Oct 09

Australie : une feuille de route pour la robotique

L’Australie vient de se doter d’une feuille de route pour la robotique. Elle a vocation à guider le développement d’une industrie soutenant l’automatisation des procédés dans tous les secteurs de l’économie australienne.

Partant du constat que la transition industrielle est une nécessité pour maintenir le niveau de croissance et de vie en Australie, cette feuille de route insiste sur l’éducation et la formation des générations futures, afin de les équiper des compétences nécessaires pour intégrer, développer ou créer les technologies de demain. Elle constate que l’innovation est stimulée d’une part par la présence de compétences complémentaires dans des centres croisant recherche et technologie de pointe, et d’autre part, par la compétition et les défis qui sollicitent l’esprit d’entrepreneuriat et permet le développement de compétences pour résoudre les problèmes par la création de nouvelles technologies.

Le comité de rédaction de cette feuille de route s’est appuyé sur 5 principes de base pour son élaboration :

  1. L’industrie robotique doit faire progresser la compétitivité économique de l’Australie en créant des emplois qualifiés, et avec une politique adaptée, en aidant à la reconversion des emplois qui vont disparaître.
  2. L’utilisation de la robotique sur le lieu de travail doit permettre d’éliminer les travaux routiniers, d’améliorer l’efficacité des travailleurs, et de leur permettre de dédier plus de temps à des tâches valorisantes.
  3. La robotique doit réduire les risques pour les travailleurs en situation dangereuse.
  4. L’automatisation doit aider à fournir un service meilleur et plus uniforme dans les régions isolées.
  5.  Les décisions d’investissement et d’intégration de la technologie robotique doivent être clairement comprises, cette feuille de route aide à voir l’état actuel et sans doute futur de la robotique en Australie.

L’état des lieux du secteur de la robotique montre que l’Australie a développé une technologie de pointe dans le domaine, notamment dans le secteur minier, et qu’elle possède une recherche de haut niveau, connecté au secteur industriel. Le pays bénéficie également de sa géographie offrant de grands espaces utilisables comme espaces de test, et qui le pousse à développer des solutions technologiques pour les zones isolées. Mais l’Australie souffre d’un marché de petite taille et d’une industrie peu développée et peu reconnue sur la scène internationale. De plus, la culture entrepreneuriale et la prise de risque économique sont peu développées en Australie.

Cette feuille de route propose 18 recommandations afin de favoriser la transition de nombreux secteurs économiques en Australie par l’intégration de la robotique.

Industrie 

  1. Encourager la création d’entreprises de haute-technologie qui utilisent la robotique et encourager l’automatisation dans les entreprises existantes
  2. Attirer les investissements en R&D des compagnies locales et étrangères par des incitations fiscales, notamment en direction des compagnies utilisant des droits australiens de propriété intellectuelle
  3. Orienter les compétences de la main d’œuvre australienne avec des formations appropriées d’initiation ou de développement de compétences pour l’utilisation des technologies robotiques.

Dans le domaine de l’éducation, il s’agit d’équiper les Australiens des compétences nécessaires dans cette transition industrielle :

  1. En établissant des formations à la robotique et aux systèmes autonomes dans toutes les filières, et en développant la recherche et les collaborations, avec une préoccupation pour l’égalité des genres.
  2. En développant un système d’attestation de compétences en robotique dans les universités et les établissements de formation professionnelle australiens, et en soutenant l’organisation de compétitions de robotique au niveau secondaire afin d’attirer des talents dans le secteur.

Un certain nombre de recommandations s’adresse au gouvernement australien, qui doit stimuler les activités de la robotique en établissant un cadre judiciaire et éthique, et en intégrant les technologies robotiques dans les services gouvernementaux :

  1. Ce cadre devrait être cohérent avec les modèles émergents à l’étranger (Europe), et inclure des réglementations pratiques (la fréquence utilisée par les véhicules autonomes, par exemple). Un organisme gouvernemental devrait être mis en place pour accélérer l’approbation des nouvelles applications robotiques commercialisables.
  2. Le gouvernement devrait investir dans ces technologies robotiques, les développer et soutenir leurs infrastructures, y-compris les banques de données et réseaux de télécommunication sur lesquels elles s’appuient.
  3. Une étude des industries de la robotique et des technologies associées ainsi que de leurs utilisations devrait être mise en place afin de mieux guider et financer le secteur.
  4. Un soutien financier et politique devrait être apporté pour l’amélioration des qualifications, la reconversion, et la migration des travailleurs qualifiés, afin de former, d’attirer ou de retenir les talents de la robotique en Australie.
  5. Des espaces d’essais pour tester des nouvelles initiatives en robotique, dépourvus de certaines contraintes de règlementations, devraient être mis en place afin d’accélérer leur mise au point (pour les véhicules autonomes ou la télémédecine, par exemple).
  6. Des standards de sécurité, de gestion des risques et d’interopérabilité devraient être mis en place pour les robots, alignés sur les standards internationaux.

La recherche et développement du secteur de la robotique devra évoluer afin de stimuler l’innovation, d’attirer les investissements, de conduire à plus de commercialisations et d’encourager les applications robotiques en sciences sociales.

  1. Des centres de compétences en technologies robotiques, construits sur les compétences existantes, devraient être mis en place, notamment pour encourager les collaborations recherche-industrie. Ces centres devraient fournir une formation doctorale, inclure des laboratoires d’essais, et favoriser le partage de données, de brevets, de codes, de standards et d’infrastructures afin de stimuler le développement de la robotique en Australie.
  2. Un plan de financement spécifique devrait être développé afin de soutenir la recherche du secteur et d’aider à la commercialisation des technologies robotiques, donnant la priorité aux entreprises nouvelles et aux industries émergentes, au soutien pour l’automatisation des entreprises existantes, et aux approches technologiques centrées sur l’humain.
  3. Les industries existantes et émergentes devraient structurer leurs programmes de recherche et développement vers une évolution cohérente de la robotique, et les priorités du secteur devraient être développées et financées par le gouvernement.
  4. La recherche interdisciplinaire devrait être encouragée afin de répondre aux préoccupations sociales et culturelles concernant l’intégration de la robotique.

Cette transition doit être soutenue par une culture de l’entrepreneuriat dans les domaines de compétences australiennes, sur des niches technologiques pour lesquelles la robotique s’attèlerait à résoudre les défis de l’Australie

  1. Une stratégie nationale de la robotique devrait être développée, par un organisme multisectoriel par exemple, qui établirait une feuille de route des règlementations nationales du secteur. Cette stratégie devrait être fondée sur les collaborations afin de faciliter le regroupement en centres de compétence et d’encourager au partage des connaissances, des compétences et des ressources.
  2. Sensibiliser les industries, le gouvernement et le grand public sur les avantages de l’intégration des technologies robotiques (création d’emplois, service dans les zones isolées, gains en efficacité et productivité, sécurité…).
  3. Développer et financer directement des compétitions de robotique pour attirer l’intérêt, l’implication, les idées et les talents dans le secteur

La feuille de route développe ensuite les différents secteurs pour lesquels les besoins en robotique vont se développer. Elles devraient permettre de développer les capacités de la médecine (télémédecine dans les zones isolées, performances de tâches répétitives, analyse de données). De nombreux services devraient bénéficier de ces technologies (service de distribution à moindre coût, surveillance policière, soutien aux enseignants, médecins et infirmiers, services ménagers, maintenance des infrastructures, etc…). La défense, l’agriculture, l’environnement et l’espace sont également des domaines pour lesquels des robots adaptés peuvent collecter des informations, les analyser, et éventuellement agir…

https://www.roboticvision.org/wp-content/uploads/Robotics-Roadmap_FULL-DOCUMENT.pdf

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-scientifique/veille-scientifique-et-technologique/australie/article/la-feuille-de-route-australienne-pour-la-robotique

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Sep 28

Aides à l’innovation : évaluation et recommandations

C’est un nème rapport d’évaluation des aides à l’innovation qui a été publié au printemps dernier. Il est néanmoins intéressant de regarder quelles ont été ses recommandations car la « bio-diversités culturelle » de ses principaux auteurs est à noter : enseignement supérieur, fonction publique, industriels…

Plusieurs raisons rendent indispensable l’examen du modèle français de soutien public à l’innovation :

  • le renouvellement des modèles industriels appelle un questionnement de nos modes de soutien ;
  • la succession, la superposition et l’imbrication des dispositifs existants nécessitent une réflexion de fond sur leurs impacts individuels, collectifs et sur leurs interactions ;
  • les finances publiques comme le nouvel ordre mondial de l’innovation exigent une plus grande articulation et certainement une meilleure mesure du retour sur investissement des efforts consentis ;
  • une forme de décrochage de la France, après celui constaté dans son industrie, l’oblige à considérer ce qui fait la réussite d’autres nations et de leurs modèles de soutien à l’innovation.

Après étude, les auteurs sont convaincus que notre système est complet, en progrès, mais pas assez performant, et qu’il serait illusoire voire dangereux de s’attaquer à un point seulement de la chaîne du soutien à l’innovation – une chaîne n’est aussi solide que son maillon le plus faible. Ils proposent 55 mesures pratiques, tout au long de cette chaîne, pour gagner en impact et en lisibilité, sans heurter inutilement un paysage qui ne pourra ni ne devra jamais ressembler à un « jardin à la française ». Les recommandations sont présentées suivant axes :

  1. Lever les freins réglementaires au transfert de technologies et à la mobilité des chercheurs publics vers le monde de l’entreprises
  2. Clarifier le cadre fiscal et mieux appuyer les entreprises innovantes par les aides indirectes
  3. Stabiliser les moyens budgétaires mobilisés pour la politique d’innovation
  4. Renforcer la chaîne de financement des entreprises innovantes
  5. Utiliser les ressources du Fonds pour l’innovation et l’industrie pour financer le développement de la deep tech et la poursuite de défis sociaux et technologiques d’ampleur
  6. Consolider le pilotage de la politique économique, et notamment son volet « innovation »
  7. Améliorer le paysage institutionnel et des aides à l’innovation tout en portant une attention à la stabilité globale de l’ensemble
  8. Conforter l’appui fourni au développement du secteur numérique
  9. Clarifier les conditions nécessaires pour rendre plus optimal le contrôle déontologique
  10. Mieux mobiliser la commande publique au service de la croissance des entreprises innovantes

Le financement direct de l’innovation appelle une appréciation globalement positive : objet d’un effort constant depuis une dizaine d’années, il se stabilise aujourd’hui autour de 2,5 Mds€, avec une palette d’outils très complète. Ce constat général favorable appelle toutefois plusieurs recommandations en complément : d’abord de veiller au cours des années à venir à assurer une réelle stabilité des soutiens mis en place, toute rupture brutale étant de nature à induire des pertes de valeur sans rapport avec les gains budgétaires immédiats. À l’horizon de 2021, il est impératif de prévoir un quatrième PIA, prenant le relais des générations précédentes de PIA, intervenues tous les 3 à 4 ans, sauf là aussi à causer une discontinuité destructrice dans le soutien à l’innovation.

L’innovation se nourrit de paradoxes irréductibles, qu’il faut accepter et parfois encourager pour que demain plus qu’aujourd’hui l’économie française soit à l’avant-garde. Quels sont-ils ?

  • La lisibilité et la simplicité d’un écosystème d’innovation comme des dispositifs de soutien public qui lui sont consacrés peuvent apparaître a priori comme des avantages pour son efficacité. Pourtant, l’étude des écosystèmes qui se sont construits sur notre territoire montre que ceux-ci sont complexes et divers pour des raisons propres à chacun d’entre eux et que cette diversité est un facteur clé de performance.
  • Dans toutes les économies développées, un soutien public acceptant l’échec s’est mis en place pour dé-risquer les entrepreneurs innovants et prendre collectivement en charge des efforts qui ne créeront de la valeur qu’au bout d’un temps long. L’intervention publique est pleinement justifiée tant qu’il s’agit de financer le risque qu’aucun acteur privé n’accepte raisonnablement de prendre. Pour autant, l’orientation de ces efforts publics doit reposer prioritairement sur les entrepreneurs eux-mêmes, et sur un petit nombre d’acteurs économiques et scientifiques, qui sont aptes à apprécier leur pertinence. Et passés les stades initiaux les plus risqués, c’est à l’investissement privé d’apporter les fonds nécessaires à la croissance des entreprises innovantes ; la puissance publique n’a pas vocation à se substituer au regard exigeant de l’investisseur privé.
  • Parce que l’innovation ne surgit souvent pas là où on l’attendait, il est essentiel de laisser une grande liberté aux inventeurs et donc de se reposer sur des écosystèmes peu dirigés. Pourtant, une orientation des efforts par les pouvoirs publics vers des objectifs ambitieux peut avoir un effet puissant pour faire naître des innovations de rupture.
  • Pendant longtemps l’innovation a été la conséquence d’avancées scientifiques ou technologiques. Si cette dimension est presque toujours présente, on a désormais vu apparaître, avec le très fort développement d’Internet, des télécommunications rapides, des smartphones et de nouvelles méthodes d’exploitation des données, des innovations d’usage très disruptives.
  • La France, qui possède un dispositif de recherche performant sur le plan scientifique, qui produit des résultats de grande qualité reconnus au niveau international, n’en recueille que des retombées économiques largement insuffisantes comparées à celles obtenues dans d’autres régions. Il suffit pour s’en convaincre de regarder le nombre de start-up créées en France, leurs chiffres d’affaire ou leurs capitalisations. Cet état de fait appelle immédiatement une comparaison du système français d’innovation avec les systèmes existants dans des régions performantes comme en Californie, au Massachussetts ou en Israël. Il faut toutefois prendre en compte, dans la définition de modèles de soutien à l’innovation, les particularités propres à chaque pays, qu’il s’agisse de son système d’enseignement, de sa recherche, de son système de financement, de sa culture ou de ses entreprises.

La compréhension de ces caractéristiques complexes de l’innovation est cruciale car elle conditionne la bonne conception des systèmes d’aides et leur traduction en des règles simples, lisibles et applicables.

L’écosystème de l’innovation en Francea réalisé des progrès remarquables au cours des dix dernières années : la politique d’innovation s’est considérablement enrichie en instruments comme en moyens financiers. Cette politique a bénéficié d’un soutien continu de la part des pouvoirs publics, soutien qui a résisté aux alternances politiques. En même temps l’état d’esprit a considérablement évolué en faveur de l’innovation et de la création d’entreprises innovantes, que ce soit dans le monde de la recherche ou parmi les étudiants.

Des progrès tangibles peuvent être relevés, qu’il s’agisse du niveau de la R&D des entreprises, du nombre de créations de start-up, du comportement des acteurs de l’innovation, de leur compréhension des interactions complexes en œuvre et de leur capacité à coopérer de manière efficiente.

Pour autant, et comme déjà indiqué, en dépit des aides et dispositifs mis en place, les retombées économiques de l’innovation en France restent décevantes.

Si le faible goût des élèves et chercheurs pour l’entrepreneuriat ou un biais de l’enseignement supérieur qui valorisait plus la théorie que l’application semblent appartenir désormais au passé, d’autres blocages ou insuffisances demeurent, qu’il faut maintenant s’attacher à lever : obstacles législatifs, réglementaires ou comportementaux, fiscalité instable, lacunes de financement publiques ou privées, visions prospectives trop influencées par le passé, instabilité des outils ou des financements,…

Pour les auteurs, la France possède tous les atouts pour redevenir un acteur majeur de l’innovation. Les obstacles qui depuis plusieurs décennies bridaient cette ambition disparaissent rapidement dans les mentalités. Ce sont désormais des contraintes avant tout réglementaires et comportementales qu’il faut s’attacher à lever.

http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/Innovation/16/0/Rappport_sur_les_aides_a_l_innovation_985160.pdf

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Sep 26

L’hydrogène dans la transition énergétique (ADEME)

Pour compléter le petit tour d’horizon sur l’hydrogène dans la transition énergétique, il est intéressant de faire un zoom sur les travaux de l’ADEME, travaux notamment incarnés dans une  fiche technique portant sur les contributions attendues du vecteur hydrogène à la transition écologique et énergétique, « rendue nécessaire » pour lutter contre les changements climatiques et réduire les impacts des activités humaines sur la santé et les écosystèmes.

Les développements technologiques et les expérimentations menées ces dernières années dans le domaine de l’hydrogène permettent d’affirmer que ce vecteur apportera quatre contributions majeures à la transition énergétique et écologique :

  • Dans le cadre d’un mix électrique futur associant fortement les sources renouvelables (solaire, éolien, hydraulique), l’hydrogène apporte des solutions de flexibilité et d’optimisation aux réseaux énergétiques. Tout d’abord, en tant que gaz, l’hydrogène est stockable et contribue à pallier la variabilité temporelle des renouvelables et des usages énergétiques. De plus, via le procédé de « power-to-gas », il permet de décarboner progressivement le contenu des réseaux de gaz et des usages associés.
  • Le stockage permis par les technologies hydrogène offre de nouvelles perspectives pour l’autoconsommation à l’échelle d’un bâtiment, d’un ilot ou d’un village. Ce stockage repose sur la complémentarité entre un stockage court terme (batteries), et une chaîne hydrogène qui assure un stockage sur plusieurs jours, semaines ou mois. La pertinence économique de cette solution commence à être réelle pour certains sites non interconnectés au réseau électrique continental, dans les collectivités d’outre-mer par exemple.
  • L’hydrogène embarqué apporte des solutions nouvelles pour l’électromobilité, notamment pour des véhicules lourds, ou pour garantir autonomie et disponibilité pour des véhicules utilitaires légers. Cela concerne ainsi en priorité les véhicules à usage professionnel, qu’ils soient terrestres, maritimes, fluviaux, ferroviaires. Les technologies associées à l’hydrogène mobilité sont encore chères et les expérimentations et pré-déploiements à venir nécessitent, comme toute technologie émergente, un soutien pour amorcer la demande de véhicules et accélérer l’industrialisation. A terme, des modèles économiques viables semblent atteignables pour une mobilité électrique hydrogène professionnelle.
  • L’industrie emploie actuellement plus de 900 000 tonnes d’hydrogène par an, produit à partir de combustibles fossiles, ce qui représente 7,5% des émissions de gaz à effet de serre de l’industrie française. L’enjeu est d’améliorer les procédés et de substituer, lorsque cela est possible, des ressources renouvelables aux ressources d’hydrogène fossiles.

Plusieurs exemples de projets en cours sont explicités dans la fiche dont les projet Méthycentre (démonstrateur de « power-to-gas), La Nouvelle à la Réunion (stockage hybride batterie/chaine hydrogène) et EcobioH2 (bâtiment HPE).

http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/fiche-technique_hydrogene_dans_la_te_avril2018_2.pdf

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Sep 21

Perspectives Énergies 2050

A l’heure où le ministère chargé de la transition écologique change de leader et où la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie de la France doit être définie pour les prochaines années, il est intéressant de ressortir un « rapport » sur les perspectives énergies 2050 regroupant de nombreuses contributions de « sachant ». Le point intéressant est que toutes les sensibilités se sont exprimées parmi la cinquantaine de contributeurs, industriels, chercheurs, professeurs, responsables de grandes administrations, leaders d’ONG, …. Nonobstant la diversité des rédacteurs, un grand nombre de points de convergence apparaissent sans toutefois gommer d’autres points de divergence.

Convergences, d’abord sur la difficulté du travail prospectif et l’impossibilité structurelle à prévoir les ruptures. L’augmentation de la population mondiale, son urbanisation dans des villes fréquemment situées à côté des mers et océans forgent le contexte humain et géographique commun.

La nécessité de lutter contre les émissions de CO2 est incontestée.

La demande mondiale d’énergie en 2050 est prévue stable ou en hausse par la quasi-totalité des contributeurs, face à une offre où, globalement, l’énergie ne manquera pas.

Pour tous, l’électricité s’imposera en tant qu’énergie finale, en forte croissance si ce n’est dominante. Sa distribution sera moins centralisée et organisée dans des réseaux intelligents.

Dans des proportions variées, les énergies solaire, éolienne et gazière devraient se développer. L’importance du stockage d’électricité est soulignée tout comme ses insuffisances technologiques actuelles et l’attente de progrès majeurs.

Pour finir, la nécessité d’efforts de sobriété et d’amélioration d’efficacité énergétiques est unanimement affirmée.

Au-delà de ces convergences, apparaissent des vues prospectives diverses, voire opposées, ce qui n’est pas surprenants, eu égard à la diversité culturelle des rédacteurs.,

Face à la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique, certains prévoient des transitions énergétiques rapides alors que d’autres soulignent le long horizon de temps des investissements énergétiques imposant des évolutions lentes. De la même manière, une taxation du CO2 plus ou moins universelle est à portée de main pour les uns et quasi inaccessible pour les autres.

La structure de la fourniture d’énergie ne fait aucun consensus. Pour les uns, en 2050, les énergies fossiles resteront largement majoritaires avec un pétrole maintenant plus ou moins son usage au niveau de production actuel et un charbon, certes « propre », continuant à être largement exploité. Pour d’autres, en 2050, les énergies renouvelables seront devenues dominantes. L’hydrogène sera pour les uns un vecteur structurant, surtout pour les transports, alors qu’il est souvent par ailleurs totalement ignoré.

Un fort développement de l’énergie nucléaire n’est pas un scénario réellement envisagé, sauf exceptions. En revanche, son maintien, voire une croissance modérée, est retenu fréquemment. La dispersion d’opinions porte en grande partie sur sa mise en œuvre : 3èmegénération, 4èmegénération, petits réacteurs ? A titre personnel, je m’interroge toujours sur la capacité intellectuelle à être à la fois pour le transport électrique et contre l’énergie nucléaire. Rappelons qu’un Allemand a un bilan carbone deux fois plus mauvais qu’un Français. Sans même parler de l’impact écologique global des batteries…

Si l’importance de la recherche et développement dans les domaines de l’énergie est fréquemment soulignée, certains attendent et considèrent comme acquis l’apport d’avancées substantielles, voire de ruptures, d’autres soulignent le caractère imprévisible des fruits de la recherche et la faiblesse des niveaux d’investissement.

Outre ces convergences et divergences, des approches spécifiques ont été présentées. Pour n’en citer que trois, retenons la criticité de la forte consommation de ressources minérales (par exemple le lithium) pouvant déboucher sur des impasses de disponibilité, la problématique de la consommation croissante d’énergie électrique dans un monde toujours plus numérisé et l’importance de la prise de conscience individuelle d’une responsabilité énergétique.

Pour finir, le rapport souligne le pessimisme général quant à l’atteinte des objectifs de la COP21.

Ma touche personnelle : la seule bonne énergie est celle qu’on ne consomme pas !

Et savez-vous que la consommation de l’ensemble des appareils électrique « en veille » nécessiterait…. une tranche nucléaire !

http://academie-technologies-prod.s3.amazonaws.com/2018/08/20/12/30/01/604/Livre_PerspectivesEnergies2050_web.pdf

Voir aussi Terra Nova – Pour un débat serein sur la Programmation Pluriannuelle de l’Energie : une stratégie claire pour le secteur électrique http://tnova.fr/system/contents/files/000/001/603/original/Terra-Nova_Note-PPE_270628.pdf>

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Sep 14

Les collectivités territoriales contribuent pour 1,6 Md€ à l’ESR

En 2016, les collectivités territoriales ont apporté 1,6 Md€ à la recherche et l’enseignement supérieur. Cet effort déclaré est plus important pour la recherche que pour l’enseignement supérieur. Le budget  R&T local privilégie le transfert de technologie et celui dédié à l’enseignement supérieur cible les opérations immobilières. Suite aux réformes territoriales, les actions en faveur de la recherche ralentissent en 2016. Les collectivités territoriales de cinq territoires régionaux apportent, en moyenne par an, plus de 100 M€ à la R&T.

Telles sont les principales conclusions d’une étude du MESRI.

L’effort déclaré en faveur de la recherche est plus important que celui dédié à l’enseignement supérieur. En 2016, les collectivités territoriales déclarent consacrer 1,55 milliard d’euros (Md€) au soutien de la recherche et de l’enseignement supérieur (ESR). Cet effort est moins important qu’en 2015 (1,71Md€), particulièrement dans les actions en faveur de la recherche.

Suite aux réformes territoriales, les actions en faveur de la recherche ralentissent en 2016. Entre 2015 et 2016, les dépenses des collectivités en faveur de la Recherche et du transfert de technologie (R&T) diminuent sensiblement (-18 %), principalement du fait de l’échelon régional. L’effort accentué des régions, en 2015, à la veille de la mise en place de la loi NOTRe, est suivi d’un moindre soutien, en 2016, année des réorganisations institutionnelles et politiques. La place des régions reste cependant prépondérante dans le soutien local à la R&T (70 %).

De 2015 à 2017, le budget R&T local privilégie le transfert de technologie. Celui dédié à l’enseignement supérieur cible les opérations immobilières. Au cours des années 2015 à 2017, les opérations de transfert de technologie sont la priorité des collectivités territoriales dans le financement de la R&T (34 %). Elles accompagnent notamment la recherche partenariale et les dispositifs de valorisation. Le soutien local direct à la recherche publique, un tiers des dépenses de R&T, consiste en des aides aux chercheurs (10%), aux projets de recherche (11 %) et à l’équipement des laboratoires (11 %). Les opérations immobilières, construction ou rénovation de bâtiments dédiés à la R&T, gardent cependant une place importante : 29 % des dépenses.

Les collectivités territoriales de cinq territoires régionaux apportent, en moyenne par an, plus de 100 M€ à la R&T.

Une concentration territoriale plus forte des dépenses en faveur de l’enseignement supérieur. Même si l’enseignement supérieur relève en premier lieu des compétences de l’État, les collectivités territoriales, dans une optique d’attractivité territoriale, s’y impliquent. Aujourd’hui, un dialogue s’est réellement instauré entre les élus locaux et les responsables et acteurs des établissements du supérieur.

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid24748-cid127773/en-2016-les-collectivites-territoriales-consacrent-1-6-md€-a-la-recherche-et-l-enseignement-superieur.html

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