Déc 12

« PIA européen » : un label plus que des euros !

Voulant relancer les investissements en Europe mais aussi marquer son territoire, la nouvelle commission Juncker a identifié 2000 projets « d’investissement public » pour 1 300 Md€ ! La commission s’est « concentrée sur des projets dans les principaux domaines porteurs de croissance : la connaissance, l’innovation et l’économie numérique, l’union de l’énergie, les infrastructures de transport, les infrastructures sociales et les ressources naturelles et l’environnement. Mais faut-il réellement en attendre des € sonnants et trébuchants, malgré les présentations faites et relayées dans les médias ?… Euros, euros de singe ou simple label ?

Après avoir interrogé les États, le récent rapport de la « task force » de l’UE sur les investissements recense environ 2 000 projets équivalent à près de 1 300 Md€ d’investissements potentiels, dont des projets pour plus de 500 Md€ qui pourraient être mis en œuvre au cours des trois prochaines années. La France a ainsi proposé 31 projets dont 6 dans le secteur de la R&D, 4 dans celui des TIC ainsi qu’un gros projet (chiffré à 8,6 Md€) dans le secteur des transports pour l’aménagement d’un programme de métro automatique permettant, entre autres, de relier le plateau de Saclay (Essonne) aux gares parisiennes, voir plus bas.

La commission considère que l’identification de ces projets est une première étape vers la création d’une réserve novatrice et transparente de projets dans lesquels il est possible d’investir. Cette mesure est essentielle pour rétablir la confiance et encourager les investisseurs à investir et à développer les compétences en Europe. Le manque d’informations crédibles et transparentes sur les projets constitue actuellement un obstacle majeur aux investissements. Il s’agit donc pour la commission de fournir une réserve de projets fiables pour rétablir la confiance des investisseurs et dégager des investissements du secteur privé afin de compléter le financement provenant des États membres et de l’UE.

Mais… les financements européens ne seront pas des subventions, mais principalement des prêts. Et si le Plan d’investissement pour l’Europe est destiné à mobiliser 315 Md€ d’investissements publics et privés dans l’économie réelle au cours des trois prochaines années, les 315 Md€ annoncés sont une projection : l’UE accorde 21 Md€ et la Commission table sur un effet de levier multiplicateur de 15. Remarquons simplement que, dans le même temps, la réalité de la mise en œuvre du PIA français (PIA 1 et PIA 2 pour 46,6 Md€ dont 32 Md€ déjà engagés et 9 Md€ déjà payés) conduit à un effet de levier compris entre 1 pour 1 et 2 pour 1, loin des 15 pour 1 espérés par la Commission !

Mais… tout projet identifié par la task force devra être évalué de manière approfondie avant de pouvoir bénéficier d’un financement. Et… il n’y a pas d’engagement financier automatique de la part de la Commission européenne ou de la BEI pour des projets recensés par la task force et ceux-ci ne peuvent pas prétendre à un accès préférentiel à des fonds nationaux ou européens.

Alors, plutôt que d’espérer avoir des financements réels, il conviendra de plutôt considérer qu’un projet rentrant dans le cadre de ce qui pourrait être qualifié de « PIA européen » obtiendrait ainsi un simple label de l’UE, lui permettant (peut-être) d’être prioritaire lorsque des financements privés ou publics (régionaux, nationaux ou européens) seront effectivement disponibles.

http://www.eib.org/infocentre/press/releases/all/2014/2014-277-investment-offensive-for-europe-eu-task-force-identifies-2-000-potential-projects-worth-eur1-3-trillion.htm

Projets de la France en R&D, TIC et concernant l’aménagement du plateau de Saclay :

Secteur Nom du projet Coût d’investissement
total (Md€)
Investissement en
2015 – 2017 (Md€)
Connaissance et économie numérique SISME
Programme : Smart Innovation for SMEs
0,9 Md€ (expérimentation sur 3 ans) en France. 0,9 Md€ en
France.
Connaissance et économie numérique European technological
Partnership institutes
2 Mds€ sur
10 ans
0,4 Md€
Connaissance et économie numérique Soutien aux investissements dans les usines pilotes
de nouvelle
génération, notamment sur les technologies clés
15 Md€ 15 Md€
Connaissance et économie numérique Filières européennes de
Composants critiques
1 Md€ UE. 1 Md€ UE.
Connaissance et économie numérique Fonds de fonds
paneuropéen
de capital-risque (cf. annexe)
5 Md€ UE
pour initier la mise en œuvre du fonds (apport en capital)
5 Md€ UE
pour initier la mise en
œuvre du fonds (apport
en capital)
Connaissance et économie numérique Création de Campus
Universitaires européens
équipés pour et en pointe de la révolution numérique
0,9 Md€ en
France.
0,9 Md€ en
France.
Économie digitale et de la connaissance E-éducation 24 Md€ UE 6 Md€ UE
Connaissance et économie numérique Investissement dans le
Développement de la filière
industrielle
européenne des thérapies géniques
0,4 Md€ UE. 0,3 Md€ UE.
Connaissance et économie numérique Usine du futur :
diffusion du
numérique dans les PME
1 Md€ en
France.
1 Md€ en
France.
Connaissance et économie numérique Équipement numérique des hôpitaux
– territoires de soins
numériques
0,4 Md€
en
France.
0,3 Md€ en
France.
Transport Grand Paris Express et Eole 8,6 Md€ 4,2 Md€

 

 

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Déc 09

IRD : renforcement de sa part « Agence » ?

L’IRD a vu son organisation et son fonctionnement modifiés par le Décret no 2014-1441 du 3 décembre 2014 publié au JO daté du 5 décembre.

En particulier, les missions de l’établissement sont complétées, notamment en raison de la suppression de l’agence inter-établissements de recherche pour le développement (feu l’AIRD). De plus, l’établissement est doté d’un conseil d’orientation permettant la représentation de ses partenaires.

Curieusement, l’impression est que c’est justement la partie de type Agence qui sort renforcée de ce nouveau décret : promouvoir, participer à l’élaboration, contribuer à la coordination, à la définition, à la structuration, assurer l’information, contribuer à la valorisation, apporter son concours à la formation, favoriser l’action en commun, participer à l’analyse de la conjoncture, … Ne manque sans doute que gérer les chercheurs expatriés ou en mission de longue durée aux Suds.

Seule une partie du premier alinéa de l’article 2 peut être rattaché de façon spécifique à la fonction d’opérateur de recherche, à savoir : De promouvoir et de réaliser tous travaux de recherche scientifique…  Promouvoir de tels travaux vient d’ailleurs en première priorité, par rapport à leur réalisation. Et il suffirait de supprimer les 3 mots et de réaliser pour que l’IRD ait terminé son évolution vers ses fonctions d’agence (voir le Cicid de 2005).

De plus, c’est désormais l’ensemble de l’IRD et non plus seulement sa partie « agence » qui est doté d’un conseil d’orientation qui reprend constitution et missions du Conseil d’Orientation de l’AIRD (l’ex-COrA) en élargissant ainsi son périmètre d’action à l’ensemble de l’établissement.

Quant au contribuer à la coordination, … la définition, … la structuration, présent dans le nouveau décret, nul doute que certains liront « orienter les choix des Alliances » alors que d’autres comprendront « participer aux Alliances et suivre leurs orientations ». Regrettons quand même qu’en la matière, l’IRD n’ait plus qu’à contribuer (comme d’autres établissements) et non plus à mobiliser, animer, programmer,….. comme prévu dans le précédent décret.

 

Il est intéressant de reproduire ici l’ensemble du nouvel Article 2 qui précise les missions (curieusement « mission » et non « missions » dans le texte) :

Art. 2. – L’institut a pour mission, en France et hors de France, en particulier par des actions de recherche en coopération de longue durée, en accord avec les États avec lesquels sont établis des protocoles et conventions :

  1. De promouvoir et de réaliser tous travaux de recherche scientifique et technologique susceptibles de contribuer au progrès économique, social et culturel des pays en développement, en particulier :
    – par l’étude des milieux physiques, biologiques et humains de ces pays ;
    – par des recherches visant à donner à ces pays la maîtrise de leur développement ;
    par des expertises scientifiques dans ses domaines de compétences ;
  2. De participer à l’élaboration des orientations proposées conjointement par les organismes de recherche et les établissements publics d’enseignement supérieur ;
  3. De contribuer, sur toute question de science liée au développement, en cohérence avec la politique française d’aide au développement, ainsi qu’avec les stratégies nationales d’enseignement supérieur et de recherche qui sont traduites notamment par les orientations visées au b :
    à la coordination nationale de la recherche pour le développement ;
    à la définition de stratégies européennes et multilatérales en ce domaine ;
    à la structuration de l’offre partenariale de formation, de recherche et d’innovation à destination des pays en développement ;
  4. D’assurer l’information scientifique et technique dans les divers milieux sociaux, professionnels et culturels concernés ;
  5. De contribuer à l’application et à la valorisation scientifique, sociale, économique et culturelle des résultats des recherches ;
  6. D’apporter son concours à la formation à la recherche et par la recherche de Français et d’étrangers ;
  7. De favoriser, par la conclusion de contrats, l’action en commun des organismes travaillant dans son domaine de compétence ;
  8. De participer à l’analyse de la conjoncture nationale, européenne et internationale et de ses perspectives d’évolution en vue de l’élaboration de la politique nationale en ce domaine ;
  9. D’accueillir des personnels appartenant à des organismes extérieurs.

http://www.legifrance.gouv.fr/jopdf/common/jo_pdf.jsp?numJO=0&dateJO=20141205&numTexte=11&pageDebut=20291&pageFin=20293

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Déc 05

Innovation et dynamique des territoires

L’innovation est l’un des principaux moteurs de la croissance. L’État ne s’y est pas trompé et les outils nationaux mis en place sont nombreux tels le PIA, les 34 plans, les mesures fiscales (CIR, CII, …). Ces outils complètent les outils européens (H2020, …) et les outils régionaux. Le « local » prend de plus en plus d’importance, pour preuve les Comue, les politiques de site, les SATT, le « manger local », ….. sans oublier les SSS (Smart Specialization Strategy) pour lesquelles l’Europe traite directement avec les régions.

L’IHEST (Institut des Hautes Études pour la Science et la Technologie) a eu l’idée, l’intelligence devrais-je dire, de mettre sur pied une formation destinée à des décideurs à haut potentiel en milieu de carrière sur ces sujets. Cette formation concentrée, « Innovation et dynamique des territoires » s’étend sur 7 jours non contigus, entre janvier et mars, à Paris et en province (Lyon, Bordeaux). Elle conduira les participants, élus locaux, nationaux, entrepreneurs, relais d’opinion, chercheurs… à rencontrer des innovateurs, à découvrir leur parcours, à comprendre les processus d’innovation et à questionner leur gouvernance.

Une formation courte, dense et dynamique pour des regards croisés et directs sur l’innovation en région. http://www.ihest.fr/les-formations/les-ateliers-de-l-ihest/innovation-et-dynamique-des/une-formation-pour-vivre-l

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Déc 03

De la fourche à la fourchette : innovation pour une croissance durable

De la fourche à la fourchette. Telle a été l’accroche utilisée par Claude Bartolone, président de l’Assemblée Nationale, pour introduire la réunion des Mardis de l’Avenir du mardi 2 décembre à l’Hotel de Lassay sur le thème La chaine alimentaire : faut-il changer le contenu de nos assiettes ?. Et le débat a bien eu lieu, sous les ors de la République, avec en particulier un échange entre un agriculteur, Pierre Priolet, par ailleurs auteur de Les fruits de ma colère, et le premier distributeur français (le deuxième mondial), Georges Plassat, PDG du groupe Carrefour. Le premier reprochant au second le trop faible coût d’achat au producteur, le second mettant en avant la compétition internationale, le besoin d’investissement (2Md€ par an pour son groupe) et la demande des consommateurs pour un prix bas, les deux s’accordant sur l’objectif d’une nourriture saine à un prix compétitif. Ce même Pierre Priolet a aussi appelé de ces vœux un affichage des prix payés aux producteurs. Sur ce sujet, rendez-vous a été pris avec le Ministre de l’Agriculture.

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Le fil rouge des réunions des Mardis de l’Avenir étant La transition écologique en débat, Claude Bartolone a fait remarquer que l’agriculture représentait 21% de l’émission des gaz à effets de serre en France, 8% pour le seul élevage herbivore. Il a milité pour la territorialisation, la ruralité et la création d’écosystèmes de production/distribution de proximité.

En écho, Stéphane le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’agro-alimentaire et de la forêt, a annoncé que le jour même avait été envoyé à tous les responsables de collectivités locales un guide du « manger local ». Il a insisté sur le besoin de diminuer les émissions de gaz à effet de serre et de stocker le carbone.

Au-delà du débat avec les représentants du monde agricole présents, agriculteurs ou responsables syndicaux, Georges Plassat (Carrefour) a fait part des actions de son groupe pour rapprocher lieux de production et lieux de consommation. Passer d’une société de consommation à une société de plaisir est une ligne à suivre selon lui.

Bernard Chevassus-Au-Louis, inspecteur général de l’agriculture et président de l’observatoire de l’alimentation, a fait remarquer que la réduction de l’impact carbone liée à l’alimentation passait aussi par la « frugalité », réduire le bol alimentaire, ce qui avait aussi d’autres impacts positifs, sanitaires en particulier. Il a évoqué la mesure de la consommation énergétique d’une ferme, pour laquelle les activités amont et aval à cette ferme représentaient 5 fois sa propre consommation. Selon ses études, la part du transport global liée à l’alimentation est de 30%.

30%, c’est aussi le niveau de la production agricole qui est jetée, selon Alain Bazot de UFC-Que choisir. Il regrette ce fait et note aussi que chaque Français gaspille en moyenne 30 kg de nourriture par an, ce qui correspondrait à 159€ par personne et par an.

Xavier Beulin, président de la FNSEA, a exprimé un fort besoin d’avoir accès à plus de technologie, en particulier avec l’apport du numérique. Il a insisté sur le besoin d’innovation concernant le tandem environnement-économie afin de s’inscrire dans une croissance durable.

Même si le « manger de saison » n’a pratiquement pas été évoqué, le besoin des agriculteurs de vivre dignement de leur travail, leur besoin de renouer le contact avec les productions, par exemple via le « manger local » et la nécessité de s’appuyer sur la technologie (innovation) pour une croissance durable ont constitué le socle de ce débat.

http://www.assemblee-nationale.fr/14/evenements/mardi-avenir/index.asp

http://agriculture.gouv.fr/approvisionnement-local-guide-restauration-collective

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Déc 01

Michaelle Jean à la tête de la francophonie

Michaelle Jean a été désignée Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie le 30 novembre 2014 lors du XVème Sommet de la francophonie à Dakar, devenant ainsi la première femme nommée à ce poste. J’ai pu apprécier ses qualités et sa ténacité pour avancer vers la réalisation de ses objectifs lors de missions en Haïti pour reconstruire le système d’enseignement supérieur et de recherche haïtien après le séisme du 12 janvier 2010. Elle était alors chancelière de l’Université d’Ottawa et envoyée spéciale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en Haïti dans le but d’obtenir des fonds pour la reconstruction du patrimoine haïtien et favoriser l’éducation.

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Canadienne d’origine haïtienne, née à Port au Prince, ayant acquis la nationalité française de par son mariage avec un Français, Jean-Daniel Lafond, elle a dû y renoncer, « libérée de son allégeance à l’égard de la France », lorsqu’elle est devenue gouverneure générale du Canada en 2005.

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