Jan 27

Débrider l’innovation : enjeux pour les entreprises et l’emploi, défi pour les politiques publiques

La CCI Paris Ile de France vient de publier un rapport Débrider l’innovation : enjeux pour les entreprises et l’emploi, défi pour les politiques publiques.

Constats. Capacités. Espoirs. Propositions. Actions. Recommandations. Tant pour l’écosystème que pour elle même.

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Ce rapport s’appuie sur une série d’entretiens qualitatifs approfondis avec une cinquantaine de dirigeants d’entreprises, une enquête quantitative auprès de 6000 entreprises, et des auditions d’experts institutionnels et d’acteurs de l’appui de la CCI Paris Ile-de-France. Il présente les nouvelles pratiques des entreprises qui innovent et leur vision sur leur écosystème. De ces travaux, émergent 12 actions-clés (voir ci-dessous) qui constituent pour une part les propositions que la CCI Paris Ile-de-France adresse aux pouvoirs publics, et pour une autre part, les actions qu’elle conduit ou conduira prochainement.

Signalons en particulier que la CCI Paris Ile-de-France estime que les EPIC (établissements publics à caractère industriel et commercial) dont fait partie le CEA, très performant en matière d’innovation au travers notamment du Leti, bénéficient d’un régime plus souple que les EPST pour répondre aux évolutions du marché avec agilité, y compris en matière de ressources humaines. Dans un EPIC, les chercheurs sont salariés de droit privé et peuvent exercer des activités également orientées vers les applications de la recherche.

S’agissant des relations entre les mondes académique et économique, les collaborations de R&D entre entreprises et organismes publics de recherche constituent une clé majeure pour dynamiser l’écosystème français d’innovation. Si les échanges se sont multipliés ces dernières années sous l’impulsion de politiques publiques incitatives, ils restent insuffisants au regard des bénéfices attendus en termes de nouveaux produits répondant aux attentes du consommateur. La prise de conscience par un nombre grandissant d’entreprises de l’intérêt d’un processus ouvert de l’organisation de la R&D impliquant de nombreux partenaires, parmi lesquels les laboratoires de recherche publics, peut débrider l’innovation si parallèlement le cadre de la recherche publique devient plus agile et attractif.

La CCI souhaite renforcer l’articulation entre la recherche et l’innovation en valorisant davantage le parcours des chercheurs en entreprise dans le cadre de leur évaluation. L’insuffisante attractivité de la recherche française est perceptible à trois niveaux : la reconnaissance du chercheur, sa rémunération et ses conditions de travail. Le niveau de rémunérations comme les conditions de travail dans la recherche doivent impérativement rattraper les standards internationaux.

Le rapport suggère aussi d’accompagner les PME dans le montage des partenariats avec des laboratoires publics. Les PME sont peu habituées à travailler avec des laboratoires publics et les montages financiers de ces partenariats en matière de propriété intellectuelle comme le recours aux aides publiques dont elles peuvent bénéficier dans ce cadre, supposent des compétences souvent non présentes dans l’entreprise ou non mobilisables.

Propositions de la CCI Paris Ile-de-France adressées aux pouvoirs publics :

  • Apporter un appui à la mise sur le marché, en élargissant le champ d’action des structures d’accompagnement et en y développant la dimension «marché»,
  • Renforcer l’articulation entre recherche et innovation,
  • Rendre les marchés publics d’innovation plus accessibles,
  • Sanctuariser le CIR et le faire évoluer en un sens plus favorable aux PME,
  • Stimuler le financement privé de l’innovation, notamment en facilitant la création de sociétés de business angels, et en relevant la levée de fonds maximum par crowdfunding,
  • Rationaliser les dispositifs de soutien à la recherche public-privé, en les simplifiant pour cibler davantage les PME,
  • Mieux articuler les pôles de compétitivité et les écosystèmes en général.

Actions de la CCI Paris Ile-de-France :

  • Développer l’innovation immatérielle résultant de l’importance croissante du digital, du design et de la création à travers des actions d’appui et de formation auprès des PME,
  • Former les acteurs publics et les entreprises à l’achat innovant pour permettre aux PME de trouver plus facilement des débouchés à leurs nouveaux produits,
  • Rendre plus accessible l’offre de BPI France pour qu’un plus grand nombre d’entreprises identifie les aides auxquelles elles peuvent prétendre et bénéficient de ses services,
  • Doper les dispositifs d’accompagnement au développement des entreprises en clarifiant les missions de chaque acteur, dans le cadre d’une stratégie régionale d’ensemble,
  • Mettre en place des vitrines territoriales et des lieux d’exposition permanents pour mieux faire connaitre aux entreprises et consommateurs les nouveaux produits issus des entreprises régionales.

Chiffres-clés

Principaux motifs d’abandon des projets innovants en cours de développement par les PME franciliennes :

  • 61% par manque de financement
  • 40% par manque de partenaires
  • 34% car ce n’est plus pertinent avec les dernières attentes du marché
  • 33% par manque de temps

Nombre de business-angels :

  • 4000 en France
  • 40 000 au Royaume-Uni
  • 500 000 aux Etats-Unis

Aides à l’innovation : 94% des entreprises franciliennes ayant cherché à innover en 2013 n’ont pas bénéficié d’aides à l’innovation

R&D et innovation en France :

  • 6e rang mondial en matière de R&D (45 milliards d’euros, soit 2,26 % du PIB)
  • 17e rang mondial en matière d’innovation

http://www.cci-paris-idf.fr/etudes/mutations-contemporaines/innovation/debrider-innovation-etudes

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Jan 23

Trouillomètre, pifomètre, universités et entreprises

Une discussion-débat avec Alain Mérieux et Khaled Bouabdallah a éclairé le déplacement lyonnais de l’atelier « Innovation et dynamique des territoires » de l’IHEST. Le grand entrepreneur lyonnais du monde de la santé et le président de la Comue Lyon-St Etienne (20 établissements, 17 écoles doctorales, 129 000 étudiants, …) ont traité des alliances pour l’innovation entre l’université, les entreprises et la métropoleAM KB Lyon .

La Comue Lyon Saint Etienne est une fédération d’universités, de grandes écoles et d’établissements de recherche. Sa stratégie est de faire en sorte que l’excellence soit plus visible et portée à l’international, en interaction avec les acteurs du monde économique et politique. Ces trois milieux ont donc un intérêt partagé. Il est clair pour lui, que l’avenir de l’université influe sur l’avenir du territoire d’où une politique d’attractivité définie et mise en oeuvre en commun. Se met en place une stratégie collective autour de la science, de la connaissance : formation et transfert vers le monde économique.

Pour Alain Mérieux, qui a beaucoup voyagé, les villes les plus performantes s’appuient partout sur le monde universitaire. Une entreprise a besoin d’un triangle sacré :

  • formation (initiale et permanente car il est nécessaire de se recycler sans arrêt) de ses collaborateurs,
  • innovation et technologie ,
  • vision internationale.

Ces 3 paramètres se retrouvent dans l’université. Se situant en région lyonnaise, il affirme que les politiques locaux ont compris l’intérêt de la science, avec une prise de conscience assez forte de la nécessité de s’allier entre académiques, industriels et politiques.

Le débat qui s’est engagé avec les auditeurs a mis en avant la quantité des mutations récentes dans l’écosystème universitaire, avec une succession de lois dans les 10-15 dernières années (Goulard, Pécresse, Fioraso,…) puis les lois ou discussions actuelles sur l’organisation territoriale.

Le modèle économique des universités doit évoluer : il est en bout de course car quasi uniquement budgétaire.

Alain Mérieux souhaite que la formation suscite l’apprentissage de l’innovation, par exemple via des parcours de créativité, et de redonner le gout du risque et de l’acceptation de l’échec, comme aux Etats-Unis. Il appelle de ses voeux davantage de transdisciplinarité, par exemple via des lieux, des campus où les gens se rencontrent. Il estime l’impact du numérique considérable mais parfois inquiétant.

Il termine avec l’humour, le bon sens et la sagesse qui lui sont propres par une citation de Mao, « Le poisson pourrit toujours par la tête », un conseil d’entrepreneur, « Ne jamais embaucher un type triste », et une règle de comportement en matière d’innovation et d’entreprenariat, règle transmise par son père, « Ne jamais oublier pifomètre et trouillomètre ».

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Voir aussi http://science-innovation-developpement.com/innovation-et-evolution-des-territoires/ , http://science-innovation-developpement.com/g-fioraso-et-linnovation-a-lihest/ , http://science-innovation-developpement.com/innovation-et-dynamique-des-territoires/ .

 

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Jan 21

Actualité des écoles d’ingénieurs (Mines-Télécom, Polytechnique)

L’Institut Mines-Télécom va intégrer les Écoles des Mines d’ici 2017

Les six Écoles des mines seront bientôt intégrées dans l’Institut Mines-Télécom. Elles abandonneront leur statut d’EPA, conservé lors de la création de l’Institut en mars 2012, et deviendront des écoles internes de l’EPCSCP grand établissement Institut Mines-Télécom, tout en gardant une forte autonomie de gestion, avant le 1er janvier 2017. Les Écoles des télécoms sont, elles, déjà des écoles internes de l’IMT. Pour mémoire, un EPCSCP est un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel.

Outre l’évolution administrative du statut des Écoles des mines, le Conseil général de l’économie annonce des délégations de responsabilités plus importantes pour les Écoles des télécoms. Il souhaite que les processus opérationnels (y compris pour la gestion des budgets) ne soient modifiés qu’à la marge. L’objectif est de mieux promouvoir le modèle d’enseignement supérieur et de recherche des écoles sous tutelle du ministère chargé de l’Industrie, modèle fortement tourné vers la coopération avec les entreprises tout en s’appuyant sur une excellence académique.

Comme le signale Damien Goetz, directeur de la recherche de Mines Paris Tech, travailler avec des industriels oblige à une recherche académique de haute qualité.

Ces changements devront respecter trois grands principes :

  • la concentration de l’échelon central, dans un principe de subsidiarité et de collégialité, sur la promotion du modèle Mines-Télécom : définition de la stratégie, lancement d’actions collectives nationales et internationales, engagement dans des thématiques à forts enjeux sociétaux (transition numérique, transition énergétique, transition industrielle) ;
  • une délégation forte aux différentes écoles pour le recrutement d’élèves, la pédagogie, la stratégie de recherche et de partenariat, les relations avec les acteurs locaux, l’utilisation des moyens en personnel, la gestion annuelle et pluriannuelle de leur budget ;
  • le maintien des différents statuts actuels pour le personnel et donc des avantages de chacun, qu’il soit fonctionnaire, contractuel de l’État ou contractuel de l’établissement.

Les attentes des étudiants et des employeurs se modifient, la compétition s’accroît, les pédagogies évoluent fortement grâce à de nouvelles technologies, les thématiques de recherche incorporent toujours plus de transversalités, les modèles économiques se transforment. Face à ces mutations, les acteurs publics ou privés de l’enseignement supérieur adaptent leurs stratégies et leur organisation en procédant notamment à des regroupements explique Philippe Jamet, Directeur général de l’Institut Mines-Télécoms.

Cette évolution, qui respectera leurs identités historiques d’écoles et préservera leur autonomie, notamment dans la mise en œuvre d’une stratégie de site, leur donnera des armes supplémentaires pour aborder les enjeux de l’excellence et de l’attractivité dans leurs métiers. Elle permettra en outre à l’Institut de déployer sa stratégie avec une efficacité et une ambition accrues. Cette décision est un encouragement à poursuivre les mouvements de rapprochement ou de fusion engagés entre Écoles des télécoms et Écoles des mines. Le rapprochement probable de certaines écoles de l’Institut entre elles sera facilité également par cette évolution. Deux regroupements sont en cours actuellement : entre Télécom Bretagne et les Mines de Nantes, et entre Télécom Lille (qui a le statut de GIE) et les Mines de Douai.

Il note aussi que les positionnements locaux par rapport aux Comue n’ont pas vocation à évoluer du fait de ce changement de statut.

Polytechnique et l’université Paris-Saclay

L’université Paris-Saclay se met progressivement en place. Selon Jacques Biot, Président de l’X, Polytechnique n’a aucun mal à trouver sa place au sein des 19 membres de l’Université Paris-Saclay, dont elle est même un militant très actif. Elle a été la première à intégrer la mention « Université Paris-Saclay » à son logo. Il rappelle aussi que sur la promotion de polytechniciens sortie en 2014, 30 % ont poursuivi en thèse. C’est le plus fort taux de poursuite parmi les écoles d’ingénieurs, le cas particulier de l’ESPCI mis à part.

Sur le modèle de l’université Paris-Saclay, Jacques Biot a suggéré de s’inspirer du modèle de LVMH, dont ce sont avant tout les marques comme Louis Vuitton qui sont connues. Selon lui, l’UPS doit donc être au service de ses membres. Tous les étudiants restent inscrits dans les établissements, l’UPS n’en a pas en tant que telle. C’est en cela que le parallèle avec LVMH a du sens. La question qui se pose alors est celle du devenir des membres dans les classements internationaux. Nous sommes en train d’analyser le sujet avec l’aide de consultants, qui font des simulations. Il s’avère que les choses sont en la matière plus complexes que ce que le politique avait imaginé, car les règles des divers rankings ne sont pas les mêmes et leurs algorithmes sont compliqués. Jusqu’à il y a peu, il n’y avait pas non plus beaucoup de transparence sur les méthodologies. Nous examinons donc l’impact qu’aurait sur les membres de Paris-Saclay le classement de la seule « Université Paris-Saclay » … pour éviter que par la dilution qu’elle pourrait entraîner, l’Université Paris- Saclay se retrouve moins bien classée que ses membres pris individuellement dans les différents classements. Or, certaines simulations nous font penser que ce risque existe, notamment pour QS, Times Higher Education ou CWUR.

Une réflexion stratégique sur l’Ecole Polytechnique est lancée

Suite au regard porté sur l’Ecole Polytechnique par le rapport Cornut-Gentile, le Premier ministre vient de confier une mission d’étude sur l’Ecole à Bernard Attali, ancien élève de l’ENA et ancien président d’Air France, orientée selon 6 axes :

  • établir ce que pourrait être un modèle souhaitable pour la France d’une École polytechnique correspondant aux modèles internationaux d’excellence,
  • évaluer l’exercice de la tutelle dans la gestion de l’école,
  • analyser l’intérêt de faire évoluer le statut de Polytechnique vers celui d’EPSCP,
  • apprécier les capacités de l’école à s’ouvrir aux élèves méritants issus des classes socialement peu favorisées,
  • évaluer l’attractivité de l’école pour les enseignants de haut niveau,
  • mettre en perspective les profils de carrière des grands corps de l’État au vu des besoins.

Il est intéressant de noter que ce serait via le site de François Cornut-Gentile que cette lettre de mission a été connue. S’agissant du dernier point, nul doute que l’autre école grande pourvoyeuse des corps (plutôt administratifs ou juridiques) de l’Etat sera aussi non seulement concernée mais impliquée.

Voici la voici la liste exhaustive des points à étudier :

  • établir ce que pourrait être un modèle souhaitable pour la France d’une École polytechnique correspondant aux modèles internationaux d’excellence ; il s’agit notamment d’évaluer en quoi la dynamique de réforme engagée depuis 2013 par l’École polytechnique, et sa participation essentielle au pôle scientifique et technologique Paris-Saclay, répondront dans la durée à la double exigence, d’une part de préservation d’un modèle d’école à même de former des élites sensibilisées à la notion d’intérêt général et du service de la France, et d’autre part, d’inscription de l’école dans la compétition internationale de l’enseignement supérieur et de la recherche ;
  • évaluer l’exercice de la tutelle dans la gestion de l’École polytechnique en analysant par exemple la façon dont les recommandations des rapports de la Cour des comptes ont été prises en considération ;
  • analyser l’intérêt de faire évoluer le statut de l’École polytechnique vers celui d’EPSCP – grand établissement, et l’impact qu’une telle orientation aurait, en particulier sur la tutelle de l’établissement ; il s’agit en outre d’analyser les risques et les opportunités, notamment sur les orientations stratégiques que l’école pourrait être amenée à prendre, d’une participation financière de plus en plus significative d’organismes tiers au budget de l’École polytechnique ;
  • apprécier les capacités de l’école à s’ouvrir aux élèves méritants issus des classes socialement peu favorisées ;
  • évaluer l’attractivité de l’école, dans la durée, pour les enseignants de haut niveau, face à la concurrence des plus grands établissements mondiaux d’enseignement supérieur et de recherche ;
  • mettre en perspective les profils de carrière à moyen/long terme des grands corps de l’État, au vu des besoins de la haute fonction publique.

Rapport François Cornut-Gentile : http://www.francois.cornut-gentille.fr/

Lettre de mission de Bernard Attali : http://www.francois.cornut-gentille.fr/wp-content/uploads/2015/01/1622-Mandat-etude-relative-a-Ecole-polytechnique-a-Bernard-ATTALI.pdf

Voir aussi http://science-innovation-developpement.com/lx-fer-de-lance-du-modele-francais/

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Jan 19

Actualité de la recherche pour le développement (IRD, Cirad, MAEDI, AFD,…)

Alors que l’IRD attend la désignation de son nouveau Président, les auditions des 6 candidats encore en course ayant eu lieu le 8 janvier dernier, le Ministère des affaires étrangères et du développement international cherche à marquer son territoire en matière de recherche pour le développement.

Le 13 janvier 2015, lors d’un colloque (MAEDI-ANR) sur « les enjeux du développement des pays du Sud », Annick Girardin, secrétaire d’État chargée du Développement et de la Francophonie, demande l’élaboration d’une feuille de route pour permettre une meilleure concertation des acteurs de la recherche pour le développement, et sa mise en œuvre d’ici un an. Ce sera à la directrice générale de la mondialisation (DGM) du MAEDI, Anne-Marie Descôtes, de piloter cet exercice avec le MENESR afin de finaliser un document qui puisse être utilisé comme référence pour l’action des organismes de recherche comme des services de l’État.

Annick Girardin enfonce le clou : Sommes-nous assez coordonnés entre nous tous sur [les sujets] qui sont prioritaires ? Les chercheurs prennent-ils toute la mesure des enjeux politiques liés à ces thèmes et les intègrent-ils suffisamment dans leur réflexion scientifique ? Les décideurs politiques parviennent-ils à tirer toute la substance proposée par la recherche ? Poser ces questions, c’est déjà y apporter une forme de réponse. Mon message est simple : nous ne nous rapprocherons jamais assez, nous ne travaillerons jamais suffisamment ensemble ! Il faut donc poursuivre, plus que jamais, dans cette voie du rapprochement, du dialogue et de l’écoute mutuelles.

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Dans la continuité des Assises nationales du développement et de la solidarité internationale qui s’étaient tenues sous l’égide de Pascal Canfin de novembre 2012 à mars 2013, la secrétaire d’Etat demande à ses services, en liaison avec le MENESR, d’élaborer cette feuille de route.

Un nouvel agenda du développement durable devrait être adopté au sommet de New York à l’automne prochain, quelques mois avant la conférence COP21. Il conviendra de veiller à ce que le dispositif français de recherche favorise, par l’interdisciplinarité, l’émergence de solutions concrètes.

Au titre des priorités que la secrétaire d’État assigne aux acteurs de la recherche pour le développement, figure l’innovation, enjeu essentiel. C’est par des innovations et des manières d’aider plus innovantes, ouvertes à des acteurs de divers horizons, qu’il sera possible de mieux répondre aux attentes, d’utiliser nos ressources plus efficacement. La recherche française doit contribuer à produire des innovations qui soient massivement applicables et durables pour le Sud, en particulier pour répondre aux besoins des populations les plus pauvres. La valorisation des innovations et des initiatives locales, et l’aide à la diffusion et à la reconnaissance internationale des produits de ces activités sont essentiels pour le développement durable.

Pour Anne-Marie Descôtes, l’articulation entre recherche et politiques publiques est un enjeu majeur, en particulier dans le domaine du développement et reste un défi. Les pays en développement ont un besoin crucial de recherche scientifique. Chercheurs et politiques ont du mal à dialoguer.

Mais ceci n’est-il vrai qu’au Sud ?

Six semaines après que le nouveau décret organisant l’IRD ait supprimé l’Agence inter-établissements de recherche pour le développement, la Directrice générale de la mondialisation  estime qu’il faut veiller à mieux structurer notre offre de recherche à l’égard du Sud et à ce que les organismes de recherche se coordonnent mieux (sic !). (voir aussi http://science-innovation-developpement.com/ird-renforcement-de-sa-part-agence/ )

Par ailleurs, la presse, en l’occurrence Libération, n’est pas tendre avec le management de l’IRD, tant au niveau des tutelles qu’en matière de gestion interne, voir http://www.liberation.fr/sciences/2015/01/15/l-abandon-larve-de-l-ird_1181420. L’article pointe aussi le « massacre » entrainé par la délocalisation à Marseille du siège de l’IRD, avec près de 83% des personnels qui n’ont pas suivi.

De son coté, le Cirad, deuxième organisme français de recherche au profit des pays du Sud, vient de signer un accord-cadre avec l’AFD pour promouvoir la recherche et l’innovation en faveur des pays du Sud. Cette signature a eu lieu en présence d’Annick Girardin.

Mais, tant que enseignement supérieur et recherche resteront dans le giron du Ministère des affaires étrangères et ne rentreront pas dans le périmètre d’action de l’AFD (sauf à la marge), on peut se poser la question de la réelle portée d’un tel accord, similaire d’ailleurs à un accord signé entre l’AFD et l’IRD en mai 2012.

http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/communiques-de-presse/2014/accord-cadre-add-cirad

Souhaitons que l’union nationale qui est dans l’air du temps inspire les différents dirigeants pour que les uns et les autres prennent conscience que lors de profonde mutation et de difficultés économiques, l’épaisseur des enceintes des « silos » doit diminuer et non augmenter.

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Jan 16

Cabu et Coluche à Polytechnique en 1981

La vie de l’enseignement supérieur révèle parfois des surprises…

En janvier 1981, Coluche étant virtuellement candidat à l’élection présidentielle, les élèves de la promotion 79 l’avaient invité avec Cabu à venir à l’X sur le plateau de Palaiseau. Il en est resté des souvenirs et cette planche de dessins de Cabu croquant l’X, l’armée, les élèves et Coluche. C’est ici un hommage rendu à Cabu (et à Coluche).

Coluche et Cabu

(Merci à Hervé Passot de nous avoir rappelé cet événement)

Voir aussi le blog d’Alexandre Moatti (merci Alexandre) sur les bibliothèques numériques : http://www.bibnum.eu/article-hommage-cabu-et-coluche-a-polytechnique-en-janvier-1981-125365559.html

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