Sep 05

Quel bilan « innovation » de Valls 1 ?

La majeure partie des outils et actions développés depuis l’élection de F. Hollande à la Présidence de la République l’ont été durant les 681 jours en fonction de J.M. Ayrault : le lancement des 34 plans pour une nouvelle France industrielle, des 7 ambitions pour la France, des 40 mesures pour une nouvelle donne pour l’innovation, la phase 2 du programme des investissements d’avenir (PIA), le lancement du crédit impôt-innovation (CII),… sans compter le soutien au crédit impôt-recherche (CIR), qui serait sanctuarisé, et la poursuite des actions du PIA.

Le premier gouvernement de M. Valls aura duré 147 jours durant lesquelles certaines mesures ont été prises en matière de politiques publiques d’innovation.

Selon A. Montebourg en conseil des ministres le 23 avril 2014, l’ensemble des mécanismes favorables à la compétitivité du tissu productif français, en particulier tous les dispositifs de soutien à la recherche, à l’investissement dans les start-up et à l’innovation a été préservé. Le gouvernement s’est aussi engagé à présenter tous les mois dix nouvelles mesures pour simplifier la vie des entreprises.

Le gouvernement Valls 1 avait d’abord débuté par un transfert de la tutelle du Commissariat général à l’investissement (CGI) de Matignon à une co-tutelle B. Hamon – A. Montebourg, ce qui avait provoqué la démission de A. Juppé et M. Rocard de la présidence du comité de surveillance du PIA, chargé de l’évaluer et de dresser un bilan annuel de son exécution, avant de revenir sur leur décision à la demande de Louis Schweitzer, nouveau commissaire général à l’investissement.

Le même A. Montebourg a indiqué le 7 mai que les 34 plans industriels « entraient dans leur phase de mise en œuvre », neuf feuilles de route ayant été validées à l’époque. Pour les 27 plans dont les feuilles de route sont les plus avancées, l’investissement total pourrait s’élever à 18 Md€ d’ici à 2020.

La Commission nationale d’évaluation des politiques d’innovation a été installée le vendredi 27 juin sous la présidence de Jean Pisani-Ferry, commissaire général à la stratégie et à la prospective et auteur du rapport « Quelle France dans 10 ans ? », voir http://science-innovation-developpement.com/ameliorer-les-politiques-publiques-dinnovation-2/ et http://science-innovation-developpement.com/missions-de-la-commission-nationale-devaluation-des-politiques-dinnovation/.

Dans la ligne des 34 plans et des 7 ambitions, F. Hollande a présenté les 110 projets sélectionnés, financés à hauteur de 200 000 euros chacun, dans le cadre du concours mondial de l’innovation, et a annoncé que ce concours sera renouvelé tous les deux ans. Rappelons les trois phases du concours :

  • l’amorçage : 200 k€ qui vont permettre aux 110 lauréats de développer leur idée ;
  • l’accompagnement : 2 M€ pour créer et développer l’entreprise qui s’appuie sur cette idée ;
  • le développement : 20 M€ supplémentaires seront injectés pour que les entreprises sélectionnées s’imposent sur les marchés.

Le futur proche concerne maintenant l’enseignement supérieur et de la recherche. C’est en septembre que devrait être présentée la nouvelle stratégie nationale de recherche (SNR), désormais inscrite dans la loi (ainsi que son évaluation). La stratégie nationale de l’enseignement supérieur (Stranes) devrait être disponible en décembre (rappelons qu’un rapport intermédiaire a été publié en juillet, voir http://science-innovation-developpement.com/strategie-nationale-de-lenseignement-superieur-les-preconisations-du-comite-stranes/). Un plan à 3 ans pour l’emploi scientifique est en cours de préparation … sous la pression des chercheurs (voir le SNTRS-CGT qui considère que la seule possibilité de faire bouger le gouvernement viendra de la mobilisation.

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Sep 02

« Certificat d’innovateur » : de l’importance des critères

Le magazine économique américain Forbes a récemment publié sa 4ème édition du classement annuel des « 100 entreprises les plus innovantes » dans le monde. Huit entreprises françaises, au premier rang desquelles Hermès International apparaît en 13ème position, figurent dans ce Top 100, dominé par des entreprises américaines, la première du classement étant le groupe californien Salesforce, spécialiste de la gestion informatique des relations clients.

Mais la particularité de ce classement est qu’il utilise comme critère une « mesure » financière de la capacité à innover. Il s’appuie en effet sur l’avis des investisseurs quant aux entreprises les plus susceptibles d’innover, à partir d’une analyse financière conduisant à calculer une « prime d’innovation » pour chaque entreprise. Il ne s’appuie donc pas sur les critères classiques tels les dépenses de R&D ou les dépôts de brevets.

Avec 39 entreprises représentées, les États-Unis prédominent dans le top 100 (6 dans le top 10). La France vient ensuite au 2ème rang ex aequo avec le Japon. L’Europe (Suisse comprise) totalise 29 entreprises et l’Asie 26.

Pour mémoire, les huit entreprises françaises apparaissant dans le top 100 des « entreprises les plus innovantes » sont, avec leur classement :

  • 13 :         Hermès International
  • 29 :         Iliad
  • 49 :         Essilor International
  • 50 :         Bureau Veritas
  • 56 :         Dassault Systèmes
  • 69 :         Pernod Ricard
  • 86 :         Danone
  • 89 :         Sodexo

http://www.forbes.com/innovative-companies/

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Août 29

Innovation : malgré les efforts faits, la France perd du terrain.

Force est de reconnaître que la politique gouvernementale en matière d’innovation est stable, voire se développe, depuis quelques années. Et ce, avec une constance louable qui tranche avec les changements incessants qui pèsent sur les entreprises, par exemple en matière fiscale. Le discours est clair : l’innovation est le ressort du développement et de la compétitivité. Et ce ne devrait pas être le nouveau gouvernement qui infléchira cette position.

Certains outils perdurent tel le Programme des Investissements d’avenir (PIA) ou les pôles de compétitivité. D’autres outils sont créés (7 ambitions, 40 mesures, 34 plans, …). Ce qui ajoute au millefeuille. Et sans forcément que des nouveaux budgets soient ouverts. Chacun sait que chaque euro public dépensé peut s’afficher (s’affiche) avec plusieurs logos !

Mais la France part de loin, en particulier à cause de la désindustrialisation du pays.

Pour preuve le classement 2014 de « l’indice mondial de l’innovation » (http://global-indices.insead.edu/gii/), publié par l’université de Cornell (États-Unis), l’Insead et l’OMPI. La France y perd 2 places, passant de la 20ème à la 22ème place.

Les critères utilisés insistent sur les questions financières. Ce sont 143 pays qui sont classés grâce à 81 indicateurs portant notamment sur la qualité des principales universités, les possibilités de microfinancement ou encore les affaires du capital-risque pour une évaluation des capacités d’innovation et des résultats quantifiables. …

La Suisse reste première, place qu’elle occupe depuis 4 ans. Signalons que les dépenses intra-muros de R&D suisses ont augmenté de 13,5% entre 2008 et 2012 (18,5 Mds de francs suisses soit 15,2 Mds€ en 2012), voir le rapport « R&D suisse en 2012, finances et personnel » (http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/news/publikationen.html?publicationID=5645). L’essentiel des dépenses y provient des « hautes écoles » et des entreprises privées, piliers de la recherche menée en Suisse. La recherche appliquée, dont les financements sont en progression, prend les devants, avec 41 % des dépenses engagées.

Dans l’Union Européenne, c’est le Royaume-Uni qui est en tête (2ème) devant la Suède (3ème), la Finlande (4ème, signalons d’ailleurs que la Finlande est le seul pays européens dont le niveau de dépenses publiques est supérieur à celui de la France (resp. 58,6% du PIB contre 56,8%) et les Pays-Bas (5ème). L’Allemagne est 13ème (mais gagne 2 places) et les États-Unis 6ème.

C’est la région de l’Afrique subsaharienne qui a connu la plus nette amélioration dans ce classement. En particulier, la Côte d’Ivoire se distingue en gagnant 20 places et l’Île Maurice se hisse en tête du classement régional (de 53èmeà 40ème). Sur 33 pays africains pris en compte, 17 ont amélioré leur classement, pays qui sont en passe de rejoindre la catégorie des ‘apprentis de l’innovation’, à savoir les économies qui obtiennent des résultats supérieurs d’au moins 10 % à ceux de leurs pairs pour leur niveau de produit intérieur brut.

L’évolution des dépenses de R&D dans le monde est inquiétante. Le rapport souligne que compte tenu de la baisse de la croissance des dépenses publiques en faveur de la recherche et du développement, et du fait que les entreprises hésitent toujours à investir dans ce domaine, on semble s’acheminer vers un fléchissement global de la croissance des dépenses de R&D dans le monde, un phénomène qui touche particulièrement les pays à revenu élevé. De plus, si les gouvernements ont effectivement intégré un nombre important de futurs projets de développement dans le domaine de l’innovation dans les mesures de relance adoptées en 2009, l’appui apporté à ces efforts semble s’être essoufflé dans certains pays, et ce, même si la plupart des pays pour lesquels on dispose de données continuent d’afficher une croissance positive des dépenses de recherche et développement en 2013 et 2014 mais essentiellement en Asie, notamment en Chine, en Corée du Sud et en Inde.

http://global-indices.insead.edu/gii/

http://innovation-2030.entreprises.gouv.fr/fr/

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Août 23

Créer une nouvelle plate-forme pour aider les start-up innovantes ? Le mille-feuilles a de l’avenir.

De très nombreux rapports sortent autour de l’amélioration de la compétitivité de la France, que ce soit pour proposer des mesures ou pour visant à évaluer les politiques publiques. Nombre de ces rapports traitent d’innovation, en général vue au travers de l’innovation technologique, et donc des relations entre le monde de la recherche et le monde économique.

Un rapport récemment remis à G Fioraso part du constat que, bien que le taux de survie des entreprises innovantes, en particulier celles ayant émergées grâce au concours de création d’entreprises innovantes du ministère chargé de la Recherche depuis quinze ans, est plus que satisfaisant, très peu ont atteint les niveaux de développement prévus et annoncés dans leur business plan.

Les deux auteurs (Gilles Copin, expert en entrepreneuriat de l’incubateur EM Lyon, et Frédéric Iselin, professeur à HEC)  font apparaître quatre points principaux qui expliquent pour l’essentiel les retards pris au développement par les start-up innovantes :

  • les entreprises ne démarrent pas forcément sur le segment de marché le plus efficace, ce qui suppose que la réflexion stratégique de démarrage n’est pas optimisée ;
  • le comportement, notamment la capacité d’adaptation et d’évolution, n’est pas assez, voire pas du tout travaillé alors qu’il s’agit d’une compétence clé ;
  • le monde de la finance reste globalement méconnu ce qui pénalise le démarrage ;
  • la gouvernance et la gestion de la relation avec l’environnement de l’entreprise ne sont pas vraiment prises en compte, ce qui engendre déconvenues et retards.

Ce rapport propose ainsi de créer une plate-forme nationale de formation et d’accompagnement des formateurs, pour les accompagnateurs de start-up innovantes. Notons au passage (sourire) que cette création augmenterait encore davantage la complexité du système de soutien à l’innovation !

http://business.lesechos.fr/entrepreneurs/innovation-recherche/exclusif-la-gestion-de-l-innovation-doit-devenir-une-discipline-a-part-entiere-101051.php

http://www.publications-em-lyon.com/Soutenir_la_competitivite/

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Juil 22

Oui, la recherche se fait aussi, voire surtout, dans les entreprises et les grandes écoles

Les instituts de recherche publics et les universités ne sont pas les seuls à faire de la recherche et à créer de la connaissance.

Coup sur coup, deux rapports mettent en avant le niveau de la recherche effectuée en entreprises et dans les grandes écoles. De quoi faire voler en éclat quelques idées reçues…

C’est d’abord l’étude du MENESR intitulée « les chercheurs en entreprise en 2011 » publiée vendredi 4 juillet 2014 qui notent que l’effectif de chercheurs mesuré en ETP est de 249 100 personnes en 2011 : 148 300 exercent en entreprise et 100 800 en administration, soit 50 000 de plus en entreprise, alors qu’il y a dix ans, les forces de travail mobilisées par les travaux de R&D des secteurs public et privé étaient comparables.

Entre 2001 et 2011, le coût global moyen d’un chercheur diminue dans les entreprises, passant de 254 000 € à 175 000 € par ETP, soit une baisse de 31 %. Deux raisons peuvent être avancées à cela : la baisse importante du niveau d’appui du chercheur et la diminution de la part des frais généraux. Dans les administrations, ce coût global moyen est de 147 000 € en 2011, semblable au niveau de 2001, résultat de la stabilité du niveau d’appui du chercheur public.

C’est ensuite la CGE (Conférence des grandes écoles) qui signale qu’un tiers des doctorats soutenus chaque année sont préparés dans les laboratoires des grandes écoles.

Avec plus de 250 laboratoires mixtes et 300 laboratoires internes, les grandes écoles font de la recherche un point clé de leur positionnement, la développant et la structurant en leur sein, souvent en partenariat avec des universités ou des instituts de recherche. Le montant des contrats de recherche des écoles d’ingénieurs atteint entre 550 M€ et 580 M€. Plus de 2 500 brevets ont été déposés depuis 2009 par les grandes écoles, l’ESPCI ParisTech arrivant en tête des déposants avec 251 brevets.

De plus, le taux moyen de poursuite en thèse parmi les diplômés des grandes écoles est de l’ordre de 7,5 %, un chiffre comparable à la proportion nationale moyenne de titulaires du diplôme national de master poursuivant en doctorat (8 % à 10 %).

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid81030/les-chercheurs-en-entreprise-en-2011.html

http://www.cge-news.com/main.php?p=926

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