Sep 12

Valls 2 (suite) : le CGI retourne sous l’autorité directe du Premier ministre

Pour faire suite aux deux derniers articles sur le bilan du gouvernement Valls 1 (qui avait mis le CGI sous double tutelle ministérielle A Montebourg – B Hamon/G Fioraso) et sur les perspectives « innovation » du gouvernement Valls 2, signalons que le Commissariat général à l’investissement (CGI) retrouve son statut d’origine : placé sous l’autorité du Premier ministre. Les deux coprésidents du comité de surveillance des investissements d’avenir, Alain Juppé et Michel Rocard, vont donc pouvoir (re-)travailler sereinement et au niveau qui leur convient…

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000029440155&dateTexte=&oldAction=dernierJO&categorieLien=id

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Sep 11

Tendances « innovation » de Valls 2, classement de Shanghai, innovation aux USA, classement « compétitivité » et PIA 2.

Quelques éléments d’actualité de la science et de l’innovation.

Tendances « innovation » de Valls 2,

Pour faire suite à l’article précédent (http://science-innovation-developpement.com/quel-bilan-innovation-de-valls-1/), il faut noter qu’E. Macron et G. Fioraso ont déclaré conjointement en conseil des ministres que la France ne souffre pas d’une insuffisance de recherche et développement, mais d’une insuffisance de transfert et d’innovation. Le gouvernement Valls 2 souhaite intensifier son action en matière d’innovation sur les priorités suivantes :

  • une politique résolue d’attractivité des capitaux et des talents étrangers,
  • l’émergence d’un environnement financier privé au meilleur niveau international permettant la croissance rapide des entreprises innovantes,
  • l’orientation de la commande publique vers plus d’innovation.

http://www.gouvernement.fr/gouvernement/la-politique-en-faveur-de-l-innovation

 

Classement de Shanghai

Quatre établissements français figurent dans le top 100 du classement de Shanghai, comme en 2013 : l’UPMC est toujours leader national, au 35ème rang mondial devant l’université Paris-Sud (42ème), l’ENS (67ème) et l’université de Strasbourg (95ème). La France (21 établissements classés dans le top 500) arrive à la 5ème place, derrière les États-Unis (146 représentants, dont 16 dans le top 20), le Royaume-Uni (38), la Suisse (7, dont 5 dans le top 100) et l’Allemagne (39, mais seulement 4 dans le top 100).

http://www.shanghairanking.com/index.html

 

Le système national d’innovation des États-Unis. 

Pour qui veut comprendre le système d’innovation aux Etats-Unis, signalons la récente sortie d’un rapport de l’ITIF (Information Technology & Innovation Foundation) « Comprendre le système national d’innovation des États-Unis« . Ce rapport identifie en particulier le triangle magique de l’innovation qui englobe l’environnement industriel, l’environnement réglementaire et l’environnement d’innovation.

http://www.itif.org/publications/understanding-us-national-innovation-system

Remarquons d’ailleurs que le MIT (4ème au classement de Shanghai) a récemment publié une série de recommandations pour améliorer ses propres structures, pour rester à la pointe de la recherche et de l’éducation, pour maintenir sa position parmi les meilleures institutions mondiales. Ces recommandations sont organisées suivant 3 axes :

  • transformer la pédagogie du MIT : classes d’été, communauté d’apprentissage, formations en ligne, …
  • élargir au monde entier les enseignements du MIT : partenariats, communauté pour les cours en ligne, relations avec le secondaire, anciens élèves, formation professionnelle, …
  • assurer le futur de l’enseignement du MIT : accessibilité, levée de fonds, nouvelles sources de revenus, redéfinition des infrastructures, …

http://web.mit.edu/future-report/TaskForceFinal_July28.pdf

 

Classement 2014 de la « compétitivité »

Le Forum économique mondial (Suisse) vient de publier son classement international sur la compétitivité (Suisse). La France est toujours 23ème de ce classement dominé par la Suisse. Néanmoins, il faut noter que, sur le seul critère de l’innovation, la France monte à la 21ème place mais recule de cinq places par rapport à 2013. Elle est 13ème pour la protection de la propriété intellectuelle (-1 par rapport à 2013), 12ème pour la qualité des institutions de recherche scientifique (+1) et 15ème pour les dépenses de R&D des entreprises (+1 aussi). À noter aussi qu’elle passe de la 73ème place à la 48ème en matière de transfert de technologies.

Le rapport souligne que la France bénéficie d’un écosystème relativement propice à l’innovation et que les économies qui occupent les premières places du classement ont toutes en commun d’excellents résultats en matière de formation, rétention et attraction de talents, ainsi qu’une politique d’investissement encourageant l’innovation. Ces investissements dits ‘intelligents’ sont possibles grâce à une approche coordonnée reposant sur une collaboration étroite entre les secteurs publics et privés.

Et pour prolonger la réflexion sur les critères des différents classements (voir http://science-innovation-developpement.com/certificat-dinnovateur-de-limportance-des-criteres/ ), signalons que le palmarès du Forum économique mondial utilise 114 indicateurs s’appuyant sur douze « piliers » :

  • les institutions ;
  • les infrastructures ;
  • l’environnement macroéconomique ;
  • la santé et l’école primaire ;
  • l’enseignement supérieur et la formation professionnelle ;
  • le bon fonctionnement des marchés de produits et de services ;
  • l’efficience du marché du travail ;
  • le développement des marchés financiers ;
  • le savoir-faire technologique ;
  • la taille du marché ;
  • sophistication des entreprises ;
  • l’innovation.

http://reports.weforum.org/global-competitiveness-report-2014-2015/

 

Les engagements financiers du PIA se poursuivent.

Sur les 35 milliards d’euros du premier programme d’investissements d’avenir, 29 milliards sont d’ores et déjà engagés. Sur le second programme de 12 milliards, 10,5 restent à engager. Rappelons que seule une minorité des crédits alloués (moins d’un tiers) seront versés sous forme de subventions, le reste consistant en des prêts, des prises de participations, des avances remboursables et des dotations non consommables.

ACTIONS DU PIA 2 OPÉRATEURS ENVELOPPE (en M€)
Véhicule du futur Ademe 300
Démonstrateurs transition énergétique Ademe 800
Équipex ANR 365
Idex ANR 3 100
Fonds KETS ANR 150
Recherche hospitalo-universitaire en santé ANR 400
Prêts à la robotisation Bpifrance 360
Filières – volets PSPC Bpifrance 300
Fonds national d’innovation Bpifrance 240
Prêts à l’industrialisation Bpifrance 300
Projets industriels d’avenir Bpifrance 330
Innovation de rupture Bpifrance 150
Usages et technologies du numérique Bpifrance 400
Projets transition énergétique Bpifrance 400
Prêts verts Bpifrance 410
Quartiers numériques CDC 215
Partenariats pour l’emploi CDC 150
Projets pour la transition énergétique CDC 75
Modernisation de l’État CDC 150
Calcul intensif CEA 50
Excellence des industries de défense CEA/CNES 1 500
Satellites CNES 50
Aéronautique ONERA 1 220
Ville durable ANRU 335
Projets innovants jeunesse ANRU 100
Internats de la réussite ANRU 150
TOTAL 12 000

(source : CGI)

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Sep 05

Quel bilan « innovation » de Valls 1 ?

La majeure partie des outils et actions développés depuis l’élection de F. Hollande à la Présidence de la République l’ont été durant les 681 jours en fonction de J.M. Ayrault : le lancement des 34 plans pour une nouvelle France industrielle, des 7 ambitions pour la France, des 40 mesures pour une nouvelle donne pour l’innovation, la phase 2 du programme des investissements d’avenir (PIA), le lancement du crédit impôt-innovation (CII),… sans compter le soutien au crédit impôt-recherche (CIR), qui serait sanctuarisé, et la poursuite des actions du PIA.

Le premier gouvernement de M. Valls aura duré 147 jours durant lesquelles certaines mesures ont été prises en matière de politiques publiques d’innovation.

Selon A. Montebourg en conseil des ministres le 23 avril 2014, l’ensemble des mécanismes favorables à la compétitivité du tissu productif français, en particulier tous les dispositifs de soutien à la recherche, à l’investissement dans les start-up et à l’innovation a été préservé. Le gouvernement s’est aussi engagé à présenter tous les mois dix nouvelles mesures pour simplifier la vie des entreprises.

Le gouvernement Valls 1 avait d’abord débuté par un transfert de la tutelle du Commissariat général à l’investissement (CGI) de Matignon à une co-tutelle B. Hamon – A. Montebourg, ce qui avait provoqué la démission de A. Juppé et M. Rocard de la présidence du comité de surveillance du PIA, chargé de l’évaluer et de dresser un bilan annuel de son exécution, avant de revenir sur leur décision à la demande de Louis Schweitzer, nouveau commissaire général à l’investissement.

Le même A. Montebourg a indiqué le 7 mai que les 34 plans industriels « entraient dans leur phase de mise en œuvre », neuf feuilles de route ayant été validées à l’époque. Pour les 27 plans dont les feuilles de route sont les plus avancées, l’investissement total pourrait s’élever à 18 Md€ d’ici à 2020.

La Commission nationale d’évaluation des politiques d’innovation a été installée le vendredi 27 juin sous la présidence de Jean Pisani-Ferry, commissaire général à la stratégie et à la prospective et auteur du rapport « Quelle France dans 10 ans ? », voir http://science-innovation-developpement.com/ameliorer-les-politiques-publiques-dinnovation-2/ et http://science-innovation-developpement.com/missions-de-la-commission-nationale-devaluation-des-politiques-dinnovation/.

Dans la ligne des 34 plans et des 7 ambitions, F. Hollande a présenté les 110 projets sélectionnés, financés à hauteur de 200 000 euros chacun, dans le cadre du concours mondial de l’innovation, et a annoncé que ce concours sera renouvelé tous les deux ans. Rappelons les trois phases du concours :

  • l’amorçage : 200 k€ qui vont permettre aux 110 lauréats de développer leur idée ;
  • l’accompagnement : 2 M€ pour créer et développer l’entreprise qui s’appuie sur cette idée ;
  • le développement : 20 M€ supplémentaires seront injectés pour que les entreprises sélectionnées s’imposent sur les marchés.

Le futur proche concerne maintenant l’enseignement supérieur et de la recherche. C’est en septembre que devrait être présentée la nouvelle stratégie nationale de recherche (SNR), désormais inscrite dans la loi (ainsi que son évaluation). La stratégie nationale de l’enseignement supérieur (Stranes) devrait être disponible en décembre (rappelons qu’un rapport intermédiaire a été publié en juillet, voir http://science-innovation-developpement.com/strategie-nationale-de-lenseignement-superieur-les-preconisations-du-comite-stranes/). Un plan à 3 ans pour l’emploi scientifique est en cours de préparation … sous la pression des chercheurs (voir le SNTRS-CGT qui considère que la seule possibilité de faire bouger le gouvernement viendra de la mobilisation.

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Sep 02

« Certificat d’innovateur » : de l’importance des critères

Le magazine économique américain Forbes a récemment publié sa 4ème édition du classement annuel des « 100 entreprises les plus innovantes » dans le monde. Huit entreprises françaises, au premier rang desquelles Hermès International apparaît en 13ème position, figurent dans ce Top 100, dominé par des entreprises américaines, la première du classement étant le groupe californien Salesforce, spécialiste de la gestion informatique des relations clients.

Mais la particularité de ce classement est qu’il utilise comme critère une « mesure » financière de la capacité à innover. Il s’appuie en effet sur l’avis des investisseurs quant aux entreprises les plus susceptibles d’innover, à partir d’une analyse financière conduisant à calculer une « prime d’innovation » pour chaque entreprise. Il ne s’appuie donc pas sur les critères classiques tels les dépenses de R&D ou les dépôts de brevets.

Avec 39 entreprises représentées, les États-Unis prédominent dans le top 100 (6 dans le top 10). La France vient ensuite au 2ème rang ex aequo avec le Japon. L’Europe (Suisse comprise) totalise 29 entreprises et l’Asie 26.

Pour mémoire, les huit entreprises françaises apparaissant dans le top 100 des « entreprises les plus innovantes » sont, avec leur classement :

  • 13 :         Hermès International
  • 29 :         Iliad
  • 49 :         Essilor International
  • 50 :         Bureau Veritas
  • 56 :         Dassault Systèmes
  • 69 :         Pernod Ricard
  • 86 :         Danone
  • 89 :         Sodexo

http://www.forbes.com/innovative-companies/

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Août 29

Innovation : malgré les efforts faits, la France perd du terrain.

Force est de reconnaître que la politique gouvernementale en matière d’innovation est stable, voire se développe, depuis quelques années. Et ce, avec une constance louable qui tranche avec les changements incessants qui pèsent sur les entreprises, par exemple en matière fiscale. Le discours est clair : l’innovation est le ressort du développement et de la compétitivité. Et ce ne devrait pas être le nouveau gouvernement qui infléchira cette position.

Certains outils perdurent tel le Programme des Investissements d’avenir (PIA) ou les pôles de compétitivité. D’autres outils sont créés (7 ambitions, 40 mesures, 34 plans, …). Ce qui ajoute au millefeuille. Et sans forcément que des nouveaux budgets soient ouverts. Chacun sait que chaque euro public dépensé peut s’afficher (s’affiche) avec plusieurs logos !

Mais la France part de loin, en particulier à cause de la désindustrialisation du pays.

Pour preuve le classement 2014 de « l’indice mondial de l’innovation » (http://global-indices.insead.edu/gii/), publié par l’université de Cornell (États-Unis), l’Insead et l’OMPI. La France y perd 2 places, passant de la 20ème à la 22ème place.

Les critères utilisés insistent sur les questions financières. Ce sont 143 pays qui sont classés grâce à 81 indicateurs portant notamment sur la qualité des principales universités, les possibilités de microfinancement ou encore les affaires du capital-risque pour une évaluation des capacités d’innovation et des résultats quantifiables. …

La Suisse reste première, place qu’elle occupe depuis 4 ans. Signalons que les dépenses intra-muros de R&D suisses ont augmenté de 13,5% entre 2008 et 2012 (18,5 Mds de francs suisses soit 15,2 Mds€ en 2012), voir le rapport « R&D suisse en 2012, finances et personnel » (http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/news/publikationen.html?publicationID=5645). L’essentiel des dépenses y provient des « hautes écoles » et des entreprises privées, piliers de la recherche menée en Suisse. La recherche appliquée, dont les financements sont en progression, prend les devants, avec 41 % des dépenses engagées.

Dans l’Union Européenne, c’est le Royaume-Uni qui est en tête (2ème) devant la Suède (3ème), la Finlande (4ème, signalons d’ailleurs que la Finlande est le seul pays européens dont le niveau de dépenses publiques est supérieur à celui de la France (resp. 58,6% du PIB contre 56,8%) et les Pays-Bas (5ème). L’Allemagne est 13ème (mais gagne 2 places) et les États-Unis 6ème.

C’est la région de l’Afrique subsaharienne qui a connu la plus nette amélioration dans ce classement. En particulier, la Côte d’Ivoire se distingue en gagnant 20 places et l’Île Maurice se hisse en tête du classement régional (de 53èmeà 40ème). Sur 33 pays africains pris en compte, 17 ont amélioré leur classement, pays qui sont en passe de rejoindre la catégorie des ‘apprentis de l’innovation’, à savoir les économies qui obtiennent des résultats supérieurs d’au moins 10 % à ceux de leurs pairs pour leur niveau de produit intérieur brut.

L’évolution des dépenses de R&D dans le monde est inquiétante. Le rapport souligne que compte tenu de la baisse de la croissance des dépenses publiques en faveur de la recherche et du développement, et du fait que les entreprises hésitent toujours à investir dans ce domaine, on semble s’acheminer vers un fléchissement global de la croissance des dépenses de R&D dans le monde, un phénomène qui touche particulièrement les pays à revenu élevé. De plus, si les gouvernements ont effectivement intégré un nombre important de futurs projets de développement dans le domaine de l’innovation dans les mesures de relance adoptées en 2009, l’appui apporté à ces efforts semble s’être essoufflé dans certains pays, et ce, même si la plupart des pays pour lesquels on dispose de données continuent d’afficher une croissance positive des dépenses de recherche et développement en 2013 et 2014 mais essentiellement en Asie, notamment en Chine, en Corée du Sud et en Inde.

http://global-indices.insead.edu/gii/

http://innovation-2030.entreprises.gouv.fr/fr/

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