Juin 21

Expression du Premier ministre sur les IRT, pôles, …

Désolé de troubler le tempo hebdomadaire de publication d’articles sur ce blog, mais il me parait important de diffuser ci dessous un extrait du discours de ce jour, 21 juin, du Premier ministre à Metz traitant notamment des pôles de compétitivité (phase 4) et des IRT.

Intégralité du discours sur https://www.gouvernement.fr/sites/default/files/document/document/2018/06/discours_de_m._edouard_philippe_premier_ministre_a_linstitut_de_recherche_technologique_-_metz_-_21.06.2018.pdf

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Quel était l’objectif (du programme d’investissement d’avenir (P.I.A.))? Faire la révolution !

Rapprocher les mondes de l’industrie, de la recherche et de l’enseignement. Créer des passerelles. Accélérer les transferts de technologie. Tout ce qu’on ne faisait pas assez et qu’il était urgent de faire plus. Grâce à des outils, à des financements. Grâce aussi à une méthode exigeante, pour sélectionner les projets, expérimenter, et accepter d’arrêter ce qui ne pas fonctionne pas, ce qui est la nature même de l’innovation.

Une des réussites de cette politique, c’est l’émergence d’un grand nombre de « maisons communes » sur le territoire. Plus ou moins grandes, les maisons. Mais communes. Les I.R.T, les instituts pour la transition écologique (I.T.E.), les sociétés d’accélération et de transfert de technologie (S.A.T.T), et enfin les pôles de compétitivité. Des maisons qu’il convient aujourd’hui de consolider. Et dont on peut encore abattre quelques cloisons.

Un mot d’abord sur les « pôles de compétitivité » qui sont un bel exemple de catalyseur de rencontres. Rencontres entre des technologies de pointe, des traditions industrielles, des compétences et une histoire locale. Les pôles ont beaucoup progressé depuis leur lancement en 2004. Ils sont maintenant des acteurs connus, identifiés. Certains sont prêts à partir à la conquête de l’Europe. Tout ça, à 14 ans. Ce qui est jeune. De mon point de vue. Ou vieux du point de vue par exemple d’un start-uper.

Pour les consolider, nous allons engager la « phase IV » des pôles de compétitivité qui s’ouvrira en 2019.

Nous en préparerons le cahier des charges avec les régions. Avec un haut niveau d’exigence. Parce que ce doit être l’occasion pour les pôles de monter en gamme, d’acquérir une taille critique. Pour coopérer avec d’autres entreprises ou d’autres pôles européens. Et pour aller chercher ensemble des crédits européens.

Dans le cadre de cet appel, nous encouragerons certains pôles à fusionner, à se rapprocher ou à bâtir des synergies avec d’autres structures. Nous tiendrons compte aussi de la nouvelle carte des régions. En échange, nous garantirons aux pôles qui auront franchi la barre, une vraie visibilité sur leurs financements, en fonction bien sûr de leur performance.

C’est pourquoi, nous allons fusionner plusieurs sources pour constituer une enveloppe unique au sein du P.I.A., qui mobilisera près de 400 millions d’euros pour la période 2019-2020. Et les pôles auront un accès privilégié, mais pas exclusif, à cette enveloppe. Force est en effet de constater que les projets des pôles réussissent plutôt mieux en moyenne.

Les autres « maisons communes » dont je voudrais parler sont les IRT et les ITE. Des dispositifs qui depuis leur création, ont permis la mobilisation de plusieurs centaines de partenaires industriels et académiques. C’est bien. Je pense qu’on peut aller plus loin et qu’on peut simplifier davantage.

D’abord, en rapprochant les IRT et les ITE pour harmoniser leurs règles de fonctionnement et gagner en visibilité, notamment à l’international.

En déverrouillant ensuite un certain nombre de règles de fonctionnement. Je pense parexemple à celles relatives à la mise à disposition des chercheurs. L’objectif ici est de donnerla main aux acteurs du territoire.

En anticipant enfin leur évolution vers des modèles pérennes, adaptés à chaque écosystème, de manière à ce qu’à terme, le financement récurrent de l’Etat couvre au maximum le tiers deleurs dépenses, ce qui implique que les partenaires privés apportent chaque année, une contribution minimale à hauteur des apports publics. Et ce qui nécessite que l’on favorise le co-investissement avec les régions.

Un dernier mot sur un sujet qui vous concerne directement. Je veux parler du financement des start-ups issues de la recherche.

L’objectif est de favoriser le développement des start-ups qui naissent chez vous. Les faire naître, les faire grandir. Les ancrer aussi dans la culture, parfois un peu éloignée de la leur je le reconnais, du capital-risque.

On le sait, l’industrie du capital-risque en France s’est beaucoup développée. C’est très positif. Cependant, cette industrie ne couvre pas encore tous les besoins. De nombreuses pépites, en général issues de la recherche, ne peuvent y accéder. Soit parce qu’elles sollicitent de trop petits tickets d’investissement, moins de 500 000 euros. Soit parce qu’elles présententun risque encore trop élevé.

C’est pourquoi nous allons créer un fonds – le Fonds « French Tech Seed », doté de 400 millions d’euros par le PIA et géré par Bpifrance, qui pourra investir directement aux côtés d’investisseurs privés – c’est fondamental – dans ces start-ups. Y investir durant cette phase cruciale de pré-amorçage que je décrivais, qui se situe très en amont et où le risque est élevé. Grâce à ce fonds, la France se dote enfin d’un outil capable de financer le « pré-amorçage » à grande échelle.

Il y a donc un «acquis du P.I.A». Un acquis qui est au moins autant culturel qu’organisationnel. Cet acquis est évidemment précieux. Si on veut le faire fructifier, il faut l’évaluer. Vous le savez, dès cette année et jusqu’au début de l’année 2019, nous allons procéder à l’évaluation globale du P.I.A qui va « fêter » ses 10 ans.

Une évaluation que coordonnera le comité de surveillance que j’ai installé ce matin. À lui de nous dire ce qui a bien fonctionné et ce qui, en revanche, n’a pas totalement donné satisfaction. Pour nous projeter, pour définir de nouvelles priorités et pour peut-être engager de futurs programmes à horizon 2020. Ces programmes, nous les construirons avec vous : acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche, entreprises, et collectivités territoriales.

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Juin 15

L’intelligence artificielle au Japon

« Une étude compilée par le Tencent Research Institute (…) cite les États-Unis, la Chine, le Japon et la Grande-Bretagne comme les pays les mieux placés dans la course à l’IA. (…) La France n’est pas citée. » Cet extrait du récent et médiatisé rapport de Cédric Villani, Donner un sens à l’intelligence artificielle, justifie que l’on s’intéresse à ce qui se passe en la matière dans ces pays.

S’agissant du Japon, une récente étude du Service pour la science et la technologie de l’Ambassade de Farnce au Japon présente un état de l’art de la recherche sur l’intelligence artificielle au Japon. Ses principales perspectives sont reprises ici. Il est intéressant de remarquer que les travaux en IA s’effectuent dans le cadre du concept « société 5.0 » et que le rapport japonais aux technologies d’IA est plutôt bienveillant, contrairement au public occidental pour lequel c’est la méfiance qui prédomine encore.

A noter qu’un symposium franco-japonais sur les sciences des données et de l’intelligence artificielle (IA) se tiendra au MESRI, à Paris, du 10 au 12 juillet 2018. Les inscriptions (gratuites) sont ouvertes jusqu’au 2 juillet 2018

Le Japon montre une volonté́ affichée de développer ses ressources en intelligence artificielle et de devenir un acteur majeur du domaine sur la scène mondiale et réaffirmer ainsi son statut de leader technologique, industriel ainsi qu’en recherche et innovation face à la Chine et aux Etats-Unis.

Au-delà de ces considérations internationales, les technologies d’IA sont perçues comme des outils incontournables pour remédier à de nombreux problèmes auquel le pays est d’ores et déjà confronté. C’est la raison pour laquelle l’IA fait partie intégrante du 5th Basic Plan et son concept de « société 5.0 » élaboré par le Cabinet du Premier Ministre, de la Japan Revitilization Strategy et qu’une stratégie présentant des objectifs planifiés sur presque 20 ans lui est consacrée.

Pour atteindre ces objectifs, le Japon bénéficie de son expertise reconnue en robotique, notamment industrielle, qui constitue un savoir-faire non négligeable, et du niveau d’excellence de ses chercheurs, universités et instituts de recherche, encouragés par les initiatives gouvernementales à développer leurs activités dans le domaine. Cependant, bien que les moyens octroyés augmentent d’année en année, ils semblent minimes comparés aux budgets chinois et américains dédiés aux mêmes sujets. De plus, si la plupart des pays constatent un manque de chercheurs et ingénieurs formés dans le domaine, cette situation est encore plus sévère au Japon étant donné son contexte démographique.

Contrairement à la Chine et aux Etats-Unis, le Japon ne possède pas de géants du numérique comparables à Google, Facebook ou Baidu, et le pays ne se démarque pas par un environnement particulièrement favorable au développement de startups, qui sont pourtant largement reconnues comme d’importants vecteurs d’innovation à l’étranger. Sans être inexistante, la culture des startups est encore récente au Japon et donc peu développée, même si le pays possède quelques pépites et que le gouvernement multiplie les initiatives pour leur développement. Les grands groupes de l’industrie et du numérique japonais quant à eux ne sont pas passés à côté du sujet et sont des acteurs et investisseurs très actifs de l’innovation dans le domaine.

Ce sont d’ailleurs les startups et les laboratoires des grands groupes du privé qui, principalement, s’intéressent aux technologies de deep learning, souvent considérées comme à l’origine du troisième « boom de l’IA » et de ses progrès fulgurants de ces dernières années, et pourtant encore largement dédaignées par les chercheurs au Japon qui remettent en question la crédibilité de la technologie. Un changement de mentalité se fait cependant sentir au sein de la plus jeune génération. Selon certaines opinions, ce désintérêt pourrait en partie expliquer le retard du Japon sur l’aspect logiciel de l’intelligence artificielle. Si le Japon tarde à adopter le deep learning, il n’en est pas de même en France par exemple où la technologie est plébiscitée depuis plusieurs années.

Par bien des aspects, la situation de la recherche et de l’innovation en IA au Japon rappelle celle de la France et plus largement celle de l’Europe. Comme au Japon, l’Europe ne possède pas de géants du numérique comparables à des équivalents chinois ou américains. Les gouvernements européens n’ont pas non plus investi dans la recherche à la même échelle et par conséquent, malgré une volonté récente de s’affirmer dans le domaine l’Europe doit, au même titre que le Japon, rattraper son retard.

Cependant, en matière d’élaboration de politiques et de stratégie, le Japon est actif depuis début 2016. En France par exemple, la stratégie « France IA » a été publiée début 2017 et le gouvernement a publié une stratégie plus récente (mars 2018) détaillée dans le rapport Villani qui présente les intentions françaises mais ne formule pas d’objectifs ou de feuille de route, contrairement aux stratégies japonaises.

On peut constater de nombreuses similitudes entre les visions japonaises et françaises. Dans les deux stratégies, les secteurs de la mobilité et de la santé sont identifiés comme prioritaires pour l’application de l’intelligence artificielle. Les deux pays convergent également sur l’utilisation de l’IA pour l’amélioration de la productivité, la prise en compte des questions d’environnement et la nécessité de former plus de talents dans le domaine. Sur les questions de défense et de sécurité, qui représentent un volet entier de la stratégie française, l’approche japonaise est moins explicite et plutôt centrée sur des applications civiles : l’IA doit contribuer au développement d’une société garantissant la sécurité de tous (toujours dans le but de réaliser le concept de « société 5.0 »).

Les priorités divergent également sur les sujets de l’exploitation des données et de l’acceptation de l’IA par la société. La stratégie française élabore sur la nécessité de développer un écosystème et des régulations européennes pour encadrer l’utilisation des données personnelles sans freiner la recherche mais dans le respect des utilisateurs. Les questions en rapport au caractère inclusif de l’IA sont soulevées, ainsi que les inquiétudes qui ne manqueront pas d’émerger face aux transformations du travail amenées par l’IA. La sensibilisation et l’importance de rendre l’IA compréhensible au plus grand nombre sont mises en avant du côté français. L’importance donnée à ces questions est le reflet explicite du contexte social et économique français en particulier.

Au Japon, pays qui connaît le plein emploi, les inquiétudes quant à l’acceptation de l’IA au travail sont moindres. Culturellement, le rapport japonais aux technologies d’IA est plutôt bienveillant, alors que pour le public occidental, c’est la méfiance qui prédomine encore. Sur les questions d’éthique et de réglementation, le MIC a pris l’initiative de former un comité de réflexion sur ces sujets. Cependant, si des recommandations ont été formulées sur l’utilisation des technologies d’IA et leur développement, les acteurs à l’origine de ces technologies ne seront pas contraints par la loi de les appliquer. La sécurité de l’information a tout de même été identifiée comme un volet annexe à la stratégie sur les technologies d’IA s’appliquant à tous les secteurs prioritaires identifiés.

<https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-scientifique/veille-scientifique-et-technologique/japon/article/symposium-franco-japonais-dataia-jst-sur-les-sciences-des-donnees-et-l>

<https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_ia_au_jp_2018_-_final_cle8254b2.pdf>

 

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Juin 08

Comparaison internationale de la recherche publique française

La dépense intérieure de R&D s’établit à 53,3 Md€ (chiffres 2015) dont 21,8 Md€ pour les administrations (41% du total). Il est donc légitime de s’interroger sur l’impact de cette dépenses publiques et sur le niveau comparé de la France par rapport à d’autres pays, certes partenaires mais aussi concurrents en termes d’innovation, de créations de valeur et d’emplois et d’attractivité des capitaux étrangers.

Une récente fiche du Ministère de l’Economie et des Finances présente des éléments de comparaison avec les grands pays de l’OCDE.

Parmi les grands pays de l’OCDE, la France occupe la 5èmeplace mondiale pour la dépense de recherche publique en 2015. Rapportée au PIB et en intégrant la R&D en défense, la dépense de R&D représente 0,86 %, ce qui place la France au-dessus de la moyenne de l’OCDE, mais en-dessous des pays leaders (les pays nordiques, la Corée et l’Allemagne) et de « l’objectif de Lisbonne » de 1 % du PIB.

L’organisation et la gouvernance du système de recherche français présentent des spécificités. Si l’enseignement supérieur occupe souvent une place centrale dans les autres pays, les organismes de recherche (comme le CNRS) ont historiquement été au coeur du système français. Aujourd’hui, les laboratoires sont généralement mixtes (beaucoup ont, par conséquent, de multiples tutelles). Par ailleurs, les ressources proviennent essentiellement d’allocations budgétaires récurrentes (plutôt que contractuelles), et la part de financement allouée sur projets semble être la plus faible parmi les pays comparables.

La production scientifique française couvre toutes les disciplines et elle est très internationalisée. Les indicateurs de résultat (dont les limites doivent être soulignées) suggèrent que cette production est comparable à la moyenne des autres pays avancés. La France est au 7èmerang du point du vue du volume de publications scientifiques, dont la qualité (mesurée par l’intensité des citations reçues) est dans la moyenne. Le profil disciplinaire de ces publications évolue au même rythme que la moyenne mondiale. Enfin, la recherche publique française a une importance croissante dans les demandes de brevets.

La France n’est pas positionnée sur la « frontière d’efficience » de la dépense de recherche publique, que l’on peut estimer en reliant les niveaux de dépense aux indicateurs de performance d’un échantillon de pays. De ce point de vue, elle n’est toutefois pas significativement différente de la moyenne des pays de second rang (qui incluent l’Allemagne et le Japon). La situation s’est améliorée depuis 2004, ce qui signale une dynamique positive.

On peut en tirer la conclusion que la programmation de la recherche est plutôt bottom-up (proposée par les chercheurs) que top-down (incitée par les défis à résoudre), malgré la structuration de la Stratégie Nationale de Recherche en tels défis sociétaux… D’où les efforts faits pour rapprocher le monde académique du monde économique.

https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/a3833ca5-c98a-4011-854c-c11ace0fcbf2/files/ee7e33be-d1a7-495a-aac8-d5cd460fde24

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Juin 01

Qui sont les chercheurs en entreprises ?

En France, comme en moyenne dans l’UE, c’est 2/3 de la R&D qui est réalisé dans les entreprises. Mais quelles sont les caractéristiques socio-professionnelles de ces chercheurs ? Des éléments d’analyse sont présentées dans une note du MESRI reprise en partie dans cet article.

Une forte croissance du nombre de chercheurs en entreprise entre 2007 et 2015

En 2015, parmi les 348 000 personnes travaillant en entreprise aux activités de R&D en France, 226 000 occupent la fonction de chercheur. Il leur correspond l’équivalent de 166 000 chercheurs à temps plein dans leur activité recherche, soit 73 % de leur temps de travail pour la R&D.

La forte croissance annuelle du nombre de chercheurs en personnes physiques, entre 2007 et 2013, s’atténue de 2013 à 2015 (resp. + 8,2 % et + 1,4 % en moyenne).

Parmi les chercheurs en entreprise, les femmes (20 %) sont dans l’ensemble plus jeunes que les hommes

Les chercheurs en entreprise sont, dans l’ensemble, relativement jeunes, la moitié d’entre eux ont moins de 39 ans. En 2015, près de 46 000 chercheures, 20 % de l’ensemble des chercheurs, mènent leur activité de recherche en entreprise. Elles sont mieux représentées dans les tranches d’âge les moins élevées : 2 4 % des chercheurs de moins de 35 ans sont des femmes, contre 14 %, pour ceux de plus de 50 ans.

Plus de la moitié des chercheurs en entreprise sont diplômés d’une école d’ingénieurs

Les entreprises déclarent employer environ 127 000 diplômés d’une école d’ingénieurs et 27 000 titulaires d’un Doctorat pour les travaux de R&D en 2015, soit respectivement, 56 % et 12 % de leurs chercheurs. De plus, 17 % des chercheurs en entreprise sont titulaires d’un Master/DEA/DESS. La promotion interne permet à 14 000 salariés d’accéder à la fonction de chercheur, avec un diplôme de niveau Bac+2 maximum , soit 8 % des chercheurs.

En entreprise, la part des femmes est plus élevée parmi les chercheurs issus de l’université. Elles représentent un tiers des chercheurs titulaires d’un Doctorat et plus du quart de ceux titulaires d’un Master. En revanche, parmi les chercheurs diplômés d’une école d’ingénieurs, la part des femmes est de 17 %.

Les principales disciplines de recherche en entreprise sont les moins féminisées

Les disciplines de recherche des chercheurs en entreprise se concentrent sur les Sciences de l’ingénieur / Mathématiques / Logiciel et Physique. En 2015, quatre chercheurs sur cinq travaillent dans ces domaines, par ailleurs les moins féminisés. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes en sciences médicales / biologiques et la parité est observée en sciences humaines / agricoles. La place relative des femmes découle des filières de formation, voir aussi l’enquête de la CDEFI sur la place des femmes dans les formations d’ingénieurs http://www.cdefi.fr/fr/actualites/chiffre-du-mois-les-femmes-et-lingenierie .

Les caractéristiques socioprofessionnelles des chercheurs en entreprise sont très dépendantes du secteur de recherche de l’entreprise

En 2015, 56 % des chercheurs en entreprise mènent leur activité de R&D dans les secteurs de recherche des industries manufacturières. La moitié d’entre eux ont moins de 41 ans et ils consacrent plus de 80 % de leur temps de travail à la R&D. Dans les secteurs de recherche des services marchands, la situation est autre : les chercheur s sont en moyenne beaucoup plus jeunes et ne passent que 60 % de leur temps de travail à la R&D.

Les secteurs de recherche des industries chimique et pharmaceutique rassemblent la plus grande proportion de femmes parmi leurs chercheurs (resp. 48 % et 59 %). À l’opposé, la part des femmes est de 13 % dans l’industrie automobile et les services informatiques et d’information.

Les titulaires d’un diplôme d’ingénieur représentent respectivement 72 % et 58 % des chercheurs des secteur s de la construction aéronautique et spatiale et l’industrie automobile. En revanche, la part des titulaires d’un doctorat y est inférieure à 10 % alors qu’elle est de 43 % dans le secteur pharmaceutique.

Parmi les chercheurs en entreprise 5 % sont de nationalité étrangère, issus pour près de la moitié de l’UE

Environ 12 0 00 chercheurs de nationalité étrangère mènent leur activité R&D dans une entreprise implantée en France, soit 5 % des chercheurs en entreprise. Cette proportion est de 7 % chez les femmes et de 5 % chez les hommes. Ils sont à 42 % issus de l’Union européenne, à 29 % d’Afrique et à 14 % d’Asie.

<http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2017/26/0/NF2017-16_Chercheurs_en_entreprise_839260.pdf>

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Mai 25

Comment améliorer l’efficacité du système français d’innovation ?

La France est bien placée en dépenses de R & D mais moins en matière d’innovation. C’est un constat assez largement partagé sur lequel s’est penché l’Académie des Technologies lors d’un séminaire dont la synthèse des résultats est disponible.

Ce rapport est organisé en 4 grandes parties.

  • La place de la technologie dans l’innovation : constats et évolutions fondamentales
  • Territoire et innovation
  • Les acteurs de la dynamique territoriale d’innovation
  • Quels éclairages en provenance de l’étranger ?

Le rapport met en avant quelques réflexions « pertinentes et impertinentes ».

  • Un constat récurrent : le retard de la France est moins technologique que lié à l’innovation, et à la moindre prise en compte de l’aval.
  • Différencier la production de richesses (PIB) des revenus distribués localement permet de mieux comprendre la dynamique des leviers productif, présentiel, résidentiel et le rôle d’amortisseur social des transferts, à l’aide des travaux de Laurent Davezies. L’analyse permet de comprendre comment les régions riches financent les régions pauvres, tant au niveau européen que national.
  • Distinguer les territoires attractifs des territoires répulsifs. La dynamique entrepreneuriale locale et la qualité de vie sur le territoire sont cruciales pour expliquer cette attractivité.
  • La métropolisation est-elle un mythe aussi dangereux que la taille critique pour les entreprises ? Si le débat n’est pas tranché, les travaux ont montré le caractère réducteur de la métropolarisation, à savoir des politiques qui voient dans la métropole une panacée, alors que les métropoles connaissent des dynamiques très différentes et qu’il y a des développements dans certaines périphéries.

Les travaux sont partis du constat que la France est bien placée en dépenses de R & D mais moins en matière d’innovation.

Le tableau de bord européen de l’innovation 2018 accorde un 9èmerang à la France, avec une performance proche de la moyenne de l’Union européenne, et ce sans changement notable depuis 2010. L’explication provient d’un problème d’efficacité des processus d’innovation, et non d’un déficit de moyens consacrés à l’innovation en matière de dépenses de R & D ou de capital humain (la France se classant entre la 5èmeet la 9èmeplace sur les indicateurs de moyens).

Les dificultés résident alors moins dans la présence de ressources de qualité et dans la production scientifique que dans les dificultés rencontrées à pousser à son terme le processus d’innovation. Plusieurs aspects sont à souligner ici :

  • l’innovation n’est que secondairement technologique. Les innovations sont, en effet, multiples : de rupture ou incrémentales, il est généralement admis que 20 % des innovations sont de source technique et 80 % de nature sociale, organisationnelle, commerciale, marketing ou financière (Godet, 2010). Les innovations reposent ainsi souvent sur la capacité à repenser des modèles économiques (business models), des activités économiques et sociales et des relations entre acteurs de la chaîne de valeur (par exemple ubérisation), plus que sur de seuls grands projets techniques. Innover nécessite d’être créatif et d’inventer mais, plus encore, d’aller en aval de la chaîne de valeur, en intégrant le design, le marketing et l’expérience utilisateur, seul et, surtout, en réseau. Pour cela, les capacités managériales et entrepreneuriales sont essentielles. Comment les stimuler ?

  • mailler les acteurs et renforcer la valorisation. Plus que jamais l’innovation requiert la coopération entre les institutions de recherche et de formation, entreprises et autres acteurs locaux. Des actions nombreuses ont été entreprises, tant pour valoriser la recherche publique (incubateur Allègre, 1999, Instituts Carnot, 2006, Sociétés d’accélération du transfert de technologie, 2010, plateformes régionales de transfert de technologie, 2013) et mieux connecter acteurs privés et publics (pôles de compétitivité, 2004, IRT/ITE, 2010). Les évaluations soulignent que les résultats sont favorables lorsque les dispositifs prennent appui sur des dynamiques préexistantes (exemple de Grenoble), et tiennent compte de la nécessité d’œuvrer à long terme.
  • créer et faire croître. L’innovation peut être concrétisée par des activités nouvelles au sein des entreprises existantes, mais aussi par de l’essaimage (spin-off ) et la création d’entreprises innovantes (start-up).

La France est désormais vantée pour être sur le podium mondial des grandes entreprises dépositaires de brevets (enquêtes Top 100 Thomson-Reuters), mais – malgré des progrès – la situation est en retrait pour le reste du tissu productif : manque de champions de taille intermédiaire et des PME encore à stimuler malgré l’impact des pôles de compétitivité.

La création de spin-o à partir d’innovations non stratégiques pour les grandes entreprises est toujours en retrait et, plus encore, la di culté est désormais de permettre la croissance des entreprises innovantes. En effet, alors que la France apparaît désormais comme un acteur important pour la création d’entreprises innovantes, celles-ci demeurent de petite taille (2 à 3 salariés). Trop peu de licornes, c’est-à-dire les entreprises de moins de 10 ans dont la valorisation dépasse le milliard de dollars, sont françaises. Est-ce gênant ? Non, si les innovations des start-upcontribuent à de la création d’activité en France. Oui si les start-upfinalisent leur développement à l’étranger… Permettre le développement des spin-o etstart-up en France est alors aussi important que de susciter leur création

L’Académie des Technologies fournit quelques pistes pour améliorer l’efficacité du système français d’innovation.

La dimension territoriale est centrale

L’innovation repose sur la capacité des acteurs locaux – des écosystèmes – à se mobiliser pour construire des projets innovants. Stimuler l’énergie des entrepreneurs est essentiel mais, pour cela, construire des coopérations entre les acteurs locaux – collectivités, entreprises, centres de recherche et de formation – est non moins crucial. En outre, l’accent sur la Région est renforcé par les réformes nationales (réformes des CCI, loi NOTRe de 2015) et les politiques européennes (Smart Specialization Strategy).

Métropolisation (une tendance) ou métropolarisation (une vision plus idéologique qui en fait une fatalité) ?

Les métropoles, ces aires urbaines de plus de 500 000 habitants constituent des acteurs essentiels des régions. Or les dernières années ont connu un phénomène nouveau : la métropolisation croissante des activités. L’aire urbaine de Paris et la douzaine de ces aires urbaines régionales connaissent à la fois une croissance plus forte de leurs activités, et comptent plus d’emplois à potentiel que le reste des territoires (cadres, ingénieurs, etc. sont à 61 % localisés dans ces métropoles). S’interroger sur le rôle des métropoles dans les dynamiques d’innovation est alors nécessaire. Cependant, une analyse précise soulève des interrogations multiples sur la métropolarisation, vue comme une tendance homogène et inéluctable. D’une part, des disparités fortes sont présentes entre les métropoles : elles diffèrent par leurs spécialisations, mais aussi en termes de performance ! Occitanie ou Nouvelle Aquitaine contrastent ainsi fortement avec la Normandie, le Grand Est ou les Hauts de France, moins dynamiques. D’autre part, les relations au sein des métropoles, entre centre et périphérie, sont diverses. Au-delà d’une homogénéité imaginée entre les métropoles, les trajectoires divergent : certains territoires, à la périphérie ou à l’extérieur des métropoles, maintiennent un dynamisme notable (exemple de la Vendée ou du Bressuirais). Comprendre la façon de créer ou de stimuler les territoires innovants est alors nécessaire.

Quatre acteurs et initiatives qui sont cruciaux dans cette dynamique :

Les pôles de compétitivité :

  • plus de 10 ans après leur création, les 67 pôles de compétitivité semblent désormais faire la preuve de leur impact sur les dépenses de R & D, et avoir un effet positif sur les PME qui s’y a lient. L’enjeu du passage au marché est désormais en première ligne.

Les chambres de commerce et d’industrie :

  • acteurs centraux du développement économique local, les 150 établissements qui forment le réseau des CCI ont connu à la fois une réforme de leur financement et de leur fonctionnement. Elles apparaissent plus que jamais comme le go between entre les différentes entités du tissu économique, les accompagnateurs des entreprises locales, tout en ayant une activité de formation notable (620 000 personnes formées chaque année par leurs 500 établissements de formation).

Les universités et des écoles d’ingénieurs :

  • depuis la loi Allègre et la loi Pécresse sur l’autonomie des universités, le système français d’enseignement supérieur est engagé dans le développement des activités de valorisation de la recherche, tout en connaissant des refontes et réformes régulières (fusions, communautés d’établissements COMUE) .

Le système de formation professionnelle :

  • essentiel à la fois pour les salariés, conduits à se former tout au long de la vie, et pour les entreprises, en quête de compétences. Ce système de formation professionnelle est au cœur de réformes qui conduisent à penser son articulation aux besoins régionaux de formation.

Enfin, le dernier chapitre a permis de situer les travaux conduits dans une perspective internationale, en soulignant, d’une part, combien les dynamiques de création de richesse et de répartition des revenus identifiées au niveau français, sont également présentes au niveau européen et, d’autre part, en montrant comment la Flandre a été en mesure de renforcer sa dynamique territoriale d’innovation ces dix dernières années.

http://academie-technologies-prod.s3.amazonaws.com/2018/03/08/13/53/09/608/Technologiesetterritoiresdinnovation_Communication.pdf

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