.

Dans son rapport, l’OCDE attire l’attention sur le rétrécissement de la marge de manœuvre financière des pouvoirs publics. En effet, dans de nombreux pays, l’État n’est plus en mesure de puiser dans ses caisses pour compenser la baisse de la R&D d’entreprise comme il le faisait au plus fort de la crise.

Par ailleurs :

  • En 2012, les dépenses de R&D ont franchi la barre de 1 100 Md$ dans les pays de l’OCDE et se sont maintenues à 330 Md$ dans les BRIICS (Brésil, Russie, Inde, Indonésie, Chine et Afrique du Sud).
  • En 2012, avec des dépenses de R&D représentant 4,36 % de son PIB, la Corée a détrôné Israël (3,93 %) dans le classement mondial des pays à forte intensité de R&D, tandis que la moyenne de l’OCDE s’élevait à 2,40 %.
  • En 2013, les BRICS ont produit environ 12 % des publications scientifiques de haut niveau parues dans le monde contre 28 % pour les États-Unis et vu leur part pratiquement doubler en dix ans.
  • La Chine et la Corée sont désormais les destinations privilégiées des auteurs scientifiques venus des États-Unis et ont connu un apport net de matière grise entre 1996 et 2011.
  • En Europe, le paysage de la R&D est contrasté, certains pays se rapprochant des ratios R&D/PIB visés (Allemagne, Danemark), tandis que d’autres (Espagne, Portugal) sont de plus en plus à la traîne.
  • Dans la plupart des pays, 10 % à 20 % de la R&D d’entreprise est financée par les deniers publics, moyennant divers instruments d’investissement et objectifs chiffrés.

http://www.oecd.org/fr/presse/la-chine-est-en-chemin-pour-devancer-l-ue-et-les-etats-unis-en-depenses-de-recherche-scientifique-et-technologique.htm

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Nov 21

Vers un regroupement des grandes écoles de commerce ?

L’Institut Montaigne propose 10 recommandations pour la gouvernance des écoles de commerce françaises dans un rapport intitulé « Business schools : rester des champions dans la compétition internationale« . Ce rapport fait le constat que ces écoles semblent atteindre les limites de leurs performances et que leur avenir suscite des inquiétudes. Ici aussi (voir http://science-innovation-developpement.com/financement-du-superieur-vers-une-regle-des-3-tiers/) la question du modèle économique est posée.

Pour favoriser une vraie mixité sociale, ce rapport suggère que l’État s’engage à mieux financer ces écoles contre une plus grande ouverture aux boursiers. De plus, le rapport propose que l’État débloque 100 à 300 M€ pour créer 5 à 6 regroupements universités-business schools.

De plus, et dans le cadre des réflexions globales sur la stratégie nationale de l’enseignement supérieur, il est intéressant de prendre en compte les effets de la future loi Mandon (votée en première lecture au Sénat le 5 novembre dernier), qui permettra aux écoles consulaires de s’autonomiser de leur CCI. Même si c’est une avancée tant en termes de financement que de gouvernance, … par les gains d’autonomie et de souplesse de gestion qu’il permet, … les investisseurs privés hésiteront à s’engager – surtout s’ils sont internationaux – dans un schéma où les CCI restent nécessairement actionnaires à 51 %. Le rapport évoque alors 2 possibilités :

  • favoriser l’intégration de business schools devenues autonomes dans l’écosystème des grandes universités publiques, dans une logique de synergie écoles/IAE/facultés de gestion,
  • pratiquer une plus grande ouverture de l’actionnariat des écoles à des investisseurs privés intéressés, dans le cadre d’un portefeuille d’établissements par exemple, à avoir des parts dans une école labellisée par les accréditeurs internationaux.

Voici les 10 propositions contenues dans ce rapport :

  1. Initier une stratégie de développement en Afrique
  2. Faire encore davantage des business schools une force motrice pour l’entrepreneuriat
  3. Moduler les droits de scolarité pour une vraie mixité sociale
  4. Faire des business schools les pionnières en France d’une filière de bachelor d’excellence
  5. Revisiter le doctorat en gestion
  6. Encourager des regroupements universités-business schools et créer des pôles compétitifs à l’échelle internationale
  7. Faire des business schools des opérateurs d’excellence de la formation continue
  8. Sécuriser le financement des business schools en permettant des levées de fond de grande ampleur et une évolution du droit de tester
  9. Miser sur le numérique pour faire évoluer le modèle économique des business schools
  10. Mettre en place une gouvernance représentative des acteurs du financement et de l’écosystème de chaque école

http://www.institutmontaigne.org/fr/publications/business-schools-rester-des-champions-dans-la-competition-internationale

Signalons aussi le palmarès annuel des masters en management du Financial Times, récemment paru. Un point intéressant est que l’un des critères utilisé est la rentabilité du point de vue de l’étudiant : le rapport entre les frais de scolarité en master et le salaire moyen des diplômés trois ans après leur sortie. La question des critères est un point particulièrement important où le clivage avec la « culture anglo-saxonne » est fort. Mais ceci est une autre histoire…

http://rankings.ft.com/businessschoolrankings/masters-in-management-2014

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Nov 14

Les CPER et le Mikado

Dans le Mikado des programmes et structures de soutien de l’enseignement supérieur et de la recherche figurent évidemment les outils européens (H2020, …) et les outils nationaux, mais aussi les programmes à l’échelle des régions.

Un récent rapport de la Cour des Comptes pointe les défauts des CPER, en particulier dans les exercices difficiles que sont la définition de stratégies claires au niveau national et l’articulation avec les autres programmes connexes tels le PIA ou le plan campus.

La Cour met notamment en avant les limites qui caractérisaient les générations précédentes des CPER : une absence de stratégie clairement définie au niveau national ; des objectifs trop nombreux ; une coordination insuffisante avec la gestion des fonds européens ; une portée juridique non contraignante pour les signataires ; une articulation malaisée avec les plans sectoriels décidés par l’État postérieurement à la conclusion des CPER (PIA et plan campus).

La Cour insiste aussi sur le faible taux d’exécution des CPER 2007-2014 pour le volet enseignement supérieur et recherche. Le rapport précise que le taux d’engagement des crédits de l’État en mai 2014 tel qu’il ressort des données fournies par le CGET s’élève à 65,4 %, soit un taux relativement plus faible que pour le reste des programmes. … Il apparaît que le manque de maturité d’un nombre important de projets contractualisés, puis leur abandon pur et simple, constituent la principale cause de sous-exécution.

La Cour recommandent donc en particulier de :

  • définir une stratégie en organisant un débat au Parlement sur les orientations stratégiques de la politique nationale d’aménagement et de développement durable du territoire dans lesquelles les CPER devraient s’inscrire ;
  • veiller à l’articulation des programmes nationaux sectoriels à vocation territoriale avec les CPER ;
  • être plus sélectif dans le choix des opérations inscrites dans les CPER, grâce notamment à une étude préalable et à la limitation du nombre de thématiques des CPER ;
  • améliorer la fiabilité et la cohérence des indicateurs financiers et physiques nécessaires au suivi commun des contrats ;
  • lever les incertitudes liées à la mise au point du nouvel outil informatique (Synergie) pour le suivi commun des fonds européens et des CPER ;
  • prendre en considération, lors de la révision à mi-parcours, les résultats de l’évaluation des CPER.

https://www.ccomptes.fr/Actualites/A-la-une/Les-contrats-de-projets-Etat-regions-CPER

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