Jan 31

Robotique et IA en Russie : des oukazes

Le 1er septembre 2017, le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine énonça lors du discours de rentrée universitaire ces propos sentencieux :

« L’intelligence artificielle est l’avenir, non seulement pour la Russie, mais pour toute l’humanité. Cela présente des opportunités colossales, mais aussi des menaces difficiles à prévoir aujourd’hui. Quiconque deviendra le leader dans ce domaine deviendra le dirigeant du monde. »

L’oukaze (loi) fixant le cadre, les objectifs et les moyens du développement de l’intelligence artificielle en Russie a été promulgué près de deux ans plus tard, le 10 octobre 2019. Ce décret présidentiel s’inscrit dans une volonté politique plus large : garantir la souveraineté technologique de la Fédération de Russie. Une ambition qu’est encore venue illustrer la participation remarquée de Vladimir Poutine à la conférence sur l’intelligence artificielle tenue le 9 novembre 2019 à Moscou.

Qu’il me soit ici permis de reprendre un article de l’excellent site THE CONVERSATION sur La stratégie russe de développement de l’intelligence artificielle.

https://theconversation.com/la-strategie-russe-de-developpement-de-lintelligence-artificielle-127457

Contextualisation historique de la stratégie informationnelle et cyber russe depuis les années 2000

La doctrine de la Fédération de Russie en matière de cyberespace – ou plus exactement de « stratégie informationnelle » – date du 9 septembre 2000. Elle a été révisée à la marge le 5 décembre 2016, restant immuable sur ses aspects principaux : la défense des intérêts nationaux (sur le plan technique mais aussi civilisationnel, moral et spirituel) ; la nécessité d’un secteur informationnel propice à l’émergence de champions nationaux et internationaux ; l’appui d’outils et de services informationnels au développement économique ; l’émergence d’une société informationnelle sûre et fiable.

Ce corpus doctrinal, relativement neutre technologiquement, d’où sa pérennité, fut complété au fil des années par plusieurs textes officiels à l’orientation ostensiblement plus technique, qui fournissent des définitions, des rapports de situation, des objectifs, le cadre législatif et la liste des acteurs financiers impliqués.

Citons par exemple la Stratégie de développement de l’industrie des technologies de l’information de la Fédération de Russie pour 2014-2020 et perspectives à l’horizon 2025 ou, plus récemment, la Stratégie pour le développement de la société informationnelle 2017-2030. Certains textes complémentaires peuvent être très ciblés, comme la loi fédérale sur l’information, les technologies de l’information et de la protection de l’information n°149-FZ du 27 juillet 2006, laquelle sera modifiée à plusieurs reprises, notamment via la loi fédérale n°242-FZdu 21 juillet 2014 (concernant la protection des données des citoyens russes hébergées sur des serveurs situés sur le territoire national), la loi fédérale n°276-FZ du 29 juillet 2017 (réglementant l’utilisation et le développement des outils d’anonymisation) et la loi fédérale n°90-FZ du 1er mai 2019 (qui porte sur la résilience du réseau Internet en cas de blocage ou de dysfonctionnement majeur du DNS).

Il ne faudrait cependant pas omettre les déclarations du président Poutine, qui donnent le la quant aux futures orientations stratégiques du pays. Ce fut l’objet de son fameux discours du 1er mars 2018, en pleine campagne de réélection, face aux représentants des deux Chambres ainsi qu’aux membres du gouvernement Medvedev. Dans un contexte de grande tension avec ses homologues occidentaux, il confirme la détermination de la Russie à assurer sa sécurité militaire par le développement de diverses armes… mais, aussi, de l’intelligence artificielle, évoquée à deux reprises, signe de son importance. D’où son aboutissement logique avec l’oukaze n°490 du 10 octobre 2019.

L’oukaze du 10 octobre 2019

Ce décret présidentiel de plus de vingt-trois pages est exclusivement focalisé sur l’intelligence artificielle et sur son écosystème, d’où ce titre sans ambiguïté : « Stratégie nationale du développement de l’intelligence artificielle pour la période s’étendant jusqu’à 2030 ».

Si le texte fixe comme horizon l’année 2030, il prévoit un rapport de situation et la finalisation des premiers objectifs pour l’année 2024, notamment dans le registre de la recherche (au travers du dépôt de brevets ou de publications scientifiques mais aussi de solutions pratiques pleinement fonctionnelles). L’article premier relatif aux dispositions générales annonce que la liste des documents cités n’exclut en rien les programmes nationaux où l’intelligence artificielle viendrait à s’appliquer, à tous les échelons du pays.

La définition russe de l’intelligence artificielle donnée à l’article 5 est la suivante :

« Ensemble de solutions technologiques permettant de simuler des fonctions cognitives humaines (incluant l’auto-apprentissage et la recherche de solutions sans l’appoint d’algorithmes prédéterminés) et d’obtenir des résultats lors de tâches spécifiques comparables aux résultats de l’activité intellectuelle humaine. »

Si le document prend soin de rappeler le contexte global de course à l’intelligence artificielle (chiffres à l’appui) et de souligner les ressources techniques et humaines de la Fédération de Russie, il rappelle également qu’une absence de coordination et d’implication des différents acteurs nationaux serait préjudiciable pour la place mondiale de la Russie dans ce secteur stratégique. Il est énoncé distinctement que la recherche scientifique spécifique à ce secteur doit être appuyée, que la qualité et l’accessibilité des données doivent être prioritaires, que les produits et services russes doivent bénéficier d’un accès facilité au marché mondial, que l’obtention de matériel informatique puissant est nécessaire et que l’émergence de cadres qualifiés dans ce domaine et d’un éveil de la population active aux possibilités offerte par l’intelligence artificielle doivent être stimulés.

Assez surprenant toutefois est l’objectif de création d’un système complexe de régulation des relations sociales issues du développement et de l’utilisation de l’intelligence artificielle. Il ne s’agit pas de contrôler les relations sociales déjà existantes par l’appoint de l’intelligence artificielle mais de réguler celles qui sont créées algorithmiquement : c’est là une projection peu commune. Autre point qu’il convient de souligner : le soutien au développement d’architectures matérielles basées sur l’intelligence neuromorphique.

Fait singulier, le télétravail est évoqué comme l’un des moyens d’attirer des spécialistes du secteur en améliorant leur environnement de recherche et de production. Par ailleurs, le recrutement de spécialistes étrangers est recommandé : pour les attirer, de hauts salaires sont préconisés, concomitamment à un cadre de travail agréable. Plus généralement, le texte octroie une place majeure à l’aspect humain, en insistant sur la qualité de la formation en recherche tant fondamentale qu’appliquée – et cela, sur le long terme.

Sont également encouragées la participation des spécialistes russes aux forums mondiaux et la mise à disposition, au profit de leurs collègues extérieurs, de bibliothèques ouvertes. Il est mentionné que des compétitions pourraient stimuler l’émulation et le progrès (on peut songer à cet égard aux Olympiades de l’informatique et à l’International Collegiate Programming Contest (ICPC) où les universités de l’ex-Union soviétique excellent depuis les années 2000).

Enfin, le texte recommande la mise en place de méthodes unifiées et régulièrement mises à jour permettant de développer des bases de données massives de qualité sur les serveurs publics afin d’alimenter les plates-formes d’apprentissage automatique.

Pour résumer, l’oukaze fixe deux dates butoir : 2024 et 2030. La première date est un point d’étape critique vers la seconde qui doit être l’aboutissement des objectifs fixés. La Russie, ayant appris des rigidités et de l’hypocrisie du Gosplan, a décidé de procéder par une approche cadrée mais non rigide, se ménageant une capacité d’évolution au gré des découvertes et aboutissements. D’où l’avertissement inséré explicitement dans le document sur le potentiel ralentissement que provoqueraient des barrières administratives trop rigoureuses – message comminatoire destiné tant au législateur trop bavard qu’aux fonctionnaires trop zélés qui entraveraient la bonne marche d’une intelligence artificielle à la russe.

Les enjeux militaires liés au développement de l’IA

Même si le volet militaire n’apparaît pas directement dans l’oukaze du 10 octobre 2019, il faut garder à l’esprit qu’il est bien présent en arrière-plan de chaque direction ou préconisation fixée par ce texte.

La doctrine militaire russe a pleinement intégré l’apport de l’intelligence artificielle dans le contexte global de robotisation du champ de bataille pour le combat terrestre, aérien, naval, sous-marin, cyber puis spatial. En 2018, le chef d’état-major des forces russes indiquait que la Russie s’engageait vers la robotisation de 33 % de ses matériels et de ses systèmes d’armes. Depuis, plusieurs hauts responsables ont déclaré qu’il fallait impérativement retirer le soldat russe de la zone d’immédiate conflictualité pour le remplacer par des plates-formes armées robotisées télé-opérées et semi-autonomes. La « dronification » des matériels militaires terrestres russes est en bonne marche.

De nombreuses plates-formes ont été développées, testées et améliorées, y compris sur le théâtre de guerre syrien. De grands programmes industriels ont été lancés comme celui du char de combat T14 Armata qui évolue rapidement vers une plate-forme télé-opérée sans équipage (sans doute la première au monde de ce genre). Ou encore le projet d’aéronef de cinquième génération Su-57 qui, en sa prochaine mouture, est censé embarquer un système intégré algorithmique de complète délégation de vol. On ne compte plus le nombre de plates-formes robotisées de taille intermédiaire créées depuis 2015 et utilisées pour les campagnes de déminage, de détection d’explosifs, d’actions en zone ayant subi une pollution NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique), d’acquisition de renseignements, de surveillance automatique de zones sensibles, de logistique, de ravitaillement ou d’appui feu. Les forces terrestres russes seront dotées de plates-formes modulables, robustes, rapidement configurables et adaptables à des missions et à des contextes spécifiques comme le combat en milieu sous-terrain (grottes et tunnels), toujours très coûteux en vies humaines.

Fin 2009, les premiers robots de combat terrestre (UGV) russes dotés de capacités de duplication d’actions de combat ont fait leur apparition, à l’image du robot Marker, capable de suivre automatiquement un combattant humain superviseur et de reproduire fidèlement ses tirs lorsque celui-ci ouvre le feu sur une cible. Le développement d’UGV armés « dupliquants » transforme en profondeur les mécanismes du combat terrestre et constitue un important multiplicateur de puissance sur le théâtre des opérations.

Concrètement, le robot doit intervenir partout où il peut économiser le sang russe. La doctrine d’économie du sang est aussi liée à l’économie financière engendrée par le remplacement d’équipages humains par des systèmes automatisés produits en grande série. Ce choix stratégique de dronification des systèmes est d’ailleurs totalement partagé par les concurrents chinois et américain.

Quel que soit le milieu de confrontation (terre, air, mer, cyber), nous assistons ainsi à une course à l’autonomisation des systèmes d’armes impliquant les trois acteurs principaux – Russie, Chine, États-Unis. Cette course à l’armement semi-autonome s’appuie nécessairement sur les progrès technologiques et scientifiques réalisés en apprentissage automatique, en robotique, en optimisation ou en contrôle optimal. Les besoins en expertise dans ces champs de recherche motivent pleinement les mesures d’incitation au recrutement d’experts internationaux en IA et le développement de laboratoires et de structures de formation de haut niveau en IA.

Comme elle a su le faire pour la conquête spatiale au milieu du XXe siècle, la Russie s’est mise en ordre de marche pour la conquête de l’intelligence artificielle. Méthodiquement, sereinement, efficacement, elle installe ce puissant vecteur de puissance dans l’ensemble de ses structures militaro-industrielles.

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Jan 24

Vers une loi de programmation pluriannuelle de la recherche

Le 1er février 2019, le Premier ministre avait annoncé la mise en place de groupes de travail afin qu’une loi de programmation pluriannuelle de la recherche soit présentée au Parlement au début 2020, avec un objectif de redonner à la recherche de la visibilité, de la liberté et des moyens.

La concertation s’est organisée autour de 3 thèmes :

  • Comment garantir que les projets scientifiques les plus ambitieux et les plus novateurs pourront être financés comme ils doivent l’être tant en recherche fondamentale que pour répondre aux enjeux sociétaux ?
  • Comment attirer vers les carrières scientifiques les jeunes talents et offrir des parcours scientifiques compétitifs à l’échelle internationale ?
  • Comment développer la recherche partenariale entre public et privé et convertir les résultats de recherche en innovation ?

Intéressons nous au 3ème thème : recherche partenariale et innovation

Dans le rapport, la recherche partenariale se définit comme toute activité dont le résultat est la production de connaissances ou de technologies et l’acquisition d’expertise à travers la collaboration entre acteurs académiques et acteurs privés ou associatifs ou organisations non gouvernementales (recherche collaborative) ou l’achat de prestations de recherche (recherche contractuelle). L’innovation se définit comme toute invention, qu’il s’agisse d’un bien ou d’un service, qui a trouvé un marché, un usage ; donc comme toute invention conduisant à un impact économique, sociétal, environnemental ou venant en appui des politiques publiques. 

Avant d’exposer à grand traits les mesures concrètes qui étayent ces trois champs d’actions, la mission a porté son propre diagnostic sur la recherche partenariale et de l’innovation en France. 

Principales conclusions du diagnostic réalisé

Depuis plus de 15 ans, les gouvernements ont tous reconnu le décalage entre l’excellence scientifique de la recherche française et sa faible contribution aux mondes économique et sociétal. Des politiques publiques très actives se sont succédé pour renforcer la recherche partenariale entre le public et le privé et pour stimuler l’innovation afin d’assurer la compétitivité de la France, comme en témoignent les faits exposés ci-dessous. 

  • En 2016, le soutien public à l’innovation s’élève à 10,5 Md€ (montants décaissés) dont 8,1 Md€ en provenance de l’État, 1,2 Md € des collectivités territoriales et 1,2 Md€ de l’Europe, contre 3,1 Md€ au total en 2006. 
  • Le soutien de l’État a été massif (de 1,8 Md€ en 2006 à 8,1 Md€ en 2016) et s’est traduit par la mise en place de nombreux dispositifs. A lui seul, le Crédit d’impôt recherche (CIR) représente près des deux tiers de l’effort public. Cette créance fiscale est en forte hausse continue depuis la réforme de 2008. 
  • La France est l’un des pays de l’OCDE où le financement public de la R&D privée est le plus élevé (0,42 point de PIB en 2015), en forte croissance depuis 10 ans (0,19 point de PIB en 2005). 
  • Les Régions et l’Europe ont aussi accru leur financement depuis 10 ans. 
  • La présence territoriale a été renforcée avec la création des sociétés d’accélération de transfert de technologie (SATT), les Instituts Carnot, les instituts de recherche technologique (IRT), les pôles de compétitivité, etc… en lien avec l’autonomie des universités. 
  • Une réorganisation institutionnelle majeure a eu lieu autour des années 2010 avec la création du commissariat général à l’investissement (CGI, devenu en 2017 le secrétariat général pour l’investissement, SGPI), de Bpifrance en 2013 et, antérieurement en 2006 de l’agence nationale de la recherche (ANR) qui, à côté des entités existantes, ont eu pour mission de transformer le paysage de la recherche partenariale et de l’innovation. 
  • Plusieurs mesures récentes ont été prises et visent à mieux piloter la politique d’innovation (création du conseil de l’innovation), à soutenir les start-ups deep tech (plan deep tech mis en œuvre par Bpifrance) et à élargir les possibilités pour un chercheur de se consacrer aux activités d’invention et d’innovation (aménagement du dispositif Allègre dans le cadre de la loi PACTE). 
  • Enfin, des grands défis financés par le Fonds pour l’Innovation et l’industrie (FII) ont été lancés sur le modèle des programmes de l’agence américaine de l’innovation de rupture dans le domaine de la défense (DARPA). 

De forts progrès en termes d’utilisation de ces moyens, de la dynamique d’entrepreneuriat ont été constatés et ce, en peu de temps 

  • Les entreprises françaises font moins de R&D que leurs homologues de plusieurs pays (notamment l’Allemagne). Néanmoins, à structure sectorielle comparable à celle de l’OCDE, les entreprises françaises sont plus intensives en R&D que leurs homologues. 
  • Environ 10 000 PME sont intégrées dans les écosystèmes de grands groupes, innovent et font une R&D de bon niveau. 
  • Les équipes d’appui à l’invention et à l’innovation se sont professionnalisées.
  • Les mentalités ont évolué et l’intérêt des chercheurs du public pour le privé et l’entrepreneuriat a fortement progressé par rapport aux générations précédentes. 
  • L’ambition forte pour l’entrepreneuriat portée par le MEF, le MESRI et la BPI a permis la création de start-ups issues des laboratoires publics, en particulier dans le numérique et 
  • Enfin, les collaborations public-privé pour innover se sont développées : la France est ainsi le premier pays européen en part des co-demandes de brevets du secteur académique et des entreprises dans l’ensemble des demandes déposées à l’Office européen des brevets. 

Cependant, le système d’innovation français est peu efficace et ne délivre pas au rythme des transformations du monde 

  • La France ne dispose pas de stratégie d’innovation pour faire face aux grands défis sociétaux 
  • Une gouvernance du système d’innovation qui ne responsabilise pas suffisamment les acteurs 
  • Une organisation des entités de transfert et de valorisation au milieu du gué 
  • Une politique de ressources humaines très en retrait de l’ambition affichée 

Sont proposées des mesures déclinées sur trois champs d’action 

Créer des leaders mondiaux d’origine française fondés sur des découvertes issues de la recherche publique et qui créeront les ruptures de marché de demain 

  1. Définir et mettre en œuvre une stratégie française pour relever les grands défis sociétaux 
  2. Influencer et s’inscrire dans la stratégie européenne d’Horizon Europe 
  3. Créer les conditions pour que davantage de start-ups deep tech émergent et croissent jusqu’au stade d’entreprises de taille intermédiaire 

Augmenter significativement l’ampleur, la profondeur et la continuité des interactions public-privé, public-public et public-société civile

  1. Assurer la montée en puissance de certains dispositifs de recherche partenariale éprouvés 
  2. Développer la recherche expérimentale pour associer les citoyens et les territoires au développement des innovations motivées par les transformations sociétales 
  3. Développer les synergies au niveau régional et favoriser les actions envers les PME 
  4. Mener une politique de formation, d’éducation et de mobilité transformante et reconnaitre la formation par la recherche dans le public comme dans le privé 

À court terme, gagner significativement en simplicité, agilité et vitesse et responsabiliser les acteurs de l’innovation

  1. Constituer une quinzaine de pôles universitaires d’innovation 
  2. Faciliter et reconnaitre les activités de recherche partenariale et d’innovation aux niveaux individuel et collectif 
  3. Rebudgétiser certaines actions du PIA devenues récurrentes 

https://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/loi_programmation_pluriannuelle/46/6/RAPPORT_FINAL_GT3_Recherche_partenariale_et_innovation_1178466.pdf

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Jan 17

La France reste très attractive industriellement

La France reste étonnamment attractive et conserve la 1ère place européenne pour les sites de production d’entreprises à capitaux étrangers.

Au moment Sommet « Choose France 2020 », EY dévoile les résultats de la seconde édition de son baromètre dédié à l’attractivité industrielle de la France pour les investisseurs étrangers.

En 2018, la France a vu se réaliser 339 projets de création et d’extension d’unités de production. La perspective du Brexit fait chuter le Royaume-Uni de ce podium européen (-35%, 140 projets). des dirigeants d’entreprises étrangères sont confiants quant aux perspectives de l’industrie en France. Néanmoins, les industriels restent « prudents » dans leurs investissements, avec une majorité d’extensions et des projets qui ne créent qu’une trentaine d’emplois en moyenne.

Cette performance s’explique également par la diversité et la réalité industrielle des territoires.

En 2018, les investissements industriels étrangers se localisaient essentiellement en région (seuls 3 % des nouveaux projets d’investissements industriels ont pris la direction de l’Ile-de-France). La région des Hauts-de-France, le Grand Est et Auvergne-Rhône-Alpes ont particulièrement tiré leur épingle du jeu, captant à elles trois 45 % des décisions d’investissements.

Les raisons : l’effet gravitationnel des leaders industriels français, puissants et exportateurs dans l’aéronautique, la construction navale ou l’agro-alimentaire, mais aussi des bassins d’emplois et de compétences sophistiqués, équipés et mieux soutenus par l’effort public.

Les investisseurs alertent néanmoins sur un environnement international complexe et une compétitivité encore fragile.

Les règles du jeu mondiales et européennes ont changé, entre ralentissement, protectionnisme et souveraineté, et la demande industrielle mondiale marque le coup : décélération de 3.8% à 3.7% de la croissance industrielle après une longue phase d’expansion.

Les dirigeants interrogés sont vigilants sur les améliorations nécessaires à la compétitivité française : l’éduction et la formation (37%), le soutien aux PME (36%), la diminution des coûts de main d’œuvre (32%), le soutien aux industries de haute technologie et à l’innovation (32%), ainsi que la diminution de la pression fiscale (26%).

Enfin, les clients et les experts d’EY ont identifié cinq pivots pour renforcer l’attractivité à moyen terme : une fiscalité adaptée aux nouvelles formes de l’industrie, la formation des talents de demain, une place singulière pour la France et l’Europe dans les chaînes de valeur mondiales, l’investissement technologique intensif et l’anticipation des enjeux climatiques et énergétiques.

https://www.ey.com/fr/fr/newsroom/news-releases/communique-de-presse-ey-la-france-confirme-sa-position-de-n-1-européen
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Jan 10

Robots et humanité

Les technologies robotiques se développent. Les robots arrivent dans notre vie. Mais, à l’instar du numérique, on pourrait dire que la robotique n’existe que par ses usages… La question des relations homme-robot mérite d’être traitée.

Les transferts de connaissances concernant le fonctionnement des robots et leurs impacts relationnels devraient être transmis de manière adaptée pour chaque public cible. Ces connaisances devraient être sélectionnées selon leur pertinence et importance et accompagnées de connaissances sociales interdisciplinaires. Pour avancer sur ces sujets, un atelier a été organisé par deux fondations (TA-SWIIS et Science et cité) liées aux Académies suisses des sciences. Six thématiques ont été traitées :

LES ROBOTS DANS L’ÉDUCATION
LES ROBOTS DANS LES SOINS 
LES ROBOTS ET LE DROIT 
RELATIONS HOMME-MACHINE 
HISTOIRE ET CULTURE DES ROBOTS 
DESIGN ET INGÉNIERIE 

Les recommandations qui sont issues des 3 dernières thématiques sont les suivantes…

Relations homme-machine 

Les transferts de connaissances concernant le fonctionnement des robots et leurs impacts relationnels devraient être transmis de manière adaptée pour chaque public cible. Ces connaissances devraient être sélectionnées selon leur pertinence et importance et accompagnées de connaissances sociales interdisciplinaires. 
L’État a son rôle à jouer dans l’information aux citoyens afin que ceux-ci soient plus informés de ce dont il est question avec les robots sociaux. 
La transparence est essentielle pour une interaction humain-machine réussie. 
En ce qui concerne le système de valeurs, des discussions comme celles qui ont eu lieu dans le domaine de la médecine reproductive sont nécessaires et devraient avoir lieu régulièrement. 
L’interaction homme-robot, mais aussi l’interaction homme- homme sont importantes. Des conférences et ateliers devraient être organisés afin d’assurer une réflexion et une information au sein de la population. 
L’aspect philosophique des relation homme-machine ne devrait pas être négligé et devrait faire l’objet de recherches. 
L’utilisation des robots ne devraient pas être « subie » mais devrait être réfléchie quant aux opportunités et aux risques que cela encourt. 
Les robots devraient être fabriqués en vue d’améliorer la qualité de vie et non pas la perturber. Ils devraient être pensés éthiquement, prévenir la discrimination et les stéréotypes. L’interaction sociale ne devrait pas devenir un luxe. 
L’influence que les robots sociaux peuvent avoir sur le comportement des enfants et des adolescents devrait être étudiée et suivie, ainsi que la réelle influence des robots sociaux sur la vie sociale des citoyens. 

Histoire et culture des robots 

Il faudrait encourager des modèles « open source » pour le développement de robots (modèle poppy) afin d’augmenter la transparence et propager les valeurs qu’il y a derrière. 
Il faudrait inscrire le développement de la robotique dans un contexte plus large et considérer « ce qui se cache derrière » : consommation d’énergie, consommation de matériel. 
Tout le monde devrait être capable d’effectuer des réparations faciles sur les robots et ainsi de diminuer l’effet d’obsolescence programmée. Ceci impliquerait donc de valoriser les filières techniques : enseigner à réparer les robots comme culture générale. 
Il faut penser aux métiers du futur, aux futurs emplois liés à l’arrivée des robots. Il serait aussi nécessaire d’établir la balance entre perte d’emplois et diminution des tâches pénibles. 
Il faudrait interdire les robots dans les domaines répressifs (militaire, police, etc.) 
Les robots sont aussi producteurs de savoir et de culture (que l’humain peut utiliser et que lui seul ne pourrait pas produire), ce qui peut mener à un gain de temps considérable, une valeur ajoutée. Il faudrait cependant définir plus clairement ce qu’est un robot. 
Il faudrait instruire les citoyens afin qu’ils connaissent les apparences différentes des robots et qu’ils puissent ainsi les reconnaitre. 
Les médias ne devraient pas toujours parler des modèles de robots « humanoïdes ». 
Si les machines commencent à ressembler à des êtres humains, il serait alors nécessaire de leur donner de la « dignité » pour empêcher toute forme de maltraitance qui pourrait ensuite se répercuter sur les humains. 
La capacité à utiliser les robots pour améliorer l’inclusion des personnes qui souffrent d’un manque d’intégration dans notre société ou encore leur potentiel à être utilisés en vue du développement durable devraient faire l’objet de recherches. 
Les personnes devraient pouvoir choisir si elles veulent ou non s’entretenir ou avoir à faire avec un robot. 

Design et Ingénierie 

Il faut assurer une transparence au niveau du principe fonctionnel des robots, de l’évaluation des risques liés à la protection des données ainsi que des responsabilités. Il faudrait promouvoir des projets plus indépendants et plus démocratiques concernant le stockage et l’utilisation des données (rôle des responsables de la législation). 
Les organisations collectant les données devraient être obligées à informer de l’usage qu’elles en font. 
Les établissement d’enseignement devraient sensibiliser les futurs développeurs de robots face aux risques et au domaine sensible de la protection des données. 
Les utilisateurs devraient s’impliquer et communiquer aux déve-oppeurs le plus tôt possible les formes et caractéristiques des robots qu’ils considèrent appropriées pour les différents usages. Les développeurs devraient être à l’écoute des utilisateurs. 
Les matériaux utilisés pour le développement des robots devraient être sans danger pour les utilisateurs et pour l’envi- ronnement. Les robots devraient pouvoir être réparés facilement. 
Des psychologues devraient être impliqués dans le processus de fabrication des robots afin d’informer sur les chances et les risques des différentes caractéristiques qu’ils peuvent avoir. 
En tant qu’utilisateurs, nous devrions avoir le droit de refuser ou de demander l’utilisation de robots. Un robot doit créer un bénéfice / une réelle valeur ajoutée (ex. innovation sociale). 
Si un robot humanoïde est développé, l’être humain doit être au centre des préoccupations. (Approches de conception centrées sur l’homme). 
Il est nécessaire de garder un œil sur les demandes et les besoins européens, ainsi que de sensibiliser la société sur d’éventuelles dépendances « étrangères ». 
La recherche et les infrastructures locales devraient être renforcées et encouragées. 
Il faut lancer des recherches pour savoir dans quelles circonstances l’utilisation de l’IA au travers des robots est bénéfique et réellement nécessaire, de même que pour les apparences physiques des robots et leurs aptitudes sociales. 

https://www.ta-swiss.ch/Focus-Robots-Broschuere-fr-web.pdf

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Déc 13

Innovation en protection chimique

Terminons l’année par un exemple pratique d’innovation, en saluant le lauréat du Prix de l’Innovation décerné lors du récent salon Milipol 2019 : Ouvry.

La société Ouvry, plus précisément Carole Dougnac, ingénieur recherche et développement, a été distinguée dans la catégorie Protection des primo-intervenants pour son sac d’extraction permettant de transporter sans risque une victime contaminée lors de crise chimique, impliquant des victimes invalides en urgence absolue. 

Ce sac a été conçu pour transporter les personnes sans contaminer ni le personnel médical, ni le vecteur de transport, et tout en permettant la réalisation de gestes médicaux d’urgence. Il participe à la réduction du niveau de contamination liquide et vapeur de la victime en incorporant deux technologies : un média filtrant en microbille de charbon actif qui adsorbe les vapeurs chimiques, et un matériau issu de la technologie DECPOL qui absorbe et détruit les contaminants liquides. 

Sa conception simple permet d’extraire le patient de la zone dangereuse et de stabiliser ses constantes. Pour un suivi plus complexe ou un transport longue distance, une bulle d’isolement NRBC a aussi été conçue. 

Rappelons qu’Ouvry est une PME lyonnaise créée en 2003 par Ludovic Ouvry. Ouvry est spécialisée dans la création, l’ingénierie, la production et la maintenance de systèmes de protection individuelle corporelle et respiratoire, et de décontamination NRBC. Elle propose ainsi des produits innovants destinés à tous les opérateurs d’interventions : soldats ou gendarmes, pompiers ou opérateurs de secours, primo-intervenants des forces armées, des forces de sécurité publique ou civile, de la santé, de l’industrie, des sites d’infrastructures et de transports publics. Ouvry s’ouvre aussi sur les secteurs de l’agriculture et de l’industrie chimique en proposant des tenues de protection adaptées aux contraintes des activités agricoles et des activités de dépollution en milieu industriel, qui protègent contre les produits phytopharmaceutiques ainsi qu’un large spectre de produits chimiques et biologiques. 

Je vous souhaite à tous une excellente année 2020. Qu’elle vous porte à créer des relations aux autres qui valorisent, humanisent et libèrent. Qu’elle soit aussi l’année d’un optimisme collectif enfin retrouvé !

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