Les propositions des Grandes écoles pour la présidentielle

C’est au Sénat que la Conférence des Grandes écoles (CGE) a présenté ses propositions pour l’Enseignement supérieur et la Recherche, le jeudi 29 septembre.

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L’élection présidentielle à venir est l’occasion de placer les questions d’éducation et d’enseignement supérieur au cœur des débats. La CGE souhaite que tous les candidats s’en saisissent. Il en va de l’avenir de notre jeunesse et de notre pays selon Anne-Lucie Wack, Présidente de la CGE.
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A l’issue d’une consultation nationale pour mesurer la perception et les attentes des Français (jeunes, familles, entreprises etc.) vis-à-vis de l’Enseignement supérieur et d’un travail avec ses 222 grandes écoles membres, la CGE formule 24 propositions structurées en 5 leviers de transformation du dispositif national d’enseignement supérieur et de recherche. Ces propositions visent à favoriser la réussite de la jeunesse, et rendre l’Enseignement supérieur ouvert, agile, attractif et financièrement soutenable dans le temps.

Les 5 leviers proposés par la Conférence des grandes écoles :

  • Améliorer la réussite en premier cycle des études supérieures (3 propositions)
  • Faire de l’ouverture sociale de l’enseignement supérieur une grande cause nationale ??(5 propositions)
  • Faire de l’enseignement supérieur le ferment des dynamiques d’innovation dans les territoires et de l’attractivité internationale du pays (5 propositions)
  • Doter tous les établissements et universités d’une gouvernance et une organisation agiles (5 propositions)
  • Développer un nouveau modèle de financement de l’enseignement supérieur (6 propositions)

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Le dynamisme d’un pays se mesure souvent à travers celui de sa jeunesse. La performance de son système d’enseignement supérieur et de recherche est synonyme d’emploi. Elle est un enjeu essentiel pour notre pays, sa compétitivité, sa capacité à innover et son rayonnement international.

https://fairereussirlajeunesse.wordpress.com/

Et les candidats … ?

Profitons-en pour extraire des programmes connus de quelques candidats déclarés et qui se sont exprimés sur ce sujet, des éléments rapides qui font échos à ces propositions…

Alain Juppé souhaite faire de l’éducation la mère des réformes, car notre pays ne peut pas continuer à tolérer un taux d’échec aussi élevé à l’école et à l’université« . Il formule cinq grandes orientations : mettre fin à la sélection par l’échec, achever l’autonomie des universités, offrir des conditions de travail excellentes aux étudiants, avoir des universités mieux reconnues à l’international.

http://www.alainjuppe2017.fr

Pour Bruno Le Maire, les réformes de l’enseignement supérieur se feront à budget constant. Il faut encore accentuer l’autonomie des universités, pour qu’elles aient la capacité de construire elles-mêmes des cursus pour leurs étudiants répondant aux attentes du monde professionnel ou de la recherche, au lieu d’avoir un schéma unique pour tout le monde, propose le candidat. Malgré un bilan positif, l’autonomie n’a pas encore permis de lever tous les tabous, notamment les conditions d’entrée, les moyens financiers, les frais de scolarité, la gestion des personnels. Il entend conforter le modèle des grandes écoles. (Voir un complément sur le modèle des grandes écoles plus bas).

https://www.brunolemaire.fr/voici-mon-contrat-presidentiel.html

François Fillon souhaite rapprocher universités, centres de recherche et base industrielle. Nous devons aller plus loin en accélérant le développement de la recherche publique et privée et multiplier les rapprochements entre les universités, les centres de recherche et notre base industrielle partout sur le territoire pour faire de la France le pays de l’innovation et capitaliser sur notre grande histoire industrielle.

https://www.fillon2017.fr/participez/

Marine Le Pen souhaite rendre plus efficace l’orientation et retrouver le sens de l’excellence. Elle propose d’instaurer la sélection pour créer la vraie égalité des chances, soulignant qu’une sélection cachée existe, la pire de toutes, par l’échec. Elle souhaite aussi instituer et généraliser des grandes écoles des métiers auxquelles prépareront des CPGE professionnelles.

https://www.marine2017.fr

Voir aussi certains articles précédents de ce blog :

http://science-innovation-developpement.com/lautonomie-des-universites-necessaire-mais-non-achevee/

http://science-innovation-developpement.com/lautonomie-des-universites-necessaire-mais-non-achevee/

http://science-innovation-developpement.com/universites-francaises-selection-et-professionnalisation-sont-elles-dissociables/

http://science-innovation-developpement.com/la-france-se-dote-dune-strategie-de-lenseignement-superieur/

Complément : le modèle « grandes écoles »

Le modèle des « grandes écoles » serait source d’inspiration pour la modernisation de l’enseignement supérieur français, selon la CGE.

La filière des grandes écoles en France dont 222 sont membres de la CGE, représente la diversité de l’enseignement supérieur et de la recherche en France : écoles d’ingénieur, de management, d’architecture, d’art, de design, de sciences politiques, de santé… Elle comptait 400 000 étudiants en 2015 soit 17 % des effectifs de l’enseignement supérieur répartis dans des établissements publics (60 % des écoles de la CGE) ou privés (40 % des écoles de la CGE).

Ces écoles délivrent 40 % des diplômes de master (grade master) chaque année dans notre pays. Elles contribuent donc considérablement à la formation et à l’emploi de la jeunesse.

Elles offrent des parcours de réussite diversifiés et adaptés aux besoins du monde socio-économique. Un bachelier entrant en classe préparatoire a 90 % de chances d’obtenir un diplôme de grade master 5 ans après. Les formations qu’elles délivrent sont un véritable passeport pour l’emploi : plus de 80 % des diplômés sont insérés dans le monde du travail 6 mois après l’obtention de leur diplôme, dont les ¾ en CDI. Le taux d’insertion atteint 93 % 12 mois après.

Confrontées à une augmentation massive des effectifs étudiants entre 2007 et 2014 (+ 110 0000 contre + 100 000 en universités), elles ont relevé ce défi tout en maintenant un taux d’insertion professionnelle remarquable.

Fondés sur le triptyque formation-recherche-entreprises, les cursus de ces écoles se situent au meilleur niveau scientifique et pédagogique. Ils incluent des stages en milieu professionnel et une expérience à l’international, éléments favorisant l’ouverture et la multi culturalité. Les grandes écoles allient ainsi une large ouverture internationale (plus de 20 % d’étudiants étrangers dans les écoles d’ingénieur, 30 % dans les écoles de management) à un impact territorial marqué.

Elles ont développé depuis plus d’une vingtaine d’années une recherche de très grande qualité qui est devenue au fil du temps une activité au cœur de leur stratégie. Elle leur permet d’abriter, au sein de laboratoires propres ou partagés, environ 30 % des doctorants remplaçant une thèse dans notre pays. De même l’innovation et l’entrepreneuriat sont des éléments clefs pour les jeunes étudiants et diplômés. Toutes les écoles ont un incubateur en propre ou partagé.

Parallèlement, les écoles ont su développer avec dynamisme l’apprentissage (environ 15 % des diplômés des écoles d’ingénieur ou de management le sont aujourd’hui par cette voie) et accroître leur ouverture sociale (la majorité des écoles ont plus de 30 % de boursiers).

Cette agilité, caractéristique des écoles, est possible grâce à une gouvernance à la fois efficiente et compacte, à un attachement très fort des enseignant(e)s, enseignants-chercheurs, étudiant(e)s, personnels d’appui à leur établissement et à une implication affirmée des entreprises et des acteurs territoriaux.

https://fairereussirlajeunesse.wordpress.com/le-modele-des-grandes-ecoles/

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3 pensées sur “Les propositions des Grandes écoles pour la présidentielle

  1. J’adhere au developpement fait par Marc ROUSSET. Le meme probleme se pose dans les universites en Afrique, mais malheureusement ici les reflexions ne vont jamais loin pour permettre de trouver des solutions idoines.

  2. La valorisation de la formation par la recherche est sûrement un des maillons faible de notre enseignement supérieur. En effet, la France est le seul pays industrialisé où le Doctorat est déprécié par rapport à des diplômes inférieurs comme le Master ou le très recherché diplôme d’ingénieur. Cette inversion sur l’échelle des valeurs, dont les causes sont multiples, induit tout un tas de dysfonctionnements qui ont pour conséquence un déficit de compétitivité de notre économie. Par exemple, en France les docteurs sont pour la plupart cantonnés aux carrières académiques et n’ont que très peu accès au secteur industriel. Le résultat est que notre industrie est dans l’ensemble assez peu innovante, sauf quelques grand groupes, déconnectée des laboratoires où se crée l’innovation. En dépit du fait que notre recherche soit une des meilleures du monde, il n’y a que trop peu de connections avec les entreprises.
    Il est indiqué dans le texte : « Elles (les écoles d’ingénieurs) ont développé depuis plus d’une vingtaine d’années une recherche de très grande qualité qui est devenue au fil du temps une activité au cœur de leur stratégie. » Rien n’est plus inexact. La vitrine montre en effet des laboratoires de bons niveaux pour les écoles Polytechniques, Centrales, Supélec… Mais dans la réalité, il n’y a que très peu des élèves ingénieurs, quelques pourcents, dans ces laboratoires, qui sont peuplés d’universitaires, comme tous les laboratoires de recherches du pays. La seule exception est l’Ecole Normale, qui a fait de la formation par la recherche une vraie priorité depuis des décennies. La dépréciation du Doctorat fait que les ingénieurs ne poursuivent pas leurs études par une thèse car elle n’apporterait pas de bénéfices à leur carrière. Pourtant, dans tous les pays industrialisés, sauf la France, nombres de cadres et de dirigeants des entreprises sont titulaires d’un doctorat. Il est donc indispensable de valoriser la formation par la recherche

  3. Mettre en place une politique d’orientation à l’entrée de l’université pour lutter contre l’échec serait une mesure inefficace. Comment par exemple réorienter les quelques 20 000 étudiants qui s’inscrivent en psychologie chaque année? Pourtant ceux-ci savent bien que le taux d’échec est important et qu’il y a peu de débouchés pour les diplômés car les professeurs le repentent à l’envie et l’information est largement disponible. La seule mesure efficace serait d’instaurer un numerus clausus avec une sélection à la fin de la première année, comme en médecine. C’est d’ailleurs plus ou moins ce qui se passe naturellement car le taux d’échec en première année est de l’ordre de 50%. Le numerus clausus aurait l’avantage de réduire le taux d’échec en deuxième et troisième année. Cette mesure devrait être étendue à l’ensemble des filières. Il est très important que chacun puisse réussir en fonction de ses aptitudes. L’égalité des chances ne veut pas dire l’uniformité mais la possibilité de réussite offerte à chacun en fonction de ses prédispositions. La sélection permet à chacun d’évaluer ses compétences et de s’orienter vers la filière où les chances de succès sont maximales.

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