Jan 05

Encore et toujours des classements…

Coup sur coup, fin 2014, trois classements des « universités » ou des business schools sont parus, l’un particulièrement intéressant de par ses critères.

Times Higher Education

C’est d’abord le classement des universités mondiales du Times Higher Education 2014 (http://www.timeshighereducation.co.uk/world-university-rankings/2014-15/world-ranking) qui montre une légère régression des établissements français. En effet, parmi les 7 présents dans ce top 200, 6 perdent du terrain par rapport à l’édition 2013. Seule Polytechnique gagne neuf rangs (de la 70ème à la 61ème) et devient l’établissement français le mieux classé. Les 6 autres établissements régressent : l’ENS Paris passe de la 65ème à la 78ème place, l’UPMC de la 96ème à la 103ème, Paris-Sud de la 114ème à la 120ème, l’ENS Lyon de la 156ème à la 160ème, Grenoble-I de la 155ème à la 178ème et Paris-Diderot de la 178ème à la 180ème. Les Mines ParisTech passent de la 193ème place à la tranche 226-250. Le trio de tête reste le même, composé du California Institute of Technology (États-Unis, 1er), Harvard (États-Unis, 2ème) et Oxford (Royaume-Uni, 3ème). Globalement, les universités anglo-saxonnes (malgré leur présence aux 10 premières places) sont un peu en perte de vitesse, en faveur des asiatiques.

Signalons aussi l’existence d’un « sous-classement », ce qui n’arrange pas forcément la visibilité, celui des 100 universités qui ont moins de 50 ans (http://www.timeshighereducation.co.uk/world-university-rankings/2014/one-hundred-under-fifty). Et, petit rayon de soleil, celui-ci est nettement plus favorable à la France. Sont ainsi qualifiées « d’étoiles montantes à fort potentiel » les universités Paris-Sud et Pierre-et-Marie-Curie, qui terminent 8èmeet 9ème, Paris-Diderot Paris-7, 17ème , ou encore Montpellier-2, 26ème. Les critères du classement général ont été pondérés, avec une moindre place accordée à la réputation académique de l’établissement.

Car, s’agissant de la méthodologie utilisée (http://www.timeshighereducation.co.uk/world-university-rankings/2014-15/world-ranking/methodology), il convient de noter qu’une grande importance est donnée à la réputation de chaque université auprès des autres dans l’établissement du classement, ce qui n’avantage pas forcément les établissements français.

US News & World report

C’est ensuite le magazine américain US News & World report qui lance son propre classement des 500 meilleures « universités » mondiales ( http://www.usnews.com/education/best-global-universities/rankings ). Ce sont 22 établissements français qui sont présents dans les 500 premiers (et 7 dans le top 100) : UPMC (46ème), Paris-Sud (69ème), Grenoble-I Joseph-Fourier (116ème), Paris-Diderot (116ème), Université de Strasbourg (170ème), Aix-Marseille Université (185ème), Polytechnique (193ème).

La méthodologie employée s’appuie sur 10 critères, 8 portant sur la recherche et 2 sur le doctorat. L’enseignement supérieur n’est donc présent qu’au niveau doctorat et avec une prime à la taille car les 2 critères correspondant sont relatifs à un nombre et non à un taux. Ici aussi, la « réputation » rentre pour une proportion importante dans l’évaluation. Les 10 critères choisis sont  (http://www.usnews.com/education/best-global-universities/articles/methodology) :

  • Réputation globale en recherche (12,5 %)
  • Réputation régionale en recherche (12,5 %)
  • Publications (12,5 %)
  • Impact des citations (10 %)
  • Nombre total de citations (10 %)
  • Nombre d’articles hautement cités (12,5 %)
  • Pourcentage d’articles hautement cités (10 %)
  • Collaborations internationales (10 %)
  • Nombre de doctorats délivrés (5 %)
  • Nombre de doctorats délivrés par membre du staff académique (5 %)

Finantial Times

C’est enfin le Financial Times qui sort son palmarès des meilleures business schools européennes. La LBS (Grande-Bretagne) devient numéro 1 devant HEC et l’IE (Espagne). Ce palmarès est une combinaison de quatre de ses classements annuels (Full time MBA, Executive MBA, Executive education et masters in management). La meilleure remontée de l’année est opérée par Judge, la business school de l’université de Cambridge (+19 places, au 29ème rang), devant Neoma, au 47ème rang (+18). L’autre école française fusionnée, Kedge BS, gagne 3 places (29ème).

Au delà de la prime à la taille, le doyen de Neoma, Frank Bostyn, souligne les difficultés de ce type de stratégie, en matière de RH comme d’image de marque : en France, le nom de Neoma est déjà bien installé, mais dans le reste du monde, c’est une autre histoire.

Il faut aussi noter que les masters en management français surpassent les programmes britanniques en rang, en salaires de sortie et en nombre d’étudiants (9 000 contre 1 200). Par ailleurs, l’Allemagne ne compte pas d’école de management d’élite.

Shanghai

Et Shanghai dans tout ça. ?

Le classement le plus connu avait sorti son classement en août (http://www.shanghairanking.com/index.html ). Rappelons que quatre établissements français figurent dans le top 100 du classement de Shanghai 2014 : l’UPMC est toujours leader national, au 35ème rang mondial devant l’université Paris-Sud (42ème), l’ENS (67ème) et l’université de Strasbourg (95ème).

Il est intéressant de noter qu’une étude récente s’est penchée sur l’impact sur le classement des regroupements français en cours. Avec le périmètre des Comue, PSL, Paris-Saclay et Sorbonne Universités arriveraient entre les 26ème et 50ème rangs mondiaux. Sorbonne Paris Cité et l’Université de Strasbourg intégreraient le top 100.

Rappelons que les critères du classement de Shanghai 2014 sont :

  • nombre de prix Nobel et médailles Fields parmi les anciens étudiants de l’établissement (ALUMNI),
  • nombre de prix Nobel et médailles Fields reçus par les professeurs de l’établissement (AWARD),
  • nombre des chercheurs les plus cités (top 1 %) dans les listes publiées par Thomson Reuters (HiCi),
  • nombre d’articles publiés dans les revues Nature et Science en 2009-2013 (N&S),
  • nombre d’articles indexés dans le Web of science en 2013 (PUB),
  • score pondéré des 5 indicateurs ci-dessus divisé par le nombre ETP d’enseignants-chercheurs (PCP).

Enfin, pour ceux que les classements intéresseraient particulièrement, signalons la note de blog « Pourquoi faut-il se méfier des classements ? » (http://focuscampus.blog.lemonde.fr/2014/03/08/les-classements-et-pourquoi-il-faut-sen-mefier/).

ANNEXE : le rang des 19 écoles françaises dans le palmarès 2014 du Finantial Times :

Rang 2014 École Rang européen Évolution 2013-2014
1 HEC 2 -1
2 Insead 5 =
3 ESCP 12 -1
4 EM Lyon 14 -1
5 Essec 15 -1
6 Edhec 17 =
7 Grenoble GSB 26 +1
8 Kedge BS 29 +3
9 Neoma BS 47 +18
10 Iéseg 55 +3
11 ESC Rennes 56 +7
11 Skema BS 56 +1
13 Télécom EM 60 =
14 Audencia 62 -2
15 Toulouse BS 63 -5
16 ESC Montpellier 64 -1
17 ICN 72 -1
18 IAE Aix 75 -6
19 ESC La Rochelle 76 NC

 

http://rankings.ft.com/businessschoolrankings/european-business-school-rankings-2014

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Déc 31

Meilleurs Vœux pour 2015

Plus de 5300 pages vues en 2014 sur ce blog depuis sa création en juillet dernier, avec quelques pics journaliers allant à 169 pages visitées.

Je vous remercie tous de me suivre régulièrement, et aux traditionnels souhaits de bonheur, prospérité, succès, et santé pour 2015, j’ajouterai le vœu que cette nouvelle année, grâce à nous tous, puisse être remplie d’humanité, de liens et d’attention envers les autres.

Excellente année 2015 !

Michel BOUVET

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Déc 26

Les parlementaires et les freins à l’innovation

Souvenons-nous…

Suite au jugement du 14 mai dernier de la cour d’appel de Colmar, ayant dispensé de peine pénale 54 « faucheurs » qui avaient détruit en 2010 une expérimentation OGM de l’Inra, douze responsables d’organismes de recherche et d’universités avaient signé le lundi 19 mai 2014 une déclaration qui appelait une clarification de l’interprétation du cadre législatif et réglementaire encadrant l’expérimentation, qui nous permette de continuer à exercer notre mission de recherche publique au service de l’intérêt général dans un contexte juridiquement sécurisé. Il est en effet clair que, sans expérimentation scientifique, la France n’aura plus l’expertise nécessaire pour prendre les bonnes décisions.

Dans ce cadre, deux députés Éric Woerth et Damien Abad ont déposé une proposition de loi constitutionnelle proposé une visant à remplacer le terme de « principe de précaution » par celui de « principe d’innovation responsable » dans la charte de l’environnement. Cette proposition a été rejetée, même si le gouvernement, représenté par Thierry Braillard, secrétaire d’État chargé des Sports, a déclaré que nous devons tous œuvrer à une meilleure compréhension et intelligibilité du principe de précaution dans l’opinion publique. C’est notre devoir et notre responsabilité si l’on veut créer un climat plus favorable à l’innovation scientifique dans l’espace public.

Lors du débat, Jean-Yves Le Déaut, président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifique et technique (Opecst), a indiqué qu’il existe (…) entre précaution et innovation un déséquilibre, qui ne serait pas forcément grave si certains tribunaux n’avaient pas fondé leurs jugements sur une interprétation du principe de précaution qui ne correspond ni à sa lettre ni à son esprit. Il a souligné ainsi que le jugement (…) de la Cour d’appel de Colmar ne suivait pas la législation. Il a fait référence au rapport de l’Opecst sur le principe d’innovation issue d’une audition publique le 5 juin dernier (http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-oecst/rapport2409.pdf).

En réponse à une proposition de Philippe Kemel, rapporteur pour avis de la commission des affaires économiques, de créer un groupe de réflexion sur les freins à l’innovation en France, qui pourrait poursuivre les travaux engagés par l’Opecst sur les freins à la recherche et à l’innovation« . Jean-Yves Le Déaut a indiqué que l’Opecst avait des propositions sur la table qui ne demandaient qu’à être largement discutées, parmi lesquelles :

  • modifier le code de la recherche et le code des marchés publics, par la voie législative et réglementaire, pour définir un principe d’innovation, sans toucher aucunement au principe de précaution inscrit à l’article 5 de la charte de l’environnement;
  • assurer la cohérence des jugements fondés sur le principe de précaution en faisant en sorte que le Conseil d’État soit compétent pour connaître, en premier et dernier ressorts, des litiges fondés sur l’article 5 de la charte de l’environnement mettant en jeu une innovation;
  • commencer à élaborer un ‘Small Business Act’ à la française, en réservant 3 % des marchés publics à des solutions ou à des entreprises innovantes.

Rappelons aussi, à titre illustratif le rapport parlementaire de Jean-Yves Le Déaux et de Marcel Deneux sur « Les freins réglementaires à l’innovation en matière d’économies d’énergie dans le bâtiment ».

http://www.assemblee-nationale.fr/commissions/opecst-index.asp

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Déc 24

Quelques nominations … c’est Noël !

En cette période de fin d’année, signalons quelques nominations ou élections dans le microcosme français de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Gilles Bloch, directeur des sciences du vivant au CEA et ancien DGRI, a vocation à devenir président de la Comue de Paris Saclay, après avoir été choisi à l’unanimité pour devenir personnalité qualifiée au CA de la Comue.

Thierry Coulhon, directeur du Mathematical sciences institute de l’ANU (Australian national university), a vocation à être élu président de la Comue PSL (Paris Sciences et Lettres) à partir du 2 février 2015, ayant été intégré comme personnalité qualifiée au CA de PSL après avoir été proposé à l’unanimité au CA par le comité des membres. Il souhaite mettre en place des éléments de fonctionnement quotidien, de concertation et de décision stratégique d’un grand groupe.

Vincent Laflèche a été renouvelé à la présidence du conseil d’administration du BRGM, occupant cette fonction depuis le 12 juillet 2013, date à laquelle il avait remplacé Jean-François Rocchi, démissionnaire.

A la CPU, Jean-Loup Salzmann, Khaled Bouabdallah et Gérard Blanchard ont été réélus président et vice-présidents, par 55 voix pour, contre 32 voix pour la liste conduite par Anne Fraïsse (Montpellier-III).

Après s’être vu confier une mission sur les filières professionnelles par Geneviève Fioraso, Christian Lerminiaux, ancien président de la Cdefi et ancien directeur de l’UTT est nommé administrateur provisoire de Chimie ParisTech, dont la direction a été laissée vacante par la nomination de Valérie Cabuil comme rectrice de l’académie d’Amiens.

Laurent Carraro, Directeur général de l’ENSAM, a été élu président d’Hesam (Hautes Etudes Sorbonne Arts et Métiers) par le CA de la Comue. Il se donne pour mission de préparer la candidature d’Hesam au PIA 2.

Enfin, et pour faire suite à un article précédent ( http://science-innovation-developpement.com/ird-renforcement-de-sa-part-agence/ ) signalons que Laurence Tubiana, présidente de l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales) sera la présidente de la commission d’examen des candidatures à la fonction de président de l’IRD. Seront également membres de la commission : Jean-François Delfraissy (directeur de l’ANRS), Anne-Marie Descôtes (directrice générale de la mondialisation au MAEDI), Roger Genet (DGRI au MENESR), Mireille Guigaz (résidente de l’Institut Bioforce), et Jean Jouzel (expert au Giec). L’audition des candidats à la succession de Michel Laurent, président par intérim de l’IRD depuis la fin de son mandat, est prévue le 8 janvier 2015.

Joyeuses Fêtes de Noël à tous !

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Déc 18

Quel apport des pôles de compétitivité aux PME et ETI ?

L’apport des programmes de politiques publiques d’innovation, PIA, mesures fiscales et autres, aux PME et ETI est souvent questionné. Rappelons qu’une commission nationale d’évaluation des politiques d’innovation avait été mise en place fin juin par France Stratégie.

L’Insee a questionné l’apport des pôles de compétitivité aux PME et ETI et vient de publier un rapport intitulé « l’impact de la participation aux pôles de compétitivité sur les PME et les ETI ».

Ce rapport estime que les entreprises adhérentes à un pôle ont réalisé davantage de dépenses de R&D que les autres. En 2009, les PME et ETI appartenant à un pôle auraient réalisé 116 000 € de R&D de plus que les entreprises similaires restées au dehors, soit un surcroît de 7,3 % par rapport aux dépenses moyennes de 2005. Toutefois, il n’y aurait eu ni effet d’aubaine ni effet d’entraînement sur les dépenses privées de R&D. Le supplément de CIR reçu par les entreprises des pôles correspond en partie à une forte augmentation de l’utilisation de ce dispositif : le taux de recours au CIR a augmenté de près de 11 points de plus dans les pôles que pour un ensemble d’entreprises comparables restées hors du dispositif.

L’augmentation des dépenses de R&D des entreprises qui participent à un projet de pôle s’est traduite par une augmentation du nombre d’emplois consacrés à la R&D de 0,9 ETP par entreprise en 2009, soit 5,6 % de l’emploi en R&D de ces entreprises. Ce qui représente 980 emplois à temps plein sur la période 2006 à 2009, dont 570 emplois à temps plein très qualifiés (ingénieurs et chercheurs).

S’agissant de la question des brevets, les entreprises des pôles n’auraient pas déposé plus de brevets que les entreprises restées hors des pôles. Toutefois, comme il faut plusieurs années pour aboutir à un brevet, il est possible que les effets des pôles ne soient pas encore visibles en 2009. De plus, les brevets sont particulièrement mal adaptés au secteur informatique, largement représenté dans les pôles.

Selon ce rapport, si la participation aux pôles semble avoir permis d’accroître les dépenses de R&D, l’utilisation des autres dispositifs aura sans doute joué un rôle essentiel. En 2009, près de la moitié de l’augmentation des dépenses de R&D semble avoir été financée par une hausse des aides indirectes reçues (CIR et JEI). Car la mise en place des pôles s’est déroulée dans un contexte de fort développement du soutien à la R&D : le passage du montant du crédit impôt recherche de 1 à 5 milliards d’euros en 2005 et 2009 jouant un rôle prépondérant et donc que la participation aux pôles ne peut être dissociée de l’évolution du CIR car les entreprises ont pu cumuler les subventions et le CIR pour monter le financement de leurs projets de R&D. Méthodologiquement, le contrôle des interactions entre les différentes politiques d’aide constitue donc un préalable à toute estimation de l’impact de la politique des pôles de compétitivité.

Rappelons enfin que, dans le même temps, la DGE (ex DGCIS) souhaite baisser sa contribution au budget de fonctionnement des pôles de compétitivité en 2015, qui pourrait être diminuée, selon les cas de 10 % à 50 %.

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=iana14

http://science-innovation-developpement.com/missions-de-la-commission-nationale-devaluation-des-politiques-dinnovation/

http://science-innovation-developpement.com/une-commission-nationale-devaluation-des-politiques-dinnovation-est-mise-en-place/

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