Sep 26

Un effort de recherche français… insuffisant?

L’effort de recherche de la France s’établit à 2,23% du PIB en 2012, ce qui est non seulement insuffisant mais aussi d’une efficacité limitée selon l’OCDE. De plus, cet effort devrait ralentir en 2013. La France était 3ème pays scientifique en 1970, 5ème en 1985, 7ème en 1995, mais 15ème en 2012 (mesure de dépense intérieure de recherche et de développement par rapport au produit intérieur brut (DIRD/PIB)).

La DIRD, 46,5 Md€ en 2012, augmente de 1,4 Md€ par rapport à 2011. L’évolution de la DIRD devrait ralentir en 2013 (+0,5 % en volume) pour atteindre 47,2 Md€ du fait d’une croissance plus faible des dépenses des entreprises.

La dépense intérieure de R&D des entreprises (DIRDE) a augmenté de 3% en 2012 mais devait, elle aussi, ralentir en 2013. La DIRDE s’établit à 30,1 Md€ en 2012″, soit « une augmentation de 3 % (contre 4,1 % en 2011).

La dépense intérieure de R&D des administrations (DIRDA) est quasi stable en 2012 et s’élève à 16,5 Md€. Cette stabilité recouvre des situations contrastées : la dépense intérieure de R&D est en progression pour les universités (+1,9 %), augmente à peine pour les EPST mais se replie pour les EPIC. Il n’aura effectivement échappé à personne que ce sont les universités qui semblent être favorisées par le ministère. Quant aux EPIC, … il y a un (H)IC : ils sont « chargés » de davantage s’appuyer sur leur caractère Industriel et Commercial pour faire rentrer des ressources propres, ce qui n’est pas aisé en période de crise, pardon, de« mutation ».

Moyennant quoi, les dépenses de R&D des EPIC diminuent de 5,7 % en volume entre 2011 et 2012, « notamment en raison de lourds travaux de R&D qui s’achèvent et qui passent en phase de production » note le ministère (comprenne qui pourra). Ces dépenses s’établissent à 3,8 Md€ en 2012, représentant 23 % de la DIRDA. Notons qu’il y a un « dominant » chez les EPIC de R&D : le CEA. Le CEA civil a réalisé pour 2,4 Md€ de travaux de R&D en 2012, soit 63 % des dépenses intérieures de R&D engagées par les EPIC.

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid81687/depenses-de-recherche-et-developpement-en-france-en-2012-1eres-estimations-pour-2013.html

Dans le même temps, l’OCDE estime que l’efficacité de la recherche publique en France est insuffisante : la productivité de la recherche publique française est relativement faible et peu connectée aux besoins de la société et de l’économie. L’OCDE pointe du doigt un système universitaire français fragmenté, des liens « ténus » entre secteur privé et recherche publique et un retard dans certains domaines porteurs tels que les nanotechnologies et les biotechnologies, malgré des progrès récents (voir aussi http://science-innovation-developpement.com/depenses-publiques-privees-de-rd-cherchez-lerreur/ )

Rappelons que l’OCDE avait émis 4 recommandations principales :

  • Consolider et professionnaliser les dispositifs de valorisation de la recherche publique,
  • Rendre la politique de soutien à l’entrepreneuriat innovant plus sélective,
  • Reconsidérer la générosité du crédit impôt recherche,
  • Accroître les financements de la recherche sur projets par rapport aux financements institutionnels.

 

Dépenses intérieures de R&D Effectif total R&D Effectif de chercheurs
En M€ Évolution 2011-2012 en %  En ETP En ETP
Entreprises 30 100 3 246 700 156 600
Administrations 16 500 0,1 165 300 102 500
Établissements publics 9 200 -2,2 82 600 46 200
dont :
– EPST 5 300 0,3 57 900 29 900
– EPIC 3 800 -5,8 23 400 15 500
Enseignement supérieur 6 600 2,6 76 500 53 300
dont :
– Universités sous contrat MENESR 5 700 1,9 64 600 48 100
– Institutions sans but lucratif 600 10,4 6 200 2 900
Total 46 500 1,9 412 000 259 100

(source : MENESR)

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Sep 20

Quel futur pour l’enseignement supérieur aux Etats-Unis ?

A un moment où la France est en train de se définir une stratégie nationale de l’enseignement supérieur (http://science-innovation-developpement.com/strategie-nationale-de-lenseignement-superieur-les-preconisations-du-comite-stranes/), il est intéressant de regarder vers le haut et de s’intéresser aux réflexions en cours dans un pays reconnu comme l’un des meilleurs en matière d’enseignement supérieur (et d’économie…), les Etats-Unis d’Amériques.

Un groupe de présidents d’université a récemment publié ses réflexions sur le futur des universités aux USA, selon 4 axes :

  • Quel sera l’évolution des modèles économiques des universités ?
  • Quels seront les étudiants de demain et comment s’y adapter ?
  • Quel sera le rôle des professeurs ?
  • Quelles seront les grandes tendances affectant l’enseignement supérieur ?

Ces travaux ont été réalisés et publiés sous l’égide du Conseil américain pour l’éducation, la plus grande association de représentants de l’enseignement supérieur des États-Unis, ayant été financés par une bourse de la Fondation Bill&Melinda Gates. Ces 14 présidents d’université (dont la liste figure en fin de cet article) étaient réunis au sein d’un « presidential innovation lab« .

S’agissant du modèle économique, la démarche a consisté à expliciter les facteurs de changement auxquels sont confrontés les établissements d’enseignement supérieur aux USA, puis à trouver les défis à relever, lister les questions pratiques à se poser avant de cadrer une démarche de questionnement plus stratégique.

Les facteurs clés ayant un fort impact sont nombreux :

  • l’érosion des financements publics,
  • le niveau (trop élevé) des frais de scolarité,
  • l’érosion de la confiance dans la valeur de l’enseignement supérieur (notamment dans sa capacité à préparer les étudiants au monde du travail),
  • le questionnement grandissant quant à la qualité et à la productivité de l’enseignement supérieur (notamment de la part des parents et des responsables politiques),
  • les évolutions démographiques des jeunes générations,
  • l’augmentation des dépenses des établissements,
  • la nouvelle concurrence sur le marché de l’enseignement supérieur,
  • les évolutions technologiques (un plus potentiel en matière de pédagogie ou de performance économique, mais un moins budgétaire).

Pour ce groupe, la principale qualité du système américain est sa capacité à réagir et à s’adapter aux demandes du marché…. Car la logique est bien une logique de marché, donc d’offre et de demande.

Le groupe a mis en évidence trois questions/défis à relever :

  • Le modèle économique de l’enseignement en ligne : les MOOCS ne sont pas la panacée ni la réponse à l’augmentation des coûts (immobiliers, humains, …) d’enseignement et la multiplication des offres est susceptible de diminuer les part de marché des établissements traditionnels.
  • La reconnaissance académique : elle doit être repensée avec une réflexion sur les approches par compétences ou les pédagogies par projet.
  • Le financement croisé des activités : le montant des études en commerce ou droit (par exemple) peut conduire à une désaffection des étudiants dans ces domaines et ne plus générer les ressources susceptibles de financer d’autres activités.

Les grandes questions à se poser sont de deux ordres, stratégiques et pratiques.

D’importantes questions pratiques mais importantes se posent aux établissements d’enseignement supérieur américains telles :

  • Le niveau des frais d’inscription : n’ont-ils pas atteint parfois des limites alors que la dette étudiante aux USA dépasse 1000 milliards US$ . Ne faut-il pas se placer dans un environnement « en récession » (moins d’étudiants, moins de revenus, …) ? Ne faut-il pas davantage différencier les prix en fonction des modules suivis ?
  • Le niveau de financement public : sa réduction devrait devenir la norme.
  • Les coûts : ils doivent a minima être contenus ; les budgets doivent être repensés pour être alignés sur le cœur d’activité.
  • Les données pour le pilotage et le contrôle : quelles sont les données pertinentes ?
  • Les partenariats : quels sont les partenariats à bâtir ou à développer, et pour quelle fonctions ?

In fine, il faut avoir répondu à 3 grandes questions stratégiques qui concernent :

  • Le cœur d’activité : degré de pluridisciplinarité ou politique de niche thématique, croissance systématique ou recentrage, externalisation d’activité pédagogique, ….,
  • La différentiation par rapport aux concurrents,
  • La valeur ajoutée : En échange de 4 années d’enseignement et souvent d’une somme considérable d’argent, qu’est-ce que l’établissement procure exactement? Comment peut-il démontrer sa valeur à un public de plus en plus sceptique, notamment en matière de connexion avec le monde du travail? »

Nous ne sommes plus à l’époque où Derek Boh, alors Président d’Harvard, considérait que « changer l’université c’est comme vouloir déménager un cimetière, on ne peut pas compter sur les forces en présence. »

En France aussi, les responsables des établissements d’enseignement supérieur, université et écoles, doivent (devraient ?) se poser ces questions, certes dérangeantes, mais vitales.

http://www.acenet.edu/news-room/Documents/Beyond-the-Inflection-Point-Reimagining-Business-Models-for-Higher-Education.pdf

 

Les 14 présidents membres du groupe de travail étaient :

  • Joseph Aoun, président de la Northeastern university
  • Chris Bustamante, president de Rio Salado College
  • Scott Cowen, président émérite de Tulane university
  • Michael Crow, président d’Arizona State university
  • John Ebersole, président d’Excelsior College
  • Renu Khator, président de l’université de Houston et chancelier du système de l’université de Houston
  • Paul LeBlanc, président de la Southern New Hampshire university
  • Robert Mendehall, président de la Western Governors university
  • Vincent Price, provost de l’université de Pennsylvanie
  • Mohammad Qayoumi, président de la San José State university
  • Rafael Reif, président du MIT
  • Kevin Reilly, président émérite du système de l’université du Wisconsin
  • Clayton Spencer, président du Bates College
  • Linda Thor, chancelière de Foothill De Anza community college district
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Sep 18

La DGCIS est morte. Vive la DGE !

C’est en juin dernier que Pascal Faure annonçait une nouvelle organisation et un nouveau mode de fonctionnement pour la DGCIS. C’est chose faite depuis le 16 septembre : la DGCIS devient la DGE, direction générale des entreprises, au sein du ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique. Ce changement d’appellation s’accompagne d’un « toilettage » de ses missions et de son organisation, qui regroupe quand même près de 1 400 personnes, moitié dans les services centraux, moitié dans les directions régionales.

Le changement de nom de la DGCIS en DGE (direction générale des entreprises) est acté au Journal Officiel du 16 septembre.

Parmi les axes stratégiques de la DGE 2014-2017, il faut noter en particulier :

  • piloter une politique dynamique de filières,
  • inciter les entreprises à innover, développer l’entrepreneuriat et simplifier leur environnement juridique et administratif,
  • accroître l’influence de la direction générale dans les processus communautaires,
  • renforcer l’impact territorial de son action,

mais aussi développer la notoriété de la direction et affirmer ses positions (sic).

S’agissant des mesures concourant au développement de la recherche et de l’innovation dans les entreprises […] en liaison avec le ministère chargé de la Recherche et les établissements publics compétents (ce qui va sans dire, mais va mieux en l’écrivant), le décret précise que cette action s’effectue notamment en matière de recherche partenariale et que la DGE participe à l’évaluation des mesures en faveur de la R&D et de l’innovation dans les entreprises.

Le terme d’entreprises de croissance vient compléter les références aux PME. La DGE traitera d’économie numérique et non plus, comme la DGCIS de technologies de l’information.

S’agissant de l’innovation :

  • le service de l’industrie assure, le soutien de l’innovation et de la recherche industrielle,
  • le service de l’économie numérique favorise la participation des entreprises et organismes de recherche français aux programmes européens de soutien à la R&D et à l’innovation dans le domaine du numérique,
  • le service de la compétitivité, de l’innovation et du développement des entreprises supervise les affaires de propriété industrielle,
  • le service de l’action territoriale, européenne et internationale a en charge le soutien aux pôles de compétitivité.

http://www.entreprises.gouv.fr/la-dgcis-devient-la-dge

http://www.entreprises.gouv.fr/la-direction/missions

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Sep 16

CIR : préservation du dispositif et contrôles allégés

Lors des Assises du financement et de l’investissement, le 15 septembre 2014, le président de la République a rappelé qu’il a affirmé dès le début de son quinquennat que le dispositif du crédit impôt recherche serait préservé. Il a ajouté que ses règles seront peut-être simplifiées et les contrôles allégés…. La clé de tout, c’est l’investissement. Une nation qui investit moins ne pourra plus trouver sa place dans la mondialisation.

Lors de ces mêmes assises, Emmanuel Macron a reconnu que le financement des entreprises dépend majoritairement des banques et estimé qu’il faut faire émerger de nouveaux modes de financements publics privés.

De son coté, Axelle Lemaire, secrétaire d’État au numérique, estime que nous pouvons mieux faire, notamment dans l’accès aux outils de financements privés et dans la dynamique collaborative entre grands groupes et PME qui est quelque peu laborieuse, … même si les pôles de compétitivité effectuent déjà une partie de ce travail mais ce n’est pas suffisant.

Marie Ekeland, cofondatrice de France Digitale, a noté que pour développer les entreprises, il faut miser sur l’innovation d’usage et pas seulement sur la R&D.

http://www.bpifrance.fr/Vivez-Bpifrance/Actualites/Assises-du-financement-et-de-l-investissement

http://www.elysee.fr/chronologie/#e7337,2014-09-15,assises-du-financement-et-de-l-investissement

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Sep 12

Valls 2 (suite) : le CGI retourne sous l’autorité directe du Premier ministre

Pour faire suite aux deux derniers articles sur le bilan du gouvernement Valls 1 (qui avait mis le CGI sous double tutelle ministérielle A Montebourg – B Hamon/G Fioraso) et sur les perspectives « innovation » du gouvernement Valls 2, signalons que le Commissariat général à l’investissement (CGI) retrouve son statut d’origine : placé sous l’autorité du Premier ministre. Les deux coprésidents du comité de surveillance des investissements d’avenir, Alain Juppé et Michel Rocard, vont donc pouvoir (re-)travailler sereinement et au niveau qui leur convient…

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000029440155&dateTexte=&oldAction=dernierJO&categorieLien=id

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