Fév 13

Innovation et région Aquitaine

Complémentarité des approches, difficultés à capter l’épargne et importance de l’intelligence économique, tels sont les 3 points mis en avant par Michel Delpuech, préfet de la région Aquitaine, lors d’un débat avec les auditeurs de l’atelier « innovation et dynamique des territoires » organisé à Bordeaux par l’IHEST, voir aussi http://science-innovation-developpement.com/trouillometre-pifometre-universites-et-entreprises/ et http://science-innovation-developpement.com/g-fioraso-et-linnovation-a-lihest/.

150211 Bordeaux 1

Le préfet de la région Aquitaine a souligné que les principales actions en matière de soutien à l’innovation émanaient de l’Etat via ses politiques d’innovation, de compétitivité, d’investissement d’avenir, sans sous-estimer les actions à l’échelle européenne et régionale, ne serait-ce que dans l’aéronautique ou l’espace.

Il a insisté sur la complémentarité d’approches différentes tels le crédit impôt recherche (environ 60 M€ annuel en Aquitaine), le CICE (430 M€ pour sa première année) et le PIA, qui représente globalement 1,4 Md€ en Aquitaine (dont 700 M€ pour l’Idex en non consomptible). Il a rappelé que le financement (classique) du prochain CPER serait de 500 M€ sur 5 ans, représentant donc 120 M€ par an.

Il a regretté que la France, performante dans les bas TRL (Technology Readiness Level), ne sache pas être plus efficace dans les actions correspondant à des TRL moyens (points durs pour TRL 4-5-6).

Le préfet de région a souligné la difficulté à capter l’épargne pour investir dans l’innovation ainsi que la grande difficulté à avoir des moyens de fonds propres pour les start-up qui en ont besoin. Il a rappelé qu’en France, c’était surtout la politique du logement qui drainait l’épargne (42 Md€ !). Il a regretté le manque l’implication des grands groupes industriels pour apporter des capitaux, ainsi que leur logique d’absorption des start-up. Par comparaison avec d’autres modèles, il a mis en avant que le système des fonds de pension dégage de l’investissement.

Il a insisté sur la grande importance de l’intelligence économique, dans ses 3 « fonctions » : sécurité – protection / veille / influence. Sur ce dernier point, il a regretté que la France ne soit pas assez présente dans les instances normatives.

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Fév 09

Aider la Tunisie à réformer son système d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation agricoles

La Tunisie vit un processus de démocratisation qui, à ce stade, apparaît remarquable, ne serait-ce que par sa singularité régionale. Depuis le 17 décembre 2010, date du début de la « révolution tunisienne » (la phase purement « révolutionnaire » ayant duré jusqu’au 27 février 2011), la Tunisie a réussi à renverser un dirigeant autocrate (départ le 14/1/11), mettre en place un premier gouvernement transitoire (16/1/11) et une assemblée constituante (23/10/11), concevoir et voter une constitution (26/1/14), organiser des élections législatives (premier tour le 26/10/14) et présidentielles (premier tour le 23/11/14) et, enfin, se doter d’un gouvernement, approuvé par l’Assemblée des Représentants du Peuple le jeudi 5 février (166 voix pour, sur 204 inscrits).

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C’est dans ce cadre que je viens d’animer, avec l’Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier (IAMM du Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes, CIHEAM), un séminaire de travail du système de recherche et d’enseignement supérieur agricoles (ESRA). Ce séminaire a regroupé durant 3 jours le Président de l’IRESA (Institution de recherche et d’enseignement supérieur agricoles) et l’ensemble des directeurs des 21 établissements de recherche ou d’enseignement supérieurs agricoles, vétérinaires ou halieutiques tunisiens.

Cette démarche vise à :

  • mettre en œuvre une organisation et un management efficaces, décentralisés, responsabilisants et professionnels pour…
  • former des professionnels au service du développement économique/social/agricole de la Tunisie, compétitifs sur les plans régional et international et …
  • améliorer la visibilité et l’utilité nationales et internationales de ses travaux de recherche.

Nous avons élaboré un projet de référentiel de processus d’organisation de travail de ce système d’ESRA. Ce référentiel va maintenant être soumis à concertation avec l’ensemble des parties prenantes, au premier rang desquels les syndicats professionnels. Sera ensuite établie une version modifiée qui sera soumise à l’approbation des ministres concernés, en particulier les ministres chargés de l’agriculture et de l’enseignement supérieur et la recherche. Ce référentiel permettra, une fois que les textes règlementaires en auront été dérivés, de mettre en place un nouveau fonctionnement et les structures adaptées pour optimiser l’efficacité globale du système.

S’intégrant dans une démarche professionnelle de management par la qualité, les 6 macro-processus définis sont :

  • Assurer le management global du système
  • Former des ingénieurs, techniciens et vétérinaires
  • Réaliser des travaux de recherche agricole
  • Valoriser/transférer les travaux de recherche
  • Assurer les partenariats nécessaires
  • Assurer le soutien et administrer le système

 

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Avec le Président de l’IRESA et le Directeur de l’IAMM

Signalons que dans le gouvernement tunisien qui se met en place, ce sont 2 ministres (Agriculture, Industrie-énergie) et 2 secrétaires d’Etat (Production agricole, Pêche) qui sont issus de l’Institut National Agronomique de Tunisie.

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Fév 05

Polytechnique est le 5ème établissement le plus international au monde selon le classement du Times

L’École Polytechnique est 5ème du classement des universités les plus internationales au monde, classement dressé par le Times Higher Education (THE). Elle connait une progression importante puisqu’elle était classée 28ème l’année dernière. L’ENS Paris est le seul autre établissement français représenté, à la 52ème place. L’an dernier, elle n’apparaissait pas dans le top 100. Le podium est composé de trois établissements suisses avec l’École polytechnique fédérale de Lausanne en tête.

Pour établir ce classement, dont c’est la deuxième édition, le THE se base sur une compilation d’indicateurs internationaux issus de ses propres palmarès d’universités.

Le top 15 est composé de 11 établissements européens (cinq Suisses, trois Britanniques, deux Autrichiens et un Français), de deux Australiens et de deux Singapouriens. La première institution provenant du continent américain est l’université de la Colombie-Britannique (Canada, 35e). Le MIT, premier établissement US, arrive 39e.
Voici le top 15 des universités les plus internationales au monde, selon ce classement :
• École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse)
• Université de Genève (Suisse)
• École polytechnique fédérale de Zurich (Suisse)
• Université nationale de Singapour (Singapour)
• École Polytechnique (France)
• Royal Holloway, University of London (Royaume-Uni)
• Université d’Innsbruck (Autriche)
• Imperial College London (Royaume-Uni)
• Nanyang Technological University (Singapour)
• Curtin University (Australie)
• Australian National University (Australie)
• Universität Basel (Suisse)
• Université de Vienne (Autriche)
• Université d’Oxford (Royaume-Uni)
• University College London (Royaume-Uni)

Les indicateurs de performances utilisés par le Times pour son classement général sont répartis en 5 domaines
• Formation : l’environnement de ‘enseignement (30%)
• Recherche : volume, ressources, réputation (30%)
• Citations : influence de la recherche (30%)
• Contrats industriels : innovation (2,5%)
• International : staff, étudiants, co-publications (7,5%)

Le classement « international » ne prend en compte que ce dernier domaine. Le site précise : This measure considers each institution’s percentage of international staff, its international student numbers and the proportion of its research papers published with a co-author from at least one other country.
http://www.timeshighereducation.co.uk/news/the-100-most-international-universities-in-the-world-2015/2018125.fullarticle
http://www.timeshighereducation.co.uk/world-university-rankings/2014-15/world-ranking/methodology

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Jan 27

Débrider l’innovation : enjeux pour les entreprises et l’emploi, défi pour les politiques publiques

La CCI Paris Ile de France vient de publier un rapport Débrider l’innovation : enjeux pour les entreprises et l’emploi, défi pour les politiques publiques.

Constats. Capacités. Espoirs. Propositions. Actions. Recommandations. Tant pour l’écosystème que pour elle même.

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Ce rapport s’appuie sur une série d’entretiens qualitatifs approfondis avec une cinquantaine de dirigeants d’entreprises, une enquête quantitative auprès de 6000 entreprises, et des auditions d’experts institutionnels et d’acteurs de l’appui de la CCI Paris Ile-de-France. Il présente les nouvelles pratiques des entreprises qui innovent et leur vision sur leur écosystème. De ces travaux, émergent 12 actions-clés (voir ci-dessous) qui constituent pour une part les propositions que la CCI Paris Ile-de-France adresse aux pouvoirs publics, et pour une autre part, les actions qu’elle conduit ou conduira prochainement.

Signalons en particulier que la CCI Paris Ile-de-France estime que les EPIC (établissements publics à caractère industriel et commercial) dont fait partie le CEA, très performant en matière d’innovation au travers notamment du Leti, bénéficient d’un régime plus souple que les EPST pour répondre aux évolutions du marché avec agilité, y compris en matière de ressources humaines. Dans un EPIC, les chercheurs sont salariés de droit privé et peuvent exercer des activités également orientées vers les applications de la recherche.

S’agissant des relations entre les mondes académique et économique, les collaborations de R&D entre entreprises et organismes publics de recherche constituent une clé majeure pour dynamiser l’écosystème français d’innovation. Si les échanges se sont multipliés ces dernières années sous l’impulsion de politiques publiques incitatives, ils restent insuffisants au regard des bénéfices attendus en termes de nouveaux produits répondant aux attentes du consommateur. La prise de conscience par un nombre grandissant d’entreprises de l’intérêt d’un processus ouvert de l’organisation de la R&D impliquant de nombreux partenaires, parmi lesquels les laboratoires de recherche publics, peut débrider l’innovation si parallèlement le cadre de la recherche publique devient plus agile et attractif.

La CCI souhaite renforcer l’articulation entre la recherche et l’innovation en valorisant davantage le parcours des chercheurs en entreprise dans le cadre de leur évaluation. L’insuffisante attractivité de la recherche française est perceptible à trois niveaux : la reconnaissance du chercheur, sa rémunération et ses conditions de travail. Le niveau de rémunérations comme les conditions de travail dans la recherche doivent impérativement rattraper les standards internationaux.

Le rapport suggère aussi d’accompagner les PME dans le montage des partenariats avec des laboratoires publics. Les PME sont peu habituées à travailler avec des laboratoires publics et les montages financiers de ces partenariats en matière de propriété intellectuelle comme le recours aux aides publiques dont elles peuvent bénéficier dans ce cadre, supposent des compétences souvent non présentes dans l’entreprise ou non mobilisables.

Propositions de la CCI Paris Ile-de-France adressées aux pouvoirs publics :

  • Apporter un appui à la mise sur le marché, en élargissant le champ d’action des structures d’accompagnement et en y développant la dimension «marché»,
  • Renforcer l’articulation entre recherche et innovation,
  • Rendre les marchés publics d’innovation plus accessibles,
  • Sanctuariser le CIR et le faire évoluer en un sens plus favorable aux PME,
  • Stimuler le financement privé de l’innovation, notamment en facilitant la création de sociétés de business angels, et en relevant la levée de fonds maximum par crowdfunding,
  • Rationaliser les dispositifs de soutien à la recherche public-privé, en les simplifiant pour cibler davantage les PME,
  • Mieux articuler les pôles de compétitivité et les écosystèmes en général.

Actions de la CCI Paris Ile-de-France :

  • Développer l’innovation immatérielle résultant de l’importance croissante du digital, du design et de la création à travers des actions d’appui et de formation auprès des PME,
  • Former les acteurs publics et les entreprises à l’achat innovant pour permettre aux PME de trouver plus facilement des débouchés à leurs nouveaux produits,
  • Rendre plus accessible l’offre de BPI France pour qu’un plus grand nombre d’entreprises identifie les aides auxquelles elles peuvent prétendre et bénéficient de ses services,
  • Doper les dispositifs d’accompagnement au développement des entreprises en clarifiant les missions de chaque acteur, dans le cadre d’une stratégie régionale d’ensemble,
  • Mettre en place des vitrines territoriales et des lieux d’exposition permanents pour mieux faire connaitre aux entreprises et consommateurs les nouveaux produits issus des entreprises régionales.

Chiffres-clés

Principaux motifs d’abandon des projets innovants en cours de développement par les PME franciliennes :

  • 61% par manque de financement
  • 40% par manque de partenaires
  • 34% car ce n’est plus pertinent avec les dernières attentes du marché
  • 33% par manque de temps

Nombre de business-angels :

  • 4000 en France
  • 40 000 au Royaume-Uni
  • 500 000 aux Etats-Unis

Aides à l’innovation : 94% des entreprises franciliennes ayant cherché à innover en 2013 n’ont pas bénéficié d’aides à l’innovation

R&D et innovation en France :

  • 6e rang mondial en matière de R&D (45 milliards d’euros, soit 2,26 % du PIB)
  • 17e rang mondial en matière d’innovation

http://www.cci-paris-idf.fr/etudes/mutations-contemporaines/innovation/debrider-innovation-etudes

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Jan 23

Trouillomètre, pifomètre, universités et entreprises

Une discussion-débat avec Alain Mérieux et Khaled Bouabdallah a éclairé le déplacement lyonnais de l’atelier « Innovation et dynamique des territoires » de l’IHEST. Le grand entrepreneur lyonnais du monde de la santé et le président de la Comue Lyon-St Etienne (20 établissements, 17 écoles doctorales, 129 000 étudiants, …) ont traité des alliances pour l’innovation entre l’université, les entreprises et la métropoleAM KB Lyon .

La Comue Lyon Saint Etienne est une fédération d’universités, de grandes écoles et d’établissements de recherche. Sa stratégie est de faire en sorte que l’excellence soit plus visible et portée à l’international, en interaction avec les acteurs du monde économique et politique. Ces trois milieux ont donc un intérêt partagé. Il est clair pour lui, que l’avenir de l’université influe sur l’avenir du territoire d’où une politique d’attractivité définie et mise en oeuvre en commun. Se met en place une stratégie collective autour de la science, de la connaissance : formation et transfert vers le monde économique.

Pour Alain Mérieux, qui a beaucoup voyagé, les villes les plus performantes s’appuient partout sur le monde universitaire. Une entreprise a besoin d’un triangle sacré :

  • formation (initiale et permanente car il est nécessaire de se recycler sans arrêt) de ses collaborateurs,
  • innovation et technologie ,
  • vision internationale.

Ces 3 paramètres se retrouvent dans l’université. Se situant en région lyonnaise, il affirme que les politiques locaux ont compris l’intérêt de la science, avec une prise de conscience assez forte de la nécessité de s’allier entre académiques, industriels et politiques.

Le débat qui s’est engagé avec les auditeurs a mis en avant la quantité des mutations récentes dans l’écosystème universitaire, avec une succession de lois dans les 10-15 dernières années (Goulard, Pécresse, Fioraso,…) puis les lois ou discussions actuelles sur l’organisation territoriale.

Le modèle économique des universités doit évoluer : il est en bout de course car quasi uniquement budgétaire.

Alain Mérieux souhaite que la formation suscite l’apprentissage de l’innovation, par exemple via des parcours de créativité, et de redonner le gout du risque et de l’acceptation de l’échec, comme aux Etats-Unis. Il appelle de ses voeux davantage de transdisciplinarité, par exemple via des lieux, des campus où les gens se rencontrent. Il estime l’impact du numérique considérable mais parfois inquiétant.

Il termine avec l’humour, le bon sens et la sagesse qui lui sont propres par une citation de Mao, « Le poisson pourrit toujours par la tête », un conseil d’entrepreneur, « Ne jamais embaucher un type triste », et une règle de comportement en matière d’innovation et d’entreprenariat, règle transmise par son père, « Ne jamais oublier pifomètre et trouillomètre ».

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Voir aussi http://science-innovation-developpement.com/innovation-et-evolution-des-territoires/ , http://science-innovation-developpement.com/g-fioraso-et-linnovation-a-lihest/ , http://science-innovation-developpement.com/innovation-et-dynamique-des-territoires/ .

 

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