Les PME profitent des aides à l’innovation

A un moment où Bpifrance est mise au pilori par la Cour des Comptes pour ses frais internes (mais qui la Cour ne met t’elle pas au pilori ?), il est bon de s’intéresser à l’avis des PME sur cette banque publique d’investissement et sur les aides à l’innovation.

C’est une récente étude intitulée « Horizon PME » de SOGEDEV qui nous en donne l’occasion. Cette étude se base sur les résultats d’un questionnaire adressé à plus de 5000 dirigeants de PME françaises entre juillet et septembre 2015 et complété par 540 répondants. Elle vise à prendre la température de la situation économique des PME innovantes françaises et à mesurer leurs besoins pour financer leur développement.

Quelques point positifs et notables… en mode impressionniste.

Les PME poursuivent leur croissance !

Véritable poumon économique de la France, trois quarts des répondants, chefs d’entreprise à 92 %, sont optimistes et soulignent l’évolution positive sur leur activité. En effet, les répondants de notre étude appartenant aux secteurs de l’industrie et des NTIC ont le sentiment que leur croissance a été positive et cette impression se confirme par une hausse de 9 points par rapport à l’étude précédente.

Le succès des aides à l’innovation de Bpifrance se confirme au fil des années

Grâce à la diversité de l’offre de Bpifrance, l’accès au financement pour les jeunes entreprises est facilité, et c’est le dispositif de prêt à taux zéro « aide à l’innovation » qui tire son épingle du jeu auprès des répondants, sollicitées à 26 %. La tendance reste similaire à 2015 concernant les différents prêts en faveur de l’innovation : le prêt à taux zéro, le prêt innovation (PI), et le prêt pour l’innovation (PPI), sont quant à eux utilisés par un quart des sondés.

Les PME sont bien informées sur les aides publiques

87% des interrogés affirment avoir déjà bénéficié d’une aide publique pour financer leur développement. Mais les PME ont tendance à délaisser les aides publiques pour financer leurs projets d’investissement (recrutement, achat de matériel…). Seuls 12% des répondants utilisent les aides publiques pour financer leurs investissements.

Le CIR conserve sa 1ère place sur le podium des aides publiques à l’innovation

L’étude confirme la tendance : sans le CIR, l’activité de recherche et développement (R&D) des PME interrogées serait réduite de 30 %. Avec un « budget » estimé à 6 Md€, le CIR reste la mesure fiscale phare du gouvernement en faveur de l’innovation, il s’agit de l’aide la plus incitative pour les entreprises françaises, sollicitée à 90% par les PME françaises.

Le CII : la complémentarité au CIR se confirme

Extension du crédit d’impôt recherche, le CII a permis à 68 % des sondés de déclarer des dépenses qu’ils ne pouvaient pas déclarer auparavant dans le cadre du CIR. Après un démarrage réussi après sa création en 2013, le montant déclaré au titre du CII ne cesse d’augmenter depuis sa mise en place.

Le statut de jeune entreprise innovante : un succès pour les start up !

Le statut JEI étendu jusqu’au 31 décembre 2016 a aujourd’hui fait ses preuves : ce sont près de 7400 Start up qui en ont bénéficié depuis sa création en 2004, et environ 3 000 Start up actuellement. Le statut JEI a permis principalement, pour plus d’un tiers de nos répondants, de pérenniser leur entreprise, mais aussi de réaliser de nouvelles embauches et développer de nouveaux produits. Sa mission semble donc être remplie et ce statut est largement plébiscité par les start up ! D’ailleurs le projet de loi de Finances 2017 présenté en septembre dernier propose sa reconduite au 31 décembre 2019.

L’analyse globale fait apparaître les autres points suivants (extraits) :

Une situation économique stimulée et des entrepreneurs optimistes

La majorité des entrepreneurs interrogés semble partager l’idée selon laquelle leur activité se développe, en dépit de la croissance nulle enregistrée au second trimestre en France. 69% des interrogés affirment d’ailleurs ne pas rencontrer de problème de trésorerie.

Des recrutements grâce à l’activité croissante des PME !

92% des répondants de l’enquête affirment que la croissance de leur entreprise leur a permis de tenir leurs objectifs de recrutements. Le secteur des NTIC reste un secteur dynamique qui recrute et dont le taux de chômage reste limité par rapport aux chiffres nationaux. 88% des entreprises du secteur interrogées affirment avoir recruté grâce à leur développement. Ces chiffres corroborent les résultats d’une étude du Syntec numérique selon lesquels le secteur du numérique pourrait créer 38.000 emplois nets d’ici à 2018…

Les PME peuvent-elles devenir des ETI ?

A ce jour, on dénombre en France seulement 4600 ETI mais qui, entre 2009 et 2014 ont créé 90 000 emplois en France – soit 30% des créations nets. Selon les répondants, le gouvernement doit encore interagir et mettre en place des mesures qui faciliteraient et simplifieraient leur développement et pour les aider à franchir ce cap : plus d’¼ des interrogés estime qu’un allègement des charges patronales leur permettrait de devenir une ETI.

Mais des freins persistants à l’utilisation des aides publiques

Les entreprises interrogées ne bénéficiant pas d’aide publique affirment à 40% que le manque de temps est un frein à la mise en œuvre d’une aide et 22% craignent une remise en cause ultérieure de leur demande d’aide. D’autres répondants dénoncent, quant à eux, le manque de compétences en interne et des règles administratives « illisibles »…

L’export : clés de la réussite pour se développer

En 2014, les chiffres du Commerce extérieur indiquaient que 116 232 PME françaises exportaient, représentant ainsi 96% des entreprises exportatrices. Près des ¾ des entreprises interrogées mènent des projets à l’international dont 37% depuis leur création. Parmi elles, 22% affirment que l’export occupe 50% et plus de leur activité.

http://www.sogedev.com/blog/2015/10/09/etude-horizon-pme-2015-principaux-enseignements/

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