Mar 13

Dix marchés technologiques prioritaires pour la France

Le gouvernement vient de sélectionner 22 marchés clés, dont 10 prioritaires parmi lesquels l’hydrogène, les technologies quantiques ou la santé digitale. 

Le Ministre de l’Economie et des Finances conjointement à la Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation avaient confié la mission à un collège d’experts construit autour du Conseil de l’innovation d’établir une stratégie ambitieuse et sélective pour déclencher une nouvelle dynamique industrielle et entrepreneuriale sur des marchés émergents. La construction de stratégies d’accélération pour ces marchés, et la sélection de marchés prioritaires sur lesquels concentrer l’action publique, seront un élément clef du Pacte productif. Le rapport correspondant a été récemment remis aux 2 ministres.

La démarche s’est structurée autour de quatre enjeux sociétaux fondamentaux :

  • favoriser une alimentation saine et durable et contribuer à la souveraineté alimentaire mondiale 
  • préserver et développer la santé et le bien-être de nos citoyens, notamment en ce qui concerne l’accompagnement du vieillissement de la population, le traitement des maladies chroniques et rares, et la réponse au problème des déserts médicaux 
  • protéger l’environnement et assurer notre transition écologique et énergétique, en particulier vers une mobilité sans énergie fossile 
  • assurer notre souveraineté dans le numérique, qui est au cœur de la protection et la sécurisation de nos vies privées sur internet et du développement de l’économie et de l’éducation

Afin d’identifier les marchés émergents associés, l’ensemble des parties prenantes a été consulté pour construire une approche commune. Ainsi, les écosystèmes d’innovation (pôles de compétitivité, SATT, incubateurs, IRT/ITE, réseaux French Tech), start-ups, représentants de la recherche publique, Ministères, opérateurs publics, Régions et l’Académie des Technologies ont été mobilisés. Ont été identifiés 22 marchés émergents, dont 10 prioritaires, sur lesquels la France a le potentiel pour jouer un rôle de leader à l’échelle mondiale et appelant une concentration des moyens. Ces marchés ont pour caractéristiques communes : 

  • de répondre à ces enjeux sociétaux et de comporter une forte dominante technologique ; 
  • d’être en phase de structuration à l’échelle nationale et européenne sur des domaines en croissance où la France dispose d’avantages compétitifs ; 
  • de faire face à des barrières à l’entrée importantes (capitalistiques, réglementaires, technologiques, de compétences) ; 
  • parfois, la criticité des enjeux en matière de souveraineté est venue abonder en faveur d’une priorisation. 

L’intervention des pouvoirs publics se justifie dans l’ensemble de ces marchés à travers des «stratégies d’accélération» qui devront être conçues dans une approche systémique : de l’amont à l’aval, en agissant sur l’ensemble des leviers pertinents, qu’il s’agisse du soutien à la R&D, de maturation des technologies, de déploiement, ou encore de capital-humain, d’attractivité et de promotion à l’international. Dans ces actions, nous avons considéré le levier européen, notamment dans ses dimensions d’accélération, de normalisation et surtout de masse critique indispensable sur certains marchés peu profonds à l’échelle française. Le collège d’experts s’est penché prioritairement sur les marchés pouvant faire l’objet de stratégies combinées, nationales et européennes, excluant ainsi les marchés pour lesquels le levier d’action principal est à porter au niveau de l’Union Européenne. 

LES 10 MARCHÉS PRIORITAIRES 

  1. L’agriculture de précision et les agroéquipements ;
  2. L’alimentation durable pour la santé ;
  3. Le biocontrôle animal et végétal ;
  4. La santé digitale ;
  5. Les biothérapies et la bioproduction de thérapies innovantes ;
  6. L’hydrogène pour les systèmes énergétiques ;
  7. La décarbonation de l’industrie ;
  8. Les nouvelles générations durables de matériaux composites ;
  9. Les technologiques quantiques ;
  10. La cybersécurité. 

A ces 10 marchés prioritaires s’ajoutent 12 autres marchés présentant des enjeux sociétaux et technologiques nécessitant la poursuite des actions de soutien public, voire ultérieurement l’élaboration de stratégies d’accélération. 

  1. Les carburants durables ;
  2. Les infrastructures de stockage et de traitement des données ;
  3. L’éolien en mer ;
  4. Les nouvelles générations de photovoltaïque ;
  5. Le bâtiment innovant ;
  6. Le recyclage des matériaux de construction ;
  7. Le recyclage et la valorisation des déchets ;
  8. Les produits biosourcés ;
  9. L’e-learning et les edtech ;
  10. La fabrication additive ;
  11. Les batteries pour véhicules électriques ;
  12. La microélectronique hardware et software embarqué.

Les travaux ont aussi permis de mettre en évidence plusieurs enjeux transversaux à l’ensemble des marchés. 

En premier lieu, le soutien aux technologies diffusantes (IoT, robotique-cobotique, cloud) constitue un facteur clé de l’accroissement de la performance de nos processus industriels. Caractérisées par un rôle de diffusion dans l’économie, elles permettent d’optimiser les processus, raccourcir les délais et renforcer la sécurité. Si les acteurs français ne sont pas nécessairement bien positionnés sur certaines briques technologiques, l’acculturation des PME et ETI, la possibilité de personnaliser (« customiser ») des technologies existantes est fondamentale pour réinventer et optimiser les processus industriels. 

Deuxièmement, revient le sujet du financement de la croissance des entreprises innovantes : la croissance de nos entreprises technologiques passe par un financement suffisamment important et rapide. A défaut de prise en compte de ces éléments, la France demeurera dans un rôle d’incubation d’entreprises innovantes à fort potentiel qui feront l’objet de rachats par les grands groupes mondiaux étrangers. 

Enfin, l’accompagnement de ces transitions nécessite d’agir en profondeur sur les compétences, en adaptant au plus tôt les cursus, en développant les formations au cours de la vie et en promouvant une politique des talents, y compris dans sa dimension internationale. 

https://www.economie.gouv.fr/remise-rapport-faire-france-economie-rupture-technologique

https://www.economie.gouv.fr/files/Rapport_college_experts_06_02.pdf

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Mar 06

Baromètre des énergies marines

EurObserv’ER a présenté une étude synthétique sur la filière des énergies marines qui est en pleine effervescence avec un nombre significatif de prototypes immergés ces trois dernières années, que ce soit au large des côtes britanniques ou de la Bretagne, en mer du Nord ou en mer Méditerranée. Dans cette course à l’océan, l’énergie des courants a un temps d’avance sur l’énergie des vagues et les autres technologies. 

Les zones économiques exclusives de tous les États de l’Union européenne, Royaume-Uni inclus, représentent un domaine maritime de plus 25 millions de km2, soit la plus grande zone au monde, et offrent de fait un potentiel de valorisation énergétique gigantesque. L’industrie européenne des énergies marines estime que 100 GW de capacités utilisant l’énergie des vagues et des courants marins peuvent être déployés en Europe d’ici 2050. Cette puissance pourrait répondre à 10 % des besoins électriques européens actuels. Certaines technologies marines, comme l’énergie des courants ou le marnage, (voir ci-dessous) ont pour elles l’avan- tage d’une prédictibilité de leur produc- tion à venir supérieure à celle de l’éolien. L’énergie des vagues présente un autre atout : elle est plus abondante en hiver, durant la période la plus gourmande en consommation électrique. 

Selon la publication Energy Technology Perspectives 2012 de l’Agence internationale de l’énergie (International Energy Agency – IEA), les énergies marines pourraient afficher une puissance mondiale installée de 337 GW en 2050 avec environ 30 % (101 GW) provenant des courants marins et 70 % (236 GW) issus des vagues. Ce chiffre peu paraître faible en comparaison de ceux du photovoltaïque, qui a déjà franchi en 2018 le cap des 500 GW raccordés, ou avec l’éolien qui a atteint début 2019 le cap des 600 GW (591 GW fin 2018 selon le Global Wind Energy Council (GWEC). 

Il n’en reste pas moins qu’à l’échelle de certains pays côtiers ou insulaires comme le Royaume-Uni, la contribution potentielle des énergies marines est loin d’être négligeable dans l’optique d’une décarbonisation totale du mix électrique et justifie les efforts actuellement menés par les développeurs. 

Les énergies marines : un jeu à 5 familles

Les énergies marines comprennent cinq familles distinctes regroupant chacune des technologies spécifiques. 

Historiquement, L’ÉNERGIE MARÉMOTRICE (tidal range energy), est la première énergie océanique à avoir été déployée en Europe. Elle représente l’énergie poten-ielle liée à la marée, plus précisément à la différence de hauteur entre la pleine et la basse mer (le marnage). Elle est exploitée grâce à la construction d’un barrage équipé de turbines (les mêmes que celles utilisées dans les barrages hydroélectriques) situé dans une baie ou un estuaire. C’est le flux et le reflux de la marée qui permettent alternativement de remplir ou de vider la retenue d’eau en actionnant des turbines qui produisent de l’électricité. Les usines marémotrices, à l’instar des barrages hydroélectriques, peuvent également être équipées d’un système de pompage-turbinage pour augmenter la réserve d’eau stockée qui augmentera la production lors du reflux. C’est le cas de l’unique usine marémotrice en activité dans l’Union européenne et qui est située en Bretagne, dans l’estuaire de La Rance. La puissance de l’installa- tion est de 240 MW dont une vingtaine de mégawatts dévolus au pompage- turbinage. D’autres projets utilisant cette technologie sont actuellement à l’étude. C’est le cas au Royaume-Uni avec le projet de Swansea Bay Tidal lagoon (320 MW). Il s’appuie sur une conception nouvelle, celle d’un lagon artificiel. Ce lagon fonctionnerait à la manière d’un lac artificiel en se remplissant d’eau à marée haute puis en se vidant par des sas équipés de turbines. 

L’ÉNERGIE DES COURANTS (tidal stream energy) exploite l’énergie cinétique des courants de marées et des courants océaniques. Elle est généralement captée par des machines de type hydroliennes. Ces dis- positifs qui s’apparentent à des éoliennes sous-marines sont posés sur les fonds marins ou arrimés (souvent par paire) sous une barge ou un flotteur. Selon Ocean Energy Europe, association européenne représentant les acteurs industriels du secteur, 18 projets étaient en activité durant l’année 2018, incluant 6 nouvelles machines immergées l’an passé en France, au Royaume- Uni et en Belgique pour une puissance cumulée de 3 678,5 kW. 

L’ÉNERGIE DES VAGUES OU ÉNERGIE HOULOMOTRICE (wave energy) est produite par le mouvement des vagues. Il existe une multitude de technologies pour convertir l’énergie des vagues en élec- tricité, comme l’utilisation de flotteurs ponctuels ou linéaires, de systèmes à déferlement ou encore de colonnes d’eau oscillantes. En 2018, selon les données de l’association Ocean Energy Europe, 24 pro- jets houlomoteurs étaient opérationnels sur les côtes de 9 pays de l’Union euro- péenne. Pas moins de 8 machines (répar- ties sur 7 projets) ont été immergées en 2018 en Italie, Royaume-Uni, France, Dane- mark et Grèce pour une puissance cumulée de 444,2 kW. 

L’ÉNERGIE THERMIQUE DES MERS (ETM ou OTEC en anglais pour ocean thermal energy conversion) exploite au sein d’un cycle thermodynamique classique la différence de température entre l’eau chaude de surface disponible dans certaines parties du globe (entre 25 et 30 °C) et l’eau froide des profondeurs (environ 4 °C à partir de 800 m). Cette technologie n’en est encore qu’au stade de démonstrateurs de faible puissance et son développement commercial est nettement moins avancé que celui des hydroliennes ou des houlomoteurs. Depuis quelques années, les projets actuels ETM se concentrent sur des installations terrestres plutôt que sur des installations flottantes technique- ment plus contraignantes. Naval Energies a installé en 2012 un prototype ETM à terre de 15 kW sur l’île de La Réunion et un banc d’essai en 2017 en Martinique dans le cadre du projet Marlin (porté par l’Ademe). L’énergie thermique des mers peut également être valorisée par d’autres procédés. En Espagne, le fournisseur de gaz Enagás a eu l’idée d’utiliser son terminal portuaire méthanier de regazéification de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le port de La Huelva au sud de pays. Il exploite ainsi sur son site une centrale de 4,5 MW qui utilise la différence de température entre l’eau de mer (qui sert de point chaud) et le gaz naturel liquéfié (qui sert de point froid) pour générer de l’électricité. L’énergie thermique des mers peut également être utilisée pour la production de chaleur ou de froid. Des projets de taille commerciale de systèmes de climatisation par eau de mer de type Swac (sea water air conditio- ning) sont déjà opérationnels en Europe. Ce procédé exploite la différence de température entre l’eau chaude de surface et l’eau froide des fonds marins, pompées grâce à des canalisations. Sur la côte, des échangeurs et des pompes à chaleur per- mettent de produire, selon les besoins, du chaud ou du froid. L’eau est ensuite acheminée vers les bâtiments pour les chauffer ou les climatiser. Ce procédé est notamment utilisé par la centrale Thalassia d’Engie inaugurée en 2016 dans le port de Marseille. Elle alimente en chaud et en froid l’ensemble des bâtiments qui lui sont raccordés grâce à un réseau de 3 km. À terme, le réseau devrait être relié aux 500 000 m2 de bureaux de l’écoquartier Euroméditerranée. 

La dernière énergie océanique recensée est L’ÉNERGIE OSMOTIQUE (salinity gradient) qui utilise l’énergie exploitable à partir de la différence de salinité entre l’eau de mer et l’eau douce. Phénomène naturel, l’osmose se caractérise par le transfert, à travers une membrane semi-perméable (perméable uniquement à l’eau), de l’eau depuis le milieu où elle est la moins concentrée en sel (eau douce) vers celui où elle est la plus concentrée (eau salée), jusqu’à l’équilibre des concentrations de part et d’autre de la membrane. La différence de salinité provoque un mouvement d’eau, qui exerce une pression dans le compartiment d’eau salée, pression qui peut être turbinée pour produire de l’électricité. À l’instar de l’ETM, cette technologie est encore en phase de développement. Un premier prototype de 4 kW a été testé en 2009 en Norvège par l’entreprise publique Statkraft, sur le site de Tofte au sud-ouest d’Oslo. Une variante technologique appelée “électrodialyse inverse” (reversed electro dialysis) a également été testée avec succès aux Pays-Bas sur la digue d’Afslui- tdijk, avec d’un côté la mer, et de l’autre, de l’eau douce. Opéré par la société Redstack depuis 2014, le démonstrateur néerlandais a une puissance de 50 kW et utilise 1 m3/s d’eau douce et autant d’eau de mer. L’entreprise ambitionne d’utiliser son procédé pour produire directement de l’hydrogène et d’augmenter la puissance à1MW. 

https://www.eurobserv-er.org/pdf/ocean-energy-barometer-2019-fr/

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Fév 28

Le virage technologique du Quantique

Avec l’objectif de bâtir une stratégie nationale en matière de technologies quantiques basée sur une évaluation de l’écosystème et des recommandations préliminaires, tel est l’objectif d’un rapport récemment remis au gouvernement.

Les technologies et ordinateurs quantiques confèreront à moyen terme un avantage stratégique certain aux acteurs économiques qui s’en seront saisis, notamment dans les domaines de la médecine moléculaire, de la logistique, du stockage de CO2, de la fabrication de fertilisants « verts », de la conception de matériaux avancés, de la prospection géologique…

Au regard des enjeux de croissance économique et de souveraineté liés aux technologies quantiques, du contexte européen et mondial qui voit certains pays intensifier leurs programmes de développement autour de ces technologies, et des forces et faiblesses de l’écosystème industriel et de recherche français, le rapport émet six recommandations stratégiques :

1. Déployer une infrastructure de calcul quantique de pointe à destination de la recherche et l’industrie

La mise en place, sur le sol français, d’une infrastructure de rang mondial, intégrant différents émulateurs et accélérateurs quantiques basés sur des principes technologiques divers, pourra représenter un levier d’action fort. Elle permettra de limiter les risques d’effets de verrouillage et d’intégration verticale, de développer l’écosystème logiciel et les usages pratiques, de développer la légitimité et le rayonnement de la France à l’international et de contribuer à l’émergence de fournisseurs de calculateurs quantiques français et européens de rang mondial.

Un rapprochement avec les partenaires européens, notamment l’Allemagne, pourrait permettre de développer une offre et un portail communs, visant à donner un accès à l’ensemble des technologies de calcul quantique européennes.

2. Lancer un programme de développement technologique ambitieux

Avec des programmes de recherche et développement technologique associant acteurs publics et privés en combinant les approches ascendantes et descendantes, la France pourra se donner les moyens nécessaires à la levée des différents verrous scientifiques et technologiques jalonnant le développement de l’ordinateur quantique, ainsi que des dispositifs de cryptographie nécessaires à la sécurisation des communications sensibles à l’ère du quantique.

3. Mettre en place un programme de soutien au développement des usages

Des « challenges quantiques » associant secteurs d’usages et secteurs technologiques, aussi bien dans le domaine du calcul quantique que dans le domaine des capteurs quantiques permettraient de renforcer la compétitivité des secteurs aval tout en sécurisant les débouchés court-terme des secteurs technologiques.

4. Créer un environnement d’innovation efficace

La création de centres quantiques basés sur des pôles de recherche et développement reconnus au plan international tant pour le rayonnement académique qu’industriel, serait un levier clé du brassage interdisciplinaire, en permettant de créer la cohésion et de dégager le temps informel nécessaires à la levée des verrous empêchant la mise en place d’une stratégie nationale. Le développement des compétences et l’accès au capital risque de qualité permettront de lever les freins à l’innovation et à la création de startups, vecteur incontournable du transfert de technologies vers le tissu économique.

5. Déployer une stratégie de sécurité économique adaptée

La position de la France en matière de technologies quantiques encourage certains organismes ou États à s’intéresser à l’écosystème français et à cibler les acteurs les plus vulnérables, en pointe au niveau mondial. La protection du patrimoine scientifique et technologique, et la diplomatie économique seront les piliers d’une stratégie d’intelligence économique efficace.

6. Instaurer une gouvernance efficace

Compte tenu du niveau élevé d’incertitudes relatif à certaines voies de développement des technologies quantiques, les horizons de temps longs des actions à mener et l’intensité capitalistique nécessaire, l’État aura besoin d’une gouvernance agile et dotée d’un pouvoir décisionnel, associant l’Etat, les organismes de recherche et les industriels.

A cette occasion, les ministres (Recherche, Economie, Armées, Numérique) ont annoncé la création d’un groupe de travail constitué des représentants de l’Etat et de ses opérateurs de recherche (CEA, Inria et CNRS) et financiers (Bpifrance, S.G.P.I.). Il sera chargé d’élaborer, dans le cadre du Pacte productif, de la loi pluriannuelle de programmation de la recherche et du Programme d’investissement d’avenir (PIA), une feuille de route détaillée permettant de répondre aux six recommandations du rapport. Cette feuille de route détaillée, attendue pour le premier trimestre 2020, précisera le programme de travail sur cinq ans de chaque ministère et opérateur, ainsi que les sources de financement étatiques, privées et communautaires du plan quantique.

https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid148332/remise-des-conclusions-du-rapport-quantique-le-virage-technologique-que-la-france-ne-ratera-pas.html

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Fév 20

Intelligence artificielle et politique internationale

La transformation numérique a révolutionné nos vies. L’« intelligence artificielle » va aller encore un cran plus loin. Une récente étude de l’IRIS, think tank piloté par Pascal Boniface, s’intéresse aux conséquences de l’IA sur les relations internationales… Ses principales conclusions sont reprises ici.

L’hybridation du numérique, de la robotique et de l’IA, remet en cause le fonctionnement traditionnel de l’économie et des relations internationales, basé sur la concurrence, l’ajustement de l’offre à la demande et l’hégémonie de l’Occident. Si les impacts précis de l’intelligence artificielle restent délicats à anticiper, plusieurs tendances sont d’ores et déjà manifestes. 

Premièrement, les entreprises qui disposent des moyens d’investir dans les technologies les plus modernes et d’attirer les cerveaux les plus performants ont la possibilité de devenir en quelques années des acteurs quasiment monopolistiques, propriétaires de dizaines de milliards de données. Cette économie de l’exponentiel pose trois défis inédits : un défi d’ajustement des marchés, un défi de régulation et de concurrence, et un défi géopolitique – tous corrélés. 

Deuxièmement, l’IA brise le lien logique établi de longue date en Occident entre innovation et démocratisation. Les technologies d’IA (vision artificielle, reconnaissance faciale, etc.) offrent aux régimes autoritaires des moyens inédits de consolidation de leur pouvoir. Pour certains, la lutte entre l’autoritarisme numérique tel que pratiqué par la Chine et la démocratie libérale marquera la principale ligne de faille idéologique au XXIéme siècle. Cependant, dans l’actuelle phase de test des « défenses immunitaires » de l’Occident, les États autoritaires ne sont pas les seuls à menacer les libertés individuelles ; les acteurs du numérique détiennent une responsabilité substantielle à cet égard. Une piste de réflexion pourrait consister à s’interroger sur les conséquences de la remise en cause actuelle des GAFAM en Europe et, dans une moindre mesure, aux États-Unis, sur un possible découplage entre les puissances occidentales et « leurs » acteurs privés, au bénéfice de stratégies extérieures prédatrices économiquement ou hostiles stratégiquement. 

Troisièmement, l’IA est perçue comme un enjeu croissant de sécurité internationale. À cet égard, il ne faut pas occulter, d’une part, que les usages de la technologie sont plus significatifs que la possession de celle- ci ; d’autre part, que l’on surestime probablement les implications de l’IA à court-terme et sous-estime ses conséquences à long terme. En corollaire de ce point, il convient de relativiser l’inexorable essor de la Chine dans l’IA. Les autorités chinoises n’éprouvent aucun complexe à alimenter ce biais de perception, dans un contexte de crise de confiance des pays occidentaux. 

En outre, la Chine a jusqu’à présent développé des capacités en IA mobilisées pour l’essentiel en interne – contrastant par exemple avec l’expansion mondiale des acteurs nationaux des télécommunications (équipements réseaux, smartphones, etc.). Sur le plan de la gouvernance interne, le monolithisme perçu de l’extérieur tranche avec l’existence de fortes rivalités bureaucratiques pour le contrôle de la « ressource » financière de l’IA. Enfin, dans un passé récent, les grands plans stratégiques annoncés dans l’automobile ou les semi-conducteurs ne se sont pas matérialisés par une hégémonie de la Chine sur ces industries. 

Enfin, la remise en cause du multilatéralisme et le retour à des logiques protectionnistes favoriseront un « nationalisme » de l’IA qui aura pour conséquences d’accentuer les manœuvres de colonialisme numérique et de compromettre des chaînes d’approvisionnement totalement mondialisées. 

L’ensemble de ces paramètres devront être intégrés dans toute réflexion et action diplomatique en matière numérique et d’intelligence artificielle, alors que le temps dont l’Europe dispose pour éviter de perdre sa capacité d’innovation ou toute autonomie technologique par rapport à la Chine et aux États-Unis en matière d’IA est maintenant compté. 

https://www.ifri.org/sites/default/files/atoms/files/nocetti_intelligence_artificielle_2019.pdf

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Fév 14

Océan et climat

Savez-vous que l’océan…

  • Produit la moitié de l’oxygène que nous respirons ?
  • Est, grâce à la pêche, le premier apport en protéines pour un milliard de femmes et d’hommes ?
  • A un rôle décisif dans le ralentissement du réchauffement climatique, étant le premier puit de carbone de notre planète ?
  • Abrite 90% de l’habitat naturel de la terre, en faisant ainsi un sanctuaire de biodiversité ?
  • Représente 84% des ressources de minerais, 90% des stocks d’hydrocarbures et est de plus en plus la source de nos énergies renouvelables ?

Donc, nous ne vivrions que grâce à l’océan ?

Mais savez-vous aussi que ce poumon bleu de l’humanité est de plus en plus dégradé par les activités humaines et menace aujourd’hui de s’étouffer ?  Le réchauffement et l’acidification des océans minent la biodiversité, nous pouvons le mesurer à la destruction des coraux qui ne survivent pas à ce nouveau climat. Le réchauffement des eaux dérègle le cycle du carbone et conduit à l’élévation du niveau de la mer. Les déchets s’accumulent et mettent en danger la faune marine. : on estime que l’équivalent d’un camion poubelle de plastiques est déchargé en mer chaque minute. Selon l’UNESCO, plus de 50% des espèces marines pourraient être éteintes ou proches de l’extinction d’ici 2100, entraînant la disparition de phytoplanctons.

Pendant longtemps, les discussions sur le changement climatique n’ont pas pris l’océan en compte. Les choses changent. Cet environnement planétaire trouve enfin sa place légitime dans les enjeux climatiques. 

Il y a quelques semaines, le Président de la République a demandé que soit lancé un programme prioritaire de recherche Océan et climat : Ce programme prioritaire de recherche aura pour but d’accentuer la mobilisation des compétences reconnues de notre communauté scientifique. Il sera piloté conjointement par le CNRS et l’Ifremer. Il devra renforcer les domaines de recherche les plus cruciaux pour la protection de nos océans et la lutte contre le changement climatique. Ce programme prioritaire de recherche préfigure les outils qui appuieront notre recherche dans le cadre de la loi de programmation de recherche qui sera présentée en tout début d’année prochaine et qui adjoindra justement les moyens adéquats à chacun de ces programmes et qui aura vocation à associer à cette dynamique la communauté scientifique internationale car pour ce bien commun la mobilisation ne peut être que mondiale. Il est en effet absolument nécessaire de mettre en commun les données, leur collecte et leur stockage ainsi que leur analyse pour répondre à cet enjeu planétaire qu’est la protection de l’océan. Cet enjeu de recherche, c’est évidemment un enjeu de meilleure connaissance, de protection de la biodiversité mais c’est un enjeu essentiel pour améliorer notre alimentation, la recherche médicale, mais les recherches aussi (…) en matière d’acoustique ou de matériaux, car cette recherche sur le plan maritime irrigue d’autres champs de notre recherche dans bien d’autres domaines et est au cœur d’une interdisciplinarité essentielle. Notre avenir en dépend. 

Quel rôle l’océan joue-t-il dans le climat et quels sont les impacts du changement climatique sur l’océan sont les questions abordées dans une collection de fiches scientifiques à télécharger sur le site de la plateforme Océan et Climat qui, forte de la participation de plus de 70 membres, favorise la réflexion et les échanges entre la communauté scientifique, la société civile et les décideurs politiques.

https://ocean-climate.org

https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/12/03/locean-poumon-de-lhumanite-qui-menace-de-setouffer

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