Sep 02

« Certificat d’innovateur » : de l’importance des critères

Le magazine économique américain Forbes a récemment publié sa 4ème édition du classement annuel des « 100 entreprises les plus innovantes » dans le monde. Huit entreprises françaises, au premier rang desquelles Hermès International apparaît en 13ème position, figurent dans ce Top 100, dominé par des entreprises américaines, la première du classement étant le groupe californien Salesforce, spécialiste de la gestion informatique des relations clients.

Mais la particularité de ce classement est qu’il utilise comme critère une « mesure » financière de la capacité à innover. Il s’appuie en effet sur l’avis des investisseurs quant aux entreprises les plus susceptibles d’innover, à partir d’une analyse financière conduisant à calculer une « prime d’innovation » pour chaque entreprise. Il ne s’appuie donc pas sur les critères classiques tels les dépenses de R&D ou les dépôts de brevets.

Avec 39 entreprises représentées, les États-Unis prédominent dans le top 100 (6 dans le top 10). La France vient ensuite au 2ème rang ex aequo avec le Japon. L’Europe (Suisse comprise) totalise 29 entreprises et l’Asie 26.

Pour mémoire, les huit entreprises françaises apparaissant dans le top 100 des « entreprises les plus innovantes » sont, avec leur classement :

  • 13 :         Hermès International
  • 29 :         Iliad
  • 49 :         Essilor International
  • 50 :         Bureau Veritas
  • 56 :         Dassault Systèmes
  • 69 :         Pernod Ricard
  • 86 :         Danone
  • 89 :         Sodexo

http://www.forbes.com/innovative-companies/

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Août 29

Innovation : malgré les efforts faits, la France perd du terrain.

Force est de reconnaître que la politique gouvernementale en matière d’innovation est stable, voire se développe, depuis quelques années. Et ce, avec une constance louable qui tranche avec les changements incessants qui pèsent sur les entreprises, par exemple en matière fiscale. Le discours est clair : l’innovation est le ressort du développement et de la compétitivité. Et ce ne devrait pas être le nouveau gouvernement qui infléchira cette position.

Certains outils perdurent tel le Programme des Investissements d’avenir (PIA) ou les pôles de compétitivité. D’autres outils sont créés (7 ambitions, 40 mesures, 34 plans, …). Ce qui ajoute au millefeuille. Et sans forcément que des nouveaux budgets soient ouverts. Chacun sait que chaque euro public dépensé peut s’afficher (s’affiche) avec plusieurs logos !

Mais la France part de loin, en particulier à cause de la désindustrialisation du pays.

Pour preuve le classement 2014 de « l’indice mondial de l’innovation » (http://global-indices.insead.edu/gii/), publié par l’université de Cornell (États-Unis), l’Insead et l’OMPI. La France y perd 2 places, passant de la 20ème à la 22ème place.

Les critères utilisés insistent sur les questions financières. Ce sont 143 pays qui sont classés grâce à 81 indicateurs portant notamment sur la qualité des principales universités, les possibilités de microfinancement ou encore les affaires du capital-risque pour une évaluation des capacités d’innovation et des résultats quantifiables. …

La Suisse reste première, place qu’elle occupe depuis 4 ans. Signalons que les dépenses intra-muros de R&D suisses ont augmenté de 13,5% entre 2008 et 2012 (18,5 Mds de francs suisses soit 15,2 Mds€ en 2012), voir le rapport « R&D suisse en 2012, finances et personnel » (http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/news/publikationen.html?publicationID=5645). L’essentiel des dépenses y provient des « hautes écoles » et des entreprises privées, piliers de la recherche menée en Suisse. La recherche appliquée, dont les financements sont en progression, prend les devants, avec 41 % des dépenses engagées.

Dans l’Union Européenne, c’est le Royaume-Uni qui est en tête (2ème) devant la Suède (3ème), la Finlande (4ème, signalons d’ailleurs que la Finlande est le seul pays européens dont le niveau de dépenses publiques est supérieur à celui de la France (resp. 58,6% du PIB contre 56,8%) et les Pays-Bas (5ème). L’Allemagne est 13ème (mais gagne 2 places) et les États-Unis 6ème.

C’est la région de l’Afrique subsaharienne qui a connu la plus nette amélioration dans ce classement. En particulier, la Côte d’Ivoire se distingue en gagnant 20 places et l’Île Maurice se hisse en tête du classement régional (de 53èmeà 40ème). Sur 33 pays africains pris en compte, 17 ont amélioré leur classement, pays qui sont en passe de rejoindre la catégorie des ‘apprentis de l’innovation’, à savoir les économies qui obtiennent des résultats supérieurs d’au moins 10 % à ceux de leurs pairs pour leur niveau de produit intérieur brut.

L’évolution des dépenses de R&D dans le monde est inquiétante. Le rapport souligne que compte tenu de la baisse de la croissance des dépenses publiques en faveur de la recherche et du développement, et du fait que les entreprises hésitent toujours à investir dans ce domaine, on semble s’acheminer vers un fléchissement global de la croissance des dépenses de R&D dans le monde, un phénomène qui touche particulièrement les pays à revenu élevé. De plus, si les gouvernements ont effectivement intégré un nombre important de futurs projets de développement dans le domaine de l’innovation dans les mesures de relance adoptées en 2009, l’appui apporté à ces efforts semble s’être essoufflé dans certains pays, et ce, même si la plupart des pays pour lesquels on dispose de données continuent d’afficher une croissance positive des dépenses de recherche et développement en 2013 et 2014 mais essentiellement en Asie, notamment en Chine, en Corée du Sud et en Inde.

http://global-indices.insead.edu/gii/

http://innovation-2030.entreprises.gouv.fr/fr/

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Août 23

Créer une nouvelle plate-forme pour aider les start-up innovantes ? Le mille-feuilles a de l’avenir.

De très nombreux rapports sortent autour de l’amélioration de la compétitivité de la France, que ce soit pour proposer des mesures ou pour visant à évaluer les politiques publiques. Nombre de ces rapports traitent d’innovation, en général vue au travers de l’innovation technologique, et donc des relations entre le monde de la recherche et le monde économique.

Un rapport récemment remis à G Fioraso part du constat que, bien que le taux de survie des entreprises innovantes, en particulier celles ayant émergées grâce au concours de création d’entreprises innovantes du ministère chargé de la Recherche depuis quinze ans, est plus que satisfaisant, très peu ont atteint les niveaux de développement prévus et annoncés dans leur business plan.

Les deux auteurs (Gilles Copin, expert en entrepreneuriat de l’incubateur EM Lyon, et Frédéric Iselin, professeur à HEC)  font apparaître quatre points principaux qui expliquent pour l’essentiel les retards pris au développement par les start-up innovantes :

  • les entreprises ne démarrent pas forcément sur le segment de marché le plus efficace, ce qui suppose que la réflexion stratégique de démarrage n’est pas optimisée ;
  • le comportement, notamment la capacité d’adaptation et d’évolution, n’est pas assez, voire pas du tout travaillé alors qu’il s’agit d’une compétence clé ;
  • le monde de la finance reste globalement méconnu ce qui pénalise le démarrage ;
  • la gouvernance et la gestion de la relation avec l’environnement de l’entreprise ne sont pas vraiment prises en compte, ce qui engendre déconvenues et retards.

Ce rapport propose ainsi de créer une plate-forme nationale de formation et d’accompagnement des formateurs, pour les accompagnateurs de start-up innovantes. Notons au passage (sourire) que cette création augmenterait encore davantage la complexité du système de soutien à l’innovation !

http://business.lesechos.fr/entrepreneurs/innovation-recherche/exclusif-la-gestion-de-l-innovation-doit-devenir-une-discipline-a-part-entiere-101051.php

http://www.publications-em-lyon.com/Soutenir_la_competitivite/

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Juil 22

Oui, la recherche se fait aussi, voire surtout, dans les entreprises et les grandes écoles

Les instituts de recherche publics et les universités ne sont pas les seuls à faire de la recherche et à créer de la connaissance.

Coup sur coup, deux rapports mettent en avant le niveau de la recherche effectuée en entreprises et dans les grandes écoles. De quoi faire voler en éclat quelques idées reçues…

C’est d’abord l’étude du MENESR intitulée « les chercheurs en entreprise en 2011 » publiée vendredi 4 juillet 2014 qui notent que l’effectif de chercheurs mesuré en ETP est de 249 100 personnes en 2011 : 148 300 exercent en entreprise et 100 800 en administration, soit 50 000 de plus en entreprise, alors qu’il y a dix ans, les forces de travail mobilisées par les travaux de R&D des secteurs public et privé étaient comparables.

Entre 2001 et 2011, le coût global moyen d’un chercheur diminue dans les entreprises, passant de 254 000 € à 175 000 € par ETP, soit une baisse de 31 %. Deux raisons peuvent être avancées à cela : la baisse importante du niveau d’appui du chercheur et la diminution de la part des frais généraux. Dans les administrations, ce coût global moyen est de 147 000 € en 2011, semblable au niveau de 2001, résultat de la stabilité du niveau d’appui du chercheur public.

C’est ensuite la CGE (Conférence des grandes écoles) qui signale qu’un tiers des doctorats soutenus chaque année sont préparés dans les laboratoires des grandes écoles.

Avec plus de 250 laboratoires mixtes et 300 laboratoires internes, les grandes écoles font de la recherche un point clé de leur positionnement, la développant et la structurant en leur sein, souvent en partenariat avec des universités ou des instituts de recherche. Le montant des contrats de recherche des écoles d’ingénieurs atteint entre 550 M€ et 580 M€. Plus de 2 500 brevets ont été déposés depuis 2009 par les grandes écoles, l’ESPCI ParisTech arrivant en tête des déposants avec 251 brevets.

De plus, le taux moyen de poursuite en thèse parmi les diplômés des grandes écoles est de l’ordre de 7,5 %, un chiffre comparable à la proportion nationale moyenne de titulaires du diplôme national de master poursuivant en doctorat (8 % à 10 %).

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid81030/les-chercheurs-en-entreprise-en-2011.html

http://www.cge-news.com/main.php?p=926

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Juil 15

Stratégie nationale de l’enseignement supérieur : les préconisations du comité STRANES

Le rapport d’étape du comité chargé de proposer au gouvernement une stratégie nationale de l’enseignement supérieur a été présenté le 9 juillet. Alors que la stratégie nationale de recherche s’est ouverte à l’Europe (France Europe 2020) et vise à contribuer à augmenter la compétitivité de l’équipe France pour restaurer la croissance, ces premiers éléments de stratégie nationale de l’enseignement supérieur étaient attendus pour fixer un vrai cap pour l’enseignement supérieur en évitant deux écueils, apparaître comme un plaidoyer pour la défense des intérêts des universités françaises et apparaître déconnecté de la vie et des réalités économiques françaises et européennes.

Cinq objectifs stratégiques

Le comité fixe « 5 objectifs pour construire la France de demain et agir pour l’égalité » (extrait du sommaire) :

1. Soutenir l’économie et construire une société apprenante

  • Développer la formation continue
  • Ouvrir la formation. 
  • Reconnaître l’investissement dans la formation. 
  • Favoriser l’emploi des docteurs.

2. Développer l’internationalisation de l’enseignement supérieur

  • Une « culture de la bienvenue ».
  • Cursus en anglais. 
  • S’impliquer dans U-Multirank. 
  • Position non tranchée sur les droits d’inscription des étudiants étrangers. 

3. Favoriser une réelle accession sociale et agir pour l’inclusion

4. Inventer l’éducation supérieure du 21e siècle

  • Former les enseignants-chercheurs à la pédagogie. 
  • Créer des équipes pédagogiques. 

5. Répondre aux aspirations de la jeunesse

Les moyens pour y parvenir : un mix entre bonnes idées et liste de revendications

Ce rapport d’étape propose ensuite des moyens pour mettre en œuvre ces éléments de stratégie, tant en matière de leviers (créativité, coopération) que de modèle économique (financements).

De bonnes idées méritent d’être soulignées.

Mettre la créativité et la coopération au service de la stratégie nationale apparaît nécessaire, de même que reconnaitre l’investissement dans la formation.

Créer des espaces de coopération interdisciplinaires est de plus en plus crucial pour développer l’ouverture d’esprit des étudiants (voire des formateurs) et l’innovation, celle-ci naissant désormais de plus en plus dans l’interdisciplinaire.

De même, il est très encourageant que le Comité considère que la formation supérieure doit permettre à chacun d’acquérir des connaissances fondamentales et des compétences transversales, qui leur permettront de changer de métier au cours de leur vie, et de suivre des formations plus pointues leur permettant de s’investir dans les nouveaux métiers.

Utiliser le contrat quinquennal pour favoriser la mise en œuvre de la stratégie serait effectivement un signe que l’Etat (stratège) a les moyens d’appliquer la politique qu’il a défini et approuvé.

Même si la distinction Etudes populaires/Etudes bourgeoises est connotée (voire provocatrice), force est de constater que l’ascenseur social s’est dégradé, problème sur lequel ce rapport d’étape se penche intelligemment.

Quelques inquiétudes ou interrogations émergent néanmoins.

Ce rapport d’étape propose de favoriser des expérimentations au prétexte de développer l’agilité et la culture du oui, ce qui reste flou mais apparaît louable, le risque étant de donner l’impression de tâtonner en matière d’innovation pédagogiques. La part de l’éducation et de l’enseignement dans le budget de l’Etat est quand même de l’ordre de 20 % (environ 80 Md€ sur 407 Md€). Ceci militerait effectivement pour investir et inciter à l’innovation pédagogique : un « Investissement d’Avenir » pour l’innovation pédagogique.

Mais cette demande de budget supplémentaire permet d’aborder le modèle économique de l’université française, pardon, de l’enseignement supérieur français du futur… et de rentrer dans le champ des revendications financières.

Il est louable de considérer qu’il faut investir pour permettre à la France de jouer son rôle dans la société apprenante. Pour cela, davantage investir dans l’innovation pédagogique et dans la recherche en la matière est une bonne idée à condition que les résultats de cette recherche pédagogique soient ensuite valorisés et effectivement mis en œuvre par ses acteurs. Rappelons que sont inscrits au budget de l’Etat environ 974000 postes publics dans l’éducation et l’enseignement. Rappelons aussi que l’enseignement supérieur bénéficie déjà d’une enveloppe (certes non entièrement consomptible) de 11 milliard d’€ (sur 35 Md€) dans le Programme des Investissements d’Avenir 1.

Et pourquoi proposer de défendre un modèle européen de financement de l’ESR et de sortir l’enseignement supérieur et la recherche du calcul des déficits si c’est pour pouvoir, sans crainte de se faire taper sur les doigts par Bruxelles, creuser encore davantage le déficit… et proposer que les entreprises doivent contribuer davantage au risque de creuser encore davantage le fossé entre les universités et le monde économique. Pour mémoire, cet argument de sortie d’une partie du budget de l’Etat pour le calcul du déficit avait déjà été utilisé par le ministère de la défense au prétexte que le budget correspondant contribuait à bâtir une défense européenne et que seuls 2 ou 3 pays en Europe avaient, sur le sujet, des capacités et des budgets conséquents.

Si ce rapport d’étape appelle légitimement de ses vœux des modalités de financements des établissements en phase avec les objectifs stratégiques, il se prononce clairement contre la hausse des droits d’inscription pour les étudiants. Ce qui n’apparaît pas forcément réaliste lorsque on voit le nombre d’universités en déficit, voire en double déficit, et les difficultés qu’elles ont à entretenir leurs infrastructures, à faire face au GVT (glissement vieillesse-technicité) et à l’augmentation de leurs charges fixes (énergie, …).

Le rapport d’étape note que, entre 2000 et 2012, le nombre d’étudiants du privé a augmenté de près de 60 %. Il pose la question de la responsabilité de l’Etat face au secteur privé de l’enseignement supérieur, en envisageant évidemment d’aller au-delà des regroupements envisagés actuellement (COMUE, …) et de s’intéresser aussi aux enseignements supérieurs dans les lycées et les formations socio-médicales

Ce rapport soulève donc le problème des formations supérieurs hors sphère publique de l’enseignement supérieur (classes préparatoires, formations socio-médicales, grandes écoles), principalement pour revendiquer que ces formations soient évaluées (mais quelle meilleure évaluation que de trouver des étudiants qui, en plus réussissent : 82,5 % des jeunes diplômés des grandes écoles ont trouvé leur premier emploi en moins de deux mois (source CGE-2012)) voire pour suggérer qu’elles soient intégrées à la sphère publique.

S’agissant des grandes écoles, il faut remarquer que seule l’ESSEC a été auditionnée à titre individuel en complément des auditions « syndicales » de la CGE, de la CEDEFI et de la FESIC. Pour mémoire, ce sont plus de 13 présidents (ou anciens présidents) d’université qui ont été auditionnés à titres divers et 3 font partie du comité, d’après les éléments fournis en annexe au rapport.

Le marché de l’enseignement supérieur en France est un marché libre. C’est la loi de l’offre et de la demande. Pourquoi parents ou étudiants dépenseraient des milliers d’€ pour des études dans des grandes écoles ou des formations privées si ce n’est pour bénéficier d’un « meilleur » enseignement au sens insertion professionnelle ? En la matière, c’est à l’enseignement public à élever son niveau et de proposer une offre améliorée. Ne doutons pas que c’est bien là l’objectif de cette stratégie nationale au bénéfice des étudiants.

Quelles attentes des étudiants ?

Car qu’attendent la plupart des étudiants de l’enseignement supérieur ? Apprendre. Mais apprendre afin d’avoir un métier et des revenus. Ceci pose la question de la place de l’insertion professionnelle dans ce rapport d’étape et du dialogue du Comité avec les futurs employeurs des diplômés de l’enseignement supérieur, même si, en parallèle avec le Comité StraNES, c’est le Comité Sup’Emploi qui a vocation à traiter ces problématiques auprès du MENESR.

L’enseignement supérieur doit avoir pour vocation le transfert de connaissances et de savoir, surtout à l’université, mais aussi de savoir-faire de façon à créer des compétences permettant à l’étudiant de s’insérer dans la vie professionnelle. Tout le monde sait que l’insertion professionnelle est une mission officielle des universités depuis la loi LRU (2007).

L’insertion professionnelle 

Au-delà de son (ou ses) modèle(s) économique(s), l’ancrage dans la vie économique de l’enseignement supérieur s’effectue par l’insertion professionnelle des diplômés. Le dialogue avec les futurs employeurs des étudiants est donc particulièrement important.

Un peu d’analyse lexicale. Dans ce rapport d’étape (61 pages hors annexes), le mot « insertion » apparaît 3 fois dont une fois sur le thème (cheval de bataille) de l’insertion des docteurs. Mais il apparaît 10 fois dans les intitulés des positions professionnelles des personnes auditionnées (voir les annexes du rapport), ce qui est rassurant quant à la prise en compte de cette mission, administrativement au moins.

Il faut savoir gré au Comité d’avoir auditionné 2 pôles de compétitivité (Cap Digital, Up-Tex), lieu de travail et de construction collective entre le monde de la recherche publique et le monde des entreprises, dédié à la mise sur le marché de produits innovants (les SATT étant davantage tournées vers l’étape dite de « maturation »).

Les futurs employeurs ?

On ne peut qu’encourager le Comité à poursuivre ses travaux vers la communauté (multiforme) des employeurs, publics ou privés.

Si la plupart des ministères ont été entendus, non pas en tant qu’employeurs (même si la fonction publique nationale recrute !) mais comme tutelles d’établissements d’enseignement supérieur, aucun acteur individuel du monde économique ne semble avoir été auditionné directement, même si certains faisaient partie du Comité lui-même. Si la liste des personnes et institutions auditionnées occupe quand même 16 pages -69 à 85- de ce rapport d’étape, seuls ont été auditionnés le MEDEF, l’UIMM et la CGPME, au titre de représentations syndicales. Aucun industriel, aucune société de service, aucune banque, aucune assurance, aucune PME ou ETI, ….. n’a été auditionné individuellement. Ce sont pourtant des employeurs de diplômés de l’enseignement supérieur et des créateurs d’emplois.

Rappelons que, « faute d’innovation et de compétitivité », Geneviève Fioraso, appelait en conclusion du dernier colloque de la CPU à « réapprendre à aimer notre industrie et à la rendre plus attractive pour les jeunes », afin de « créer de nouvelles filières liées aux nouveaux défis de société ».

Ne faudrait-il pas que le Comité se tourne davantage vers les futurs employeurs, publics (nationaux, territoriaux ou sociaux) ou privés, des étudiants pour leur poser les questions « qu’attendez-vous de l’enseignement supérieur ? » et « qu’êtes-vous prêts à faire pour l’enseignement supérieur ? ».

Gageons que les travaux du Comité vont se poursuivre jusqu’au rapport final prévu à l’automne, en évitant les deux écueils signalés en introduction.

Le monde de l’enseignement supérieur mérite une réflexion stratégique courageuse, réaliste, sans tabou et motivante.

 

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid81189/strategie-nationale-de-l-enseignement-superieur-remise-du-rapport-d-etape.html

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