Juil 15

Stratégie nationale de l’enseignement supérieur : les préconisations du comité STRANES

Le rapport d’étape du comité chargé de proposer au gouvernement une stratégie nationale de l’enseignement supérieur a été présenté le 9 juillet. Alors que la stratégie nationale de recherche s’est ouverte à l’Europe (France Europe 2020) et vise à contribuer à augmenter la compétitivité de l’équipe France pour restaurer la croissance, ces premiers éléments de stratégie nationale de l’enseignement supérieur étaient attendus pour fixer un vrai cap pour l’enseignement supérieur en évitant deux écueils, apparaître comme un plaidoyer pour la défense des intérêts des universités françaises et apparaître déconnecté de la vie et des réalités économiques françaises et européennes.

Cinq objectifs stratégiques

Le comité fixe « 5 objectifs pour construire la France de demain et agir pour l’égalité » (extrait du sommaire) :

1. Soutenir l’économie et construire une société apprenante

  • Développer la formation continue
  • Ouvrir la formation. 
  • Reconnaître l’investissement dans la formation. 
  • Favoriser l’emploi des docteurs.

2. Développer l’internationalisation de l’enseignement supérieur

  • Une « culture de la bienvenue ».
  • Cursus en anglais. 
  • S’impliquer dans U-Multirank. 
  • Position non tranchée sur les droits d’inscription des étudiants étrangers. 

3. Favoriser une réelle accession sociale et agir pour l’inclusion

4. Inventer l’éducation supérieure du 21e siècle

  • Former les enseignants-chercheurs à la pédagogie. 
  • Créer des équipes pédagogiques. 

5. Répondre aux aspirations de la jeunesse

Les moyens pour y parvenir : un mix entre bonnes idées et liste de revendications

Ce rapport d’étape propose ensuite des moyens pour mettre en œuvre ces éléments de stratégie, tant en matière de leviers (créativité, coopération) que de modèle économique (financements).

De bonnes idées méritent d’être soulignées.

Mettre la créativité et la coopération au service de la stratégie nationale apparaît nécessaire, de même que reconnaitre l’investissement dans la formation.

Créer des espaces de coopération interdisciplinaires est de plus en plus crucial pour développer l’ouverture d’esprit des étudiants (voire des formateurs) et l’innovation, celle-ci naissant désormais de plus en plus dans l’interdisciplinaire.

De même, il est très encourageant que le Comité considère que la formation supérieure doit permettre à chacun d’acquérir des connaissances fondamentales et des compétences transversales, qui leur permettront de changer de métier au cours de leur vie, et de suivre des formations plus pointues leur permettant de s’investir dans les nouveaux métiers.

Utiliser le contrat quinquennal pour favoriser la mise en œuvre de la stratégie serait effectivement un signe que l’Etat (stratège) a les moyens d’appliquer la politique qu’il a défini et approuvé.

Même si la distinction Etudes populaires/Etudes bourgeoises est connotée (voire provocatrice), force est de constater que l’ascenseur social s’est dégradé, problème sur lequel ce rapport d’étape se penche intelligemment.

Quelques inquiétudes ou interrogations émergent néanmoins.

Ce rapport d’étape propose de favoriser des expérimentations au prétexte de développer l’agilité et la culture du oui, ce qui reste flou mais apparaît louable, le risque étant de donner l’impression de tâtonner en matière d’innovation pédagogiques. La part de l’éducation et de l’enseignement dans le budget de l’Etat est quand même de l’ordre de 20 % (environ 80 Md€ sur 407 Md€). Ceci militerait effectivement pour investir et inciter à l’innovation pédagogique : un « Investissement d’Avenir » pour l’innovation pédagogique.

Mais cette demande de budget supplémentaire permet d’aborder le modèle économique de l’université française, pardon, de l’enseignement supérieur français du futur… et de rentrer dans le champ des revendications financières.

Il est louable de considérer qu’il faut investir pour permettre à la France de jouer son rôle dans la société apprenante. Pour cela, davantage investir dans l’innovation pédagogique et dans la recherche en la matière est une bonne idée à condition que les résultats de cette recherche pédagogique soient ensuite valorisés et effectivement mis en œuvre par ses acteurs. Rappelons que sont inscrits au budget de l’Etat environ 974000 postes publics dans l’éducation et l’enseignement. Rappelons aussi que l’enseignement supérieur bénéficie déjà d’une enveloppe (certes non entièrement consomptible) de 11 milliard d’€ (sur 35 Md€) dans le Programme des Investissements d’Avenir 1.

Et pourquoi proposer de défendre un modèle européen de financement de l’ESR et de sortir l’enseignement supérieur et la recherche du calcul des déficits si c’est pour pouvoir, sans crainte de se faire taper sur les doigts par Bruxelles, creuser encore davantage le déficit… et proposer que les entreprises doivent contribuer davantage au risque de creuser encore davantage le fossé entre les universités et le monde économique. Pour mémoire, cet argument de sortie d’une partie du budget de l’Etat pour le calcul du déficit avait déjà été utilisé par le ministère de la défense au prétexte que le budget correspondant contribuait à bâtir une défense européenne et que seuls 2 ou 3 pays en Europe avaient, sur le sujet, des capacités et des budgets conséquents.

Si ce rapport d’étape appelle légitimement de ses vœux des modalités de financements des établissements en phase avec les objectifs stratégiques, il se prononce clairement contre la hausse des droits d’inscription pour les étudiants. Ce qui n’apparaît pas forcément réaliste lorsque on voit le nombre d’universités en déficit, voire en double déficit, et les difficultés qu’elles ont à entretenir leurs infrastructures, à faire face au GVT (glissement vieillesse-technicité) et à l’augmentation de leurs charges fixes (énergie, …).

Le rapport d’étape note que, entre 2000 et 2012, le nombre d’étudiants du privé a augmenté de près de 60 %. Il pose la question de la responsabilité de l’Etat face au secteur privé de l’enseignement supérieur, en envisageant évidemment d’aller au-delà des regroupements envisagés actuellement (COMUE, …) et de s’intéresser aussi aux enseignements supérieurs dans les lycées et les formations socio-médicales

Ce rapport soulève donc le problème des formations supérieurs hors sphère publique de l’enseignement supérieur (classes préparatoires, formations socio-médicales, grandes écoles), principalement pour revendiquer que ces formations soient évaluées (mais quelle meilleure évaluation que de trouver des étudiants qui, en plus réussissent : 82,5 % des jeunes diplômés des grandes écoles ont trouvé leur premier emploi en moins de deux mois (source CGE-2012)) voire pour suggérer qu’elles soient intégrées à la sphère publique.

S’agissant des grandes écoles, il faut remarquer que seule l’ESSEC a été auditionnée à titre individuel en complément des auditions « syndicales » de la CGE, de la CEDEFI et de la FESIC. Pour mémoire, ce sont plus de 13 présidents (ou anciens présidents) d’université qui ont été auditionnés à titres divers et 3 font partie du comité, d’après les éléments fournis en annexe au rapport.

Le marché de l’enseignement supérieur en France est un marché libre. C’est la loi de l’offre et de la demande. Pourquoi parents ou étudiants dépenseraient des milliers d’€ pour des études dans des grandes écoles ou des formations privées si ce n’est pour bénéficier d’un « meilleur » enseignement au sens insertion professionnelle ? En la matière, c’est à l’enseignement public à élever son niveau et de proposer une offre améliorée. Ne doutons pas que c’est bien là l’objectif de cette stratégie nationale au bénéfice des étudiants.

Quelles attentes des étudiants ?

Car qu’attendent la plupart des étudiants de l’enseignement supérieur ? Apprendre. Mais apprendre afin d’avoir un métier et des revenus. Ceci pose la question de la place de l’insertion professionnelle dans ce rapport d’étape et du dialogue du Comité avec les futurs employeurs des diplômés de l’enseignement supérieur, même si, en parallèle avec le Comité StraNES, c’est le Comité Sup’Emploi qui a vocation à traiter ces problématiques auprès du MENESR.

L’enseignement supérieur doit avoir pour vocation le transfert de connaissances et de savoir, surtout à l’université, mais aussi de savoir-faire de façon à créer des compétences permettant à l’étudiant de s’insérer dans la vie professionnelle. Tout le monde sait que l’insertion professionnelle est une mission officielle des universités depuis la loi LRU (2007).

L’insertion professionnelle 

Au-delà de son (ou ses) modèle(s) économique(s), l’ancrage dans la vie économique de l’enseignement supérieur s’effectue par l’insertion professionnelle des diplômés. Le dialogue avec les futurs employeurs des étudiants est donc particulièrement important.

Un peu d’analyse lexicale. Dans ce rapport d’étape (61 pages hors annexes), le mot « insertion » apparaît 3 fois dont une fois sur le thème (cheval de bataille) de l’insertion des docteurs. Mais il apparaît 10 fois dans les intitulés des positions professionnelles des personnes auditionnées (voir les annexes du rapport), ce qui est rassurant quant à la prise en compte de cette mission, administrativement au moins.

Il faut savoir gré au Comité d’avoir auditionné 2 pôles de compétitivité (Cap Digital, Up-Tex), lieu de travail et de construction collective entre le monde de la recherche publique et le monde des entreprises, dédié à la mise sur le marché de produits innovants (les SATT étant davantage tournées vers l’étape dite de « maturation »).

Les futurs employeurs ?

On ne peut qu’encourager le Comité à poursuivre ses travaux vers la communauté (multiforme) des employeurs, publics ou privés.

Si la plupart des ministères ont été entendus, non pas en tant qu’employeurs (même si la fonction publique nationale recrute !) mais comme tutelles d’établissements d’enseignement supérieur, aucun acteur individuel du monde économique ne semble avoir été auditionné directement, même si certains faisaient partie du Comité lui-même. Si la liste des personnes et institutions auditionnées occupe quand même 16 pages -69 à 85- de ce rapport d’étape, seuls ont été auditionnés le MEDEF, l’UIMM et la CGPME, au titre de représentations syndicales. Aucun industriel, aucune société de service, aucune banque, aucune assurance, aucune PME ou ETI, ….. n’a été auditionné individuellement. Ce sont pourtant des employeurs de diplômés de l’enseignement supérieur et des créateurs d’emplois.

Rappelons que, « faute d’innovation et de compétitivité », Geneviève Fioraso, appelait en conclusion du dernier colloque de la CPU à « réapprendre à aimer notre industrie et à la rendre plus attractive pour les jeunes », afin de « créer de nouvelles filières liées aux nouveaux défis de société ».

Ne faudrait-il pas que le Comité se tourne davantage vers les futurs employeurs, publics (nationaux, territoriaux ou sociaux) ou privés, des étudiants pour leur poser les questions « qu’attendez-vous de l’enseignement supérieur ? » et « qu’êtes-vous prêts à faire pour l’enseignement supérieur ? ».

Gageons que les travaux du Comité vont se poursuivre jusqu’au rapport final prévu à l’automne, en évitant les deux écueils signalés en introduction.

Le monde de l’enseignement supérieur mérite une réflexion stratégique courageuse, réaliste, sans tabou et motivante.

 

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid81189/strategie-nationale-de-l-enseignement-superieur-remise-du-rapport-d-etape.html

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Juil 15

De l’efficacité des pôles de compétitivité

Le rapport de l’OCDE sur les politiques d’innovation en France rappelle qu’entre 2008 et 2011, les projets des pôles ont généré 2 500 innovations et un peu moins de 1 000 brevets, principalement dans le domaine des TIC, de la biotechnologie, de la santé et de l’énergie. L’OCDE note aussi que les pôles mondiaux déposent en moyenne par pôle trois fois plus de brevets que les pôles nationaux. 93 start-up ont été créées, principalement dans les pôles nationaux (61).

Bienfait comptable des pôles pour les entreprises

Les entreprises captent 56 % des financements totaux des pôles de compétitivité : 36,4 % pour les PME, 7,1 % pour les ETI (entreprises de taille intermédiaire) et 10 % pour les grandes entreprises alors qu’elles bénéficient en 2010 de 44 % des financements publics totaux directs (civils et militaires). Ainsi, 65 % des adhérents aux pôles sont des PME et ETI, 7 % des grandes entreprises et 17 % des organismes de recherche.

Complexité, mikado et mille-feuilles (suite…)

Selon l’OCDE, le dispositif de pilotage des pôles est très complexe en raison de son caractère interministériel et des différents enjeux stratégiques qui en découlent. De plus, les procédures de financement sont également très complexes pour les entreprises et notamment les PME, qui se voient souvent attribuer des financements provenant de plusieurs guichets avec des règles spécifiques à chacun…. tout en soulignant que les pôles sont actifs sur l’ensemble des technologies clés telles que sélectionnées par le ministre en charge de l’Industrie lors de plusieurs exercices successifs mais sont en moyenne trop dispersés sur ces technologies.

http://www.oecd.org/fr/innovation/investir-dans-la-recherche-de-maniere-plus-judicieuse-stimulerait-l-innovation-en-france.htm

http://www.oecd.org/fr/innovation/examensdelocdedespolitiquesdinnovation.htm

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Juil 10

L’enseignement supérieur est-il régalien  ?

La suggestion du rapport d’étape sur la stratégie nationale de l’enseignement supérieur (STRANES) de faire contribuer directement les entreprises au financement de l’enseignement supérieur soulève la question du modèle de financement de l’enseignement supérieur et, au-delà, ouvre la voie à des questionnements, d’une part, sur le financement des tâches considérées comme régaliennes et, d’autre part, sur le caractère régalien ou non de l’enseignement supérieur.

Si les entreprises doivent financer directement (et non pas seulement par leur contribution au budget de l’Etat par les impôts et autres taxes dont elles doivent s’acquitter), au prétexte qu’elles sont « mieux armées pour innover, pour se développer et pour être compétitives grâce à l’enseignement supérieur« , le même raisonnement est susceptible de s’appliquer à d’autres secteurs de l’Etat. Après tout, l’administration de la justice fait régner le respect du droit dont les entreprises bénéficient. La Police et la Gendarmerie assure le respect de l’ordre public et la sécurité dont bénéficient les entreprises. La défense et les armées défendent le territoire contre l’ennemi extérieur, ce qui n’a probablement pas de prix pour les entreprises,… Pourquoi donc ne pas les obliger à financer ces administrations directement. Avec des contreparties, bien sûr, tel utiliser les gilets pare-balles des policiers ou gendarmes comme support publicitaire ou afficher que tel tribunal administratif ou telle cours d’assises est sponsorisé(e) par telle industrie pétrolière ou tel laboratoire pharmaceutique….

A l’opposé de cette démarche qui, bien évidemment force le trait, il est possible de remettre en cause le caractère régalien de l’enseignement supérieur. Aux USA, souvent cités comme modèle de réussite en la matière, beaucoup de très grandes et prestigieuses universités sont de droit privé et, comme telles, sont gérées comme une entreprise privée, avec un président – chef d’entreprise. Et quand bien même ce serait des universités d’Etat, la situation est similaire. N’est-ce pas George Peterson, président de Georgia Tech qui déclarait le 23 mai 2014, lors de l’inauguration d’un bâtiment de Georgia Tech Lorraine dédié à l’innovation technologique : « Aujourd’hui, 15 % du budget de Georgia Tech vient de l’État. Nous sommes passés d’une université « financée » par l’État à une université « soutenue » par l’État, avant peut-être de n’être plus qu’une université « localisée » dans l’État ! » ? Il ne faut pas oublier qu’en toute logique, celui qui finance est celui qui décide….

Mais tout ceci est sans doute trop provocateur…

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid81189/strategie-nationale-de-l-enseignement-superieur-remise-du-rapport-d-etape.html

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Juil 08

L’innovation est une priorité reconnue… Et après ?

Coup sur coup, trois rapports mettent en avant la nécessité d’innover pour restaurer la croissance, et proposent aussi des mesures à prendre.

Même si «innovation» est devenu un mot clé indispensable, force est de reconnaître qu’elle est essentielle à maintenir la compétitivité des acteurs, qu’ils soient publics ou privés. L’innovation, c’est une nouveauté qui rencontre un marché. Lorsque cette nouveauté est à caractère technologique (ce qui n’est pas toujours le cas comme on a parfois trop tendance à le penser en France), on parle d’invention, d’où les débats, négociations voire disputes autour de la propriété intellectuelle dont ne se préoccupent pas assez les dirigeants (voir l’enquête du cabinet Lavoix).

S’agissant des mesures à prendre, certaines oblige(ro)nt à faire des choix (OCDE : financer les projets de R&D les plus prometteurs) et risquent de bousculer des habitudes et des positions établies (CGSP : mieux évaluer les dispositifs publics).

Alors, sommes-nous individuellement figés ou saurons-nous réagir collectivement ?

CGSP : il faut davantage miser sur l’innovation

Le commissaire général à la stratégie et à la prospective (France Stratégie), Jean Pisani-Ferry, recommande de « miser davantage sur l’innovation » pour « renouveler les fondements de la croissance », dans le rapport « Quelle France dans 10 ans ? » remis le 25 juin 2014 au président de la République. Ceci suppose de « mieux évaluer les dispositifs publics », de « renforcer les écosystèmes territoriaux », notamment autour des métropoles, de « financer le développement des entreprises » et d' »anticiper les transformations liées au numérique ».

Innovation, moteur de la croissance pour la Commission européenne

« Il est prouvé que l’augmentation des investissements en R&I est un moteur de la croissance, et l’amélioration de l’efficience et de la qualité des dépenses publiques en R&I est essentielle pour que l’Europe maintienne ou assure une position de leader dans de nombreux domaines scientifiques et technologiques », estime la Commission. Elle rappelle qu’elle s’est « engagée à aider les États membres à mettre en œuvre les réformes en matière de R&I les mieux adaptées à leurs besoins, notamment en apportant un soutien politique, en fournissant des données de très grande qualité et en proposant des exemples de meilleures pratiques ».

Recommandations de l’OCDE sur les politiquespubliquesd’innovation.

Le rapport de l’OCDE sur les politiques d’innovation en France enjoint la France « d’encourager l’innovation dans le secteur privé », « de rendre les établissements publics de recherche plus responsables » et de « consacrer une plus grande partie des financements aux projets de R & D les plus prometteurs qui aideraient la France à renouer avec sa tradition d’excellence scientifique et technologique ». Ce rapport avait été demandé par le CGI.

La propriété intellectuelle est de plus en plus perçue comme un enjeu stratégique.

Le cabinet Lavoix relève que « la perception de la PI comme enjeu stratégique confirme sa progression en 2013 ». Il précise « que les réponses sont toutefois mitigées lorsque l’on demande si les droits de PI occupent une place suffisante dans l’agenda des dirigeants ». Enfin, « lorsque la question est posée pour l’ensemble des droits de PI, la préservation de la liberté d’exploitation obtient le score plus élevé », indique le baromètre. « Ériger des barrières à l’entrée » ou même « écarter ses concurrents du marché » obtiennent également des scores élevés ».

http://www.strategie.gouv.fr/blog/2014/06/rapport-quelle-france-10-ans/

http://www.strategie.gouv.fr/blog/2014/06/fr10a-reperes-2025/

http://ec.europa.eu/enterprise/policies/innovation/files/ius/ius-2014-summary_fr.pdf

http://www.oecd.org/fr/presse/investir-dans-la-recherche-de-maniere-plus-judicieuse-stimulerait-l-innovation-en-france.htm

http://www.lavoix.eu/fr/news/148/barometre-de-la-pi-lavoix-edition-2014

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Juil 04

Dépenses publiques / privées de R&D : cherchez l’erreur !

Selon l’OCDE, la position de la France en matière de R&D régresse alors même que ses dépenses publiques en la matière sont plus importantes que dans des pays comparables (hors CIR) contrairement aux dépenses des entreprises, elles moins importantes.

Cherchez l’erreur… et les mesures à prendre !

Quel positionnement de la France en R et en R&D  ?

Entre 2000 et 2010, la part de la France dans la recherche, en nombre de publications scientifiques, a reculé, passant de 4,8 % à 4,3 % (concurrence de pays émergents comme la Chine et l’Inde). La part de la France dans les 10 % publications les plus fréquemment cités est passée de 6 % à 5,5 %.

La part des dépenses de R & D des entreprises en France (1,5 % du PIB) est inférieure à celle des secteurs privés dans d’autres grandes économies (2 % du PIB en Allemagne, par exemple). Cet écart s’explique par la structure sectorielle de la France, notamment la faible taille de son secteur manufacturier.

Trop de dépenses publiques pour la recherche (hors CIR) ?

Le gouvernement français a financé 37 % des dépenses de R & D en 2010, ou près de 50 % si l’on inclut le crédit impôt recherche. Ce chiffre est à comparer aux 30 % observés dans des pays de taille comparable comme l’Allemagne et le Royaume-Uni, où le secteur privé dépense davantage.

Un CIR trop généreux ?

Selon l’OCDE, le CIR « a permis aux entreprises bénéficiaires de survivre plus facilement à la crise que les autres mais n’a pas suffisamment soutenu l’investissement en R&D des entreprises. Ainsi, il faudrait réduire la générosité du CIR et la pression fiscale qui pèse sur les entreprises ».

Il faut libérer les entreprises innovantes selon l’OCDE

Le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, souligne que « l’industrie française dépense moins en R & D que la moyenne des pays de l’OCDE ». « Les entreprises françaises sont individuellement innovantes mais sont trop peu nombreuses et trop petites », observe-t-il. Il impute cela « aux réglementations fiscales ». « Encourager la création d’entreprises est une bonne chose mais il faut aussi débrider leur croissance pour ne pas faire que la moitié du chemin », assure-t-il. Le secrétaire général de l’OCDE évoque également le statut de JEI (jeune entreprise innovante) dont il juge « le niveau d’aide insuffisant pour assurer la croissance des entreprises ».

http://www.oecd.org/fr/innovation/examensdelocdedespolitiquesdinnovation.htm

 

 

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