Nov 27

La Chine devrait bientôt devancer les États-Unis et l’UE en dépenses de recherche scientifique et technologique (OCDE)

Les économies avancées (USA, Union Européenne, Japon) pèsent de moins en moins dans la recherche scientifique et technologique, les demandes de brevets et les publications scientifiques, laissant ainsi le champ libre à la Chine qui devrait accéder au premier rang mondial des dépenses de R&D autour de 2019, selon un nouveau rapport de l’OCDE (Science, technologie et industrie : Perspectives de l’OCDE 2014).

La part de la zone OCDE dans les dépenses mondiales de R&D est ainsi passée de 90 % à 70 % en l’espace de dix ans. Dans cette zone, le taux de croissance annuelle des dépenses de R&D a été de 1,6 % entre 2008 et 2012, soit deux fois moins qu’entre 2001 et 2008. La cause de ce ralentissement est à rechercher dans le fait que les budgets publics de R&D ont stagné, voire fondu, dans un grand nombre de pays et que les entreprises ont continué de bouder l’investissement. À l’inverse, en Chine, les dépenses de R&D ont doublé entre 2008 et 2012.

En 2012, les dépenses intérieures brutes de R&D (DIRD) se sont élevées à 257 Md$ en Chine, contre 397 Md$ aux États-Unis et 282 Md$ dans l’UE-28.

Dans son rapport, l’OCDE attire l’attention sur le rétrécissement de la marge de manœuvre financière des pouvoirs publics. En effet, dans de nombreux pays, l’État n’est plus en mesure de puiser dans ses caisses pour compenser la baisse de la R&D d’entreprise comme il le faisait au plus fort de la crise.

Par ailleurs :

  • En 2012, les dépenses de R&D ont franchi la barre de 1 100 Md$ dans les pays de l’OCDE et se sont maintenues à 330 Md$ dans les BRIICS (Brésil, Russie, Inde, Indonésie, Chine et Afrique du Sud).
  • En 2012, avec des dépenses de R&D représentant 4,36 % de son PIB, la Corée a détrôné Israël (3,93 %) dans le classement mondial des pays à forte intensité de R&D, tandis que la moyenne de l’OCDE s’élevait à 2,40 %.
  • En 2013, les BRICS ont produit environ 12 % des publications scientifiques de haut niveau parues dans le monde contre 28 % pour les États-Unis et vu leur part pratiquement doubler en dix ans.
  • La Chine et la Corée sont désormais les destinations privilégiées des auteurs scientifiques venus des États-Unis et ont connu un apport net de matière grise entre 1996 et 2011.
  • En Europe, le paysage de la R&D est contrasté, certains pays se rapprochant des ratios R&D/PIB visés (Allemagne, Danemark), tandis que d’autres (Espagne, Portugal) sont de plus en plus à la traîne.
  • Dans la plupart des pays, 10 % à 20 % de la R&D d’entreprise est financée par les deniers publics, moyennant divers instruments d’investissement et objectifs chiffrés.

http://www.oecd.org/fr/presse/la-chine-est-en-chemin-pour-devancer-l-ue-et-les-etats-unis-en-depenses-de-recherche-scientifique-et-technologique.htm

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Nov 21

Vers un regroupement des grandes écoles de commerce ?

L’Institut Montaigne propose 10 recommandations pour la gouvernance des écoles de commerce françaises dans un rapport intitulé « Business schools : rester des champions dans la compétition internationale« . Ce rapport fait le constat que ces écoles semblent atteindre les limites de leurs performances et que leur avenir suscite des inquiétudes. Ici aussi (voir http://science-innovation-developpement.com/financement-du-superieur-vers-une-regle-des-3-tiers/) la question du modèle économique est posée.

Pour favoriser une vraie mixité sociale, ce rapport suggère que l’État s’engage à mieux financer ces écoles contre une plus grande ouverture aux boursiers. De plus, le rapport propose que l’État débloque 100 à 300 M€ pour créer 5 à 6 regroupements universités-business schools.

De plus, et dans le cadre des réflexions globales sur la stratégie nationale de l’enseignement supérieur, il est intéressant de prendre en compte les effets de la future loi Mandon (votée en première lecture au Sénat le 5 novembre dernier), qui permettra aux écoles consulaires de s’autonomiser de leur CCI. Même si c’est une avancée tant en termes de financement que de gouvernance, … par les gains d’autonomie et de souplesse de gestion qu’il permet, … les investisseurs privés hésiteront à s’engager – surtout s’ils sont internationaux – dans un schéma où les CCI restent nécessairement actionnaires à 51 %. Le rapport évoque alors 2 possibilités :

  • favoriser l’intégration de business schools devenues autonomes dans l’écosystème des grandes universités publiques, dans une logique de synergie écoles/IAE/facultés de gestion,
  • pratiquer une plus grande ouverture de l’actionnariat des écoles à des investisseurs privés intéressés, dans le cadre d’un portefeuille d’établissements par exemple, à avoir des parts dans une école labellisée par les accréditeurs internationaux.

Voici les 10 propositions contenues dans ce rapport :

  1. Initier une stratégie de développement en Afrique
  2. Faire encore davantage des business schools une force motrice pour l’entrepreneuriat
  3. Moduler les droits de scolarité pour une vraie mixité sociale
  4. Faire des business schools les pionnières en France d’une filière de bachelor d’excellence
  5. Revisiter le doctorat en gestion
  6. Encourager des regroupements universités-business schools et créer des pôles compétitifs à l’échelle internationale
  7. Faire des business schools des opérateurs d’excellence de la formation continue
  8. Sécuriser le financement des business schools en permettant des levées de fond de grande ampleur et une évolution du droit de tester
  9. Miser sur le numérique pour faire évoluer le modèle économique des business schools
  10. Mettre en place une gouvernance représentative des acteurs du financement et de l’écosystème de chaque école

http://www.institutmontaigne.org/fr/publications/business-schools-rester-des-champions-dans-la-competition-internationale

Signalons aussi le palmarès annuel des masters en management du Financial Times, récemment paru. Un point intéressant est que l’un des critères utilisé est la rentabilité du point de vue de l’étudiant : le rapport entre les frais de scolarité en master et le salaire moyen des diplômés trois ans après leur sortie. La question des critères est un point particulièrement important où le clivage avec la « culture anglo-saxonne » est fort. Mais ceci est une autre histoire…

http://rankings.ft.com/businessschoolrankings/masters-in-management-2014

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Nov 14

Les CPER et le Mikado

Dans le Mikado des programmes et structures de soutien de l’enseignement supérieur et de la recherche figurent évidemment les outils européens (H2020, …) et les outils nationaux, mais aussi les programmes à l’échelle des régions.

Un récent rapport de la Cour des Comptes pointe les défauts des CPER, en particulier dans les exercices difficiles que sont la définition de stratégies claires au niveau national et l’articulation avec les autres programmes connexes tels le PIA ou le plan campus.

La Cour met notamment en avant les limites qui caractérisaient les générations précédentes des CPER : une absence de stratégie clairement définie au niveau national ; des objectifs trop nombreux ; une coordination insuffisante avec la gestion des fonds européens ; une portée juridique non contraignante pour les signataires ; une articulation malaisée avec les plans sectoriels décidés par l’État postérieurement à la conclusion des CPER (PIA et plan campus).

La Cour insiste aussi sur le faible taux d’exécution des CPER 2007-2014 pour le volet enseignement supérieur et recherche. Le rapport précise que le taux d’engagement des crédits de l’État en mai 2014 tel qu’il ressort des données fournies par le CGET s’élève à 65,4 %, soit un taux relativement plus faible que pour le reste des programmes. … Il apparaît que le manque de maturité d’un nombre important de projets contractualisés, puis leur abandon pur et simple, constituent la principale cause de sous-exécution.

La Cour recommandent donc en particulier de :

  • définir une stratégie en organisant un débat au Parlement sur les orientations stratégiques de la politique nationale d’aménagement et de développement durable du territoire dans lesquelles les CPER devraient s’inscrire ;
  • veiller à l’articulation des programmes nationaux sectoriels à vocation territoriale avec les CPER ;
  • être plus sélectif dans le choix des opérations inscrites dans les CPER, grâce notamment à une étude préalable et à la limitation du nombre de thématiques des CPER ;
  • améliorer la fiabilité et la cohérence des indicateurs financiers et physiques nécessaires au suivi commun des contrats ;
  • lever les incertitudes liées à la mise au point du nouvel outil informatique (Synergie) pour le suivi commun des fonds européens et des CPER ;
  • prendre en considération, lors de la révision à mi-parcours, les résultats de l’évaluation des CPER.

https://www.ccomptes.fr/Actualites/A-la-une/Les-contrats-de-projets-Etat-regions-CPER

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Nov 10

France : 3ème « innovateur mondial » mais en moins bonne posture selon le classement Thomson Reuters

Thomson-Reuters, groupe mondial d’information, vient de publier son classement 2014 des « 100 premiers innovateurs mondiaux », classement basé sur le caractère d’innovateurs des 100 « sociétés » les plus innovantes. La France reste troisième, comme en 2013 et 2012, derrière le Japon et les USA. Quatre entreprises (Alcatel-Lucent, Arkema, Safran, Saint-Gobain) et trois organismes (CNRS, CEA, IFPEN) français restent dans ce classement.

Mais la posture de la France régresse. La part de ses sociétés diminue de 12% en 2013 à 7% en 2014. Cinq entreprises françaises sortent de ce classement (EADS, L’Oréal, Michelin, Thales et Valeo). La France est désormais talonnée de près par la Suisse dans ce classement.

La France n’a pas augmenté ses investissements en recherche de façon significative malgré les réformes mises en place au cours des dix dernières années note Thomson Reuters. En comparaison, la Chine par exemple a triplé ses investissements en recherche au cours de la décennie… La France produit aussi moins de docteurs que la moyenne de l’OCDE et le chômage des docteurs français est près de 4 fois supérieur à celui de leurs homologues étrangers. Ceci peut avoir pour répercussion un ralentissement de l’innovation.

http://top100innovators.com/?reviewer=true?utm_source=KnowledgeCenter&utm_medium=Homepage&utm_campaign=2014HPchange

Classement des pays selon la part qu’occupent leurs sociétés dans le « Top 100 »

Pays 2014 2013 2012 2011
Japon 39 % 28 % 25 % 27 %
États-Unis 35 % 45 % 47 % 40 %
France 7 % 12 % 13 % 11 %
Suisse 5 % 4 % 3 % 3 %
Allemagne 4 % 3 % 1 % 4 %
Corée du Sud 4 % 3 % 7 % 4 %
Taïwan 2 % 1 % 0 % 0 %
Canada 1 % 1 % 0 % 0 %
Chine 1 % 0 % 0 % 0 %
Pays-Bas 1 % 1 % 0 % 4 %
Suède 1 % 2 % 3 % 6 %

http://top100innovators.com/?reviewer=true?utm_source=KnowledgeCenter&utm_medium=Homepage&utm_campaign=2014HPchange

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Oct 31

Quel avenir long terme pour les IRT ?

Parmi les objets créés par le PIA (programme des investissements d’avenir), les IRT (instituts de recherche technologique) figurent en bonne place. Ils complètent, dans le dispositif français, les Instituts Carnot, les pôles de compétitivités, autres « lieux » de partenariat entre le monde académique et l’entreprise, ainsi que les SATT, CVT et autres incubateurs.

Selon Louis Schweitzer, Commissaire général à l’investissement, ces instituts sont au cœur de la stratégie du PIA, un programme d’investissement guidé par trois thèmes, l’exigence, la vitesse et la simplicité. Il s’exprimait le 21 novembre à Nantes, lors du 2ème forum des IRT.

L’ADN des IRT contient des gènes positifs, au premier rang desquels figure la colocalisation. Elle permet de lancer à pleine vitesse des projets en moins de trois mois, quand il faut plus de deux ans habituellement selon Éric Duceau, directeur scientifique d’Airbus Group Innovations. Selon Gérald Lignon, son président, le meilleur investissement de l’IRT Jules-Verne, c’est la machine à café ! Elle permet des échanges réguliers entre chercheurs et industriels. »

L’accès à l’Europe est presque consubstantiel aux IRT.

Le programme- cadre Horizon 2020 constitue un modèle financier très attractif pour Jean-Marc Delion, délégué général de l’IRT Railenium. Nous devons y aller car l’Europe est l’espace naturel de jeu des IRT, et parce que cela nous donnera un réseau de partenaires et de collaborations. Nous avons un créneau à prendre en mutualisant les ressources pour l’ensemble de nos partenaires » estimant que les universités et les centres de recherche ont du mal à se déplacer suffisamment vite alors que les IRT apportent de la flexibilité. L’Europe permettra d’inscrire notre action dans le long terme, juge-t-il.

Mais que se passera-t-il en 2019, date à laquelle les financements versés aux IRT via le PIA cesseront ? La question (darwinienne ?) mérite d’être posée. Car l’innovation en France, souffre de plusieurs maux, vécus dans les IRT.

En France, qui dit innovation pense innovation technologique, au contraire de la culture anglo-saxonne où la vision est davantage centrée sur l’innovation créatrice et sur l’innovation d’usage. Et qui dit technologie pense propriété intellectuelle. Et la PI est un point de friction entre grands groupes, PME et monde académique (incluant le CEA). Nicolas Orance, président du pôle de compétitivité EMC2 relativisait : Il n’y a qu’en France qu’on parle autant de PI ! Quand on traverse l’Atlantique, la PI, ce n’est pas vraiment un sujet, du moins pas le premier. Ce qui compte, c’est le business. On a l’air malin, avec deux brevets. Si on n’a pas le business, ça ne sert à rien.

Les négociations sur la PI sont souvent longues et ralentissent les travaux. La vitesse dont parlait Louis Schweitzer est mise à mal. D’autant plus qu’il faisait aussi remarquer que on ne peut pas prétendre innover, aider les entreprises de demain, en avançant au pas traditionnel de l’administration. Ce pas est trop lent et l’innovation qui attend perd son statut d’innovation. Il est impossible d’aller vite en faisant compliqué.

La question de la survie à moyen/long terme de l’ensemble des tiges du Mikado est bien une question darwinienne. Seuls survivront les plus évolutifs qui savent rester adaptés à un écosystème d’ES&R&I qui évolue rapidement.

http://www.irt-systemx.fr/forum-des-irt-2014/#more-5860

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