Nov 10

Lancement d’un chantier Innovation Défense

Florence Parly lance un chantier ID : Innovation défense visant à positionner le Ministère des Armées à l’avant-garde de l’innovation de défense et, plus largement au sein de l’innovation publique.

Comment concilier risques liés à la prise en compte de nouveautés (innovations) et processus (#1516) de conduite des programmes d’armement (génétiquement couteux et longs) cherchant à limiter au maximum les risques (coûts, délais, performances, respect du code des marchés publics) ? Comment concilier contrat passé à des grandes entreprises (les « primes ») et valorisation de l’agilité et de la réactivité des PME, voire de start-ups, pour l’amélioration des matériels de défense ? Voilà deux vrais sujets pratiques et concrets pour ce chantier.

C’est une lettre au chef d’état-major des armées, au délégué général pour l’armement et au secrétaire général pour l’administration qui lance ce chantier. Sa coordination est confiée à la DGA. Les autres directions fonctionnelles du Ministère seront associées à la task force ID ainsi constituée, de même que des personnalités extérieures. Le mandat de ce chantier est détaillé dans une annexe à cette lettre. Il couvre l’ensemble des champs relatifs à l’innovation au sein du ministère […] et dans ses relations avec ses partenaires … : innovation opérationnelle, innovation d’usage, innovation technologique, innovation managériale, innovation administrative.

Trois ambitions majeures sont présentées :

  • tirer profit en boucle courte des innovations issues du domaine civil (notamment dans le secteur numérique) afin de créer des ruptures d’usage et des effets de surprise sur le terrain des opérations et de gagner en qualité de service rendu aux usagers dans l’administration et le soutien ;
  • faire monter rapidement en maturité des solutions innovantes qui répondent spécifiquement aux besoins de la défense par une politique ambitieuse alliant prototypage rapide, expérimentation agile et développement de démonstrateurs de grande ampleur ;
  • investiguer des technologies porteuses de ruptures opérationnelles majeures à horizon 2030.

La task force ID devra proposer une feuille de route ministérielle de soutien à l’innovation organisée autour de cinq axes :

  1. Construire un outil ministériel ambitieux, lisible et cohérent de soutien à l’innovation.

La task force devra traiter en particulier la question de la diversification et de l’adaptation des modalités de soutien à l’innovation technologique.

  1. Proposer des moyens d’expérimentations agiles.

Le mandat propose de s’appuyer sur des initiatives existantes de type LAB, ce qui passera entre autres par la création d’espaces d’expérimentation qui pourront s’inspirer des start-ups d’Etat, et d’« hubgrader les écosystèmes » … pour développer une réactivité qui fait encore défaut.

  1. Développer l’attractivité, la visibilité et l’influence du ministère en matière d’innovation.

Le mandat appelle clairement de ses vœux une nouvelle organisation de la fonction innovation.

  1. Dynamiser l’innovation participative et propager la culture de l’innovation.
  2. Préparer le passage à l’échelle.

Il s’agit aussi d’identifier les freins à l’innovation du processus actuel de conduite des programmes d’armement.

Une annonce de premières actions sera faites le 23 novembre 2017 pour une finalisation des feuilles de routes de chaque axe en février 2018.

L’innovation était d’ailleurs présentée, dans la récente Revue stratégique de défense et de sécurité nationale, comme au cœur de la démarche du ministère et des armées, voir un récent article de ce blog.

Rappelons aussi que Florence Parly avait « annoncé » la création d’un fonds d’investissement de 50 M€ pour les PME de défense lors de l’université d’été du Medef, le 29 août 2017, même si cette « annonce » n’en était pas vraiment une. L’idée de ce fonds avait été annoncée par Laurent Collet-Billon, l’ex-Délégué général pour l’armement, en novembre 2016, avant d’être confirmée quelques jours plus tard par Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense. Florence Parly y avait néanmoins déclaré : L’innovation est le cœur de mon action. C’est pourquoi je prends l’engagement d’augmenter sensiblement le budget alloué à la préparation de l’avenir […], avec une augmentation de 30 % du budget alloué aux études et aux travaux d’innovation. Elle y précisait que serait lancé avant la fin de l’année un fonds d’investissement pour les PME de défense en partenariat avec Bpifrance. Les fondements en sont déjà posés, ce fonds sera doté de 50 M€ et permettra à l’État de rentrer au capital de certaines pépites technologiques, de les soutenir dans leur gouvernance et leurs ambitions.

Comme le signale Laurent Lagneau dans le blog Opex360.com, le ministère des Armées investit actuellement environ 730 M€ dans la recherche et le développement. Une hausse de 30% porterait ce montant à près d’un milliard, comme l’a en effet demandé le Conseil des Industries de Défense Françaises (CIDEF).

Garder et sacraliser la R&D, c’est absolument essentiel pour être capable d’intégrer en temps réel les technologies quand elles vont être développées et d’accélérer les cycles pour Hervé Guillou, le président du Groupement des Industries de Construction et Activités Navales (GICAN).

Gageons que le lancement de ce chantier ID est l’une des preuves de la volonté de la ministre et de l’appareil d’Etat de développer l’innovation, le « progrès », dans l’écosystème de la défense, équipements mais aussi organisations et concepts d’emploi, et que les crédits budgétaires suivront.

http://science-innovation-developpement.com/linnovation-dans-la-revue-strategique-de-defense-et-de-securite-nationale/

http://www.opex360.com/2017/08/30/industrie-la-ministre-des-armees-sengage-augmenter-de-30-leffort-en-matiere-de-recherche/

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Nov 03

Un bel exemple d’économie circulaire

Le centre Songhaï, décrit dans le précédent article de ce blog, est un bel exemple d’économie circulaire. Quelques exemples illustrés avant de traiter des valeurs et de ses approches en matière de formation.

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Les déchets des poissons, les fientes des poules,… sont utilisés pour fertiliser les sols… Et ce sont même les toilettes humaines (visiteurs, personnels, apprenants) qui sont (très) directement reliées à des bassins où poussent des jacinthes d’eau qui serviront ensuite à faire du compost, voir les photos ci-dessous.

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Du méthane est produit à partir d’autres déchets végétaux et vient compléter les autres sources d’énergies renouvelables.

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Les vieux plastiques du centre sont recyclés pour faires des récipients : voir ci-dessous les granulats de plastiques obtenus et l’extrudeuse permettant de faire des bacs, poubelles ou autres seaux…

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Valeurs et formation au centre Songhaï.

Le centre Songhaï cherche à créer des viviers socio-économiques durables en soulignant l’importance des facteurs suivant :

  • le développement des aptitudes et talents à tous les niveaux (culturel, social, spirituel, technique, organisationnel, économique) en vue d’une autonomisation des individus et des communautés, comme membres à part entière de la société,
  • le développement de programmes intégrés, résilients et multisectoriels, qui créent une interrelation entre l’agriculture, l’industrie et les services.
  • le développement de villes rurales vertes susceptibles de freiner voire de stopper l’exode rural et d’accorder une viabilité socio-économique à long terme aux aménagements ruraux.

Le centre Songhaï développe un esprit d’entreprise en utilisant les méthodes suivantes :

  • concevoir des programmes de formation permettant aux jeunes de développer leurs capacités, autant au point de vue humain que technique.
  • mener en donnant l’exemple. Songhaï lui-même est un « espace entrepreneurial », qui partage les risques et difficultés propres aux entrepreneurs. Dans une large mesure, nous vivons de ce que nous produisons.
  • chercher à promouvoir un sens de la créativité et de l’innovation, de même qu’un esprit de leadership adapté à un environnement compétitif.

Le centre Songhaï a un but bien précis ! Former des hommes et des femmes ayant vocation à être des vecteurs de développement pour le continent africain.

L’idée, c’est de former des jeunes entrepreneurs qui puissent être capables de reproduire le modèle Songhaï partout ; à commencer principalement par leur région (village). Ils pourront ainsi contribuer au développement durable de leur communauté en créant des emplois et combattre ainsi l’exode rural ; en assurant l’autosuffisance alimentaire de la région et participer ainsi au bien-être des populations qui maîtrisent alors mieux les composants des produits qu’ils consomment ; en formant d’autres jeunes désireux d’évoluer dans le domaine, et donc, participer à l’éducation de la jeunesse de leur village ; en fournissant des services tels que l’électricité, le gaz…pour le bonheur de tous.

Toute la formation est orientée dans cette logique. Et c’est la même raison qui sous-tend la dimension spirituelle et le système de valeurs inculqués aux apprenants, au-delà de la connaissance et des compétences qu’ils acquièrent au cours de la formation. Toute chose qui font d’eux, des meneurs, de vrais leaders.

Un dispositif est également mis en place pour suivre et soutenir certains formés, notamment les filles, qui peuvent bénéficier de microcrédit pour la création de leur entreprise.

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http://www.songhai.org/index.php/fr/

Songhaï : un exemple à suivre pour le développement de l’entreprenariat agricole

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Oct 26

Songhaï : un exemple à suivre pour le développement de l’entreprenariat agricole

Le centre Songhaï au Bénin est une ONG dédié au développement de l’entreprenariat agricole, s’agissant des savoir, savoir-faire et pratiques des mondes agricole (culture et élevage) et piscicole béninois, expérimenté, et forme avec un objectif affichée : l’efficience durable et vertueuse. L’économie circulaire y est partout présente. Ce centre est situé dans la banlieue de Porto-Novo, capitale politique du Benin, non loin de Cotonou, sa capitale économique. Le concept est inspirant et sa mise en pratique apparaît brillante. Reste à mesurer son efficacité : combien d’ancien apprenants du centre sont devenus entrepreneurs agricoles ?

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Pour Jeune Afrique, ce centre est une ferme agro- industrielle et écologique. Pour le Monde, c’est l’école des fermiers-entrepreneurs. Pour l’Unesco, il participe au développement intégré par l’entreprenariat agricole. Pour le Petit Futé, c’est un établissement de formation à l’agriculture, à l’élevage et à la pisciculture intégrés qui ressemble un peu à une ferme modèle. Car ce centre se visite et offre même des possibilités d’hébergement touristique !

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C’est sur un hectare de terre que le prêtre dominicain Godfrey Nzamujo a ouvert sa « ferme mère » en 1985. Né en 1949 à Kano, au Nigeria, dans une famille d’anciens esclaves revenus d’Amérique, il part 25 ans après en Californie étudier l’économie, l’ingénierie électrique, l’informatique et la microbiologie. En 1985, il établit le centre Songhaï à Porto Novo, capitale du Bénin, en compagnie d’un « groupe d’Africains et d’amis de l’Afrique ».  Plus de 30 ans plus tard, sa « ferme mère » s’étale sur plus de 22 hectares et a des airs de campus à l’américaine.

Le centre Songhaï a repris le nom d’un empire issu d’un petit royaume étendu le long du fleuve Niger au 7ème siècle et devenu un grand empire qui, au 15ème siècle s’étendait sur le Mali, une partie du Niger et une partie du Nigeria actuels.

Le centre Songhaï a pour devise « L’Afrique relève la tête » et pour ambition de favoriser l’émergence d’une nouvelle société africaine en développant :

  • une politique d’entreprenariat socio-économique durable,
  • l’aptitude à valoriser efficacement les ressources locales (naturelles et humaines),
  • la capacité de jouer un rôle conséquent dans l’économie mondiale.

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Le centre Songhaï est actif en culture, élevage, pisciculture, technologies agricole et agro-alimentaire.

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Le centre Songhaï réalise ses propres équipement et machines agricoles … et les commercialise.

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DSC02287Il commercialise aussi ses produits, sur place et via un réseau de distributeurs dans le pays.

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Il faut aussi noter que d’autres sites ont ouvert en 1999 à l’est de Parakou sur 300 hectares, spécialisé dans l’agriculture à grande échelle, les cultures vivrières, la diversification, la mécanisation et la formation, à Savalou et à Kinwedji. Le modèle Songhaï est aussi en début de réplication dans d’autres pays de la région, Nigeria, Liberia, Sierra Leone et Congo-Brazzaville.

Un prochain article de ce blog traitera de la mise en œuvre de l’économie circulaire au centre Songhaï et de ses valeurs et approches en matière de formation.

http://www.songhai.org

Pour un reportage de Jeune Afrique :

http://www.jeuneafrique.com/237450/economie/fermes-agricoles-une-reussite-nommee-songhai/

Pour la présentation du Monde :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/10/08/benin-songhai-l-ecole-des-fermiers-entrepreneurs-fait-des-emules_4784990_3212.html

Pour un entretien avec le fondateur :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/10/08/songhai-est-un-projet-de-nouvelle-societe-africaine_4784986_3212.html

Pour une vidéo de l’Unesco « Centre Songhaï au Bénin : développement intégré par l’entreprenariat agricole » :

https://www.youtube.com/watch?v=_bquoSTUSzU

Pour une approche plus touristique :

https://www.petitfute.com/v49359-porto-novo/c1173-visites-points-d-interet/c958-musee/196230-le-centre-songhai.html#UdPOGsSiret0vjMm.99

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Oct 20

L’innovation dans la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale

L’« innovation » est vraiment le sésame des stratégies étatiques, en agriculture, en santé ou s’agissant des grands investissements… alors que la SNRI de 2009 est devenu la SNR en 2015, laissant tomber le I(nnovation) (comprenne qui pourra). Et maintenant dans le domaine de la Défense.

C’est ce que nous apprend la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale qui vient d’être rendue publique.

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Avant de traiter de la partie « innovation » de cette « revue stratégique », qu’il me soit permis deux remarques.

Emmanuel Macron est un homme qui a compris qu’il doit agir vite en début de mandat afin que les effets de ses nécessaires décisions portent leur fruit aussi vite que possible parce que la France en a besoin mais aussi, si possible, avant la fin du quinquennat. Et qu’il est nécessaire de rassurer les « troupes » du Ministère des Armées après le clash avec le Général de Villiers. C’est donc, pour aller vite, une « simple » Revue Stratégique et non un Livre Blanc (après ceux de 1972, 1994, 2008 et 2013).

Ensuite, s’agissant des grandes missions des armées, le résumé (3 pages) de ce document précise que les armées françaises devront être en mesure d’agir de façon autonome dans les domaines de la dissuasion nucléaire, de la protection du territoire et de ses approches, du renseignement, du commandement des opérations, des opérations spéciales et dans l’espace numérique. Dans les autres domaines, les partenariats et coopérations amplifieront les capacités d’action de nos forces. Parmi ces autres domaines, figure donc… la projection de forces. Ayant noté l’importance de « la tête » (renseignement, commandement, numérique) et de la protection (cf Sentinelle), et eu égard aux moyens budgétaires disponibles, le choix entre dissuasion et projection est clair et présent dans la préface du Président de la République : j’ai décidé le maintien de notre stratégie de dissuasion nucléaire et le renouvellement de ses deux composantes : elles sont la garantie ultime de nos intérêts vitaux, de notre indépendance et, plus largement, de notre liberté de décision. Il semblerait donc que la projection à l’extérieur se fera en coalition et en partenariat, y compris en Afrique.

S’agissant de l’innovation, dans le résumé de cette Revue stratégique, l’innovation est présentée comme au cœur de la démarche du ministère et des armées : Accompagner l’innovation et la révolution numérique doit également conduire à décloisonner davantage les domaines civil et militaire et introduire plus d’agilité : celle-ci doit influencer la conception et la conduite des opérations d’armement mais aussi, au-delà de la dimension technologique, inspirer de nouvelles relations entre le monde de la défense et l’ensemble des domaines de la recherche, pour renforcer les capacités de prospective et d’analyse, nourrir la réflexion stratégique et doctrinale et accroître notre agilité opérationnelle.

Plus largement, cet esprit d’innovation doit irriguer tout le ministère, son organisation, ses méthodes de travail, pour en faire évoluer la culture et accepter la part de risque dont il est indissociable. Le recrutement et la fidélisation des talents et des compétences, sur lesquels repose l’ensemble de l’écosystème de défense, constituent un enjeu majeur de cette transformation.

Le rapport complet est, quant à lui, organisé en 3 parties :

  1. Un contexte stratégique en dégradation rapide et durable
  2. De nouvelles formes de guerre et de conflictualité
  3. Notre stratégie de défense : autonomie stratégique et ambition européenne

C’est évidemment dans cette dernière partie que les questions d’innovation sont traitées, notamment dans le chapitre 3. Une ambition industrielle et technologique réaffirmée qui comporte 3 paragraphes :

3 1 La nécessité d’une BITD forte

3 2 Des coopérations technologiques et industrielles maîtrisées

3 3 La préparation de l’avenir et l’intégration de l’innovation
 et du numérique

S’y trouve en particulier une discussion sur les quatre approches possibles en matière de coopérations envisageables concernant les modalités de réalisation des systèmes de défense :

  • la souveraineté qui relève d’une approche nationale, non partageable …
  • la coopération avec maintien des compétences en France concerne les matériels pour lesquels un partage peut être envisagé …
  • la coopération avec dépendance mutuelle …
  • le recours au marché …

Une planche explicite les cas possibles selon les domaines.

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S’agissant des axes de travail pour les partenariats académiques-économiques, le document précise des points intéressants.

Il appelle de ses vœux l’augmentation du niveau des ressources budgétaires dédiées à la S&T (science, recherche, technologie et innovation).

Il note que cet effort financier permettra de continuer à investir dans les technologies les plus longues et coûteuses à maîtriser, spécifiques au domaine de la défense (hypervélocité, amélioration et fusion des senseurs, furtivité active…) Il rendra également possible une démarche exploratoire accrue dans les domaines technologiques porteurs de ruptures et issus du domaine civil (intelligence artificielle, robotique et autonomie décisionnelle, mise en réseau des systèmes, nouveaux matériaux, biotechnologies…) Des démonstrateurs d’envergure permettront de mieux préparer la prochaine génération de systèmes et d’équipements

Selon les travaux de cette Revue stratégique, cette démarche d’agilité inclut la construction de partenariats et la fluidification des échanges, y compris en termes de ressources humaines, au sein d’un écosystème élargi impliquant des acteurs civils et militaires, étatiques, universitaires, entrepreneuriaux et industriels tout en notant que la compatibilité de cet objectif avec les contraintes de déontologie doit faire l’objet d’une attention particulière.

Enfin, il insiste sur le fait que la France devra continuer à proposer une offre de formation au meilleur niveau afin de rester attractive et de préparer les futures générations aux défis à relever en matière de sécurité et de défense.

Résumé de la Revue: https://www.defense.gouv.fr/content/download/514657/8664372/file/Revue+stratégique+de+défense+et+de+sécurité+nationale+2017+-+Synthèse.pdf

La Revue : https://www.defense.gouv.fr/content/download/514655/8664340/file/Revue+stratégique+de+défense+et+de+sécurité+nationale+2017.pdf

Pour mémoire :

Agriculture et innovation :

http://science-innovation-developpement.com/agriculture-recherche-et-innovation/

http://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/rapport-agriculture-innovation2025.pdf

Santé et innovation :

http://science-innovation-developpement.com/strategie-nationale-de-sante-linnovation-prioritaire/

http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dossier_de_presse_sns2017_18092017.docx.pdf

Grand Plan d’Investissement :

http://science-innovation-developpement.com/xxx/

http://www.gouvernement.fr/partage/9535-rapport-de-m-jean-pisani-ferry

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Oct 13

Conséquences de la révolution numérique sur le système français de R&I

Que devient la recherche-développement dans un monde numérique ? Quelle est sa place ? Quels sont ses rôles dans les processus de digitalisation ? À quel point les transformations accélérées des organisations et des produits et services dépendent-elles des activités de R&D ? Sous une apparente trivialité, la question recèle une grande complexité. Surtout si l’on veut dépasser le stade du concept-clé ou de l’exemple censés tout expliquer. Ainsi, la R&D n’est pas la source unique de l’innovation, pas plus dans le numérique qu’ailleurs. Mais l’économie numérique s’impose. Pour en comprendre les ressorts, il faut se pencher sur les logiques d’action des intervenants dans les processus de R&D. Dans les entreprises comme dans la recherche publique.

Qu’il me soit permis de reprendre ici les éléments d’un travail de Futuris et de l’ANRT effectué par Pierre Bitard, Jacques Lesourne, Gérard Roucairol sur les conséquences sur les acteurs du système français de recherche et d’innovation de la révolution numérique.

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Cette étude entend fournir des points de repère, un « état de l’art », sur quatre aspects essentiels de cette révolution en marche :

  • Les bouleversements des mondes de la recherche.
  • Les mues que subissent les relations des entreprises avec les laboratoires de recherche, les entreprises de logiciel et les sociétés de service informatique.
  • Les changements des rôles et places au sein des chaînes de valeur (grandes entreprises, start-up, intégrateurs-systémiers).
  • Les influences de l’État sur les conditions d’usage des données que ses administrations, antennes, agences et organisations produisent, les programmes d’éducation et de formation, les règles de fiscalité qui s’appliquent sur son territoire, le fonctionnement du marché du travail.

Sont explorées les conséquences possibles de la révolution numérique sur les acteurs du système de recherche et d’innovation français. Cela conduit à envisager pistes d’actions et alertes pour les trois catégories d’acteurs principales : les entreprises, les centres de recherche publics ou privés et l’État. L’enjeu est clair : construire ensemble des capacités de développement de stratégies partagées, mutuellement bénéfiques au plan national. Ces « capacités à développer » reposent sur les grandes plateformes, les équipements de pointe, et les systémiers intégrateurs de demain.

Pour les entreprises

  • Il semble nécessaire de nommer un responsable de la transformation numérique directement rattaché au président ou directeur général, tout en ayant des attaches profondes avec les unités opérationnelles.
  • Ce « chef d’orchestre » devra préciser les don- nées numériques auxquelles il est essentiel que l’entreprise puisse avoir accès et la poli- tique que l’entreprise doit mener à cet égard.
  • Il devra ensuite préparer un document stratégique sur les étapes successives que l’entre- prise doit aborder dans son adaptation à la révolution numérique.
  • Dans ce cadre, il conviendra d’examiner si l’entreprise doit s’associer et sous quelle forme à des plateformes créées par des GAFAM ou des offreurs de services et de production de systèmes. Il faudra aussi décider si l’entreprise peut être à l’origine de plateformes plus spécifiques susceptibles d’accueillir d’autres entités.
  • L’entreprise doit avoir constamment une connaissance du vivier des start-up du numérique dont les domaines peuvent être utiles à l’entreprise et doit définir le groupe de celles dont les produits ou procédés sont essentiels pour son activité. Reste alors à établir des formules concrètes de collaboration favorables pour les deux parties.
  • L’entreprise doit examiner quelles conséquences la révolution numérique qu’elle va entreprendre aura sur le volume et les compétences de ses différentes catégories de personnel en vue de gérer les transitions de la manière la plus adaptée au corps social existant. Il est possible en effet que certains métiers soient appelés à disparaître et d’autres à se développer.

Après cette liste d’éléments, il faut introduire une question : la révolution numérique modifiera-t-elle les opérations habituelles de fusion ou d’absorption que connaît la vie des affaires ? D’un côté, les liens logiciels dans le cadre de chaînes informatiques peuvent créer des solidarités au sein de réseaux d’entreprises permettant des coopérations efficaces sans les risques impliqués par les fusions. D’autre part, certaines activités mondiales comme celles des GAFAM peuvent être la source de profits rendant possible la constitution de groupes financiers de type nouveau, jouissant d’aires de monopole dans des espaces partiels. Au-delà, les entreprises peuvent intégrer des activités de développement de composants des systèmes qu’elles offrent.

Pour les centres de recherche publics ou privés

  • La nomination d’un responsable de la transformation numérique peut ici aussi être nécessaire.
  • Le statut des données nécessaires à la recherche ou produites par la recherche du centre doit être précisé et connu des chercheurs et des utilisateurs. Les projets soumis à des financements nationaux ou européens doivent être assurés de la possibilité de création et d’accès aux données nécessaires (question qui peut être délicate dans le cas de projets réunissant des équipes de recherche de pays ou de statuts différents)
  • Les équipes de recherches feront intervenir des chercheurs relevant de disciplines traditionnelles mais aussi des statisticiens spécialistes des grands échantillons, des data scientists et des développeurs de logiciels. En France, du fait de l’appartenance des chercheurs publics à la fonction publique, la coopération entre ces diverses personnes dans le cadre des structures de carrière et de rémunérations est à suivre de près.
  • Enfin, l’exemple Sanofi-Google sur le diabète montre qu’on ne peut exclure la création à l’échelle mondiale d’entités de recherche spécialisées sur de grands problèmes à partir de grandes entités issues de la révolution numérique.

Pour l’État

Six domaines vont devenir particulièrement importants :

  • La réglementation de l’usage des données à la fois nationalement et internationalement et l’arbitrage entre l’intérêt de la collectivité et celui des personnes individuelles. La santé et la sécurité collectives sont à l’évidence des domaines particulièrement sensibles de ce point de vue. Les choix de standards des don- nées qui permettront le développement de la concurrence sont alors cruciaux.
  • La systématisation des méthodes d’enseigne- ment reposant sur l’emploi intensif des technologies du numérique, qui vont de pair avec une évolution des pratiques éducatives, pose une série de nouveaux dé s au système éducatif et de formation. Formations pointues que seule une poignée d’enseignants maîtrise alors que la fraction de la population demandeuse ne cesse de croître. L’un de ces dé s majeurs va être de concilier une éducation de pointe avec un taux d’encadrement élevé et un haut niveau de technicité avec des besoins de masse. Les systèmes de cours en ligne ouverts à tous ou MOOC (massive open on-line courses) représentent l’une des réponses mises en œuvre.
  • Une évaluation de l’ensemble des dispositifs fiscaux qui affectent le numérique en France peut s’avérer nécessaire. Au-delà du diagnostic, cette évaluation devra permettre d’établir des règles qui offrent une attractivité satisfaisante tout en mettant un terme à l’érosion de la base fiscale.
  • La conception de logiciels relève en partie d’un travail de recherche de très haute technicité effectué au sein des laboratoires publics. Les ingénieurs en génie logiciel issus de l’enseignement supérieur jouent aussi un rôle d’importance stratégique. En France, les stratégies nationales de recherche (SNR) et d’enseignement supérieur (Stranes) sont motrices quant à l’ajustement des compétences à la révolution numérique. Le big data est l’un des cinq enjeux de la SNR considérés comme devant être traités avec une urgence particulière. Cette composante data n’épuise pas le sujet. Le volume des moyens à allouer pour favoriser la transition vers l’excellence des forces de recherche et d’applications pratiques reste à apprécier au regard des ambitions nationales, en comparaison internationale (Europe).
  • L’ampleur de la révolution numérique implique qu’elle affecte les domaines stratégiques essentiels. L’État pourrait se doter d’un excellent observatoire international sur les évolutions des nouvelles technologies et leurs usages.
  • Si, comme on peut le penser, la révolution numérique bouleverse la valeur économique des compétences, les sociétés où le droit du travail facilite des adaptations peuvent en tirer des avantages considérables, alors que celles où le droit du travail protège les structures existantes peuvent connaître un accroissement du chômage et des mouvements sociaux violents. De ce point de vue, la France n’est pas la mieux placée.

 

http://www.web1.anrt.typhon.net/sites/default/files/revolution-numerique_futuris-anrt-doubles_1.pdf

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