Fév 01

Dans la cyberguerre, l’offensif n’est plus tabou

La menace Cyber nécessite aussi un traitement offensif ! Il est précisé dans la stratégie française de lutte informatique offensive (LIO) dévoilée par la ministre des Armées et qui fait le pendant de la stratégie défense (LID). Ce documen, enfin… sa partie publique, présente en préambulel’environnement géo-technologique en la matière.

Puissance militaire nucléaire, conventionnelle et cyber, membre permanent du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord et de l’Union européenne, la France assume, sous l’autorité du Président de la République, ses engagements sur la scène internationale. Dans un environnement géopolitique en proie aux crises, à la déstabilisation, à la menace terroriste et aux guerres conventionnelles et hybrides, le ministère des Armées contribue à garantir, en toutes circonstances, en temps de paix ou de guerre, la souveraineté nationale et l’autonomie de décision de la France, sur le territoire national comme sur tous les théâtres extérieurs où sont déployées nos armées. 

Les cyberattaques contre l’Estonie en 2007, contre les réseaux électriques de l’Ukraine, contre TV5 Monde en 2015, le rançongiciel Wannacry au printemps 2017 ou encore l’attaque NotPetya en juin 2017, illustrent les champs d’actions possibles pour des attaquants dont les quatre objectifs majeurs sont l’espionnage, les trafics illicites, la déstabilisation et le sabotage. 

La plupart des luttes de pouvoir, des crises et des conflits contemporains connaissent un développement dans l’espace numérique. Les armées doivent désormais, systématiquement, regarder le combat cybernétique comme un mode d’action à part entière dont les effets se combinent aux autres dans une manœuvre globale. 

Véritable rupture en termes de technologie et d’emploi de la force, l’arme cyber est amenée à bouleverser les modalités de la guerre sans en renouveler profondément les principes. Multiplicité d’acteurs étatiques, masqués ou non, organisations terroristes, frontières gommées, perceptions troublées, repères faussés, propagation rapide, droit international non respecté, code de conduite bafoué : tels sont les risques du cyberespace. Une zone grise, un brouillard, dont les effets, eux, sont bien réels, parfois dévastateurs. Le combat dans le cyberespace est de nature asymétrique, hybride, parfois invisible et en apparence indolore. Pourtant, l’emploi de l’arme cyber est susceptible de porter gravement atteinte aux capacités et aux intérêts souverains des États. 

La revue stratégique de cyberdéfense, publiée en février 2018, a confirmé la pertinence de notre modèle d’organisation et de gouvernance qui sépare les missions et capacités offensives des missions et capacités défensives. Elle a proposé une stratégie à part entière dans ce domaine en structurant l’organisation de la cyberdéfense autour d’un centre de coordination interministériel des crises cyber animé par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) sous l’autorité du Premier ministre et de quatre chaînes opérationnelles distinctes. En complément des chaînes « protection », « renseignement » et « investigation judiciaire », la chaîne « action militaire » a notamment recours à la lutte informatique offensive (LIO). 

La France consolide ainsi un modèle rénové de cyberdéfense, dont la création du commandement de la cyberdéfense (COMCYBER) en mai 20171 avait constitué une des étapes fondatrices au sein du ministère des Armées. Le COMCYBER a la responsabilité de la cyberdéfense militaire, qui recouvre l’ensemble des actions défensives et offensives conduites dans le cyberespace pour garantir le bon fonctionnement du ministère et l’efficacité des forces armées, dans la préparation, la planification et la conduite des opérations militaires. 

Désormais, le ministère des Armées dispose de capacités et d’une doctrine d’emploi qui couvrent les actions cyber offensives dédiées à l’engagement des forces armées. 

La lutte informatique offensive à des fins militaires, une arme de supériorité opérationnelle 

La capacité à conduire des opérations militaires défensives et offensives dans le cyberespace contribue à garantir la souveraineté nationale. Elle participe à l’obtention d’avantages opérationnels sur les théâtres d’engagement de nos forces armées, mais aussi à la défense des systèmes d’information des armées. Ainsi, les forces armées se dotent de l’ensemble du spectre des moyens de lutte informatique désormais nécessaires à la conduite des opérations : défensif, offensif et contre les manipulations de l’information nuisibles à nos opérations militaires. 

Sous l’autorité du chef d’état-major des armées, le COMCYBER est l’autorité d’emploi de la capacité militaire cyber offensive, partie intégrante de la chaîne opérationnelle des armées, en parfaite cohérence avec leur organisation et leur structure opérationnelle. 

La LIO à des fins militaires et une capacité agile et novatrice.

La lutte informatique offensive à des fins militaires (LIO) recouvre l’ensemble des actions entreprises dans le cyberespace, conduites de façon autonome ou en combinaison des moyens militaires conventionnels. L’arme cyber vise, dans le strict respect des règles internationales2, à produire des effets à l’encontre d’un système adverse pour en altérer la disponibilité ou la confidentialité des données. 

La variété des effets de la LIO et des modes d’action correspondant tient à la nature du cyberespace, nouveau champ de confrontation. Celui-ci repose sur une structure en trois couches : 

  • une couche physique, constituée des équipements des systèmes informatiques et de leurs réseaux ayant une existence matérielle et, pour certains d’entre eux, une existence électromagnétique (ordinateurs, processeurs, câbles, fibres, émetteurs, récepteurs, liens satellitaires, routeurs etc.) ; 
  • une couche logique, constituée de l’ensemble des données numériques, des processus et outils de gestion et d’administration de ces données, ainsi que de leurs flux d’échanges (fichiers, sites, adresses, codes de connexion, protocoles, logiciels, applications etc.), implantés dans les matériels pour leur permettre de rendre les services attendus ; 
  • -une couche sémantique et sociale, constituée par les informations qui circulent dans le cyberespace et par les personnes qui peuvent disposer de multiples identités numériques ou « avatars » (pseudonymes, adresses de messagerie, adresses IP, blogs etc.). 

L’interdépendance de ces trois couches renforce les opportunités d’actions de la LIO et donc de déstabilisation de l’adversaire. 

Comme le précise la revue stratégique de cyberdéfense, ces règles définissent notamment les conditions du déclenchement ou de l’adoption de mesures de rétorsion, de contre-mesures ou même du recours à la force en cas d’agression armée justifiant la légitime défense. 

Lorsqu’elle est combinée aux modes d’action conventionnels, la LIO prend sa pleine dimension de potentiel multiplicateur d’effets – amplifier, améliorer ou compléter. Elle tire notamment partie de la mise en réseau croissante de l’ensemble des systèmes militaires, ainsi que de leurs interconnexions avec l’Internet. 

L’emploi de la LIO s’inscrit dans une temporalité qui lui est propre. Si ses effets peuvent être fulgurants, son intégration dans la manœuvre opérationnelle globale est un processus qui se caractérise par une planification longue et très spécifique. Ces effets peuvent être d’ordre matériel – neutralisation d’un système d’arme – ou immatériel – collecte de renseignement, temporaires, réversibles ou définitifs. 

La LIO vise à contribuer dans le cyberespace à la supériorité militaire

Face à un adversaire, la LIO propose des modes d’actions discrets et efficaces contre les systèmes numérisés, capables de se substituer à d’autres modes d’action, de les préparer ou les compléter. 

La LIO permet de tirer parti de vulnérabilités dans les systèmes numériques adverses durant toutes les phases d’une crise : renseignement, prévention, gestion ou stabilisation. 

Elle permet d’atteindre trois types d’objectifs opérationnels dans la conduite d’opérations militaires : 

1)  évaluation de capacités militaires adverses : recueil ou extraction d’informations ; 

2)  réduction voire neutralisation de capacités adverses : perturbation temporaire ou création de dommages majeurs dans les capacités militaires adverses ; 

3)  modification des perceptions ou de la capacité d’analyse de l’adversaire : altération discrète de données ou systèmes, exploitation d’informations dérobées au sein d’un système d’information militaire de l’adversaire. 

Les cibles visées peuvent être exposées sur Internet, isolées, ou partie intégrante d’un système d’armes plus global. La LIO contribue à la sécurisation, voire à la préservation des moyens numérisés utilisés par nos forces déployées. Les actions de LIO ne sont pas nécessairement menées au contact physique de l’adversaire. 

La LIO peut aussi venir en appui de la lutte informatique défensive lorsque l’attaque informatique vise exclusivement les capacités opérationnelles des armées ou les chaînes de commandement de la défense en participant à la caractérisation d’une attaque, en faisant cesser une agression cyber sur nos systèmes, conformément à l’article L. 2321-2 du code de la défense3 ou en imposant une diversion de ses efforts vers des cibles inutiles. 

Complémentaire des armes conventionnelles, la LIO produit les mêmes effets de renseignement, de neutralisation ou de déception tout en opérant dans un nouveau domaine. 

Elle peut être employée en substitution ou en combinaison des autres capacités de recueil ou d’action sur tout le spectre de l’engagement militaire : renseigner, défendre, agir.

La LIO s’organise autour d’une chaine de commandement unifiée et d’unités spécialisées

La LIO repose sur des savoir-faire sensibles et constitue un des attributs d’une 7 défense souveraine. Ces deux dimensions imposent un contrôle stratégique des opérations de LIO, de leur planification jusqu’à leur mise en œuvre. 

L’emploi de la LIO se conçoit aux niveaux stratégique (dans la manœuvre opérationnelle interarmées globale) et tactique (dans la manœuvre des composantes d’armées sur les théâtres d’opération). 

Sous l’autorité du Président de la République et aux ordres du chef d’état-major des armées, le COMCYBER a la responsabilité de planifier et de coordonner des opérations LIO au profit de la manœuvre interarmées. Il assure la cohérence de la planification et de la conduite des actions de LIO avec les différents états-majors opérationnels (interarmées, terrestre, naval, aérienne, forces spéciales), et les services de renseignement, ceux du niveau stratégique jusqu’au niveau tactique. Enfin, il développe et anime le volet LIO de la coopération militaire avec les alliés. 

Les opérations de LIO sont conduites par des unités spécialisées, dont l’expertise garantit l’analyse des risques et la maîtrise des effets, collatéraux voire fratricides, induits par la complexité du domaine. L’action de ces unités spécialisées est pleinement intégrée à la manœuvre des armées, directement sur le terrain ou à distance. 

Le document se prolonge en traitant ensuite de la nécessaire maîtrise des risques liés à l’emploi de la LIO, de l’encadrement juridique des opérations de LIO, du développement de la culture en coalition de LIO, et du défi pour l’avenir que représente le développement de cette capacité militaire d’emploi.

https://www.defense.gouv.fr/actualites/articles/cyberdefense-la-france-passe-a-l-offensive

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Jan 25

La menace cyber est à prendre très au sérieux

Le Forum International de la Cybersécurité vient d’avoir lieu à Lille. J’y ai signé l’adhésion d’Yncréa (www.yncréa.fr) au Pôle d’Excellence Cybersécurité (https://www.pole-excellence-cyber.org). 

La menace cyber est à prendre très au sérieux. Le ministère des Armées « se met en ordre de bataille » sur la question. 

D’abord défensivement. 

Florence Parly vient de rendre public une partie de la stratégie française de lutte informatique défensive, dont je reprends ci-dessous les éléments de synthèse.

Pour le ministère des armées, la protection des réseaux informatiques et des systèmes d’information constitue le premier rempart pour empêcher une attaque informatique. Si ce premier rempart est indispensable, la dynamique de numérisation des systèmes qui soutiennent les activités du ministère, y compris au profit de son engagement opérationnel via ses systèmes de commandement et ses systèmes d’armes, offre de nouvelles opportunités aux attaquants ; elle impose donc de développer de nouveaux modes de défense, adaptés à ces nouvelles menaces. 

C’est sur la base de ce constat que le ministère des Armées a souhaité redéfinir sa politique en matière de lutte informatique défensive (LID). Cette politique ministérielle de LID développe des principes de réponse à ces questions, en précisant l’organisation et les missions qui s’appliquent à tous les organismes placés sous l’autorité de la ministre des Armées, ainsi que les attentes et contraintes de ceux qui contribuent, par des services ou des capacités, à son engagement (industriels…). 

Le cyberespace : espace de vulnérabilité et espace d’opportunité 

Si nos adversaires n’ont pas fondamentalement changé leurs objectifs – espionnage, sabotage ou encore manipulation – les modes opératoires et techniques utilisés pour y répondre sont sans cesse renouvelés par l’émergence continue de nouvelles pratiques et technologies liées au numérique, ainsi que l’hyper connectivité de nos équipements et réseaux. 

Le cyberespace possède une dynamique qui lui est propre : instantanéité des échanges, diffusion en réseau, massivité de données accessibles à tous, effacement des frontières… Il est aussi un multiplicateur d’efficacité pour peu que l’on dispose des bonnes données et informations, qui sont devenues une ressource critique, au cœur du fonctionnement politique, économique et social des sociétés modernes. 

Or, nos adversaires ont parfaitement compris l’avantage politique, économique ou opérationnel qu’ils pouvaient obtenir de l’exploitation des vulnérabilités de cette numérisation galopante, touchant aussi le champ de bataille. 

L’anticipation et la maîtrise de ce risque constituent les deux paramètres clefs d’une LID devenue indispensable pour préserver le fonctionnement quotidien du ministère ainsi que sa supériorité opérationnelle dans les conflits où les armées sont engagées. 

Les six missions de la cyberdéfense 

Pour atténuer leur vulnérabilité, les systèmes militaires doivent offrir le meilleur niveau de « défendabilité » possible. Il s’agit, d’une part, de s’assurer de la bonne prise en compte du risque d’attaque cyber et des potentielles conséquences sur les organisations ou individus visés et, d’autre part, d’être en mesure d’adapter notre capacité d’action et de réaction à une attaque cyber, en fonction du contexte opérationnel ou de la réalité de la menace. 

Au-delà de la notion de « défendabilité » de nos systèmes, la cyberdéfense au sein du ministère des Armées est déclinée en pleine cohérence avec les six missions définies par la revue stratégique de cyberdéfense publiée en février 2018 : 

  • prévenir : il s’agit de faire prendre conscience aux utilisateurs du risque représenté par la numérisation des organisations ou des équipements qu’ils servent. Cette mission incombe au Haut fonctionnaire correspondant de défense et de sécurité (HFCDS) du ministère ; 
  • anticiper : il s’agit d’évaluer en permanence les probabilités de cyberattaques et prendre des mesures préventives lorsque la menace paraît suffisamment forte. Cette mission incombe à l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI), en coordination avec les services de renseignement et le Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER) sur le périmètre du ministère des Armées ; 
  • protéger : il s’agit de diminuer la vulnérabilité de nos systèmes informatiques, à la fois en compliquant la tâche des attaquants potentiels et en facilitant la détection des cyberattaques. La protection est nécessaire tout au long du cycle de vie des systèmes ; 
  • détecter : il s’agit de rechercher des indices d’une éventuelle cyberattaque en cours. Cette mission relève de la responsabilité du COMCYBER et des unités subordonnées à la ministre des Armées. Pour compléter ses informations, il sollicite ses partenaires nationaux et internationaux ; 
  • réagir : il s’agit de résister à une cyberattaque afin qu’elle n’empêche pas la poursuite de notre activité. Dans la plupart des cas, le COMCYBER déclenche alors une opération de LID, en liaison avec l’ANSSI. Elle peut entraîner l’emploi de moyens qui sortent du domaine de la cyberdéfense, voire du ministère des Armées (saisie de la justice, action diplomatique, rétorsion économique, etc.) ; 
  • attribuer : il s’agit de préciser l’auteur d’une cyberattaque par des preuves ou un faisceau d’indices. Les services de renseignement sont au cœur de ce processus de recueil d’indices d’attribution. La décision d’attribution appartient aux plus hauts responsables politiques. 

Les actions de prévention et de protection concernent les systèmes informatiques du ministère des Armées (zone amie). 

Les missions d’anticipation, de détection et de réaction s’intéressent aux systèmes informatiques appartenant aux autres catégories d’acteurs (zones neutre et ennemi). 

La LID au sein du ministère des Armées 

La LID regroupe l’ensemble des actions, techniques et non techniques, conduites pour faire face à un risque, une menace ou à une cyberattaque réelle, en vue de préserver notre liberté d’action. 

La LID couvre principalement trois de ces missions : anticiper, détecter et réagir et complète les missions : prévenir, protéger et attribuer. Elle contribue ainsi à la résilience des armées et plus globalement à l’élaboration des stratégies de réponse aux niveaux ministériel et interministériel. 

Au sein du ministère des Armées, les opérations de LID sont planifiées et conduites par le COMCYBER, en coordination avec l’ANSSI, les services de renseignement, et éventuellement d’autres partenaires (nationaux ou internationaux). 

Les autres points abordés dans les éléments publics de cette stratégie traitent de l’organisation au sein du MinArm et de la posture permanente Cyber pour la défense des systèmes informatiques du ministère.

https://www.defense.gouv.fr/actualites/articles/cyberdefense-la-france-passe-a-l-offensive

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Jan 18

Australie : une feuille de route pour la robotique

L’Australie vient de se doter d’une feuille de route pour la robotique. Elle a vocation à guider le développement d’une industrie soutenant l’automatisation des procédés dans tous les secteurs de l’économie australienne.

Partant du constat que la transition industrielle est une nécessité pour maintenir le niveau de croissance et de vie en Australie, cette feuille de route insiste sur l’éducation et la formation des générations futures, afin de les équiper des compétences nécessaires pour intégrer, développer ou créer les technologies de demain. Elle constate que l’innovation est stimulée d’une part par la présence de compétences complémentaires dans des centres croisant recherche et technologie de pointe, et d’autre part, par la compétition et les défis qui sollicitent l’esprit d’entrepreneuriat et permet le développement de compétences pour résoudre les problèmes par la création de nouvelles technologies.

Le comité de rédaction de cette feuille de route s’est appuyé sur 5 principes de base pour son élaboration :

  1. L’industrie robotique doit faire progresser la compétitivité économique de l’Australie en créant des emplois qualifiés, et avec une politique adaptée, en aidant à la reconversion des emplois qui vont disparaître.
  2. L’utilisation de la robotique sur le lieu de travail doit permettre d’éliminer les travaux routiniers, d’améliorer l’efficacité des travailleurs, et de leur permettre de dédier plus de temps à des tâches valorisantes.
  3. La robotique doit réduire les risques pour les travailleurs en situation dangereuse.
  4. L’automatisation doit aider à fournir un service meilleur et plus uniforme dans les régions isolées.
  5.  Les décisions d’investissement et d’intégration de la technologie robotique doivent être clairement comprises, cette feuille de route aide à voir l’état actuel et sans doute futur de la robotique en Australie.

L’état des lieux du secteur de la robotique montre que l’Australie a développé une technologie de pointe dans le domaine, notamment dans le secteur minier, et qu’elle possède une recherche de haut niveau, connecté au secteur industriel. Le pays bénéficie également de sa géographie offrant de grands espaces utilisables comme espaces de test, et qui le pousse à développer des solutions technologiques pour les zones isolées. Mais l’Australie souffre d’un marché de petite taille et d’une industrie peu développée et peu reconnue sur la scène internationale. De plus, la culture entrepreneuriale et la prise de risque économique sont peu développées en Australie.

Cette feuille de route propose 18 recommandations afin de favoriser la transition de nombreux secteurs économiques en Australie par l’intégration de la robotique.

Industrie 

  1. Encourager la création d’entreprises de haute-technologie qui utilisent la robotique et encourager l’automatisation dans les entreprises existantes
  2. Attirer les investissements en R&D des compagnies locales et étrangères par des incitations fiscales, notamment en direction des compagnies utilisant des droits australiens de propriété intellectuelle
  3. Orienter les compétences de la main d’œuvre australienne avec des formations appropriées d’initiation ou de développement de compétences pour l’utilisation des technologies robotiques.

Dans le domaine de l’éducation, il s’agit d’équiper les Australiens des compétences nécessaires dans cette transition industrielle :

  1. En établissant des formations à la robotique et aux systèmes autonomes dans toutes les filières, et en développant la recherche et les collaborations, avec une préoccupation pour l’égalité des genres.
  2. En développant un système d’attestation de compétences en robotique dans les universités et les établissements de formation professionnelle australiens, et en soutenant l’organisation de compétitions de robotique au niveau secondaire afin d’attirer des talents dans le secteur.

Un certain nombre de recommandations s’adresse au gouvernement australien, qui doit stimuler les activités de la robotique en établissant un cadre judiciaire et éthique, et en intégrant les technologies robotiques dans les services gouvernementaux :

  1. Ce cadre devrait être cohérent avec les modèles émergents à l’étranger (Europe), et inclure des réglementations pratiques (la fréquence utilisée par les véhicules autonomes, par exemple). Un organisme gouvernemental devrait être mis en place pour accélérer l’approbation des nouvelles applications robotiques commercialisables.
  2. Le gouvernement devrait investir dans ces technologies robotiques, les développer et soutenir leurs infrastructures, y-compris les banques de données et réseaux de télécommunication sur lesquels elles s’appuient.
  3. Une étude des industries de la robotique et des technologies associées ainsi que de leurs utilisations devrait être mise en place afin de mieux guider et financer le secteur.
  4. Un soutien financier et politique devrait être apporté pour l’amélioration des qualifications, la reconversion, et la migration des travailleurs qualifiés, afin de former, d’attirer ou de retenir les talents de la robotique en Australie.
  5. Des espaces d’essais pour tester des nouvelles initiatives en robotique, dépourvus de certaines contraintes de règlementations, devraient être mis en place afin d’accélérer leur mise au point (pour les véhicules autonomes ou la télémédecine, par exemple).
  6. Des standards de sécurité, de gestion des risques et d’interopérabilité devraient être mis en place pour les robots, alignés sur les standards internationaux.

La recherche et développement du secteur de la robotique devra évoluer afin de stimuler l’innovation, d’attirer les investissements, de conduire à plus de commercialisations et d’encourager les applications robotiques en sciences sociales.

  1. Des centres de compétences en technologies robotiques, construits sur les compétences existantes, devraient être mis en place, notamment pour encourager les collaborations recherche-industrie. Ces centres devraient fournir une formation doctorale, inclure des laboratoires d’essais, et favoriser le partage de données, de brevets, de codes, de standards et d’infrastructures afin de stimuler le développement de la robotique en Australie.
  2. Un plan de financement spécifique devrait être développé afin de soutenir la recherche du secteur et d’aider à la commercialisation des technologies robotiques, donnant la priorité aux entreprises nouvelles et aux industries émergentes, au soutien pour l’automatisation des entreprises existantes, et aux approches technologiques centrées sur l’humain.
  3. Les industries existantes et émergentes devraient structurer leurs programmes de recherche et développement vers une évolution cohérente de la robotique, et les priorités du secteur devraient être développées et financées par le gouvernement.
  4. La recherche interdisciplinaire devrait être encouragée afin de répondre aux préoccupations sociales et culturelles concernant l’intégration de la robotique.

Cette transition doit être soutenue par une culture de l’entrepreneuriat dans les domaines de compétences australiennes, sur des niches technologiques pour lesquelles la robotique s’attèlerait à résoudre les défis de l’Australie

  1. Une stratégie nationale de la robotique devrait être développée, par un organisme multisectoriel par exemple, qui établirait une feuille de route des règlementations nationales du secteur. Cette stratégie devrait être fondée sur les collaborations afin de faciliter le regroupement en centres de compétence et d’encourager au partage des connaissances, des compétences et des ressources.
  2. Sensibiliser les industries, le gouvernement et le grand public sur les avantages de l’intégration des technologies robotiques (création d’emplois, service dans les zones isolées, gains en efficacité et productivité, sécurité…).
  3. Développer et financer directement des compétitions de robotique pour attirer l’intérêt, l’implication, les idées et les talents dans le secteur

La feuille de route développe ensuite les différents secteurs pour lesquels les besoins en robotique vont se développer. Elles devraient permettre de développer les capacités de la médecine (télémédecine dans les zones isolées, performances de tâches répétitives, analyse de données). De nombreux services devraient bénéficier de ces technologies (service de distribution à moindre coût, surveillance policière, soutien aux enseignants, médecins et infirmiers, services ménagers, maintenance des infrastructures, etc…). La défense, l’agriculture, l’environnement et l’espace sont également des domaines pour lesquels des robots adaptés peuvent collecter des informations, les analyser, et éventuellement agir…

https://www.roboticvision.org/wp-content/uploads/Robotics-Roadmap_FULL-DOCUMENT.pdf

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-scientifique/veille-scientifique-et-technologique/australie/article/la-feuille-de-route-australienne-pour-la-robotique

Et en France ? L’analyse des besoins actuels et futurs en matière de robotique, la promotion et le développement de l’offre technologique et de services, la mise en place d’actions d’intérêt général et de collaborations entre les acteurs constituent les objectifs essentiels des Etats Généraux de la Robotique organisés chaque année par la Direction Générale des Entreprises du Ministère de l’Economie et des Finances.

La cinquième édition se tiendra au Salon Global Industrie le 7 mars 2019 à Eurexpo, Lyon.

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Jan 11

L’innovation de défense, un rôle moteur pour l’innovation de rupture

L’innovation est présentée par le gouvernement comme une priorité absolue pour notre autonomie stratégique. Force est de reconnaître que les efforts publics financiers, fiscaux, règlementaires,… en faveur de l’innovation sont importants, continus et transpartisans. Deux des derniers évènements en la matière ont été les mises en place de l’Agence de l’Innovation de Défense (AID) et du Conseil de l’Innovation. 

L’AID a été créée au premier septembre 2018 avec une mise en place opérationnelle au 1erjanvier 2019. Elle vient de publier un premier appel à propositions sur l’Intelligence Artificielle https://www.defense.gouv.fr/dga/actualite/preselection-de-projets-ia-appel-a-proposition.

Le Conseil de l’Innovation s’est réuni pour la première fois le 13 décembre 2018… à l’Innovation Défense Lab de l’AID ! Cette première séance a été consacré à l’innovation de défense. Il est intéressant de présenter objectifs et dispositifs en la matière.

L’innovation technologique conditionne aujourd’hui pour une grande part la souveraineté et l’autonomie stratégique de la France. C’est pourquoi l’innovation constitue un des quatre piliers de la Loi de Programmation Militaire (LPM) et une priorité de l’action de la Ministre des armées. La Revue stratégique de défense publiée fin 2017 décrit un environnement stratégique incertain dans lequel la supériorité technologique des armées françaises peut être remise par des technologies issues du monde civil et utilisées de façon très agile par des adversaires asymétriques et par le retour des Etats-puissances qui investissent massivement dans des technologies de rupture, telles que le spatial, l’intelligence artificielle, l’hyper-vélocité, l’informatique quantique, et mettent la France et l’Europe en situation de risque technologique. 

De plus, l’investissement de long terme dans l’innovation de défense permet à la base technologique et industrielle française de maintenir des compétences académiques et des savoir-faire industriels stratégiques. C’est un facteur de compétitivité et donc de pérennité de l’industrie française de défense. 

Une nouvelle ambition 

Dans ce contexte, le ministère des armées doit non seulement poursuivre son effort d’investissement en R&D de long terme mais également s’ouvrir à l’innovation civile et à l’écosystème des start-ups pour saisir les opportunités d’intégration rapide de nouvelles technologies à forte valeur ajoutée. Cette ouverture est la priorité de l’Agence de l’innovation de défense (Agence ID), créée en septembre 2018, et dirigée par Emmanuel Chiva, par ailleurs animateur du très intéressant blog VMF 214 https://vmf214.net/author/emchiva/

L’ambition du ministère portée par cette Agence s’articule autour de trois objectifs : 

Maîtriser des cycles courts pour intégrer au plus tôt des innovations issues du monde civil et créer des ruptures d’usage sur le terrain des opérations. Pour atteindre cet objectif, le ministère : 

  • amplifie sa politique de partenariat et d’innovation ouverte (« open innovation ») avec les écosystèmes les plus innovants (pôles de compétitivité, clusters, universités, organismes de recherche, incubateurs) dans tous les domaines. L’Innovation Defense Lab, qui accueille cette séance du Conseil de l’Innovation, sera le nouveau hub de cette innovation ouverte ; 
  • développe un lien privilégié avec les PME et start-ups grâce à des outils qui leur sont dédiés (Fonds de capital-risque Definvest, dispositif RAPID, Défis start-ups). Le plan Action PME annoncé en avril renforce les dispositifs en faveur des PME ; 
  • monte en puissance rapidement sur la science des données, l’intelligence artificielle et les objets connectés pour accélérer sa transformation numérique. 50 experts seront recrutés d’ici 2020, les études sur ces sujets passeront de 10 à 100 millions d’euros de budget annuel ;
  • encourage fortement l’innovation et l’intrapreneuriat de ses personnels, qui sont les mieux à même d’innover dans leurs métiers et leurs usages. Cette action est portée par la Mission pour l’Innovation Participative qui fête ses 30 ans cette année et est désormais rattachée à l’Agence ID. 

Maintenir l’effort sur des usages technologiques spécifiques à la défense dans des domaines tels que l’optronique, la guerre électronique, l’artillerie du futur, le successeur du char Leclerc, les drones de surveillance armés,… Pour atteindre cet objectif, le ministère : 

  • met l’accent sur l’expérimentation. Le ministère développe l’usage des techniques de prototypage rapide, d’expérimentation agile et d’acquisition en temps contraint ;
  • promeut des initiatives de types défis/hackhatons pour stimuler les communautés innovantes sur les préoccupations spécifiques défense. (ex : défis ANR-DGA) ; 
  • mène une politique de grands démonstrateurs pour démontrer la faisabilité des capacités structurantes pour les armées à horizon 2030 (ex : NEURON), en bénéficiant de l’augmentation des crédits d’études et d’innovation qui atteindront 1 Md€ en 2025 dans le cadre de la LPM 2019-2025. 

Détecter et investir au plus tôt dans des innovations à maturation longue porteuses de rupture pour le système de défense à horizon 2030. Pour atteindre cet objectif, le ministère : 

  • investit dans la recherche stratégique pour détecter les ruptures géo-politiques et capacitaires. Les « labels d’excellence de la recherche stratégique » délivrés par le ministère à des centres académiques, ont pour objectif de créer une filière d’excellence sur les « war studies » ; 
  • noue des partenariats de long terme avec les opérateurs de recherche et les équipes académiques les plus performantes pour détecter et investir dans les ruptures technologiques à venir (furtivité active, hypervélocité, drones en essaim, arme à énergie dirigée, informatique quantique…). Le Ministère des armées contribue ainsi au financement des grands organismes de recherche que sont le CNES, l’ONERA, ou le CEA, et collabore étroitement avec les opérateurs que sont l’Agence Nationale de la Recherche ou Bpifrance. Plus de 130 thèses et post-docs par an et plusieurs centaines de projets de recherche sont ainsi financés chaque année ; 
  • est aux avant-postes de la construction de l’Europe de la défense en matière de R&D. L’Agence ID sera résolument tournée vers l’Europe et tirera pleinement partie de l’opportunité formidable qu’est aujourd’hui le fonds européen de défense et que sera demain l’agence européenne de l’innovation de rupture voulue par le Président de la République. 

Les laboratoires communs soutiennent les coopérations civiles et militaires. Historiquement, l’un des tout premiers laboratoires communs avec l’industrie a été celui de Thales avec le CNRS en 1995 puis avec l’université Paris Sud en 2000, qui a conduit au prix Nobel d’Albert Fert en 2007 sur la spintronique. Ce laboratoire a permis les technologies très innovantes, comme les capteurs de champs magnétiques et les mémoires non volatiles. Fort de ce constat, le ministère en charge de la recherche a initié en 2013 le programme Labcom, dont l’objectif opéré par l’ANR était de créer 100 Laboratoires communs avec des PME en 3 ans. Le programme a depuis été pérennisé dans le plan d’action de l’ANR, avec actuellement, 121 laboratoires communs sélectionnés pour une durée de 3 ans, pour chacun le laboratoire académique perçoit une subvention forfaitaire de 300 k€. 

Des nouveaux moyens, une nouvelle organisation 

Le ministère des armées consacre des moyens conséquents à l’innovation et la recherche et constitue un acteur majeur du soutien public à l’innovation : 

  • le budget dédié aux études, à la recherche et l’innovation représente 1 Md€ par an au sein de la mission Défense et augmentera de 25 % d’ici 2022. La Loi de Programmation Militaire prévoit également le lancement de programmes majeurs : porte-avion nouvelle génération, système majeur de combat terrestre MGCS, système de combat aérien du futur. Au total, ce sont plus de 4,5 Mds€ par an qui sont consacrés à la préparation de l’avenir ; 
  • les 6 000 ingénieurs experts techniques de la Direction Générale pour l’Armement couvrent un large spectre de technologies. Il se renforceront dans les domaines du numérique, de la cyber et de l’intelligence artificielle dans les mois à venir ; 
  • des commandes publiques à l’industrie française : en tant que premier acheteur de l’Etat, le Ministère des armées investit à hauteur de 11 Md€ par an aujourd’hui dans l’industrie, et ce montant augmentera de près de 30 % d’ici à 2025. 

Cet investissement est réalisé en grande majorité dans des projets à haute intensité technologique (deep-tech), comportant une prise de risque importante. Il bénéficie directement aux laboratoires et aux entreprises françaises et européennes. Cet investissement doit être réalisé dans un équilibre entre une logique top-down et une approche bottom up. L’Agence Innovation Défense aura pour mission de garantir cet équilibre. Enfin, cet investissement doit être réalisé en synergie avec la politique gouvernementale de soutien à l’innovation pour permettre les fertilisations croisées entre les usages civils et militaires. 

Programme ASTRID – Accompagnement Spécifique des Travaux de Recherche et d’Innovation Défense 

Le programme ASTRID (Accompagnement Spécifique des Travaux de Recherche et d’Innovation Défense) accompagne depuis 2012 les travaux de recherche duale. Financé par la DGA et mis en œuvre par l’ANR, ce dispositif permet de soutenir des recherches à caractère fortement exploratoire et innovant. Dans ce cadre, un large éventail de thématiques scientifiques peuvent être soutenues parmi les disciplines suivantes – Ingénierie de l’information et robotique, Fluides, structures, Ondes acoustiques et radioélectriques, Nanotechnologies, Photonique, Matériaux, chimie et énergie, Biologie et biotechnologies, Homme et systèmes, Environnement et géosciences. Les projets soutenus ont une durée de 18 à 36 mois et l’aide qui leur est allouée est limitée à 300 k€ par projet. Depuis 2011, 202 projets ont été financés ou sont en cours de financement, soit en moyenne 34 projets par an. 

Une stratégie en synergie avec la politique gouvernementale 

La dualité civil-militaire est une priorité de la politique du Ministère des armées en matière d’innovation et dès lors que les projets contiennent une part de dualité, des partenariats sont systématiquement mis en place avec les opérateurs civils et les dispositifs interministériels. Le ministère des Armées contribue à la gouvernance et au financement des plans gouvernementaux de soutien aux domaines technologiques stratégiques intéressant la défense : supercalcul, nanotechnologies, espace, intelligence artificielle. La cybersécurité également fera l’objet dans les prochains mois d’une feuille de route interministérielle. 

Il est néanmoins nécessaire de renforcer cette dynamique interministérielle afin que les enjeux de défense soient pleinement intégrés à la politique gouvernementale sur l’innovation. C’est pourquoi les ministères concernés ont décidé de renforcer les liens de collaboration sur l’innovation. 

Sur la gouvernance haute de l’innovation, l’Agence d’innovation de Défense pour le ministère des Armées sera largement associée aux travaux du Conseil de l’innovation et au pilotage des Grands défis, et réciproquement. Une collaboration entre l’Agence d’innovation de Défense et la Direction générale des entreprises au sein du ministère de l’économie et des finances sera créée afin de coordonner les actions en matière d’innovation duale. L’Agence collaborera également avec Bpifrance pour établir un partenariat global et prendre en compte les nouveaux outils orientés deep-tech. Enfin, l’Agence collaborera avec le ministère de la Recherche pour définir d’ici avril 2019 une nouvelle stratégie de collaboration avec les écoles et les organismes de recherche. 

Mais l’innovation de défense ne fonctionne pas en vase clos. Elle est ouverte sur l’extérieur. Pour preuve, on peut citer quelques exemples d’innovations de défense portées par des structures à vocation civile 

Les Instituts de recherche technologique (IRT) contribuent également au développement de technologies duales. Des thématiques, telles que l’intelligence artificielle, la simulation, la réalité augmentée, la sureté de fonctionnement, les systèmes collaboratifs ou la cyber sécurité, sont propices aux développements de briques technologiques pour des applications civiles et militaires. Par exemple, l’IRT SystemX, basé sur le plateau de Saclay, travaille avec Naval Group sur la sécurisation des infrastructures portuaires dans un cadre dual qui pourra s’appliquer à des cas d’usage orientés Défense. 

Créée en 2016, la start-up SINTERmat capitalise sur plus de 15 ans de recherche dans les laboratoires de l’Université de Bourgogne et développe une technologie de frittage rapide, communément appelée SPS (Spark Plasma Sintering). Cette technologie permet d’agglomérer des nanopoudres et d’obtenir ainsi des pièces d’une résistance et d’une densité exceptionnelles qui sont utilisées dans l’industrie aéronautique, automobile ou de défense, mais aussi dans l’industrie du luxe. La maturité acquise permet à SINTERmat de passer dès à présent à une production industrielle, industrialisation rendue possible par la levée de fonds réalisée auprès du fonds DEFINVEST, géré par Bpifrance pour le compte du Ministère des Armées, d’investisseurs privés et de la SATT Sayens. L’achat d’une machine de frittage, aux capacités uniques en France et en Europe, et son installation prochaine dans de nouveaux locaux à Montbard (Côte d’Or) vont permettre à SINTERmat de répondre aux sollicitations déjà nombreuses de ses clients et d’assurer son développement commercial. SINTERmat a été accompagné par la SATT Sayens dans la maturation de sa technologie et sa stratégie de propriété industrielle. C’est également la 1ère start- up dans laquelle la SATT SAYENS prend une participation au capital. 

<http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/Innovation/74/9/DP_Conseil_de_l_innovation_1049749.pdf>

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Déc 28

La France améliore (améliorait ?) sa compétitivité

Restons optimistes. Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule. C’est presque une question de cohérence.

La semaine dernière, c’était la bonne attractivité industrielle de la France qui était analysée par EY. Cette semaine, je souhaiterai terminer l’année par une autre bonne note (malgré les évènements actuels et le pessimisme ambiant !) et relayer le gain d’une place de la France en matière de compétitivité… selon le Forum économique mondial : de la 18ème à la 17ème place, alors qu’elle était 21ème en 2016. La progression continue ! Pourvu que ça dure …

La France a été particulièrement performante en matière de qualité de santé (7ème), de ses infrastructures (8ème), et de sa capacité d’innovation (11ème), notamment grâce à ses instituts de recherche (3ème) ou la qualité de ses publications (5ème) selon le Forum économique mondiale : « En tant qu’hôte d’institutions de recherche de classe mondiale (3ème), le pays affiche une excellente capacité d’innovation (11ème) et se classe parmi les meilleurs pays du monde en termes de nombre et de qualité de ses publications de recherche (5ème) souligne le Forum.

Le Forum économique mondial note que « La France sécurise une place parmi les vingt premières économies mondiales, en ayant récemment lancé un programme de réformes ambitieuses avec la loi travail, effectué une réforme des services publics et rendu le pays attractif aux investisseurs du secteur des technologies ».

Il analyse aussi que « Si la France n’apparaît qu’à la 17ème place, c’est notamment en raison de ses mauvais scores en termes de marché du travail, de compétences (et notamment numériques) de la population et de dynamisme des entreprises en particulier à l’égard du risque entrepreneurial ». Et force est de reconnaître que les performances en matière de formation et d’enseignement ne sont pas à la hauteur de ce qui pourrait être attendu.

Les États-Unis ont détrôné la Suisse, première depuis neuf ans, et qui figure désormais en quatrième position derrière Singapour et l’Allemagne.

Le rapport note que « Avec un score de 85,6 sur 100, les États-Unis sont le pays le plus proche de la frontière de la compétitivité. … Ils sont notamment en tête du pilier ‘dynamisme des entreprises’, grâce à leur forte culture d’entrepreneuriat, du pilier ‘marché du travail’ et du pilier ‘système financier’ ».

http://www3.weforum.org/docs/GCR2018/05FullReport/TheGlobalCompetitivenessReport2018.pdf

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J’en profite pour vous remercier, vous les presque 2200 abonnés de ce blog, et vous souhaiter une excellente année 2019, charge à nous tous de l’inventer et de la construire avec volonté, dynamisme, création de valeurs (ce que certains oublient.. avant de la distribuer, la valeur, il faut la créer !) et sérieux (notamment des réflexions systémiques),  … mais autant de légèreté que possible. La vie est belle ! Ne l’oublions jamais.

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