Nov 02

Les dépenses intérieures de recherche et développement

Pour poursuivre sur les chiffres et statistiques de la recherche en France, signalons la sortie des chiffres de la dépense intérieur de recherche et développement (DIRD).

En 2016, la dépense intérieure de recherche et développement (DIRD) s’établit à 49,5 milliards d’euros (Md€), soit une hausse de 0,6 Md€ par rapport à 2015. Corrigée de l’évolution des prix, la DIRD a progressé de 1,0 % en 2016. La DIRD des entreprises est en hausse de 1,4 % en volume, et celle des administrations augmente de 0,1 %. L’effort de recherche, qui rapporte la DIRD au produit intérieur brut (PIB), s’élève à 2,22 % en 2016, après 2,23 % en 2015, du fait d’une hausse de la DIRD moins rapide que celle du PIB.

En 2016, les dépenses de R&D dans les branches de services sont toujours très dynamiques : +6,5 % en volume, après +4,8 % en 2015 et +0,4 % en 2014, mais moins qu’en 2012 (+9,5 %) ou 2013 (+7,8 %). En revanche, elles stagnent dans les branches industrielles : -0,0 % en volume. Les trois premières branches industrielles de recherche (industrie automobile, construction aéronautique et spatiale, industrie pharmaceutique) exécutent 10,6 Md€ de dépenses intérieures de R&D, soit 33% des dépenses intérieures de R&D des entreprises. Les dépenses de R&D de l’industrie automobile diminuent de 1,8 % en volume, confirmant la baisse initiée en 2015. Celles de la construction aéronautique et spatiale baissent (-3,2% en volume), après une légère hausse en 2015 (+0,9%). Dans l’industrie pharmaceutique, le repli observé depuis 2008 se poursuit (-0,4 %).

En volume, les dépenses intérieures de R&D des administrations augmentent légèrement en 2016 (+0,1 %), après une augmentation de 0,5 % en 2015. Cette hausse de la DIRDA masque toutefois des évolutions contrastées. Ainsi, la DIRDA des EPIC augmente de 0,2 % en volume, tandis que celle des EPST baisse de 2,7%. Dans ces derniers, les dépenses de personnel ne diminuent toutefois que de 0,3 % en volume.

Les dépenses du secteur de l’enseignement supérieur – qui intègre également les écoles hors tutelle simple du ministère en charge de la recherche –, progressent de 1,8 %.

S’agissant de ce dernier point, rappelons qu’un tiers des doctorats soutenus chaque année sont préparés dans les laboratoires des Grandes écoles qui ont plus de 250 laboratoires mixtes et 300 laboratoires internes. Par ailleurs, le taux moyen de poursuite en thèse parmi les diplômés des Grandes écoles est de l’ordre de 7,5 %, un chiffre comparable à la proportion nationale moyenne de titulaires du diplôme national de master poursuivant en doctorat (8 % à 10 %).

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid134989/les-depenses-interieures-de-r-d-en-2016.html

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire
Oct 26

L’emploi scientifique en France

L’emploi scientifique en France confirme son dynamisme et se situe en majorité dans les entreprises, l’emploi public stagnant. Telle est l’un des points de synthèse d’une récente étude du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Cette étude rassemble des études et statistiques permettant d’éclairer les différents domaines d’activité des personnels qui relèvent de l’emploi scientifique en France, avec notamment une approche par grands champs disciplinaires.

L’emploi scientifique couvre à la fois la recherche menée dans les organismes et les établissements d’enseignement supérieur et celle réalisée en entreprise. Avec cette nouvelle édition 2018, de nouvelles données sont disponibles : comparaisons internationales, prévisions de départ, insertion des docteurs selon une grille disciplinaire détaillée.  Elle traite de :

— La place de la France dans l’environnement international

— Le vivier de l’emploi scientifique

— L’emploi scientifique dans le secteur public

— L’emploi scientifique dans les entreprises

— La répartition géographique de l’emploi scientifique en France

— La mobilité internationale des chercheurs et la construction de l’espace européen de la recherche

Parmi les principales conclusions, les suivantes sont à noter.

En 2016, l’emploi scientifique total confirme son dynamisme (+ 1,5 %) mais continue de reculer au sein des EPST et stagne pour les EPIC.

L’emploi scientifique se situe en majorité dans les entreprises. Les domaines de recherche sont plus diversifiés dans le public que dans le privé, ce dernier se concentrant sur les Sciences de l’ingénieur, les Mathématiques et la Physique. Il faut remarquer que bien que la Stratégie Nationale de Recherche soit organisée en défi sociétaux, l’administration du Ministère continue de raisonner en disciplines.

À 10,0% en 2016, le taux de chômage à 3 ans des docteurs revient aux niveaux de 2007 et 2010 Et depuis 2015, l’entreprise constitue leur débouché principal, à 46 %.


La France est au 8èmerang mondial pour son nombre de chercheurs, la France attirant un grand nombre de jeunes chercheurs étrangers, majoritairement en statuts de doctorants. À 26,3 % en 2002-2003, la part des étudiants « étrangers mobiles »19 dans l’ensemble des doctorants a augmenté de manière continue jusqu’en 2009-2010 et fluctue autour de 39-40 % depuis (39,7 % en 2016-2017). Au sein des établissements publics, 17 % des jeunes chercheurs permanents recrutés en 2016 sont de nationalité étrangère.

<http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2018/08/4/Etat_emploi_scientifique_2018_1012084.pdf>

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire
Oct 19

Mesure de la capacité d’innovation

Le rapport traité dans le dernier article de ce blog contient une section particulièrement intéressante consacrée à la présentation d’indicateurs d’innovation, absolument nécessaire pour procéder à une comparaison internationale de la force d’innovation des diverses nations.

On utilise à cet effet des indicateurs d’innovation composés d’une multitude d’indicateurs individuels calculés dans chaque pays. Par exemple, l’indicateur d’innovation élaboré par l’Académie allemande des sciences techniques (Acatech) prend en compte de près de 100 indicateurs individuels qui donnent finalement un indicateur unique. En raison de cette complexité, il n’est plus possible de discerner clairement les facteurs déterminants de la force d’innovation.

C‘est pourquoi le KOF, centre de recherches conjoncturelles de l’EPF de Zurich,s’est penché sur la composition des divers indicateurs d’innovation afin de clarifier leur pertinence à l’aide d’un nombre minimal d’indicateurs individuels. Ces indicateurs doivent répondre aux exigences suivantes :

Groupe d’intrants 1 : facteurs technologiques et facteurs améliorant l’efficience

  1. Moyenne des dépenses de R&D en pourcentage du PIB sur les dix dernières années (2005 à 2015)
  2. Part des exportations hightech en pourcentage du total des exportations industrielles durant l’année précédente (2015)
  3. Moyenne de l’intensité de la recherche mesurée en nombre de places de travail (équivalents plein temps) dans la R&D pour un million d’habitants au cours des dix dernières années (2005 à 2015)
  4. Dépenses de l’État pour la formation en pourcentage du budget total de cet État au cours de l’année précé- dente (2015)

Groupe d’intrants 2 : facteurs financiers de la compétitivité

  1. Salaire horaire en US$ dans l’industrie manufacturière (2015)
  2. Frais de création de société en pourcentage du revenu brut par habitant (2015)
  3. Tarifs douaniers moyens pondérés selon la division économique en pourcentage des frais de douane des produits industriels (2015)

Groupe d’intrants 3 : environnement économique et facteurs d’infrastructure

  1. Fluidité des opérations commerciales (2014)
  2. Temps moyen nécessaire pour exécuter légalement des contrats (2016)
  3. Productivité de la logistique, notée de 1 à 5 (de la plus faible à la meilleure) (2015)
  4. Contraintes de la procédure douanière, notée de 1 à 7 (de la plus forte à la plus faible) (2015)
  5. Utilisation d’internet en pourcentage de la population (2015)

Groupe d’extrants: indicateurs mesurant la perfor- mance économique d’un pays

  1. PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat (PPA) USD constante (2016)
  2. Productivité du travail en PPA USD constante (2012)
  3. Solde de la balance courante en pourcentage du PIB (2016)
  4. Croissance annuelle moyenne du volume des exportations au cours des 15 dernières années (2000 à 2016)

Ces critères sont ensuite utilisés pour comparer la force d’innovation entre les deux champions de l’innovation que sont la Suisse et Singapour (en haut) et entre la Suisse et la Chine, le pays aux plus bas salaires (en bas).

Le nombre restreint d’indicateurs individuels permet de procéder à une comparaison qualitative de la force d’innovation des pays au moyen d’illustrations graphiques simples dont les diagrammes en toile d’araignée (radar plot) sont les plus adéquats.

Trois différences apparaissent entre les champions de l’innovation que sont la Suisse et Singapour : les salaires horaires sont nettement plus élevés en Suisse qu’à Singapour, la croissance du volume des exportations est beaucoup plus faible en Suisse et alors que Singapour présente une plus grande densité de chercheurs, les dé- penses consacrées à la R&D sont plus élevées en Suisse. Il est préoccupant que la Suisse soit moins bien classée que Singapour dans cinq autres domaines : la productivité du travail, la productivité de la logistique et les dépenses de l’état dans la formation sont plus basses, alors que les contraintes de la procédure douanière et le temps d’exécution des contrats sont plus élevés. En comparaison avec la Chine, désignée souvent comme «la sous-traitante» des pays industrialisés occidentaux, la Suisse l’emporte dans presque tous les domaines. La Chine ne fait mieux qu’en matière de salaire horaire et de croissance des exportations.

https://www.satw.ch/fileadmin/user_upload/documents/02_Themen/01_Frueherkennung/SATW-Innovationskraft-Internet-FR.pdf

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire
Oct 12

Une vision suisse sur l’innovation … en Suisse

La Suisse occupe régulièrement les premières places dans des classements mesurant la capacité d’innovation des pays. Malgré cette évaluation positive, de plus en plus de voix indiquent percevoir une diminution de la force d’innovation de l’industrie suisse. Qu’en est-il réellement ?

Une analyse détaillée de la force d’innovation de l’industrie suisse vient d’être publiée par le KOF, le centre de recherches conjoncturelles de l’EPF de Zurich. Les chiffres analysés datent des années 1997 à 2014 et permettent de dégager une tendance à la baisse avec néanmoins des particularités.

L’étude montre que la force d’innovation des entreprises suisses se développe de manière très hétérogène. L’élargissement du fossé entre les entreprises actives dans la R&D et qui y consacrent des ressources croissantes, et celles qui y renoncent, est particulièrement inquiétant.

Le fait que les entreprises suisses développent toujours moins de réelles innovations de marché, de même que le recul des activités de recherche dans de nombreuses PME, sont préoccupants.

En résumé, on peut dire que l’approche présentée ci-dessus a permis de créer un ensemble d’outils de mesure faciles à interpréter graphiquement et pertinents, permettant de comparer la force d’innovation tant des divisions indus- trielles suisses que des économies nationales.

Les résultats de cette étude démontrent que la capacité d’innovation de l’industrie suisse est à la baisse.

Tendances se dégageant du paysage industriel suisse :

  • Le nombre d’entreprises industrielles diminue en Suisse.
  • Le nombre d’entreprises suisses menant des activités de R&D diminue. Par contre, ces entreprises investissent une part croissante de leur chiffre d’affaires dans leurs activités de R&D. Il en résulte une concentration des dépenses pour la recherche dans un nombre toujours plus restreint d’entreprises. Et cela indépendamment de la taille des entreprises ou des secteurs.
  • En particulier les grandes entreprises délocalisent plus fréquemment leurs activités de R&D à l’étranger. Il en résulte une perte de savoir-faire en Suisse.
  • Cette évolution est préoccupante. Elle signifie que de moins en moins d’entreprises suisses participent au marché global de l’innovation.

Tendances en matière de chiffre d’affaires réalisé avec des produits innovants:

  • Sur la durée, on constate une tendance à la hausse de la part du chiffre d’affaires réalisé avec des produits innovants dans tous les types d’entreprises.
  • Cependant, le chiffre d’affaires réalisé avec des innovations de marché par rapport au chiffre d’affaires total diminue en général.
  • Les PME de la division pharma constituent la seule exception et réalisent une augmentation du chiffre d’affaires tant avec des produits innovants qu’avec des in- novations de marché.
  • Ces tendances laissent supposer une diminution générale de la force d’innovation de l’industrie suisse. Il est préoccupant pour la place industrielle suisse que les di- visions économiques importantes telles que l’électronique/instruments, les machines, la fabrication de produits métallique et les industries alimentaires y soient confrontées.

Cette analyse semble diverger des classements internationaux, dans lesquels la Suisse se distingue souvent comme un pays très innovant. Mais il ne s’agit pas forcément d’une contradiction. D’une part, il faut prendre en considération que les classements internationaux mesurent généralement la compétitivité, c’est-à-dire les conditions-cadres permet- tant la réalisation d’innovations, et non la capacité d’innovation. D’autre part, les bons résultats d’un seul secteur significatif peuvent masquer d’éventuelles tendances négatives. La division pharma est, par exemple, fortement implantée et très performante en Suisse. Mais même en approfondissant l’analyse d’une catégorie particulière, il est possible que les champions cachent l’évolution préoccupante de certaines lanternes rouges, car on étudie et présente toujours des moyennes. Il est donc utile de procéder à des analyses au niveau des divisions NOGA. Si la diminution de la force d’innovation s’avérait être une tendance générale plus ou moins marquée dans tous les pays, la Suisse resterait bien positionnée sur le plan international.

Complément : le rapport contient aussi une analyse par secteurs…

Développement de l’environnement industriel et des activités de recherche

  • De nombreuses PME réduisent leurs efforts en matière de R&D tant dans le pays qu’à l’étranger. Les divisions chimie, machines, métallurgie, textile/habillement et horlogerie sont particulièrement touchées.
  • Les PME des divisions électrotechnique et fabrication de produits métalliques, de même que les grandes entreprises des divisions chimie, électronique/instruments et industries alimentaires déplacent à large échelle leurs activités de R&D à l’étranger.
  • La concentration des dépenses liées à la recherche est particulièrement marquée dans les PME de la division électrotechnique et dans les grandes entreprises des divisions métallurgie et industries alimentaires.

Développement de produits innovants et d’innovations de marché disruptives

  • –Le chiffre d’affaires des produits innovants par rapport au chiffre d’affaires total augmente dans les PME et les grandes entreprises dans toutes les divisions industrielles. Cette augmentation est particulièrement marquée dans les PME des divisions imprimerie, plastiques, fabrication de produits métalliques et pharma.
  • En revanche, le chiffre d’affaires des innovations de marché par rapport au chiffre d’affaires total baisse dans les PME et les grandes entreprises de toutes les divisions industrielles.
  • Seules des PME de la division pharma présentent une augmentation du chiffre d’affaires avec des innovations de marché.

Efforts d’innovation et succès des produits

  • Les PME des divisions chimie, électronique/instruments et machines, de même que les grandes entreprises de la division électronique/instruments présentent une baisse du chiffre d’affaires avec de nouveaux produits bien qu’elles aient augmenté leurs dépenses de R&D par rapport au chiffre d’affaires.
  • –  Les PME de la division textiles/habillement sont résignées: elles réduisent leurs efforts de R&D et réalisent un chiffre d’affaires à la baisse avec de nouveaux produits.

https://www.satw.ch/fileadmin/user_upload/documents/02_Themen/01_Frueherkennung/SATW-Innovationskraft-Internet-FR.pdf

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire
Oct 09

Le GPS des classements internationaux

Nous sommes tous devenus obnubilés par les notes et autres classements. Evaluations d’hôtels, restaurants, vins, écoles, rythment nos vies…

Business France a publié un Livre blanc des classements internationaux. L’idée est d’aider à se repérer entre réalités et perceptions. Dans 3 domaines : Compétitivité – Attractivité – Innovation et enseignement supérieur. Pour chacun de ces domaines, plusieurs classements sont examinés.

L’analyse pour pour l’enseignement supérieur se concentre sur trois classements.

Academic Ranking of World Universities

Le « Classement de Shanghai » est établi par le cabinet Shanghai Ranking Consultancy. Son objectif initial était de comparer les universités chinoises aux meilleures établissements mondiaux. L’édition 2017 évalue plus de 1 300 facultés et publie le classement des 500 meilleurs établissements d’enseignement supérieur.

Il s’appuie sur quatre critères, reposant sur six indicateurs :

  • qualité de l’éducation (10 %) : nombre d’anciens élèves ayant reçu un prix Nobel ou une médaille Fields ;
  • qualité des professeurs (40 %) : nombre de professeurs ayant reçu un prix Nobel ou une médaille Fields (20 %) et nombre de chercheurs les plus cités dans leur discipline (20 %) ;
  • production scientifique (40 %) : nombre d’articles publiés dans les revues Nature et Science entre 2011 et 2015 (20 %) et nombre d’articles indexés dans Science Citation Index Expanded et Social Sciences Citation Index en 2015 (20 %) ;
  • performance académique (10 %) : la pondération de ces cinq premiers indicateurs divisée par la taille du corps professoral.

Pour chaque indicateur, un score de référence de 100 est attribué à l’université ayant le meilleur résultat. La performance des autres écoles est ensuite exprimée par rapport à cette valeur.

Financial Times

Chaque année depuis 2004, le Financial Times publie le palmarès des meilleurs masters en management.

Le Financial Times s’appuie sur une enquête en ligne annuelle, réalisée en 2017 auprès de 102 écoles de commerce et 6 300 anciens élèves ayant obtenu leur diplôme en 2014. Pour être pris en compte dans l’enquête, un établissement doit enseigner des programmes à plein temps d’où sortent au moins 30 diplômés par an.

L’évaluation prend en compte 17 critères :

  • six critères reposent sur l’évaluation des anciens diplômés (58 % du score final) :
    la rémunération des diplômés, l’augmentation de leur rémunération depuis l’obtention de leur diplôme, la valeur ajoutée de la rémunération par rapport aux coûts de
  • la formation, le déroulement de carrière, l’atteinte de leurs objectifs par les diplômés, l’efficacité du placement des jeunes diplômés par le service Carrières ainsi que leur mobilité internationale en début de carrière ;
  • dix critères sont liés aux caractéristiques du corps professoral et étudiant, et reposent sur les données fournies par les institutions (42 % du score final) : l’insertion professionnelle dans les trois mois suivant la formation, la part des femmes dans le corps professoral, parmi les étudiants ainsi que dans l’équipe dirigeante, la part des étrangers dans le corps professoral, parmi les étudiants ainsi que dans l’équipe dirigeante, la part des doctorants dans le corps professoral, les expériences internationales suivies au cours de la scolarité (programmes d’échange, stages, etc.), et enfin le nombre de langues étrangères nécessaires à l’obtention du diplôme.

U-Multirank (Commission européenne)

Lancé en mai 2014 par la Commission européenne, le classement mondial U-Multirank est un outil de comparaison des performances universitaires. La 4e édition, publiée en mars 2017, évalue plus de 1 500 établissements d’enseignement supérieur (contre 1 300 en 2016) dans 99 pays.

Conçu comme une alternative aux grands classements existants (Shanghai, QS, Times Higher Education), U-Multirank présente la particularité de ne pas publier de palmarès unique mais de donner « une image complète de la diversité de la performance des universités ». À la différence des classements classiques,

il permet aux étudiants d’évaluer les forces et faiblesses des établissements en fonction de leurs propres intérêts. Un outil en ligne permet de comparer les institutions en fonction de 35 critères répartis en cinq dimensions :

  • la qualité de l’enseignement ;
  • les performances en matière de recherche ;
  • l’ouverture sur l’international ;
  • le transfert de connaissances ;
  • l’engagement régional.

L’outil propose une évaluation globale de la performance des universités ou une évaluation spécifique pour 16 disciplines : ingénierie (électrique, mécanique, civile, industrielle et chimique), gestion, psychologie, informatique, médecine, biologie, chimie, mathématiques, histoire, sociologie, économie et travail social.

Les données utilisées proviennent d’enquêtes de perception réalisées auprès des universités et des étudiants, ainsi que de bases de données internationales.

Analyse de Business France

Les critères retenus dans les classements des universités sont davantage adaptés aux universités anglo-saxonnes qu’aux universités européennes.

Les critères de publications et de citations se basent sur des revues majoritairement anglophones, ce qui exclut les publications non anglophones et les autres canaux de promotion, comme les conférences.

Les différences de taille entre les établissements affectent mécaniquement les scores. Face à cette réalité, le gouvernement a décidé de regrouper les universités françaises entre elles pour en faire des pôles plus grands et compétitifs. Le pôle Paris-Saclay a ainsi pour but de rassembler en une seule entité des universités et des écoles telles que Polytechnique, l’université Paris-Sud ou encore HEC pour en faire un leader européen de la recherche scientifique. Si la fusion d’universités a permis de gagner quelques places, les nouvelles entités créées sont confrontées au problème de la délivrance des diplômes, obligatoire pour être intégré dans un classement.

Le système de recherche français est atypique et se trouve tout particulièrement pénalisé. Les activités de recherche ne se développent pas uniquement à travers les établissements d’enseignement supérieur. La diversité des acteurs de la recherche en France est d’ailleurs soulignée par les classements internationaux : ainsi, le CEA fait partie des 100 plus grand innovateurs mondiaux recensés par le Top 100 Global Innovators de Clarivate Analytics et est classé 2èmedu World’s Most Innovative Research Institutions de Thomson Reuters. Le CNRS est quant à lui classé au 1e rang mondial pour les publications scientifiques selon l’index de Nature.

Dans ce contexte, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation s’est impliqué dans la construction du système européen de qualification des universités : le classement U-Multirank. L’attractivité des établissements d’enseignement supérieur et de recherche est un objectif important de la loi d’orientation sur l’enseignement supérieur et la recherche et de l’agenda stratégique de la recherche France Europe 2020, et ne peut pas être lue à travers le seul prisme des classements anglo-saxons.

Avec des critères relatifs à l’enseignement et aux formations, au rayonnement régional, à l’internationalisation, à la recherche et à l’innovation ainsi qu’au transfert des connaissances, U-Multirank présente une mesure pertinente de l’attractivité internationale des universités, constituant un outil plus efficace pour l’orientation des étudiants et, donc, pour leur réussite. Bien que son interface gagnerait à être simplifiée, U-Multirank propose une approche multidi- mensionnelle plus adaptée aux besoins des utilisateurs, permettant d’éviter les écueils des classements classiques. Cependant, le fait que les institutions se voient attribuer une note de A à E simplifie le classement et donne moins d’informations sur les écarts existant entre les différents établissements.

Quelques remarques ((im)pertinentes

Il faut d’abord noter la remarque du rapport, pour U Multirank : « au classement généraliste, on retrouve quatre universités françaises parmi les 20 premières mondiales : l’Edhec, 3ème; l’Essec, 6ème; Télécom ParisTech, 8ème; INP Grenoble, 18ème. » … Sauf que les trois premières ne sont pas des universités.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que les établissement français les mieux notés, les écoles de management, sont privées, managées comme des entreprises, très sélectives, avec des frais d’inscription élevés mais aussi un retour sur investissement important. Ne serait-ce pas à l’opposé des politiques publiques souhaités par certains ???

Enfin, globalement, il faut remarquer que, méthodologiquement, deux point sont importants mais à bien distinguer : les critères utilisés, l’analyse des résultats.

Le choix des critères est fondamental et dénote l’approche sous-jacente de l’éditeur du classement : les critères en « nombre de … » privilégient évidemment les grosses structures contrairement à ceux en « taux de … ».

S’agissant de l’analyse des données, et pour oser une comparaison sportive en ces temps de JO et autres compétitions mondiales, les vrais résultats sont fournis par les donnéeselles-mêmes, les « classements » ou autres « palmarès » ne relevant que d’articles, analyses ou autres chroniques de journalistes (L’Equipeou Midi Olympiquepar exemple dans le domaine sportif, L’Etudiantou Usine Nouvellepour les classements nationaux des Grandes écoles).

https://www.businessfrance.fr/Media/Default/PROCOM/Médiathèque/LIVRE%20BLANC_exe_FR12_BD%20double%20page%20complet.pdf

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire