Mar 02

Actualités du PIA : territoires et Idex/I-site

Des partenariats régionaux d’innovations sont mis en place à titre expérimental par le CGI.

Même si le PIA n’est pas un dispositif d’aménagement du territoire, il existe quelques nuances, selon Louis Schweitzer. Un dispositif expérimental est mis en place avec certaines régions pour financer des projets de taille plus petite.

Parmi les premières régions concernées figureraient le Nord-Pas-de-Calais/Picardie, l’Alsace/Lorraine/ Champagne-Ardenne, l’Aquitaine/Poitou-Charentes/Limousin, les Pays de la Loire et Provence-Alpes-Côte d’Azur voire la région Languedoc-Roussillon. Ce dispositif est décrit en détail dans une convention entre l’État et Bpifrance, publiée au JO du 19 décembre 2014.

Ce dispositif, pour lequel l’État apporte 10 M€ à chaque région sélectionnée, à la condition que celle-ci apporte elle aussi 10 M€, permettra de constituer des « fonds de garantie d’intervention » servant à financer sur appels à projets des PME proposant des projets d’innovation, sous forme soit de subventions (allant de 100 000 € à 200 000 €), soit d’avances remboursables (de 200 000 € à 500 000 €). L’opérateur de cette action, qui relève du programme d’investissements d’avenir, est Bpifrance.

Il est intéressant de voir le portage selon les régions.

La région des Pays-de-la-Loire bénéficiera de l’une des enveloppes expérimentales régionalisées proposées par le gouvernement, à hauteur de 10 M€. La région s’engage également à hauteur de 10 M€ à ce titre. C’est ce qu’indiquait le relevé de décisions sur le CPER 2015-2020 des Pays-de-la-Loire, signé en décembre dernier par le Premier ministre et le président de la région. Ces enveloppes seront donc rattachées au CPER ; elles relèvent du volet contractualisé, c’est-à-dire qu’elles déclenchent un abondement d’un montant équivalent par les régions lauréates. Ces enveloppes seront allouées à « des entreprises porteuses de projets d’innovation, choisis après une procédure transparente et compétitive« .

Est également retenue Paca sur demande du préfet et du président de région. Cette déclaration de la région confirme ainsi le mandat de négociation du préfet de région daté de novembre 2014, qui déjà faisait état de cette expérimentation visant à̀ financer des projets d’innovation portés par des entreprises, dans le cadre d’un fonds d’environ 20 millions d’euros, qui sera abondé à parité par l’État et par la région, et placé sous la gestion administrative et financière de Bpifrance. Dans ce texte, l’État engageait la région à réfléchir aux modalités de mise en place d’une codécision État/région des projets sélectionnés à l’issue d’une procédure compétitive transparente, qui devra notamment assurer une prise en compte simple de l’encadrement communautaire en matière d’aides d’État.

La future grande région Aquitaine/Poitou-Charentes/Limousin bénéficiera également d’une dotation de 10 M€ dans le cadre de ces partenariats régionaux d’innovations. C’était une demande d’Alain Rousset, le président de la région Aquitaine, notamment pour accompagner la dynamique ‘usine du futur’ dans la région. La région estime toutefois que quelques points sont à retravailler avec le CGI, la BPI et l’État en région tels le transfert des crédits du CGI à Bpifrance, les critères d’éligibilité des projets, la nature des aides octroyées.

Les 20 projets Idex – I-site demandent 7,6 Md€ de dotation en capital pour une dotation prévue de 3,1 Md€

Cette action phare du deuxième programme des investissements d’avenir (PIA2) vise à favoriser la poursuite de la structuration de l’enseignement supérieur et de la recherche français par une dynamique de l’excellence, sous toutes ses formes.

Selon l’ANR, le total des demandes de dotation en capital s’élève respectivement à 4,4 Md€ et 3,2 Md€ pour les projets d’Idex et d’I-site. Les regroupements qui portent ces projets rassemblent en moyenne 11 membres pour les isite et 13 pour les idex, soit un total d’environ 220 acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche.

La demande moyenne des Idex est d’environ 630 M€ et celle des I-site d’environ 250 M€. La dotation prévue de 3,1 Md€ non consommable se répartit en environ 2 Md€ pour de nouvelles Idex et 1 Md€ pour les I-site. Le jury international, présidé par Jean-Marc Rapp, comme pour les Idex du PIA 1, se prononcera en avril et la sélection finale est prévue en janvier 2016.

Il faut noté que plus de 200 entreprises ont manifesté leur intérêt pour les projets présentés, et y sont associées en tant que partenaires extérieurs. Les porteurs de projets ont aussi trouvé un appui important auprès des collectivités territoriales qui annoncent vouloir soutenir les lauréats Idex et I-site pour un total d’environ 440 M€ sur quatre ans.

Les 7 projets d’Idex sont :

  • Paris (Hesam): CONFLUENCE
  • Nord-Pas-de-Calais: IDEX Université de Lille
  • Languedoc-Roussillon: Live + Excellence Initiative
  • Lorraine: LUE – Lorraine université d’excellence
  • Bretagne et Pays de la Loire: UBL + Excellence Initiative
  • Nice: UCA JEDI – Joint, Excellent and Dynamic Initiative
  • Grenoble: UGA : Université de l’innovation

et les 13 projets d’I-site :

  • Guyane: AmazinG – plateforme amazonienne en santé globale
  • Paris (Paris Lumière): @NTHROPOLIS – L’Humain dans la Cité
  • La Réunion: BioST – BioSécurité en milieu Tropical
  • Auvergne: CAP2025 – Clermont Auvergne projet 2025
  • Centre, Limousin, Poitou-Charentes: CLiPc
  • Champagne-Ardenne: CUBES – Champagne Univ, BioEconomie Ingénierie Systèmes
  • Paris (Paris-Est): FUTURE – Federal University : The Ultimate Research & Education
  • Haute et Basse-Normandie: INormandie
  • Pau: ISAS – I-SITE Aquitaine South
  • Bourgogne Franche-Comté : ISITE – BFC
  • Evry: ISITE EVRY – Génome, post-Génome pour la santé et l’industrie
  • Cergy: ParisSeine
  • Picardie: PUMA – Picardie Unité : un Mouvement pour une Ambition

http://www.agence-nationale-recherche.fr/informations/actualites/detail/investissements-d-avenir-appel-a-projets-idexi-site-une-forte-mobilisation-de-tous-les-territoires./

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire
Fév 26

Du bon usage du financement de l’excellence

Les actions du PIA français sont financées sur des critères d’excellence. Mais les choix des projets financés de même que l’utilisation de ces financements doivent être faits avec efficacité et discernements tant par les pouvoirs publics que par les bénéficiaires.

S’agissant de l’excellence en matière d’enseignement supérieur, l’analyse comparée de plusieurs initiatives nationales a permis d’établir des recommandations. C’est l’association européenne des universités (EUA) qui a effectué cette étude sur différents pays :

Autriche Création de l’Institut de science et de technologie
France Initiative d’excellence
Finlande Centres d’excellence dans la recherche et création de l’université Aalto
Allemagne Initiative d’excellence
Hongrie Universités d’excellence nationale
Norvège Centres d’excellence
Pologne Centres de recherche nationaux de pointe
Russie Programme 5-100
Espagne Le programme « Campus d’excellence internationale »
Royaume-Uni Le REF (Research Excellence Framework)

Les recommandations adressées aux autorités publiques recouvrent divers domaines :

Le financement de ces initiatives

  • Les initiatives d’excellence devraient être un budget additionnel et ne pas se substituer aux autres financements. Durant la conception de ces initiatives, les autorités publiques devraient penser à développer des synergies avec les autres modes de financement, notamment ceux émanant de sources privées, pour éviter une dépendance excessive aux fonds destinés aux schémas d’excellence.
  • Les fonds accordés aux universités via une initiative d’excellence devraient, en priorité, servir des buts scientifiques, et une certaine flexibilité dans la gestion des dépenses devrait être préservée. L’émergence de jeunes universitaires et chercheurs devrait également être favorisée.

Les processus de sélection

  • Les autorités publiques devraient établir des objectifs clairs, pour maintenir une grande transparence tout au long du processus d’évaluation. Une procédure de sélection en deux phases est vue de manière positive par le secteur.
  • L’équipe d’évaluation doit être informée de manière approfondie, des instructions claires et dénuées de toute ambiguïté doivent être données pour l’évaluation. Par exemple, une institution doit savoir si ses performances passées vont influer sur le choix du jury.

Gestion et management

  • Les autorités publiques, les organismes de financement et les universités ne devraient pas sous-estimer la dimension administrative de telles initiatives, dont il faut précisément évaluer l’impact financier. Les procédures administratives doivent rester aussi simples que possible, pour qu’elles ne prennent pas le dessus sur les objectifs premiers.
  • L’organisme de financement doit collecter des retours d’expérience du secteur, et aménager en conséquence le mécanisme de sélection. Cette capacité d’adaptation doit être constante.
  • L’organisme de financement doit établir une stratégie de sortie de l’initiative d’excellence lorsque celle-ci arrive à son terme, pour que ses apports soient durables.

Recommandations générales

  • Les schémas d’excellence devraient éviter les liens directs avec les classements internationaux, notamment parce que les méthodologies utilisées par ces classements varient et ne sont pas toujours en accord avec celles des jurys d’évaluation.
  • Les autorités publiques et les jurys d’évaluation ne devraient pas adopter une attitude conservatrice, réfractaire aux prises de risques, qui ne feraient que consolider les disparités entre les différents acteurs du secteur.

S’agissant des recommandations adressées aux institutions bénéficiaires :

  • Il faut anticiper les effets imprévus d’une participation à une initiative d’excellence, dans chaque parcelle de l’université. Cette démarche doit être accompagnée d’une stratégie pour amoindrir ces conséquences négatives, par exemple en redirigeant certaines ressources financières.
  • Une « initiative d’excellence interne » peut être menée par l’université, pour répondre à certains besoins spécifiques de l’institution, en prioriser certains.
  • L’université devrait accorder une attention particulière à sa communication avec ses partenaires et les acteurs extérieurs, pour les informer sur les activités qu’ils mènent grâce à l’initiative d’excellence. Cela favorisera la pérennité de ces activités et des partenariats futurs.

http://www.eua.be/News/14-12-12/New_EUA_report_analyses_Excellence_funding_schemes_in_Europe_and_their_impact_on_universities.aspx

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire
Fév 13

Innovation et région Aquitaine

Complémentarité des approches, difficultés à capter l’épargne et importance de l’intelligence économique, tels sont les 3 points mis en avant par Michel Delpuech, préfet de la région Aquitaine, lors d’un débat avec les auditeurs de l’atelier « innovation et dynamique des territoires » organisé à Bordeaux par l’IHEST, voir aussi http://science-innovation-developpement.com/trouillometre-pifometre-universites-et-entreprises/ et http://science-innovation-developpement.com/g-fioraso-et-linnovation-a-lihest/.

150211 Bordeaux 1

Le préfet de la région Aquitaine a souligné que les principales actions en matière de soutien à l’innovation émanaient de l’Etat via ses politiques d’innovation, de compétitivité, d’investissement d’avenir, sans sous-estimer les actions à l’échelle européenne et régionale, ne serait-ce que dans l’aéronautique ou l’espace.

Il a insisté sur la complémentarité d’approches différentes tels le crédit impôt recherche (environ 60 M€ annuel en Aquitaine), le CICE (430 M€ pour sa première année) et le PIA, qui représente globalement 1,4 Md€ en Aquitaine (dont 700 M€ pour l’Idex en non consomptible). Il a rappelé que le financement (classique) du prochain CPER serait de 500 M€ sur 5 ans, représentant donc 120 M€ par an.

Il a regretté que la France, performante dans les bas TRL (Technology Readiness Level), ne sache pas être plus efficace dans les actions correspondant à des TRL moyens (points durs pour TRL 4-5-6).

Le préfet de région a souligné la difficulté à capter l’épargne pour investir dans l’innovation ainsi que la grande difficulté à avoir des moyens de fonds propres pour les start-up qui en ont besoin. Il a rappelé qu’en France, c’était surtout la politique du logement qui drainait l’épargne (42 Md€ !). Il a regretté le manque l’implication des grands groupes industriels pour apporter des capitaux, ainsi que leur logique d’absorption des start-up. Par comparaison avec d’autres modèles, il a mis en avant que le système des fonds de pension dégage de l’investissement.

Il a insisté sur la grande importance de l’intelligence économique, dans ses 3 « fonctions » : sécurité – protection / veille / influence. Sur ce dernier point, il a regretté que la France ne soit pas assez présente dans les instances normatives.

DSC_4634 - copie

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire
Fév 09

Aider la Tunisie à réformer son système d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation agricoles

La Tunisie vit un processus de démocratisation qui, à ce stade, apparaît remarquable, ne serait-ce que par sa singularité régionale. Depuis le 17 décembre 2010, date du début de la « révolution tunisienne » (la phase purement « révolutionnaire » ayant duré jusqu’au 27 février 2011), la Tunisie a réussi à renverser un dirigeant autocrate (départ le 14/1/11), mettre en place un premier gouvernement transitoire (16/1/11) et une assemblée constituante (23/10/11), concevoir et voter une constitution (26/1/14), organiser des élections législatives (premier tour le 26/10/14) et présidentielles (premier tour le 23/11/14) et, enfin, se doter d’un gouvernement, approuvé par l’Assemblée des Représentants du Peuple le jeudi 5 février (166 voix pour, sur 204 inscrits).

logo IRESA logo CIHEAM logo185x80

C’est dans ce cadre que je viens d’animer, avec l’Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier (IAMM du Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes, CIHEAM), un séminaire de travail du système de recherche et d’enseignement supérieur agricoles (ESRA). Ce séminaire a regroupé durant 3 jours le Président de l’IRESA (Institution de recherche et d’enseignement supérieur agricoles) et l’ensemble des directeurs des 21 établissements de recherche ou d’enseignement supérieurs agricoles, vétérinaires ou halieutiques tunisiens.

Cette démarche vise à :

  • mettre en œuvre une organisation et un management efficaces, décentralisés, responsabilisants et professionnels pour…
  • former des professionnels au service du développement économique/social/agricole de la Tunisie, compétitifs sur les plans régional et international et …
  • améliorer la visibilité et l’utilité nationales et internationales de ses travaux de recherche.

Nous avons élaboré un projet de référentiel de processus d’organisation de travail de ce système d’ESRA. Ce référentiel va maintenant être soumis à concertation avec l’ensemble des parties prenantes, au premier rang desquels les syndicats professionnels. Sera ensuite établie une version modifiée qui sera soumise à l’approbation des ministres concernés, en particulier les ministres chargés de l’agriculture et de l’enseignement supérieur et la recherche. Ce référentiel permettra, une fois que les textes règlementaires en auront été dérivés, de mettre en place un nouveau fonctionnement et les structures adaptées pour optimiser l’efficacité globale du système.

S’intégrant dans une démarche professionnelle de management par la qualité, les 6 macro-processus définis sont :

  • Assurer le management global du système
  • Former des ingénieurs, techniciens et vétérinaires
  • Réaliser des travaux de recherche agricole
  • Valoriser/transférer les travaux de recherche
  • Assurer les partenariats nécessaires
  • Assurer le soutien et administrer le système

 

IRESA Blog

Avec le Président de l’IRESA et le Directeur de l’IAMM

Signalons que dans le gouvernement tunisien qui se met en place, ce sont 2 ministres (Agriculture, Industrie-énergie) et 2 secrétaires d’Etat (Production agricole, Pêche) qui sont issus de l’Institut National Agronomique de Tunisie.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire
Fév 05

Polytechnique est le 5ème établissement le plus international au monde selon le classement du Times

L’École Polytechnique est 5ème du classement des universités les plus internationales au monde, classement dressé par le Times Higher Education (THE). Elle connait une progression importante puisqu’elle était classée 28ème l’année dernière. L’ENS Paris est le seul autre établissement français représenté, à la 52ème place. L’an dernier, elle n’apparaissait pas dans le top 100. Le podium est composé de trois établissements suisses avec l’École polytechnique fédérale de Lausanne en tête.

Pour établir ce classement, dont c’est la deuxième édition, le THE se base sur une compilation d’indicateurs internationaux issus de ses propres palmarès d’universités.

Le top 15 est composé de 11 établissements européens (cinq Suisses, trois Britanniques, deux Autrichiens et un Français), de deux Australiens et de deux Singapouriens. La première institution provenant du continent américain est l’université de la Colombie-Britannique (Canada, 35e). Le MIT, premier établissement US, arrive 39e.
Voici le top 15 des universités les plus internationales au monde, selon ce classement :
• École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse)
• Université de Genève (Suisse)
• École polytechnique fédérale de Zurich (Suisse)
• Université nationale de Singapour (Singapour)
• École Polytechnique (France)
• Royal Holloway, University of London (Royaume-Uni)
• Université d’Innsbruck (Autriche)
• Imperial College London (Royaume-Uni)
• Nanyang Technological University (Singapour)
• Curtin University (Australie)
• Australian National University (Australie)
• Universität Basel (Suisse)
• Université de Vienne (Autriche)
• Université d’Oxford (Royaume-Uni)
• University College London (Royaume-Uni)

Les indicateurs de performances utilisés par le Times pour son classement général sont répartis en 5 domaines
• Formation : l’environnement de ‘enseignement (30%)
• Recherche : volume, ressources, réputation (30%)
• Citations : influence de la recherche (30%)
• Contrats industriels : innovation (2,5%)
• International : staff, étudiants, co-publications (7,5%)

Le classement « international » ne prend en compte que ce dernier domaine. Le site précise : This measure considers each institution’s percentage of international staff, its international student numbers and the proportion of its research papers published with a co-author from at least one other country.
http://www.timeshighereducation.co.uk/news/the-100-most-international-universities-in-the-world-2015/2018125.fullarticle
http://www.timeshighereducation.co.uk/world-university-rankings/2014-15/world-ranking/methodology

THE

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire