Mai 31

Numérique et santé

Le numérique est partout. Mais le numérique n’existe que par ses usages. Notamment dans la santé, thématique qui nous offre deux récents exemples de réflexion voire d’adaptation à la transition numérique (qui ne doit laisser personne sur le bord de la route !).

C’est d’abord l’OPECST qui publie le rapport relatif à l’audition sur le thème : « Intelligence artificielle et données de santé : quelle collecte, quel accès aux données, pour quelles améliorations diagnostiques et thérapeutiques ?« .

C’est ensuite le ministère chargé de la santé qui a dévoilé sa feuille de route pour Accélérer le virage numérique.

Dans son éditorial, la ministre des solidarités et de la santé signale que le numérique en santé doit relever d’immenses défis. 

Mais le monde du numérique est complexe, il est difficile de l’appréhender dans son ensemble, alors même que chacun est appelé à en devenir acteur. L’Etat ne doit pas seulement réguler, il doit donner du sens. Et dans ce domaine, les données de santé sont devenues un enjeu majeur. 

Il importe avant tout de garantir la confiance. C’est pourquoi l‘exigence éthique sera présente à tous les niveaux, depuis les grands principes jusqu’à l’utilisation des outils numériques. 

Car il s’agit à la fois de protéger et décloisonner les données. Le système de santé se transforme autour des parcours mobilisant les professionnels de la santé et du secteur médico-social. Les systèmes d’information doivent évoluer vers plus de sécurité et d’interopérabilité. 

Le numérique en santé doit donner lieu à un grand programme de niveau national, qui doit rassembler l’ensemble des acteurs. Le projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé contient plusieurs mesures phares, comme l’Espace Numérique de Santé, la plateforme des citoyens, ou encore le Health Data Hub, la plateforme des données de santé. 

La présente feuille de route fixe les grandes orientations de la politique du numérique en santé. Parce qu’il s’agit d’une politique qui prend en compte toutes les dimensions du système de santé, elle sera assortie d’un programme opérationnel structurant.

Cette feuille de route présente cinq orientations, se déclinant en 26 actions, pour accélérer le virage numérique.

1 – Renforcer la gouvernance du numérique en santé 

Le pilotage de l’ensemble des chantiers de transformation numérique sera assuré par la délégation ministérielle du numérique en santé (« DNS »), rattachée directement à la ministre des Solidarités et de la santé. Elle assurera un pilotage resserré de l’agence du numérique en santé (« ANS »), dont la mission sera centrée sur la mise en œuvre opérationnelle de la politique du numérique en santé (action 1). 

Afin d’impliquer tous les acteurs, les grandes orientations de la politique du numérique en santé seront débattues au sein du Conseil du numérique en santé (action 2). La délégation s’appuiera également sur une cellule d’éthique pour inscrire son action dans un cadre de valeurs humanistes. 

La doctrine technique de la feuille de route du virage numérique de Ma santé 2022 et le schéma d’architecture qui lui sera associé, seront mis à la concertation en septembre et publiés en décembre, puis mis à jour régulièrement (action 3). 

2 – Intensifier la sécurité et l’interopérabilité des systèmes d’information en santé 

Améliorer l’identification numérique des acteurs de santé, c’est-à-dire de tous les professionnels concourant aux systèmes d’information de santé, est une condition indispensable au bon fonctionnement des systèmes d’information de santé. Pour ce faire, l’identification numérique issue d’un même référentiel national sera généralisée (action 4). La dématérialisation des moyens d’authentification (action 5) permettra de sécuriser l’accès aux téléservices, avec en particulier l’appli carte Vitale ou la e-CPS. 

Afin d’assurer la continuité des parcours, un même patient devra être reconnu dans tous les systèmes informatiques de manière unique. Pour ce faire, le déploiement de l’identifiant national de santé (INS) sera accéléré (action 6). La mise à disposition de l’appli carte Vitale (action 7) permettra l’authentification numérique des usagers du système de santé. 

Au-delà des problématiques d’accès et de sécurité, afin que tous les systèmes anciens ou nouveaux puissent communiquer, une étude sur l’opposabilité des référentiels d’interopérabilité communs sera lancée (action 8). Un accompagnement des acteurs concernés sera mis en place pour assurer la convergence. 

Pour se prémunir collectivement des risques, tous les acteurs de santé pourront bénéficier du dispositif de déclaration des incidents de sécurité. Un service national de cyber-surveillance en santé sera déployé (action 9). 

3 – Accélérer le déploiement des services numériques socles 

La feuille de route comporte quatre principaux services pour échanger et partager les données de santé en toute confiance : 

  • Le déploiement du DMP, Dossier Médical Partagé, sera poursuivi pour stocker toutes les données qu’il est utile de partager, entre le patient et les professionnels qui le prennent en charge tout au long de son parcours (action 11). 
  • L’usage des messageries sécurisées de santé pour sécuriser l’échange d’information de santé entre professionnels sera élargi et accompagné (action 12). 
  • La e-prescription sera développée pour simplifier et sécuriser le circuit de transmission de l’ordonnance depuis la prescription jusqu’à la dispensation par le pharmacien (action 13). 
  • Les services numériques territoriaux de coordinations de parcours inscrits dans le programme e-parcours seront déployés (action 14).

Ces services se déploieront suivant leur propre calendrier, mais tous dans une même vision d’ensemble, un même schéma d’urbanisation. 

4 – Déployer au niveau national des plateformes numériques de santé 

Ces plateformes constitueront un réceptacle aux applications proposées par les acteurs publics et privés qui s’y inscrivent. L’objectif est simple : permettre aux usagers et professionnels de santé de trouver leurs repères dans des espaces numériques fiables et simples d’accès. 

Dans une vision d’ensemble, les pouvoirs publics organiseront la mise en œuvre de trois plateformes pour gagner en agilité toute en conservant une souveraineté par la maitrise des règles d’urbanisation, d’interopérabilité, de sécurité et d’éthique : 

L’Espace Numérique de Santé permettra à chaque citoyen, acteur du système de santé, de choisir et d’accéder à des services numériques de santé dans un cadre sécurisé et avec une navigation fluide (action 15). 

Les professionnels pourront quant à eux accéder à une plateforme de bouquets de services communicants (action 16). 

En rassemblant les données de santé dans un même schéma d’urbanisation sécurisé, les pouvoirs publics se donneront les moyens de les analyser à grande échelle au bénéfice de tous. C’est l’objectif du Health Data Hub, la plateforme des données de santé, en cours de déploiement (action 17). 

Ces espaces numériques se constitueront étape par étape, avec l’évolution de services existants, grâce à des méthodes de co-conception et via des appels à projet. 

5 – Stimuler l’innovation et favoriser l’engagement des acteurs 

Des grands programmes d’investissement concourront aux objectifs de la politique nationale, tels le programme HOP’EN pour le soutien aux systèmes d’information hospitaliers (action 19) et le plan « Etablissements et services sociaux et médico-sociaux (ESMS) numérique » (action 20) pour aider les structures médico-sociales à s’inscrire pleinement dans le virage numérique. 

L’innovation en matière de services numériques en santé sera encouragée via la création du « Lab e- santé » (action 23). Son rôle sera d’identifier, de faire émerger et de diffuser de nouveaux concepts, technologies, solutions et usages en matière de e-santé, et d’aiguiller les acteurs du marché dans l’ensemble des dispositifs existants. 

Enfin, tous les acteurs seront invités à débattre autour de la politique nationale du numérique en santé et de ses modalités de mise en œuvre. Avec le « tour de France de la e-santé » (action 25), des rencontres seront organisées dans tous les territoires, sur une période de six mois. Au sein « d’ateliers citoyens du numérique en santé » (action 26), les usagers pourront définir les besoins de leur futur Espace Numérique de Santé, valider les principes ergonomiques et tester les premières maquettes. 

http://www.assemblee-nationale.fr/15/rap-off/i1795.asp

<https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/190425_dossier_presse_masante2022_ok.pdf>

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Mai 24

Stocker l’électricité : un impératif majeur.

Depuis très longtemps, je pense que le jour où on aura réussi à trouver un dispositif efficace et efficient de stockage de l’énergie, notamment électrique, de nombreux problèmes du monde seront sinon totalement résolus au moins très atténués, que ces problèmes soient environnementaux, géopolitiques, économiques, sociétaux, … Des progrès en la matière ont été faits ces dernières décennies, en particulier grâce au développement de la mobilité, ordinateurs puis téléphones puis véhicules puis ….

Saluons donc deux travaux récents, l’un sur le stockage de l’électricité, issu de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), et l’autre (présenté dans le prochain article de ce blog) portant une analyse critique des travaux de l’ADEME sur l’évolution du Mix électrique jusqu’en 2060, issu de l’Académie des technologies.

Sous cette nouvelle législature, l’OPECST a limité drastiquement l’ouverture au public de ses auditions, ce qui est regrettable, mais a proposé une nouvelle forme intéressante de « livrable » sous la forme de fiche de 4 pages sur des sujets de société.

La dernière fiche produite, dont quelques éléments sont repris ci-dessous, concerne le stockage de l’électricité.

L’électricité a ceci de particulier qu’elle doit être utilisée (ou stockée) lorsqu’elle est produite. Stocker l’électricité, c’est transformer l’énergie électrique en une autre forme d’énergie, puis transformer de nouveau cette dernière en électricité, avec des pertes inévitables lors de chaque conversion. Chaque mode de stockage possède des caractéristiques qui déterminent son champ d’applications pratiques. La fiche de l’OPECST en cite principalement trois : les STEP, les batteries et l’hydrogène. 

Les STEP (Stations de transfert d’énergie par pompage) sont formées de deux bassins situés à des altitudes différentes entre lesquels est placé un groupe hydroélectrique qui peut fonctionner comme un ensemble pompe-moteur ou turbine-alternateur. Le bassin supérieur est alimenté par pompage de l’eau du bassin inférieur quand le prix de l’électricité est bas. Lorsque la demande électrique et le prix de l’électricité augmentent, les STEP injectent de l’électricité sur le réseau en turbinant l’eau du bassin supérieur. Technique maîtrisée, qui permet un stockage massif d’énergie couplé à des puissances élevées tout en offrant un bon rendement, les STEP sont le mode de stockage de l’électricité le plus répandu en France et dans le monde. Elles permettent par ailleurs de produire une électricité décarbonée (lorsque la phase de stockage a été alimentée en énergie décarbonée comme c’est le cas en France). 

L’hydrogène est le troisième vecteur stratégique de stockage de l’électricité. Les technologies power-to-gas permettent de produire, par électrolyse de l’eau, un hydrogène qui pourra alimenter des piles à combustibles (PAC), remplacer dans certaines filières industrielles l’hydrogène issu du vapo reformage du méthane ou être injecté directement dans les réseaux de gaz. 

Moyen de stockage en fort développement, les batteries convertissent l’énergie électrique en énergie chimique et réciproquement. On en distingue plusieurs familles en fonction du couple oxydo- réducteur impliqué dans les réactions électrochimiques, des classiques accumulateurs au plomb aux batteries Sodium-Soufre (Na-S), Lithium- Soufre (Li-S) ou Nickel-Cadmium (Ni-Cd), en passant bien sûr par toute la gamme des batteries Lithium-ion. Ces dernières ont constitué à partir des années 1990 une rupture technologique permettant d’envisager des applications allant du stockage stationnaire à l’alimentation des appareils électroniques, en passant par la mobilité. Ces batteries offrent des performances croissantes en termes de densité énergétique, ainsi qu’un très bon rendement (90-95 %), des coûts de revient en baisse et un niveau de sécurité satisfaisant. 

Le stockage de l’électricité apparaît comme une nécessité pour accomplir la transition énergétique. La France est engagée dans la diversification de son mix électrique. Or, le remplacement de moyens de production nucléaires ou thermiques, dont le niveau peut être ajusté à la hausse comme à la baisse, par des moyens éoliens et solaires non « commandables » implique un accroissement sensible des besoins de flexibilité du système électrique. C’est dans ce contexte que s’inscrit la réflexion sur les liens entre stockage de l’électricité et gestion du système électrique. 

La fiche traite ensuite des scénarios pour quantifier les besoins de stockage futurs, notamment ceux de RTE qui a élaboré 4 scénarios à l’horizon 2025.

En résumé cette fiche insiste sur 3 points :

  • Au niveau mondial, le stockage de l’électricité est appelé à se développer dans un contexte de fort essor des énergies renouvelables (EnR) variables. 
  • Les simulations montrent toutefois que les besoins de stockage stationnaire resteront limités dans le cas de la France du fait de la flexibilité de notre système électrique et de son interconnexion au système européen. C’est seulement après 2035, si devait se mettre en place un mix électrique composé quasi exclusivement de moyens de production renouvelables, que des besoins de stockage significatifs, notamment inter-saisonniers, pourraient apparaître. 
  • Le stockage de l’électricité se trouve par ailleurs au cœur de l’essor de formes de mobilité durable, dès maintenant pour la mobilité électrique, à plus long terme pour ce qui concerne une mobilité de masse à l’hydrogène. 

Conseil de l’innovation et stockage de l’énergie haute densité

Pour compléter, signalons aussi que le Conseil de l’innovation du 13 décembre 2018 a retenu un grand défi sur la thématique de la transition écologique et du développement durable « Comment développer le stockage de l’énergie haute densité pour une mobilité « zéro fossile » ? » doté de 30 M€

Ce défi a pour objectif de favoriser le développement et l’utilisation de technologies de stockage d’énergies nouvelles pour une mobilité durable. Il s’agit, pour chacune des disciplines scientifiques de développer de nouveaux paradigmes en utilisant comme vecteur commun la transition énergétique et de fédérer les forces de filières pour développer un stockage haute densité intégré et adapté à chaque type de véhicules. Les énergies et puissances nécessaires varient fortement en fonction des applications (terrestre, ferroviaire, maritime, aérien) et de leur profil d’utilisation (rayon d’action, vitesse, charge utile). L’objectif final est d’être en mesure de proposer pour industrialisation des sous-systèmes à forte valeur ajoutée pour le développement de véhicules routiers, ferroviaires, marins ou aéronautiques à propulsion « zéro-fossile ». 

Le but de ce défi est d’ouvrir les marchés de nouvelles solutions de mobilité durable en s’appuyant sur une sélection de technologies de stockage d’énergie en rupture et très performantes (chimie des batteries, pile à combustible, stockage dense de l’hydrogène, super capacités, …) mais aussi sur l’intégration concrète des travaux réalisés par d’autres filières, notamment la filière automobile, pour les véhicules à très fort besoin énergétique. 

http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/opecst/quatre_pages/OPECST_2019_0009_note_stockage_electricite.pdf

https://www.entreprises.gouv.fr/node/177683?language=es

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Mai 17

Remettre la science au sein de la société

Dans la perspective de la 45ème édition du sommet du G7, qui se tiendra à Biarritz du 25 au 27 août prochains, les académies des sciences des pays membres viennent de remettre à leurs gouvernements respectifs trois déclarations conjointes pour les alerter sur les enjeux scientifiques qu’elles ont jugés prioritaires.

Patrick Flandrin, vice-président Académie des sciences (France), Sébastien Candel, ancien président Académie des sciences (France), Cédric Villani, OPECST, Pierre Corvol, président Académie des sciences (France), Philippe Baptiste, directeur du cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

Science et confiance

Les changements technologiques et les besoins d’innovation croissants de notre époque exigent une confiance sans faille de la société envers la science, plus particulièrement dans un contexte où l’espace public voit l’expression de sources d’information à la fiabilité contestable. Cultiver le dialogue de confiance entre le public, la classe politique et la sphère scientifique apparaît essentiel pour permettre à la science de remplir son rôle auprès de tous : conseiller, alerter et guider les choix de chacun comme les décisions politiques sur les sujets à fort contenu scientifique. Les académies recommandent dans ce domaine de promouvoir dès le plus jeune âge un enseignement des sciences apte à conférer aux élèves un esprit critique, la capacité de conduire un raisonnement, de mener des expériences scientifiques et de comprendre les bénéfices de la science et le monde qui les entoure. La déclaration des académies met en avant la nécessité, pour la communauté scientifique, de garantir à la recherche l’application de ses principes fondamentaux en matière d’éthique, d’intégrité et de responsabilité. 

Intelligence artificielle et société

Les progrès de l’intelligence artificielle (IA) ont déjà conduit à des résultats remarquables – reconnaissance vocale, classification d’images, véhicules autonomes, systèmes d’aide à la décision…- qui ont bénéficié à nos sociétés dans de nombreux domaines. Cette évolution fulgurante en fait aujourd’hui une technologie susceptible de transformer en profondeur notre vie quotidienne. Les sept académies soulignent les potentiels avantages économiques de l’IA, et relèvent à cet égard la nécessité, afin de faire partager ses bénéfices à l’ensemble de la société, de mener une gestion prudente et de se préparer aux transformations qu’elle va engendrer, notamment dans le secteur de l’emploi. Elles insistent sur le fait que les systèmes et les données de l’IA doivent être fiables, sûrs et sécurisés. Ainsi les données personnelles ne doivent pas être mises à la disposition de tiers sans autorisation. Un ensemble de mesures sont nécessaires pour mettre au point des systèmes d’IA explicables, familiariser les jeunes générations à l’IA, concevoir et développer des recherches interdisciplinaires afin de tirer le maximum des bénéfices sociétaux de l’IA. Les académies recommandent par ailleurs un débat de politique publique sur l’application de l’IA aux armes létales autonomes qui pourrait être selon elles examinée par les organes compétents de l’ONU.

Science citoyenne à l’âge de l’Internet 
La science citoyenne désigne « la recherche menée par des citoyens qui ne sont pas des scientifiques professionnels ». Elle regroupe deux composantes : la recherche participative et la science hors les murs. La première repose sur la contribution de personnes sans formation scientifique initiale poussée, qui prennent part, en tant qu’amateurs, à des projets de recherche, notamment à travers la collecte de données de terrain. La seconde implique des personnes de solide formation scientifique, qui exercent leur activité en dehors des murs des systèmes de recherche professionnels. A la faveur de l’avènement des nouvelles technologies de communication et de la démocratisation du savoir, la science citoyenne connait actuellement un fort dynamisme. Les sept académies encouragent ces deux types de recherche, qu’elles estiment devoir être soutenues par des financements spécifiques. Elles recommandent de promouvoir le co-développement de la science citoyenne et de la recherche menée en laboratoire et soulignent la nécessité de valider les résultats obtenus et de s’assurer que les critères indispensables d’honnêteté, de fiabilité, et d’éthique leur soient bien appliqués. Elles insistent sur l’effort majeur à conduire dans le domaine de l’éducation et de la formation, pour amener les jeunes générations à prendre part dans les meilleures conditions à d’éventuelles activités scientifiques, dans un cadre professionnel ou citoyen. Elles incitent à mettre en place des mesures pour s’assurer que la science citoyenne ne déroge pas aux règles éthiques ou de sécurité.

Les représentants des académies du sommet du G7 réunis à la Fondation del Duca

https://www.academie-sciences.fr/fr/Actions-interacademiques/academies-des-sciences-du-g7-2019.html

https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/Science_and_trust_G7_2019_FR.pdf

https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/AI_G7_2019_FR.pdf

https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/Citizen_G7_2019_FR.pdf

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Mai 10

Exigences éthiques pour l’IA : approche de la Commission Européenne

La Commission européenne vient de rendre publique une série de lignes directrices et d’exigences éthiques formulées par son groupe d’experts de haut niveau sur l’intelligence artificielle. Cet article complète un précédent article qui traitait aussi d’IA et d’éthique, mais dans un cadre de défense national.

La Commission espère un investissement de 20 Md€ par an pendant 10 ans sur l’IA selon une approche en 3 étapes : définir les exigences clés pour une IA digne de confiance, lancer une phase pilote à grande échelle pour recueillir les réactions et retours d’information des parties prenantes, et élaborer un consensus international pour une IA centrée sur l’humain.

Pour la Commission européenne, une IA digne de confiance devrait respecter toutes les législations et réglementations applicables auxquelles s’ajoutent sept éléments essentiels :

  • facteur humain et contrôle humain : les systèmes d’IA devraient être les vecteurs de sociétés équitables en se mettant au service de l’humain et des droits fondamentaux, sans restreindre ou dévoyer l’autonomie humaine ;
  • robustesse et sécurité : une IA digne de confiance nécessite des algorithmes suffisamment sûrs, fiables et robustes pour gérer les erreurs ou les incohérences dans toutes les phases du cycle de vie des systèmes d’IA ;
  • respect de la vie privée et gouvernance des données : il faut que les citoyens aient la maîtrise totale de leurs données personnelles et que les données les concernant ne soient pas utilisées contre eux à des fins préjudiciables ou discriminatoires ;
  • transparence : la traçabilité des systèmes d’IA doit être assurée ;
  • diversité, non-discrimination et équité : les systèmes d’IA devraient prendre en compte tout l’éventail des capacités, aptitudes et besoins humains, et leur accessibilité devrait être garantie ;
  • bien-être sociétal et environnemental : les systèmes d’IA devraient être utilisés pour soutenir des évolutions sociales positives et renforcer la durabilité et la responsabilité écologique ;
  • responsabilisation : il convient de mettre en place des mécanismes pour garantir la responsabilité à l’égard des systèmes d’IA et de leurs résultats, et de les soumettre à une obligation de rendre des comptes.

https://ec.europa.eu/digital-single-market/en/news/ethics-guidelines-trustworthy-ai

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Mai 03

Comment conserver une planète habitable ?

A un moment où les jeunes se mobilisent pour la préservation de la planète et où des ONG déposent plainte contre l’État pour inaction climatique, l’urgence de la situation devient flagrante et les nouvelles ne sont pas toutes bonnes. Deux exemples.

Mesures à prendre pour rester sous 1,5°C.

C’est d’abord un cabinet d’analyse (BL Evolution), repris par Novethic, « accélérateur de transformation responsable », qui évalue les mesures (extrêmes) à prendre pour rester sous 1,5 °C. 

Sans surprise, l’année 2018 a encore battu des records de chaleur. Elle se classe au quatrième rang des années les plus chaudes depuis un siècle au niveau mondial. Et elle a connu une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les canicules, les sécheresses, les inondations et les ouragans. Le niveau de la mer a crû de 2 à 3 millimètres par rapport à la même période l’année dernière, alors que la fonte de la banquise et des glaciers s’est accélérée.

« Les concentrations de gaz à effet de serre ont, encore une fois, atteint des niveaux records et si la tendance se poursuit, la température risque d’augmenter de 3 à 5°C d’ici à la fin du siècle« , prévient Petteri Taalas, secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Selon Météo France, qui a publié un bilan provisoire fin décembre, 2018 est l’année la plus chaude depuis le début du XXe siècle, pour la France. 

Il reste peu de temps pour inverser la tendance. Dans un rapport publié récemment, le cabinet B&L évolution a mis en lumière l’ampleur des mesures à mettre en place pour s’aligner sur une trajectoire compatible avec les 1,5°C en France, en s’appuyant sur le scénario proposé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) d’octobre 2018. Outre les classiques rénovations énergétiques des logements et développement des énergies renouvelables, la plupart des mesures apparaissent drastiques comme l’interdiction d’acheter une voiture neuve, de prendre un long-courrier ou encore la mise en place d’un couvre-feu thermique pour abaisser la température dans les logements.

En suivant cette trajectoire, l’empreinte carbone de la France passerait de 10,5 tonnes d’équivalent CO2 par habitant en 2017 à 3,7 tonnes de CO2 en 2030, ce qui entraîne des changements profonds dans tous les secteurs. Néanmoins, le cabinet reconnaît qu’il s’agit là d’un scénario « peu réaliste » et à l’impact limité si tous les pays n’enclenchent pas eux aussi un basculement aussi important. Or, pour l’instant, on en est loin. 

Le World Resources Institute (WRI) estime dans un rapport publié mi-janvier que les progrès sont insuffisants dans la majorité des secteurs pour viser un pic des émissions en 2020. La consommation de charbon continue de croître, les voitures électriques sont à la traîne et la déforestation grimpe en flèche. Prochaine étape cruciale : le sommet des Nations-Unies en septembre prochain à New York, au cours duquel les États devront présenter des engagements largement revus à la hausse. 

Et B&L Évolution d’ajouter que, quoi qu’il en soit, il ne faut pas baisser les bras car chaque dixième de degré compte pour « conserver des modes de vie décents à moyen terme nous évitant d’entrer dans l’inconnu ». « C’est une véritable économie de guerre qu’il faut mettre en place, une économie de rationnement, d’efforts intenses qui nous sort de notre monde de confort. Cela demande un effort important de la part de tous sur une décennie ou deux. »

La Terre sera-t-elle une étuve en 2100 ?

C’est ensuite une étude publiée dans Nature Geoscience par une équipe de trois climatologues états-uniens du Caltech qui montre qu’au delà d’un taux de 1.200 ppm de CO2 dans l’atmosphère, un point critique est atteint dans le système dynamique qu’est l’atmosphère, qui fait disparaître les stratocumulus. Or, ceux-ci réfléchissent une partie de la lumière solaire et sont donc responsables d’une composante négative du forçage radiatif. En clair, plus d’énergie sera injectée dans l’atmosphère et les températures, déjà atteintes en raison de ce taux de gaz carbonique, grimperont brutalement de 8 °C en moyenne, et de 10 °C, au niveau des régions subtropicales.

Ceci étant, pas de réactions d’effroi : ce taux élevé ne devrait pas être atteint à moyen terme, en tout cas, probablement pas avant 2100 !

Les membres du Giec ont étudié quatre scénarios RCP (Representative Concentration Pathway), quatre hypothèses de trajectoire des émissions de gaz carbonique, et leur conséquence sur la valeur qu’aura ce que l’on appelle le forçage radiatif en 2100. Compte tenu des incertitudes sur les modèles climatiques, ces scénarios donnent respectivement des températures moyennes globales pour la Terre qui seront, en 2100, quelque part entre 1,4 et 3,1°C pour RCP6, et entre 2,6 et 4,8 °C pour le scénario RCP8.5 qui est le scénario « business-as-usual », c’est-à-dire, celui où rien n’est fait, ou presque, pour stopper le réchauffement climatique.

Ceci étant, pas de réactions d’effroi : ce taux élevé ne devrait pas être atteint à moyen terme, en tout cas, probablement pas avant 2100 !

Or, le scénario RCP8.5 correspond à un taux de C02 comparable en 2100, ou pour le moins, peu de temps après ; cela signifie que si les émissions continuent sans inflexion significative, les prédictions sinistres des chercheurs californiens se vérifieraient à ce moment-là. La température moyenne globale sera, non pas de 5, mais bien de 13 °C. 

Le taux de ppm de CO2 est actuellement de 410 ppm environ…  Même si la bataille pour les 1,5 °C est très probablement perdue, que celle pour les 2 °C se présente mal  et que nous allons, plus probablement, vers les 3 °C de plus globalement par rapport à 1900, l’humanité semble tout de même se diriger vers une réduction de ses émissions, il est donc peu plausible que le scénario, avec plus 1.200 ppm, devienne une réalité. On va plutôt vers un scénario qui se situe quelque part en dessous des 900 ppm, même si ces chiffres restent flous.

https://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/infographie-interdiction-d-acheter-une-voiture-neuve-ou-de-prendre-un-long-courrier-couvre-feu-thermique-quotas-sur-les-produits-importes-les-mesures-chocs-pour-rester-sous-1-5-c-146877.html

https://www.nature.com/articles/s41561-019-0310-1.epdf?author_access_token=0KiqRkFsS6qEi37dkGz8X9RgN0jAjWel9jnR3ZoTv0Nq8LfnDsfOJgJee7VyE1P3etD8357qMjqyq2BVVSP5V9bFmsDkWYfYyGV7gtmSgJncc5u_hUNNfMaYS7BFcu8_tWNipaYj6kz2PMZ8OXu5CQ%3D%3D

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