Sep 30

Le GPI prend la suite du PIA

Le PIA va s’éteindre progressivement. Vive le GPI !

Un (le) Grand Plan d’Investissement (GPI) va prendre progressivement la suite du Plan d’Investissement d’Avenir (PIA). Mais que le lecteur soit rassuré, l’esprit, sinon la lettre, reste le même, à quelques modifications de gouvernance près. Les 57 Md€ annoncés ne sont pas tous ni consommables, ni même nouveaux. Et l’Enseignement supérieur, la recherche et l’innovation restent parmi les thématiques fortement soutenues.

C’est suite de la remise d’un rapport de Jean Pisani-Ferry que le Premier ministre a présenté les ambitions, les moyens et la répartition de ce plan.

http://www.gouvernement.fr/partage/9535-rapport-de-m-jean-pisani-ferry

Sur le quinquennat, 57 milliards d’euros d’investissement public seront consacrés à la transition écologique, la formation professionnelle, l’innovation et la transformation de l’action publique.

http://www.gouvernement.fr/grand-plan-d-investissement-57-milliards-d-euros-d-investissement-public-sur-le-quinquennat .

1709 GPI 1Selon le Premier ministre, ce Plan repose sur quatre principes clés. Le premier c’est l’amplification et la sanctuarisation de l’effort d’investissement public. (…) Deuxième principe, c’est un principe en matière de gouvernance, c’est la responsabilisation des ministres pour engager ces investissements, pour assurer leur cohérence avec les réformes structurelles que nous mettons en œuvre, réformer et investir, …

Troisième principe, c’est la mise en avant d’actions concrètes avec un impact visible pour nos concitoyens, (…), l’objectif c’est moins le montant des investissements, que la nature des investissements, que ce qu’ils vont permettre, que la transformation qu’ils vont provoquer.

Quatrième et dernier principe, la réorientation durable des dépenses de fonctionnement vers des dépenses d’investissement plus actives…

Il est effectivement intéressant de remarquer qu’un certain nombre d’objectifs sont quantifiés. Sont notamment attendus à l’issue du quinquennat :

  • 300 000 emplois et une baisse d’un point du taux de chômage structurel
  • Une division par deux du nombre de passoires thermiques occupées par des ménages modestes propriétaires ou locataires du parc social
  • Le remplacement de 500 000 véhicules polluants
  • Une augmentation de 70 % de la production d’énergie renouvelable
  • La conversion de 5 000 PME à la lutte contre le gaspillage
  • L’achèvement de la couverture du territoire en Très Haut Débit
  • 100 % de services publics dématérialisés
  • Le doublement du nombre de maisons de santé

25 initiatives sont précisées, voir en fin de cet article.

Le plan d’investissement reposera sur quatre sources de financement :

  • Des instruments financiers (prêts, garanties, fonds propres) sans effet sur le solde (11 milliards)
  • La réorientation de crédits existants vers les finalités du plan d’investissement (12 milliards)
  • Des mesures nouvelles (24 milliards)
  • L’intégration du PIA 3 (10 milliards, dont 6 de subventions et 4 de fonds propres)

1709 GPI 2

Par rapport au PIA, la gouvernance évolue. Les moyens du plan d’investissement seront inscrits dans les crédits des ministères. Ils bénéficieront d’une garantie de stabilité et d’exonération des régulations budgétaires. En contrepartie, les ministères devront mettre en place des procédures exigeantes de sélection, de suivi et d’évaluation ex post. Ils rendront des comptes sur les résultats obtenus au regard d’indicateurs correspondant aux objectifs des actions qu’ils conduiront. Le secrétariat du plan d’investissement devra être assuré par une structure légère prenant appui sur l’actuel Commissariat Général à l’Investissement qui devrait donc être maintenu à son niveau interministériel mais avec un périmètre d’intervention redéfini. Il est donc suggéré qu’un Secrétariat aux investissements coordonne l’activité des comités de pilotage thématiques, notamment leurs méthodologies et organisera le suivi d’ensemble du plan d’investissement. Sur la base de bilans réguliers des comités de pilotage, il établira une synthèse à l’intention du Premier ministre et formulera des propositions de réallocation en fonction des résultats observés.

Enfin, intéressons-nous, à titre peut-être anecdotique, à la liste des personnalités auditionnées. Mais en creux. C’est à dire à celles qui n’ont pas été auditionnées !

La ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, n’a pas été auditionnée alors que l’un des 9 sous-axes de ce plan d’investissement est Accompagner la transformation du système de santé, pour la bagatelle de 4,9 Md€ et que vient d’être présenté la stratégie nationale de santé, dont l’une des 4 priorités est l’innovation, voir http://science-innovation-developpement.com/strategie-nationale-de-sante-linnovation-prioritaire/ .

Et si le président de la CPU, Gilles Roussel, a bien été auditionné, tel ne fut pas le cas d’Anne-Lucie Wack de la CGE dont il faut quand même rappeler que les 222 Grandes écoles diplôment 40% des master en France, et peuvent être considérées comme des modèle en matière d’orientation adaptée et d’insertion professionnelle, voire de recherche, car elles représentent un tiers des thèses soutenues en France (http://www.cge.asso.fr/publications/2014-cge-fiche-thematique-05-la-recherche/) .

LISTE DES INITIATIVES

  • Diviser par deux le nombre de passoires thermiques occupées
 par des ménages modestes propriétaires ou locataires du parc social
  • Réduire l’empreinte énergétique des bâtiments publics
  • Accompagner le remplacement de 500 000 véhicules polluants
  • Soutenir le développement de solutions de transports innovantes
et répondants aux besoins des territoires
  • Moderniser les réseaux routiers et ferroviaires
  • Augmenter notre production d’énergie renouvelable
  • Accueillir des chercheurs du monde entier pour lutter contre le changement climatique
  • Développer des modèles de rupture pour la ville de demain
  • Accélérer le développement d’un modèle de transport durable
  • Convertir 5 000 PME à la lutte contre le gaspillage
  • Former et accompagner vers l’emploi 1 million de chômeurs faiblement qualifiés
  • Former et accompagner vers l’emploi 1 million de jeunes décrocheurs
  • Promouvoir les expérimentations en faveur
de la formation des maîtres et des professeurs
  • Améliorer l’insertion professionnelle des jeunes
  • Transformer le premier cycle universitaire
  • Accélérer la transformation de l’université
  • Soutenir l’innovation des entreprises
  • Soutenir les filières stratégiques
  • Soutenir le déploiement du très haut débit Créer un fonds pour la transformation publique
  • Objectif 100 % des services publiques numérisés
  • Renforcer les dispositifs d’accompagnement des réformes
  • Accélérer la transition numérique du système de santé
  • Accélérer la transition numérique du système de cohésion sociale
  • Développer les maisons de santé
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Sep 28

Les défis « innovation » de la France

La France se remet lentement de la crise de 2008, avec un déficit commercial persistent, et des résultats moyens de ses différentes réformes stratégiques visant à améliorer les performances de sa recherche. Elle est confrontée à 3 défis :

  • Simplifier et améliorer l’efficacité de la politique d’innovation.
  • Promouvoir l’évaluation de la politique de R&I.
  • Améliorer la qualité de la base de recherche publique.

Tels sont les points essentiels du rapport 2017 de l’Observatoire de Recherche et de l’Innovation du Joint Research Center de la Commission Européenne.

Le constat détaillé est le suivant :

  • L’économie française se remet lentement de la crise de 2008 et a enregistré un taux de croissance de 1,3 % en 2015, poussée par la consommation des ménages ainsi que, dans une moindre mesure, par une reprise des investissements.
  • Le déficit commercial français est persistant. Les secteurs de haute technologie, comme l’aéronautique ou l’industrie aérospatiale, affichent de bons résultats sur les marchés internationaux, au même titre que les secteurs des produits cosmétiques, agroalimentaires et de luxe. La productivité de la France est l’une des plus élevées en Europe.
  • Les dépenses intérieures brutes de R&D (DIRD) de la France ont continué à progresser en termes nominaux depuis 2006. Au sein de l’EU-28, la France se classe en deuxième position derrière l’Allemagne.
  • Le rapport DIRD/PIB était de 2,24 % en 2014. La France se classe en 8e position, au-dessus de la moyenne de l’EU-28 (2,03 % en 2014), avec une augmentation généralisée de l’intensité de R&D depuis 2007.
  • Bien que la France ait mis en œuvre de nombreuses réformes stratégiques visant à améliorer les performances de la recherche au cours des dix dernières années, les résultats restent moyens au niveau national, tant sur les plans qualitatifs que quantitatifs.
  • Selon le tableau de bord européen de l’innovation 2016, la France se situe dans le groupe des «innovateurs forts» en ce qui concerne les résultats en matière d’innovation.

Les Principaux défis que la France doit relever sont donc au nombre de 3.

Simplifier et améliorer l’efficacité de la politique d’innovation.

La France possède un large éventail d’instruments d’organismes publics visant à promouvoir l’innovation, mais affiche cependant des performances moyennes dans ce domaine. Ce décalage entre le nombre d’instruments et leurs résultats effectifs a conduit à la mise en œuvre de plusieurs initiatives visant à simplifier et à améliorer l’efficacité de la politique d’innovation.

Promouvoir l’évaluation de la politique de R&I.

Au cours des 15 dernières années, la priorité donnée à l’innovation a entraîné une multiplication de mesures de soutien manquant souvent de stabilité et de clarté. Dans ce contexte, l’absence d’évaluation de l’ensemble de ces mesures est considérée comme un problème récurrent. Ce facteur complique la tâche des décideurs politiques au moment de juger de l’efficacité des décisions antérieures et de motiver leurs politiques futures. Pour y remédier, plusieurs organes d’évaluation ont été récemment créés et constituent une avancée dans le développement d’une culture de l’évaluation.

Améliorer la qualité de la base de recherche publique.

La performance moyenne de la recherche publique est une source de préoccupation constante en comparaison à la production scientifique de pays similaires au cours des dix dernières années. De nombreuses réformes ont récemment été menées en vue de modifier la structure de la recherche publique. Les gouvernements successifs ont consenti des efforts importants pour influer davantage sur l’orientation de la recherche, renforcer le rôle des universités et favoriser le recours au financement de projets.

<https://rio.jrc.ec.europa.eu/en/file/10968/download?token=VKOkhRTg>

*****

Note d’actualité : L’appel à projets générique pour l’année 2018 de l’ANR est paru et est ouvert à toutes les disciplines scientifiques et à tous types de recherche.
<http://www.agence-nationale-recherche.fr/AAPG2018>

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Sep 22

Stratégie nationale de santé : priorité à l’innovation

L’innovation est l’une des 4 priorités de la stratégie nationale de santé qui est en cours d’établissement à la demande d’Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé. Pour la Ministre, organisationnelle, médicale, technologique ou numérique, l’innovation doit être mise au service de tous et répondre aux besoins prioritaires en santé. Elle doit favoriser une meilleure association des patients, des usagers et des professionnels qui sont les premiers concernés par ces évolutions, par exemple en matière de télémédecine ou d’objets connectés. Elle précise que des crédits spécifiques permettront de repérer et de sélectionner très tôt les projets à fort potentiel, ce qui laisse espérer des fléchages de crédits dans cette direction. Remarquons néanmoins que le secteur de la santé a déjà été bien servi dans les vagues successives du programme d’investissement d’avenir (PIA).

Agnès Buzyn

C’est la loi santé de 2016 qui prévoit que la politique de santé est conduite dans le cadre d’une stratégie nationale de santé définie par le gouvernement (…). La stratégie nationale de santé détermine, de manière pluriannuelle, des domaines d’action prioritaires et des objectifs d’amélioration de la santé et de la protection sociale contre la maladie. La démarche est ici similaire à l’élaboration des stratégies nationales de recherche et d’enseignement supérieur (voir notamment dans ce blog http://science-innovation-developpement.com/la-strategie-nationale-de-recherche-publique/ et http://science-innovation-developpement.com/la-france-se-dote-dune-strategie-de-lenseignement-superieur/),mais beaucoup plus rapide :

  • Diagnostic à l’été 2017
  • Définition des priorités et lancement des concertations en septembre – octobre 2017
  • Consultation publique en novembre 2017
  • Adoption de la Stratégie nationale de santé en décembre 2017 sous la forme d’un décret

S’agissant du diagnostic, le Haut Conseil de la Santé Publique (HSCP) a défini 4 enjeux prioritaires de santé :

  • les risques sanitaires liés à l’augmentation prévisible de l’exposition aux polluants et aux toxiques ;
  • les risques d’exposition de la population aux risques infectieux ;
  • les maladies chroniques et leurs conséquences ;
  • l’adaptation du système de santé aux enjeux démographiques, épidémiologiques et 
sociétaux.

Le HCSP considère qu’il est essentiel d’agir sur les leviers prioritaires suivants :

  • l’exposition à des facteurs de risque comportementaux: l’alimentation, l’alcool, le tabagisme ;
  • l’exposition à des facteurs de risque environnementaux: la pollution de l’air, les pesticides et les perturbateurs endocriniens ;
  • l’exposition à des facteurs de risque sociaux et culturels : difficulté à comprendre des textes simples, difficulté à comprendre et utiliser les informations en santé ;
  • le rôle du système de santé comme déterminant de la santé : répartition de l’offre de soins, continuité des prises en charge, sécurité des actes, qualité de vie des professionnels de santé ;
  • les risques génétiques : mutations génétiques constitutionnelles délétères…

Dans son rapport (volumineux, voir http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=626 ), le HCSP met en avant 3 axe pour le développement de l’innovation en santé :

  • L’accès à l’innovation,
  • La révolution technologique digitale est aussi une révolution sociétale,
  • Les Big data en santé.

Outre l’innovation, les 3 autres priorités de cette stratégie sont :

  1. La prévention et la promotion de la santé, tout au long de la vie et dans tous les milieux
  2. La lutte contre les inégalités sociales et territoriales d’accès à la santé
  3. La nécessité d’accroître la pertinence et la qualité des soins

1709 SNS 1

http://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/lancement-des-travaux-de-la-strategie-nationale-de-sante-2017

http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dossier_de_presse_sns2017_18092017.docx.pdf

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Sep 15

Pour renforcer l’innovation dans les régions

La R&D et l’« innovation » (la R&I ?) sont deux sources de développement économique… dans les régions. C’est ce que la France d’une coté et l’Europe de l’autre souhaitent encourager et soutenir.

En France, le financement de la R&T par les collectivités territoriales a représenté 1,2 Md€ en 2015. Les opérations liées au transfert de technologie et aides à l’innovation sont la priorité des collectivités territoriales.

Elles absorbent 35 % du budget R&T local et accompagnent notamment la recherche partenariale et les dispositifs de valorisation. Leur seconde priorité concerne les opérations immobilières : 31 % des financements R&T (rénovation et construction de bâtiments dédiés à la recherche et à l’innovation). Plus de la moitié de ces opérations (61 %) sont inscrits aux CPER.
1708 Collec 1

Ces données sont 2015. Il faut noter que les conseils régionaux ont accentué leur effort en faveur de la R&T avant les fusions de 2016.

1708 Collec 2

http://science-innovation-developpement.com/financements-rt-des-collectivites-territoriales/

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid113281/le-financement-de-la-r-t-par-les-collectivites-territoriales-1-2-milliard-d-euros-en-2015.html

S’agissant de l’Europe, après avoir animer un groupe de travail pour maximiser l’impact du prochain PCRD, Pascal Lamy, ancien directeur général du FMI, a fait, le 3 juillet dernier, 11 recommandations pour l’élaboration du programme-cadre (voir plus bas les recommandations du rapport LAB – FAB – APP Investing in the European future we want). Pour ce groupe, au minimum, le budget du prochain PCRD devrait maintenir le rythme annuel de croissance d’Horizon 2020 en prenant comme point de départ la dernière année du programme. Cela conduirait à un budget d’au moins 120 Md€ pour sept ans en euros courants.

https://ec.europa.eu/research/evaluations/pdf/archive/other_reports_studies_and_documents/hlg_2017_report.pdf

Et c’est le 18 juillet que la Commission européenne a diffusé une fiche d’information recensant 4 quatre grands défis pour l’innovation au niveau régional, ainsi que des actions et des solutions pour les relever, dans le cadre des stratégies de spécialisation intelligente des régions. La Commission souligne que la spécialisation intelligente joue déjà un rôle important dans la manière dont les régions européennes élaborent leurs stratégies en matière d’innovation, créent ou renforcent la coopération à tous les niveaux, en particulier avec les autorités locales du monde de l’entreprise mais que des améliorations sont toutefois possibles.

Défi nº1 : renforcer les capacités d’innovation dans les régions moins développées et les régions en transition industrielle

Pour accompagner la modernisation industrielle de ces régions, la Commission va promouvoir une action pilote financée par l’UE et regroupant un certain nombre de régions volontaires, en vue de contribuer à rénover leurs systèmes d’innovation à partir de leurs stratégies de spécialisation intelligente. (…)

Défi nº2 : accroître la coopération en matière d’investissement dans l’innovation entre les régions

… La Commission lancera une action pilote financée par l’UE d’ici la fin de 2017 afin de développer des projets d’innovation interrégionale. Des projets de petite taille pourront intégrer de grandes réserves d’investissements, regroupant des fonds de l’UE de la façon la plus efficace.

Cinq à dix partenariats thématiques seront créés avec des décideurs, des chercheurs, des entreprises et d’autres acteurs de l’innovation. Des secteurs à forte valeur ajoutée économique seront ciblés, tels que la bioéconomie, les mégadonnées, la santé ou la mobilité connectée, ainsi que des secteurs traditionnels où des processus de fabrication innovants sont mis en œuvre.

Défi nº3 : nécessité de réformer les systèmes régionaux d’innovation

… La Commission intensifiera ses efforts en vue d’encourager les États membres à faire pleinement usage du soutien mis à disposition par l’UE pour faciliter la conception et la mise en œuvre des réformes. (…)

Défi nº4 : faciliter les synergies entre les politiques et les instruments de l’UE

… La Commission œuvrera avec les autorités nationales et régionales et les aidera à combiner les fonds, en particulier en fournissant des précisions supplémentaires sur les synergies relatives aux aides d’État et aux marchés publics. (…)

http://europa.eu/rapid/press-release_MEMO-17-1994_fr.htm

Les 11 recommandations du rapport de Pascal Lamy :

  1. Prioritise research and innovation in EU and national budgets
    Action: double the budget of the post-2020 EU research and innovation programme.
  2. Build a true EU innovation policy that creates future markets
    Action: Foster ecosystems for researchers, innovators, industries and governments; promote and invest in innovative ideas with rapid scale-up potential through a European Innovation Council.
  3. Educate for the future and invest in people who will make the change
    Action: modernise, reward and resource the education and training of people for a creative and innovative Europe.
  4. Design the EU R&I programme for greater impact
    Action: make the future programme’s pillars driven by purpose and impact, ne-tune the pro- posal evaluation system and increase exibility.
  5. Adopt a mission-oriented, impact-focused approach to address global challenges
    Action: set research and innovation missions that address global challenges and mobilise researchers, innovators and other stakeholders to realise them.
  6. Rationalise the EU funding landscape and achieve synergy with structural funds
    Action: cut the number of R&I funding schemes and instruments, make those remaining reinforce each other and make synergy with other programmes work.
  7. Simplify further
    Action: become the most attractive R&I funder in the world, privileging impact over process.
  8. Mobilise and involve citizens
    Action: stimulate co-design and co-creation through citizen involvement.
  9. Better align EU and national R&I investment
    Action: ensure EU and national alignment where it adds value to the EU’s R&I ambitions and missions.
  10. Make international R&I cooperation a trade- mark of EU research and innovation
    Action: open up the R&I programme to associ- ation by the best and participation by all, based on reciprocal co-funding or access to co-funding in the partner country.
  11. Capture and better communicate impact
    Action: brand EU research and innovation and ensure wide communication of its results and impacts.

Sur les politiques R&I des régions voir aussi la série d’articles de ce blog :

http://science-innovation-developpement.com/regions-quelles-politiques-de-ri/

http://science-innovation-developpement.com/financements-rt-des-collectivites-territoriales/

http://science-innovation-developpement.com/financements-rt-des-collectivites-territoriales-poles-de-competitivite/

http://science-innovation-developpement.com/les-collectivites-territoriales-et-le-pia/

http://science-innovation-developpement.com/synthese-des-sss-des-regions-francaises/

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Sep 13

Révolution numérique et emploi

Les travaux de l’Académie des technologies sont malheureusement souvent peu connus. Vient d’être publié un rapport de synthèse sur révolution numérique et emploi, issu des travaux d’un séminaire consacré aux relations entre l’innovation, la croissance et l’emploi . Alors que la révolution numérique se déploie, ce thème est lourd d’enjeux et d’implications , tant micro-que macro-économiques, tant pour la connaissance scientifique que pour l’élaboration des politiques publiques. Ce sujet n’est pas nouveau mais est forcément renouvelé par les spécificités de la nouvelle révolution technologique en cours et par les progrès de l’analyse économique.

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Ce rapport s’articule autour de trois interrogations :

  • quelles ont été depuis les années 1970 les grandes évolutions des relations innovation-croissance-emploi ?
  • quelles sont les caractéristiques spécifiques de la « transition numérique » en cours ? En particulier le mécanisme schumpetérien de destruction/création nette d’emplois sera-t-il encore valide ?
  • comment gérer la transition entre les deux phases de destruction et de création d’emplois ?

Le contexte politique nouveau pour la France devrait accélérer la mise en œuvre effective de réformes structurelles indispensables pour la croissance et l’emploi (réforme du marché du travail, réforme fiscale…) .

Il ne s’agit pas de faire croire à l’existence de remèdes miracles et ce rapport soulève plus de questions que de réponses définitives à l’impact de la transition numérique sur l’emploi :

  • Sommes-nous entrés pour longtemps dans la phase de destruction du modèle de destruction créatrice de Schumpeter avec un fort décalage dans le temps de la phase de création d’emplois ?
  • Ce modèle est-il encore applicable devant l’irruption généralisée de la transition numérique dans toutes les activités humaines ou sommes-nous entrés dans une période de stagnation séculaire de la productivité , de la croissance et de l’emploi ?
  • En plus de l’impact quantitatif sur l’emploi , l’évolution des métiers et le niveau des emplois futurs générés , les transitions technologiques actuelles ne vont- elles pas écarter du marché du travail toute une catégorie de personnes (les « inutiles ») avec des conséquences sociales et politiques dévastatrices ? Pour aller plus loin, assistons-nous à la fin du travail ?

Face à ces interrogations très anxiogènes, d’autres indices sur les effets réels de ces transitions indiquent que les impacts sur l’emploi de cette transition ne sont globalement pas si différents que ceux déjà observés dans les précédentes transitions technologiques , mais seront différenciés suivant les secteurs économiques et la nature des emplois . De façon générale, les innovations techniques sont la condition indispensable des gains de productivité et des augmentations de revenu. Sur le long terme, le potentiel d’innovation qu’offrent le numérique et les systèmes intelligents va-t-il créer des gains de productivité et de revenu qui pourraient se traduire par de nombreuses opportunités de travail et d’emplois ? Il faudrait pour cela que cette transition technologique s’accompagne des transformations sociales permettant de libérer ce potentiel d’innovation et de fluidifier les mobilités nécessaires par la flexibilité du droit social et la formation tout au long de la vie.

Il n’en reste pas moins que, comme le signale l’économiste Jean-Michel Charpin, « les relations entre innovation, croissance et emploi au niveau macro-économique restent une énigme ». En revanche, au niveau microéconomique force est de constater que les exemples de croissance et de création d’emplois liés à la mise en œuvre des nouvelles technologies sont nombreux et il faut s’en inspirer.

Il faut alors s’interroger sur la possibilité de consolider dans l’approche méso-économique l’émergence des nouveaux écosystèmes induits par les transitions technologiques.

L’Académie des technologies va poursuivre sa veille sur les travaux des experts ciblée sur quelques thèmes prioritaires tels :

  • les nouveaux indicateurs de productivité et de croissance au-delà du PIB,
  • l’équilibre différencié entre destruction et création d’emplois induites par les nouvelles technologies dans certains secteurs économiques (banque-finances-assurances, automobile , etc .),
  • l’analyse des freins réglementaires et sociaux qui empêchent l’adaptation de l’emploi aux évolutions technologiques,
  • la formation initiale et tout au long de la vie (équilibre centralisé/décentralisé , articulation des initiatives au niveau des entreprises et de l’État , etc .),
  • l’indispensable montée en compétences des PME ;
  • la libération de la dynamique d’innovation dans les territoires.

Signalons que ce thème fera l’objet d’un prochain séminaire d’octobre 2017 de l’Académie des technologies.

 <http://academie-technologies-prod.s3.amazonaws.com/2017/09/15/08/45/49/647/Actes_seminaire_ADT_2016.pdf>

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