Sep 21

Perspectives Énergies 2050

A l’heure où le ministère chargé de la transition écologique change de leader et où la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie de la France doit être définie pour les prochaines années, il est intéressant de ressortir un « rapport » sur les perspectives énergies 2050 regroupant de nombreuses contributions de « sachant ». Le point intéressant est que toutes les sensibilités se sont exprimées parmi la cinquantaine de contributeurs, industriels, chercheurs, professeurs, responsables de grandes administrations, leaders d’ONG, …. Nonobstant la diversité des rédacteurs, un grand nombre de points de convergence apparaissent sans toutefois gommer d’autres points de divergence.

Convergences, d’abord sur la difficulté du travail prospectif et l’impossibilité structurelle à prévoir les ruptures. L’augmentation de la population mondiale, son urbanisation dans des villes fréquemment situées à côté des mers et océans forgent le contexte humain et géographique commun.

La nécessité de lutter contre les émissions de CO2 est incontestée.

La demande mondiale d’énergie en 2050 est prévue stable ou en hausse par la quasi-totalité des contributeurs, face à une offre où, globalement, l’énergie ne manquera pas.

Pour tous, l’électricité s’imposera en tant qu’énergie finale, en forte croissance si ce n’est dominante. Sa distribution sera moins centralisée et organisée dans des réseaux intelligents.

Dans des proportions variées, les énergies solaire, éolienne et gazière devraient se développer. L’importance du stockage d’électricité est soulignée tout comme ses insuffisances technologiques actuelles et l’attente de progrès majeurs.

Pour finir, la nécessité d’efforts de sobriété et d’amélioration d’efficacité énergétiques est unanimement affirmée.

Au-delà de ces convergences, apparaissent des vues prospectives diverses, voire opposées, ce qui n’est pas surprenants, eu égard à la diversité culturelle des rédacteurs.,

Face à la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique, certains prévoient des transitions énergétiques rapides alors que d’autres soulignent le long horizon de temps des investissements énergétiques imposant des évolutions lentes. De la même manière, une taxation du CO2 plus ou moins universelle est à portée de main pour les uns et quasi inaccessible pour les autres.

La structure de la fourniture d’énergie ne fait aucun consensus. Pour les uns, en 2050, les énergies fossiles resteront largement majoritaires avec un pétrole maintenant plus ou moins son usage au niveau de production actuel et un charbon, certes « propre », continuant à être largement exploité. Pour d’autres, en 2050, les énergies renouvelables seront devenues dominantes. L’hydrogène sera pour les uns un vecteur structurant, surtout pour les transports, alors qu’il est souvent par ailleurs totalement ignoré.

Un fort développement de l’énergie nucléaire n’est pas un scénario réellement envisagé, sauf exceptions. En revanche, son maintien, voire une croissance modérée, est retenu fréquemment. La dispersion d’opinions porte en grande partie sur sa mise en œuvre : 3èmegénération, 4èmegénération, petits réacteurs ? A titre personnel, je m’interroge toujours sur la capacité intellectuelle à être à la fois pour le transport électrique et contre l’énergie nucléaire. Rappelons qu’un Allemand a un bilan carbone deux fois plus mauvais qu’un Français. Sans même parler de l’impact écologique global des batteries…

Si l’importance de la recherche et développement dans les domaines de l’énergie est fréquemment soulignée, certains attendent et considèrent comme acquis l’apport d’avancées substantielles, voire de ruptures, d’autres soulignent le caractère imprévisible des fruits de la recherche et la faiblesse des niveaux d’investissement.

Outre ces convergences et divergences, des approches spécifiques ont été présentées. Pour n’en citer que trois, retenons la criticité de la forte consommation de ressources minérales (par exemple le lithium) pouvant déboucher sur des impasses de disponibilité, la problématique de la consommation croissante d’énergie électrique dans un monde toujours plus numérisé et l’importance de la prise de conscience individuelle d’une responsabilité énergétique.

Pour finir, le rapport souligne le pessimisme général quant à l’atteinte des objectifs de la COP21.

Ma touche personnelle : la seule bonne énergie est celle qu’on ne consomme pas !

Et savez-vous que la consommation de l’ensemble des appareils électrique « en veille » nécessiterait…. une tranche nucléaire !

http://academie-technologies-prod.s3.amazonaws.com/2018/08/20/12/30/01/604/Livre_PerspectivesEnergies2050_web.pdf

Voir aussi Terra Nova – Pour un débat serein sur la Programmation Pluriannuelle de l’Energie : une stratégie claire pour le secteur électrique http://tnova.fr/system/contents/files/000/001/603/original/Terra-Nova_Note-PPE_270628.pdf>

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Sep 14

Les collectivités territoriales contribuent pour 1,6 Md€ à l’ESR

En 2016, les collectivités territoriales ont apporté 1,6 Md€ à la recherche et l’enseignement supérieur. Cet effort déclaré est plus important pour la recherche que pour l’enseignement supérieur. Le budget  R&T local privilégie le transfert de technologie et celui dédié à l’enseignement supérieur cible les opérations immobilières. Suite aux réformes territoriales, les actions en faveur de la recherche ralentissent en 2016. Les collectivités territoriales de cinq territoires régionaux apportent, en moyenne par an, plus de 100 M€ à la R&T.

Telles sont les principales conclusions d’une étude du MESRI.

L’effort déclaré en faveur de la recherche est plus important que celui dédié à l’enseignement supérieur. En 2016, les collectivités territoriales déclarent consacrer 1,55 milliard d’euros (Md€) au soutien de la recherche et de l’enseignement supérieur (ESR). Cet effort est moins important qu’en 2015 (1,71Md€), particulièrement dans les actions en faveur de la recherche.

Suite aux réformes territoriales, les actions en faveur de la recherche ralentissent en 2016. Entre 2015 et 2016, les dépenses des collectivités en faveur de la Recherche et du transfert de technologie (R&T) diminuent sensiblement (-18 %), principalement du fait de l’échelon régional. L’effort accentué des régions, en 2015, à la veille de la mise en place de la loi NOTRe, est suivi d’un moindre soutien, en 2016, année des réorganisations institutionnelles et politiques. La place des régions reste cependant prépondérante dans le soutien local à la R&T (70 %).

De 2015 à 2017, le budget R&T local privilégie le transfert de technologie. Celui dédié à l’enseignement supérieur cible les opérations immobilières. Au cours des années 2015 à 2017, les opérations de transfert de technologie sont la priorité des collectivités territoriales dans le financement de la R&T (34 %). Elles accompagnent notamment la recherche partenariale et les dispositifs de valorisation. Le soutien local direct à la recherche publique, un tiers des dépenses de R&T, consiste en des aides aux chercheurs (10%), aux projets de recherche (11 %) et à l’équipement des laboratoires (11 %). Les opérations immobilières, construction ou rénovation de bâtiments dédiés à la R&T, gardent cependant une place importante : 29 % des dépenses.

Les collectivités territoriales de cinq territoires régionaux apportent, en moyenne par an, plus de 100 M€ à la R&T.

Une concentration territoriale plus forte des dépenses en faveur de l’enseignement supérieur. Même si l’enseignement supérieur relève en premier lieu des compétences de l’État, les collectivités territoriales, dans une optique d’attractivité territoriale, s’y impliquent. Aujourd’hui, un dialogue s’est réellement instauré entre les élus locaux et les responsables et acteurs des établissements du supérieur.

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid24748-cid127773/en-2016-les-collectivites-territoriales-consacrent-1-6-md€-a-la-recherche-et-l-enseignement-superieur.html

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Sep 10

Une fois n’est pas coutume …

Une fois n’est pas coutume, en ce début de semaine, signalons la sortie de plusieurs documents fort intéressants voire utiles, les titres parlant d’eux-mêmes …

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Sep 07

Combien d’élèves ingénieurs ?

Les acteurs économiques manquent de compétences, notamment d’ingénieurs formés. Témoin, le secteur du numérique pour lequel ce sont 10 000 ingénieurs qui manquent à l’appel chaque année.

Mais quelle est la tendance du nombre des élèves ingénieurs ? Une récente fiche du MESRI donne des éléments de réponse.

Le nombre d’inscrits en cycle d’ingénieur progresse de 4,1% en un an, dans la continuité de la dynamique observée les années précédentes, notamment dans les écoles privées (+9,4%). Si 75% des étudiants sont inscrits dans un établissement public, le privé accueille l’autre quart. Les évolutions offrent un fort contraste selon les domaines de formation. Deux domaines, qui accueillent ensemble déjà près de 25% des étudiants, enregistrent une progression de plus de 10% des inscrits : ce sont les domaines de l’informatique et de l’électronique et électricité. Les études d’ingénieur restent encore très peu féminisées, à 27% à peine. Le recrutement en cycle ingénieur se fait majoritairement parmi les étudiants issus de catégories sociales favorisées.

Des effectifs en hausse à la rentrée 2017.

L’apprentissage est davantage répandu dans les écoles privées.

Les femmes représentent 27% des effectifs en cycle ingénieur.

Les classes préparatoires aux grandes écoles : principales voies d’accès à la 1ère année du cycle ingénieur.

<http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid132285/les-effectifs-en-cycle-ingenieur-en-2017-2018.html>

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Août 31

Comment améliorer le pilotage de la recherche publique dans les universités ?

Le pilotage de la recherche publique est compliqué par les faibles marges de manœuvre laissées à l’État. De quels moyens celui-ci dispose t’il ?

Les budgets ? Mais plus de 80 % des budgets alloués passent en masse salariale et en l’achat de « fluides » divers (électricité, abonnements aux revues, internet, …).

Les nominations des dirigeants ? Uniquement dans les instituts de recherche, mais pas dans les universités, encore largement autogérées et où le principal financiers (« actionnaires »), l’État, n’a même pas de voix décisionnelle au conseil d’administration.

Les structurations ? Oui pour les universités, cf Idex et autres ComUE, mais avec difficultés. Mais quasiment pas pour les instituts de recherche (seul souvenir de structuration : fusion du LCPC et de l’Inrets pour créer l’Iffstar, … et changement de nom du Cemagref devenu IRSTEA, en attendant sa « fusion » avec l’Inra).

Les contrats d’objectifs ? L’État stratège ne peut que suivre les tendances passées.

Mentionnons quand même les actions en matière de définitions des « règles du jeu » telle l’introduction de contrats de recherche attribués après appel d’offres compétitifs, voir la création de l’ANR dans la loi Goulard en 2006. Et, bien sûr, les recrutements de chercheurs, mais ceux-ci sont recrutés dans un domaine pointu avec une durée d’activité dans ce domaine d’une quarantaine d’année !

Rappelons que la dépense intérieure de recherche publique est de 16,8 Md€ (chiffre 2014). S’agissant spécifiquement des universités et des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, sur un total de ressources publiques 2014 de 6,478 Md€, 4,818 Md€ sont issus de dotations budgétaires, 1,322 Md€ de ressources sur contrat et 0,378 Md€ d’autres ressources propres.

Ceci étant dit, il convient de souligner les récentes propositions de mission parlementaire d’évaluation et de contrôle (MEC) sur l’évaluation du financement public de la recherche dans les universités. Ces 22 propositions visent à renforcer efficience et transparence dans l’attribution et l’usage des crédits.

Renforcer la lisibilité et la pluriannualité du cadre budgétaire d’ensemble

  1. Présenter dans les annexes budgétaires et notamment dans le « jaune budgétaire » consacré à la recherche, une ventilation des dépenses publiques de recherche consolidées par grands domaines de recherche, que ces financements soient issus de dotations budgétaires, de ressources propres ou de financements par projet.
  2. Instaurer une loi pluriannuelle de programmation de la recherche, sur un principe similaire à la loi de programmation militaire, pour dégager plus de prévisiblité dans le financement de la recherche et mettre ainsi en adéquation la temporalité budgétaire avec la temporalité de la recherche.

Améliorer l’efficacité des appels à projet

  1. Mettre fin à la mise en réserve des crédits destinés à financer les appels à projet de l’ANR.
  2. Étudier une simplification du dispositif de versement des frais overhead (fusion des deux mécanismes existants) et une augmentation des sommes versées jusqu’à une somme forfaitaire de 20 % des subventions accordées dans le cadre d’un projet par l’ANR.
  3. Rationaliser les outils de financement compétitif de l’ANR, en procédant à une évaluation précise de leurs objectifs et de leur périmètre (« appels blancs », « appels thématiques » et « appels de maturation »)
  4. Mettre en œuvre, à l’initiative du ministère, une structure et un réseau d’appui à la création, au financement et au suivi de projets des programmes européens. Identifier, financer et rendre visibles les structures déjà existantes au niveau national, régional ou local.

Simplifier la gouvernance des unités mixtes de recherche (UMR)

  1. Simplifier la gouvernance des UMR en limitant progressivement le nombre de tutelles possible sur une même entité.
  2. Encourager la méthode du mandataire unique au sein des UMR afin de renforcer le dialogue de gestion stratégique avec l’État.
  3. Harmoniser et simplifier à tous les niveaux (législatifs, réglementaires et conventionnels) les règles administratives de gestion des UMR.

Développer la contractualisation avec les établissements d’enseignement supérieur et les organismes de recherche

  1. Établir de véritables contrats d’objectifs et de moyens avec les établissements volontaires fondés sur des indicateurs discutés conjointement par les établissements et le ministère, permettant de donner plus de poids à l’évaluation.
  2. S’assurer que la masse salariale confiée à un opérateur permette de couvrir le plafond d’emploi, en laissant ensuite des marges de manœuvre pour piloter les emplois (recours aux post-docs et aux doctorants).
  3. Favoriser une souplesse de gestion des personnels de recherche en permettant plus largement des modulations et dérogations au profit de la recherche mais aussi, le cas échéant, de l’enseignement.
  4. Faire varier la dotation budgétaire initiale allouée aux établissements en fonction de l’intensité de recherche, sur la base d’un dialogue de gestion entre l’établissement et l’Etat permettant de distinguer la formation et la recherche.
  5. Permettre la modulation, dans le cadre des dialogues de gestion entre les équipes scientifiques et les différentes tutelles, des délais d’utilisation des financements lorsque cela est nécessaire au vu du projet scientifique.

Renforcer la légitimité et l’efficacité de l’évaluation

  1. Réintroduire une procédure contradictoire dans les évaluations du HCERES et instaurer un suivi obligatoire des recommandations par les tutelles, gage d’un véritable pilotage.

Pour un déploiement efficace du SI Labo

  1. Rendre obligatoire, à terme, l’utilisation du SI Labo (ou celle de connecteurs permettant l’inter-operabilité) pour l’ensemble des opérateurs financés sur fonds publics participant à des UMR.
  2. Permettre, via l’application décisionnelle, l’accès à des données consolidées par secteur thématique de recherche ainsi que la comparaison des laboratoires de ces secteurs selon les moyens dont ils disposent ou selon leur nombre de publications.
  3. Engager rapidement l’ensemble des organismes, sous impulsion ministérielle, dans la conception et la participation au SI Labo, en prévoyant les financements nécessaires à la transformation (ou à l’inter-opérabilité) de leurs SI et des calendriers de déploiement ajustés aux contraintes de chaque organisme.
  4. Confier au ministère la responsabilité de faire un point d’étape et d’échange avec les établissements sur l’avancement du projet SI Labo et son appréciation par les établissements, notamment en abordant de manière prospective les éventuels obstacles à son déploiement et son exploitation par les équipes des UMR et des établissements.
  5. Nommer un chef de projet transversal et ministériel pour renforcer la supervision et le suivi du développement du projet SI Labo.
  6. Distinguer le financement du projet SI Labo au sein des documents budgétaires, dans chacun des programmes et pour les différents opérateurs et établissements.

Favoriser l’insertion professionnelle des doctorants

  1. Renforcer le dispositif des CIFRE qui permet d’accroître les liens entre recherche publique et développement économique.

http://www.assemblee-nationale.fr/15/pdf/rap-info/i1213.pdf

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