Comparaison internationale de la recherche publique française

La dépense intérieure de R&D s’établit à 53,3 Md€ (chiffres 2015) dont 21,8 Md€ pour les administrations (41% du total). Il est donc légitime de s’interroger sur l’impact de cette dépenses publiques et sur le niveau comparé de la France par rapport à d’autres pays, certes partenaires mais aussi concurrents en termes d’innovation, de créations de valeur et d’emplois et d’attractivité des capitaux étrangers.

Une récente fiche du Ministère de l’Economie et des Finances présente des éléments de comparaison avec les grands pays de l’OCDE.

Parmi les grands pays de l’OCDE, la France occupe la 5èmeplace mondiale pour la dépense de recherche publique en 2015. Rapportée au PIB et en intégrant la R&D en défense, la dépense de R&D représente 0,86 %, ce qui place la France au-dessus de la moyenne de l’OCDE, mais en-dessous des pays leaders (les pays nordiques, la Corée et l’Allemagne) et de « l’objectif de Lisbonne » de 1 % du PIB.

L’organisation et la gouvernance du système de recherche français présentent des spécificités. Si l’enseignement supérieur occupe souvent une place centrale dans les autres pays, les organismes de recherche (comme le CNRS) ont historiquement été au coeur du système français. Aujourd’hui, les laboratoires sont généralement mixtes (beaucoup ont, par conséquent, de multiples tutelles). Par ailleurs, les ressources proviennent essentiellement d’allocations budgétaires récurrentes (plutôt que contractuelles), et la part de financement allouée sur projets semble être la plus faible parmi les pays comparables.

La production scientifique française couvre toutes les disciplines et elle est très internationalisée. Les indicateurs de résultat (dont les limites doivent être soulignées) suggèrent que cette production est comparable à la moyenne des autres pays avancés. La France est au 7èmerang du point du vue du volume de publications scientifiques, dont la qualité (mesurée par l’intensité des citations reçues) est dans la moyenne. Le profil disciplinaire de ces publications évolue au même rythme que la moyenne mondiale. Enfin, la recherche publique française a une importance croissante dans les demandes de brevets.

La France n’est pas positionnée sur la « frontière d’efficience » de la dépense de recherche publique, que l’on peut estimer en reliant les niveaux de dépense aux indicateurs de performance d’un échantillon de pays. De ce point de vue, elle n’est toutefois pas significativement différente de la moyenne des pays de second rang (qui incluent l’Allemagne et le Japon). La situation s’est améliorée depuis 2004, ce qui signale une dynamique positive.

On peut en tirer la conclusion que la programmation de la recherche est plutôt bottom-up (proposée par les chercheurs) que top-down (incitée par les défis à résoudre), malgré la structuration de la Stratégie Nationale de Recherche en tels défis sociétaux… D’où les efforts faits pour rapprocher le monde académique du monde économique.

https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/a3833ca5-c98a-4011-854c-c11ace0fcbf2/files/ee7e33be-d1a7-495a-aac8-d5cd460fde24

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