Former des ingénieurs agiles pour l’avenir

Former des ingénieurs pour qu’ils soient opérationnels dans un avenir très imprévisible nécessite de leur faire acquérir des capacités leur permettant d’appréhender des situations technologiques ou managériales complexes. Des travaux transdisciplinaires, les technologies numériques et l’innovation pédagogique sont parmi les moyens les plus utilisés.

UN PRÉSENT EN ÉVOLUTION RAPIDE VERS UN AVENIR INCONNU

Un bachelier 2017 se préparant à devenir ingénieur exercera encore dans 50 ans, dans un monde très différent du nôtre. Il y a 50 ans, l’informatique était réservé à quelques professionnels et ne s’enseignait pas dans les écoles, contrairement au dessin industriel. L’apprentissage de l’« international » était encore limité. Depuis, mondialisation, empreinte technologique, numérisation, nomadisme, protection de l’environnement, accès facile à l’information et à la connaissance sont apparus avec force. Le monde est en évolution de plus en plus rapide vers un avenir sociétal et technologique inconnu. Que sera un ingénieur dans 50 ans ?

INGÉNIEUR : PLUS QU’UN MÉTIER…

L’étude des annuaires d’alumni est édifiante. On y trouve de tout (ou presque) : administratif, manager, chercheurs, technologues, diplomate, financier, consultant, juriste, entrepreneur, voire ecclésiastique… dans des structures très différentes (de la petite entreprise à la multinationale). Quant aux changements de métiers et de secteurs, ils sont fréquents. On peut passer de la recherche en mathématiques aux salles de marché via les mathématiques financières. Un jeune ingénieur changera plusieurs fois d’activité et de domaine.

…DES CAPACITÉS !

L’homme « moderne » est confronté aux défis de la technologie, de la complexité et de l’instantanéité qui sont les terrains de jeu de l’ingénieur.

Esprit scientifique, esprit critique, formé à la rigueur mathématique, l’ingénieur a l’intelligence de la complexité, soit la capacité à appréhender des situations complexes et des technologies. Il sait raisonner « système » et agréger des informations venant de différents domaines (techniques, économiques, humains, éthiques…). En tant que manager, c’est aussi un leader humain capable de gérer des intelligences multiples. Il écoute les autres et se confronte à la réalité physique et vraie pour comprendre. Il a la capacité de raisonner vite, de gérer dans l’urgence des problèmes complexes en agrégeant des informations de domaines très différents et en allant en priorité à l’essentiel.

LE NUMÉRIQUE AU SERVICE DE L’AGILITÉ

Proches des entreprises et des territoires, les écoles doivent lui donner ces capacités. Le confronter à l’interdisciplinarité. Lui apprendre à être agile, à être capable de s’adapter. Lui apprendre à apprendre. Lui faire acquérir des méthodes de travail personnelles et en groupe. Lui apprendre à distinguer l’essentiel de l’accessoire. En 3 mots, câbler les circuits.

Le numérique est d’une aide précieuse. Au-delà de permettre des lieux d’apprentissage dématérialisés et une rapidité d’adaptation des programmes, le numérique permet de s’adapter aux rythmes personnels et fournit la capacité à mettre en œuvre un parcours personnalisé.

JGE 2

L’INNOVATION PÉDAGOGIQUE AU SERVICE DE L’ÉTUDIANT

L’innovation pédagogique doit être la règle. À toutes les échelles de temps :

  • sur le module « horaire » de base, passer de la classe classique (le sachant versus les apprenants) à la classe inversée (les apprenants étudient le cours fait par le sachant avant la classe voire à la classe renversée (ce sont les apprenants qui conçoivent le cours et le présentent au sachant pour évaluation),
  • au « quotidien », des méthodologies de travail en groupe, dites de Codesign, peuvent être mises en place,
  • au mois ou au trimestre, ce sont des parcours à la carte qui sont souvent offerts,
  • à l’année, les logiques 3+2+3 (LMD) ou 2+3 (CPGE – GE) volent en éclats grâce aux passerelles entre formations et autres parcours adaptés.

Former des ingénieurs pour l’avenir nécessite une transition pédagogique qui est en marche.

Nota : cet article reprend un article publié dans le Journal des Grandes Ecoles :

YNCREA : FORMER DES INGENIEURS AGILES POUR L’AVENIR

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