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Bernard Beauzamy, PDG de la Société de Calcul Mathématique, réagit à l’article sur l’économie circulaire avec les réflexions ci-dessous, qui n’engagent que son auteur, selon la formule consacrée.

On appelle généralement « économie circulaire » un ensemble de doctrines : recyclage des produits de toute nature, tri des déchets, réduction de la consommation, etc. L’idée de base est que l’espèce humaine doit minimiser son « empreinte écologique », c’est-à-dire la trace qu’elle laisse sur la planète.

Ce concept n’est jamais l’objet d’aucun débat ; pourtant, on le retrouve un peu partout sous les formes les plus diverses. Dans le programme de certains candidats à l’élection présidentielle, on lit « la meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas », slogan dépourvu de sens.

Or, comme nous allons le voir :

  • La Nature n’économise rien ; elle est, à toute échelle, un immense gaspillage ;
  • Aucune civilisation, avant la nôtre, n’a mis en œuvre de telles théories ;
  • Ces pratiques sont fondamentalement malsaines ; elles nous mènent au chômage et au sous-développement.

1.     La Nature

Les arbres donnent leurs fruits sans se soucier de savoir si quelqu’un va les manger. Ce qui n’est pas mangé pourrit, voilà tout ! Les êtres vivants naissent et meurent, sans se soucier de savoir si une autre espèce va en profiter. Les fleuves coulent, indifférents aux besoins de l’humanité, et si un cycle est maintenu, c’est grâce à une énergie extérieure (celle du Soleil).

A aucun moment, sur aucun sujet, la Nature n’a cherché à « optimiser » un quelconque process, à le rationaliser, à le rentabiliser au prorata d’un besoin quelconque. Faudrait-il limiter le nombre des pommiers, au prorata des besoins ? Amusante tentative de régulation !

Bien au contraire, la Nature lance en permanence d’innombrables essais, qui sont d’immenses gaspillages : telle espèce animale va pondre des milliards d’œufs, pour que quelques unités se développent. La Nature fait en permanence apparaître et disparaître des espèces vivantes, sans aucun plan qui nous soit perceptible, et il faut une bonne dose d’arrogance pour en voir un !

Ce sont ces immenses gaspillages qui sont à l’origine de l’abondance et de la diversité de la vie sur Terre ; aucune planification n’y pourrait réussir. La Nature fait en permanence de nouveaux essais ; elle ne se contente pas de recycler des produits ou des espèces existants.

2.     Les civilisations antérieures

Les civilisations qui se sont développées l’ont toutes fait par l’exploration et la conquête : exploration de nouvelles idées, de nouveaux moyens, de nouvelles technologies, conquête de nouveaux territoires. C’est tout le contraire du recyclage ! Aucune civilisation avant la nôtre n’a érigé le recyclage en vertu. On a toujours considéré comme une marque de progrès le fait de pouvoir disposer de produits neufs, de qualité supérieure aux produits anciens. Lorsque la réutilisation des produits anciens était indispensable (dans le cas des crises, des guerres), l’époque considérait cela comme une courte honte, dont il fallait se débarrasser au plus vite ; les difficultés surmontées, le progrès reprenait son cours. Les châteaux de la Loire, gloire de la Renaissance, n’ont pas été réalisés en recyclant les masures qui les ont précédés.

Une civilisation qui « réussissait » avait à cœur de le montrer, en construisant des monuments splendides et en organisant des fêtes. Les Grecs, les Romains, ont laissé des traces évidentes. Voltaire, dans « Le Mondain » (1736), écrit :

« Il est bien doux pour mon coeur très immonde

De voir ici l’abondance à la ronde,

Mère des arts et des heureux travaux,

Nous apporter, de sa source féconde,

Et des besoins et des plaisirs nouveaux. »

Il ne parle pas de recyclage, mais de plaisirs nouveaux ! « Le superflu, chose si nécessaire », dit encore Voltaire (op.cit.). Une jeune fille, qui se réjouit de son premier bal, se réjouira sans doute moins si on lui dit que sa robe est en tissu recyclé de seconde main.

Après la seconde guerre mondiale, le fait que chaque foyer puisse disposer de ses propres commodités (machine à laver, automobile, etc.) a été considéré comme un progrès ; on voudrait aujourd’hui prôner le covoiturage : régression.

3.     Le recyclage : une pratique profondément malsaine

Un produit recyclé est évidemment moins cher qu’un produit neuf ; c’est l’évidence et les raisons sont multiples. La première d’entre elles est la recherche, composante du produit neuf, absente du produit recyclé. Ce dernier ne comporte évidemment aucune innovation d’aucune sorte.

Il est généralement de moins bonne qualité que son homologue neuf, pour plusieurs raisons :

  • Les normes évoluent vite, et les produits neufs sont obligés de les suivre ;
  • On maîtrise mal les processus de recyclage (fatigue des composants, tenue dans le temps, apparition de défauts, de fissures, etc.). On croit recycler « à l’identique », mais en réalité la résistance au vieillissement est beaucoup moins bonne ;
  • Un produit recyclé ne présente pas les mêmes garanties d’hygiène qu’un produit neuf, car on ne sait pas quelles opérations ont été menées pendant le recyclage.

Le meilleur exemple est celui des sacs de supermarché : jadis, on disposait de sacs à usage unique, destinés par conséquent à être détruits après usage. Mais ces sacs ont été interdits au nom de considérations bobo-écolo ; on emploie désormais des sacs réutilisables. A-t-on cherché à en évaluer la propreté, au bout de quatre ou cinq usages ? Il suffit de voir le degré de crasse des paniers en plastique dans les supermarchés pour s’en faire une idée !

Bien entendu, du point de vue du fabricant, le recyclage est une calamité : si on recycle indéfiniment des Peugeot 407, le constructeur vendra moins de modèles récents et ceci est évidemment source de chômage.

Le recyclage nuit à l’inventivité, à l’innovation : les ressources qui lui sont attribuées sont autant de ressources détournées de la conception de produits neufs. La compétitivité du pays va en souffrir, ainsi bien sûr que son image de marque.

Donc, par quelque bout qu’on le prenne, le recyclage est une calamité. Il n’est satisfaisant ni pour le producteur, ni pour le consommateur, ni pour le pays. On s’en accommode lorsqu’on ne peut pas faire autrement : si le pouvoir d’achat est trop faible ou si les approvisionnements font défaut.

4.     Le rôle de l’Etat

On se demande vraiment, sur ces questions, de quoi se mêle l’Etat ; quelqu’un aura-t-il un jour le courage de dire à la Ministre ce que Cicéron disait à Catilina « jusque à quand abuserez-vous de notre patience ? ». Car enfin ce n’est pas le rôle de l’Etat que de décider si un produit doit être recyclé ou non.

Le rôle de l’Etat est de définir des normes de qualité et de sécurité, par exemple le respect de la chaîne du froid, l’hygiène alimentaire, etc. Si les industriels, dans le respect de ces normes, préfèrent utiliser des bocaux en verre ou des bouteilles en plastique, c’est leur affaire et celle des consommateurs. Pourvu que les normes soient respectées, les consommateurs sont souverains, et jugeront du prix et de la qualité.

Chacun a encore en mémoire l’absurde décision concernant les ampoules à incandescence ; les ampoules ordinaires ont été retirées de la vente et même interdites, toujours au nom de cette même idéologie bobo-écolo. Mais les nouvelles ampoules n’éclairent pas aussi bien (si bien que toute une génération souffre des yeux) et ne présentent pas la même longévité. La doctrine était celle des « économies d’énergie » ; mais pourquoi fallait-il économiser l’énergie ? personne ne l’a jamais su. C’est un dogme.

5.     Les trois piliers du sous-développement

Le sous-développement économique a trois piliers, comme la casquette du bouffon avait trois grelots : l’un est le recyclage, l’autre est le tri, le troisième est la parcimonie. Mais quand, pour les frotter, on cherche les oreilles des responsables, des Hulot, des Jancovici, on ne les trouve jamais. Ils ont « ouvert boutique effrontément », ces « cyniques brocanteurs sortis on ne sait d’où » (Victor Hugo, Poème à des journalistes de robe courte – Les Châtiments), mais on ne peut jamais les combattre : jamais de sanction électorale, jamais de débat !

Voilà un ensemble de doctrines absolument vide (un enfant le comprendrait !), évidemment nuisible au pays, mais qui parvient subrepticement, à la sauvette, à acquérir droit de cité. Nous savons que Voltaire est mort et que le Siècle des Lumières a disparu avec lui : nous avons eu le temps de nous y habituer. Mais on pouvait tout de même espérer que des doctrines aussi nuisibles et aussi sottes rencontreraient ici ou là une forme de contestation, même modeste, que subsisterait, ici ou là, un lumignon tremblotant.

Nous savons bien entendu que les journaux « pitres dévots, marchands d’infâmes balivernes » seront les premiers à présenter les absurdités comme des vérités et les régressions comme des victoires. Mais on aurait souhaité que les « think tanks », qui se veulent nombreux, aient quelques soubresauts, que les Académies réagissent, et que les Industriels, qui sont les premiers concernés, soient moins pusillanimes.

6.     Le retour de l’âge d’or

Si, par la grâce des dieux et le vote des hommes, si un jour on voit l’Ademe dissoute et le Hulot proscrit, les vertus industrieuses reprendront droit de cité. S’accomplira alors l’antique prophétie de la Sibylle de Cumes :

Ultima Cumaei venit jam carminis aetas

Bernard Beauzamy, PDG SCM SA, 111 Faubourg Saint Honoré, 75008 Paris

A l’époque de la COP (la 23ème), exercice annuel qui voit les dirigeants se mettre au chevet de notre planète, il est bon de se demander quel rôle peuvent jouer ensemble scientifiques et société civile ensemble sur la question des enjeux climatiques. En France car, selon la terminologie officielle, les Etats-Unis ont l’intention de se retirer de l’accord, à moins que le président puisse identifier des termes plus favorables aux entreprises, travailleurs et contribuables américains.

C’est la question à laquelle s’est récemment intéressé le CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental) à partir d’une étude puis d’un avis élaboré sous le pilotage de Julien Blanchet et Jean Jouzel.

La question de la lutte contre le réchauffement climatique et d’adaptation à ses conséquences offre l’opportunité d’un dialogue sciences-société renforcé, protéiforme et continu, associant chercheur.euse.s, décideur.euse.s politiques, acteur.rice.s de la société civile organisée, dans toutes ses dimensions, et citoyen.ne.s.

Comme le remarque le préambule du rapport, les scientifiques impliqué.e.s dans les différents aspects du changement climatique aspirent à développer un dialogue sciences-société structuré. La société dans son ensemble se sentant plus qu’hier concernée par le défi collectif du réchauffement climatique sollicite déjà cette communauté.

Les recommandations de l’avis sont reprises ci-dessous. Elles ont pour objectif que les interactions, déjà nombreuses, entre la communauté scientifique « climat » et la société dans son ensemble, se transforment en un véritable dialogue afin de les rendre encore plus fructueuses.

  1. Le dialogue sciences-société sur les questions climatiques s’est nourri au fil des années, mais il a tardivement été pris en compte dans les politiques publiques

Pour développer le dialogue sciences-société sur les enjeux climatiques, un processus d’échange et de rencontre entre les acteur.rice.s de la recherche et ceux.celles du monde économique au niveau territorial est une nécessité.

  1. Au niveau mondial le GIEC est un modèle sans équivalent de dialogue entre décideur.euse.s politiques et communauté scientifique

Les chercheur.euse.s français.e.s doivent s’impliquer et si possible renforcer leur présence, notamment au niveau des relecteur.rice.s, dans le processus du GIEC. Cette participation au GIEC requiert un soutien financier spécifique qui doit être assuré par les ministères concernés.

  1. Au niveau national les modalités de ce dialogue sont diversifiées et doivent être améliorées

La France doit se doter, au niveau national, de lieux d’interaction entre la communauté scientifique « climat » et les décideur.euse.s politiques de façon à étayer la position française dans les négociations climatiques. Les instances de dialogue mises en place doivent permettre qu’il se développe véritablement entre décideur.euse.s politiques et scientifiques. Les organismes du type « comité d’experts » regroupant principalement des scientifiques et fonctionnant selon les règles propres à l’éthique scientifique doivent être privilégiées. Le CESE partage avec le Parlement le besoin d’analyse des choix scientifiques et technologiques. Aussi faut-il envisager une évolution de l’OPECST vers une instance composée de membres des trois assemblées. En s’inspirant de l’exemple du Royaume-Uni, la France devrait créer au niveau du Président de la République et sous son autorité un poste de « chief scientist », qui serait confié à un.une chercheur.euse de haut niveau, internationalement reconnu.e.

  1. Le dialogue entre les acteur.rice.s économiques et la communauté scientifique est perfectible

Le développement des services climatiques devrait faire l’objet d’un dialogue permanent entre la communauté scientifique et les acteur.rice.s de l’entreprise. La simplification des démarches d’appels à projets pour les PME doit être poursuivie afin de renforcer l’opportunité de création de projets collaboratifs concernant tout particulièrement l’accès aux services climatiques. Les chambres consulaires pourraient accroître leur contribution au décloisonnement entre le monde économique et les établissements d’enseignement supérieur et de recherche.

  1. Le dialogue entre les acteur.rice.s économiques et la communauté scientifique présente des risques qu’il faut prévenir

Il serait souhaitable de mieux contrôler les déclarations de liens d’intérêt des chercheur.euse.s et notamment de bien identifier l’organisme qui les réceptionne et les conditionne. Une déclaration systématique de tous les liens, nanciers ou non, existant entre les industriel.le.s, les chercheur.euse.s, pourrait ainsi être effectuée.

  1. Un dialogue entre citoyen.ne.s, associations et communauté scientifique qui passe par les sciences citoyennes

L’existence des savoirs d’expérience, d’usage ou encore l’expertise citoyenne devrait être valorisée par leur mobilisation plus systématique dans la construction des projets de recherche sur le climat et les démarches scientifiques conduites dans les territoires en vue de leur adaptation aux effets du réchauffement climatique. Pour favoriser les échanges entre science citoyenne et science académique, une mission « recherche participative » fondée sur un partenariat avec des associations sélectionnées à partir de critères objectifs pourrait être inscrite dans les missions des universités et organismes de recherche. L’évaluation d’un service climatique par les populations qui utiliseront l’information apparaissant comme souhaitable, les évaluations des recherches par une communauté de pair.e.s étendue aux non scientifiques doivent se multiplier. La relance des boutiques de sciences, outils participatifs de production de connaissance scientifiques au pro t des organisations de la société civile, mérite une réflexion approfondie.

  1. Une organisation de la communauté scientifique qui doit répondre à cette nécessité de dialogue

Le développement et à terme la généralisation des formations à la diffusion de la culture scientifique doivent être envisagés. L’évaluation des chercheur.euse.s doit évoluer en y intégrant effectivement des critères en lien avec leur investissement vers la société. Les efforts des chercheur.euse.s pour établir et maintenir des liens avec la société devraient être facilités en temps et en moyens et pleinement reconnus et valorisés dans la formation doctorale, comme dans le déroulement de leur carrière. Dans l’exposé des titres et travaux des scientifiques, une place devrait être systématiquement dédiée à leur implication sociétale au bénéfice de la diffusion et /ou de la production collaborative de connaissance.

  1. L’organisation de la communauté scientifique doit répondre à la nécessité de créer des espaces ou des moments de dialogue…

Le souhait d’une construction collective, chacun avec ses spécificités, d’espaces de confiance où l’on travaille ensemble est exprimé par de nombreux chercheur.euse.s. Ces espaces doivent être mis à la disposition des chercheur.euse.s et représentant.e.s de la société pour qu’ils partagent en sécurité ce que sont leurs valeurs, leurs contraintes matérielles et leur compréhension du monde, même si elles sont très différentes. Des expérimentations de nouveaux lieux et moments sont conduites au niveau des collectivités locales. Elles doivent être poursuivies, afin d’élaborer une méthodologie fiable. Ces dispositifs expérimentaux doivent être utilisés par les chercheur.euse.s afin que la relation créée avec le public les rende plus aptes à ce que leurs discours deviennent des actes chez les autres.

  1. …et de lieux d’élaboration de l’expertise nationale

L’OPECST et d’autres ministères que celui de la Recherche devraient avoir la possibilité d’émettre des appels d’offres vers la communauté scientifique, en amont de la préparation de certaines lois, pour mobiliser les connaissances. Le CESE pourrait participer à l’élaboration de ces appels d’offres.  Le CESE se propose d’être le lieu d’organisation d’états généraux de la science sur le changement climatique.

<http://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Avis/2017/2017_19_contribution_dialogue_sciences_societe.pdf>

PS : Bienvenu.e dans le monde merveilleux de l’écriture inclusive utilisé dans le texte du CESE….

Florence Parly lance un chantier ID : Innovation défense visant à positionner le Ministère des Armées à l’avant-garde de l’innovation de défense et, plus largement au sein de l’innovation publique.

Comment concilier risques liés à la prise en compte de nouveautés (innovations) et processus (#1516) de conduite des programmes d’armement (génétiquement couteux et longs) cherchant à limiter au maximum les risques (coûts, délais, performances, respect du code des marchés publics) ? Comment concilier contrat passé à des grandes entreprises (les « primes ») et valorisation de l’agilité et de la réactivité des PME, voire de start-ups, pour l’amélioration des matériels de défense ? Voilà deux vrais sujets pratiques et concrets pour ce chantier.

C’est une lettre au chef d’état-major des armées, au délégué général pour l’armement et au secrétaire général pour l’administration qui lance ce chantier. Sa coordination est confiée à la DGA. Les autres directions fonctionnelles du Ministère seront associées à la task force ID ainsi constituée, de même que des personnalités extérieures. Le mandat de ce chantier est détaillé dans une annexe à cette lettre. Il couvre l’ensemble des champs relatifs à l’innovation au sein du ministère […] et dans ses relations avec ses partenaires … : innovation opérationnelle, innovation d’usage, innovation technologique, innovation managériale, innovation administrative.

Trois ambitions majeures sont présentées :

  • tirer profit en boucle courte des innovations issues du domaine civil (notamment dans le secteur numérique) afin de créer des ruptures d’usage et des effets de surprise sur le terrain des opérations et de gagner en qualité de service rendu aux usagers dans l’administration et le soutien ;
  • faire monter rapidement en maturité des solutions innovantes qui répondent spécifiquement aux besoins de la défense par une politique ambitieuse alliant prototypage rapide, expérimentation agile et développement de démonstrateurs de grande ampleur ;
  • investiguer des technologies porteuses de ruptures opérationnelles majeures à horizon 2030.

La task force ID devra proposer une feuille de route ministérielle de soutien à l’innovation organisée autour de cinq axes :

  1. Construire un outil ministériel ambitieux, lisible et cohérent de soutien à l’innovation.

La task force devra traiter en particulier la question de la diversification et de l’adaptation des modalités de soutien à l’innovation technologique.

  1. Proposer des moyens d’expérimentations agiles.

Le mandat propose de s’appuyer sur des initiatives existantes de type LAB, ce qui passera entre autres par la création d’espaces d’expérimentation qui pourront s’inspirer des start-ups d’Etat, et d’« hubgrader les écosystèmes » … pour développer une réactivité qui fait encore défaut.

  1. Développer l’attractivité, la visibilité et l’influence du ministère en matière d’innovation.

Le mandat appelle clairement de ses vœux une nouvelle organisation de la fonction innovation.

  1. Dynamiser l’innovation participative et propager la culture de l’innovation.
  2. Préparer le passage à l’échelle.

Il s’agit aussi d’identifier les freins à l’innovation du processus actuel de conduite des programmes d’armement.

Une annonce de premières actions sera faites le 23 novembre 2017 pour une finalisation des feuilles de routes de chaque axe en février 2018.

L’innovation était d’ailleurs présentée, dans la récente Revue stratégique de défense et de sécurité nationale, comme au cœur de la démarche du ministère et des armées, voir un récent article de ce blog.

Rappelons aussi que Florence Parly avait « annoncé » la création d’un fonds d’investissement de 50 M€ pour les PME de défense lors de l’université d’été du Medef, le 29 août 2017, même si cette « annonce » n’en était pas vraiment une. L’idée de ce fonds avait été annoncée par Laurent Collet-Billon, l’ex-Délégué général pour l’armement, en novembre 2016, avant d’être confirmée quelques jours plus tard par Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense. Florence Parly y avait néanmoins déclaré : L’innovation est le cœur de mon action. C’est pourquoi je prends l’engagement d’augmenter sensiblement le budget alloué à la préparation de l’avenir […], avec une augmentation de 30 % du budget alloué aux études et aux travaux d’innovation. Elle y précisait que serait lancé avant la fin de l’année un fonds d’investissement pour les PME de défense en partenariat avec Bpifrance. Les fondements en sont déjà posés, ce fonds sera doté de 50 M€ et permettra à l’État de rentrer au capital de certaines pépites technologiques, de les soutenir dans leur gouvernance et leurs ambitions.

Comme le signale Laurent Lagneau dans le blog Opex360.com, le ministère des Armées investit actuellement environ 730 M€ dans la recherche et le développement. Une hausse de 30% porterait ce montant à près d’un milliard, comme l’a en effet demandé le Conseil des Industries de Défense Françaises (CIDEF).

Garder et sacraliser la R&D, c’est absolument essentiel pour être capable d’intégrer en temps réel les technologies quand elles vont être développées et d’accélérer les cycles pour Hervé Guillou, le président du Groupement des Industries de Construction et Activités Navales (GICAN).

Gageons que le lancement de ce chantier ID est l’une des preuves de la volonté de la ministre et de l’appareil d’Etat de développer l’innovation, le « progrès », dans l’écosystème de la défense, équipements mais aussi organisations et concepts d’emploi, et que les crédits budgétaires suivront.

http://science-innovation-developpement.com/linnovation-dans-la-revue-strategique-de-defense-et-de-securite-nationale/

http://www.opex360.com/2017/08/30/industrie-la-ministre-des-armees-sengage-augmenter-de-30-leffort-en-matiere-de-recherche/

Le centre Songhaï, décrit dans le précédent article de ce blog, est un bel exemple d’économie circulaire. Quelques exemples illustrés avant de traiter des valeurs et de ses approches en matière de formation.

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Les déchets des poissons, les fientes des poules,… sont utilisés pour fertiliser les sols… Et ce sont même les toilettes humaines (visiteurs, personnels, apprenants) qui sont (très) directement reliées à des bassins où poussent des jacinthes d’eau qui serviront ensuite à faire du compost, voir les photos ci-dessous.

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Du méthane est produit à partir d’autres déchets végétaux et vient compléter les autres sources d’énergies renouvelables.

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Les vieux plastiques du centre sont recyclés pour faires des récipients : voir ci-dessous les granulats de plastiques obtenus et l’extrudeuse permettant de faire des bacs, poubelles ou autres seaux…

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Valeurs et formation au centre Songhaï.

Le centre Songhaï cherche à créer des viviers socio-économiques durables en soulignant l’importance des facteurs suivant :

  • le développement des aptitudes et talents à tous les niveaux (culturel, social, spirituel, technique, organisationnel, économique) en vue d’une autonomisation des individus et des communautés, comme membres à part entière de la société,
  • le développement de programmes intégrés, résilients et multisectoriels, qui créent une interrelation entre l’agriculture, l’industrie et les services.
  • le développement de villes rurales vertes susceptibles de freiner voire de stopper l’exode rural et d’accorder une viabilité socio-économique à long terme aux aménagements ruraux.

Le centre Songhaï développe un esprit d’entreprise en utilisant les méthodes suivantes :

  • concevoir des programmes de formation permettant aux jeunes de développer leurs capacités, autant au point de vue humain que technique.
  • mener en donnant l’exemple. Songhaï lui-même est un « espace entrepreneurial », qui partage les risques et difficultés propres aux entrepreneurs. Dans une large mesure, nous vivons de ce que nous produisons.
  • chercher à promouvoir un sens de la créativité et de l’innovation, de même qu’un esprit de leadership adapté à un environnement compétitif.

Le centre Songhaï a un but bien précis ! Former des hommes et des femmes ayant vocation à être des vecteurs de développement pour le continent africain.

L’idée, c’est de former des jeunes entrepreneurs qui puissent être capables de reproduire le modèle Songhaï partout ; à commencer principalement par leur région (village). Ils pourront ainsi contribuer au développement durable de leur communauté en créant des emplois et combattre ainsi l’exode rural ; en assurant l’autosuffisance alimentaire de la région et participer ainsi au bien-être des populations qui maîtrisent alors mieux les composants des produits qu’ils consomment ; en formant d’autres jeunes désireux d’évoluer dans le domaine, et donc, participer à l’éducation de la jeunesse de leur village ; en fournissant des services tels que l’électricité, le gaz…pour le bonheur de tous.

Toute la formation est orientée dans cette logique. Et c’est la même raison qui sous-tend la dimension spirituelle et le système de valeurs inculqués aux apprenants, au-delà de la connaissance et des compétences qu’ils acquièrent au cours de la formation. Toute chose qui font d’eux, des meneurs, de vrais leaders.

Un dispositif est également mis en place pour suivre et soutenir certains formés, notamment les filles, qui peuvent bénéficier de microcrédit pour la création de leur entreprise.

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http://www.songhai.org/index.php/fr/

Songhaï : un exemple à suivre pour le développement de l’entreprenariat agricole

Le centre Songhaï au Bénin est une ONG dédié au développement de l’entreprenariat agricole, s’agissant des savoir, savoir-faire et pratiques des mondes agricole (culture et élevage) et piscicole béninois, expérimenté, et forme avec un objectif affichée : l’efficience durable et vertueuse. L’économie circulaire y est partout présente. Ce centre est situé dans la banlieue de Porto-Novo, capitale politique du Benin, non loin de Cotonou, sa capitale économique. Le concept est inspirant et sa mise en pratique apparaît brillante. Reste à mesurer son efficacité : combien d’ancien apprenants du centre sont devenus entrepreneurs agricoles ?

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Pour Jeune Afrique, ce centre est une ferme agro- industrielle et écologique. Pour le Monde, c’est l’école des fermiers-entrepreneurs. Pour l’Unesco, il participe au développement intégré par l’entreprenariat agricole. Pour le Petit Futé, c’est un établissement de formation à l’agriculture, à l’élevage et à la pisciculture intégrés qui ressemble un peu à une ferme modèle. Car ce centre se visite et offre même des possibilités d’hébergement touristique !

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C’est sur un hectare de terre que le prêtre dominicain Godfrey Nzamujo a ouvert sa « ferme mère » en 1985. Né en 1949 à Kano, au Nigeria, dans une famille d’anciens esclaves revenus d’Amérique, il part 25 ans après en Californie étudier l’économie, l’ingénierie électrique, l’informatique et la microbiologie. En 1985, il établit le centre Songhaï à Porto Novo, capitale du Bénin, en compagnie d’un « groupe d’Africains et d’amis de l’Afrique ».  Plus de 30 ans plus tard, sa « ferme mère » s’étale sur plus de 22 hectares et a des airs de campus à l’américaine.

Le centre Songhaï a repris le nom d’un empire issu d’un petit royaume étendu le long du fleuve Niger au 7ème siècle et devenu un grand empire qui, au 15ème siècle s’étendait sur le Mali, une partie du Niger et une partie du Nigeria actuels.

Le centre Songhaï a pour devise « L’Afrique relève la tête » et pour ambition de favoriser l’émergence d’une nouvelle société africaine en développant :

  • une politique d’entreprenariat socio-économique durable,
  • l’aptitude à valoriser efficacement les ressources locales (naturelles et humaines),
  • la capacité de jouer un rôle conséquent dans l’économie mondiale.

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Le centre Songhaï est actif en culture, élevage, pisciculture, technologies agricole et agro-alimentaire.

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Le centre Songhaï réalise ses propres équipement et machines agricoles … et les commercialise.

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DSC02287Il commercialise aussi ses produits, sur place et via un réseau de distributeurs dans le pays.

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Il faut aussi noter que d’autres sites ont ouvert en 1999 à l’est de Parakou sur 300 hectares, spécialisé dans l’agriculture à grande échelle, les cultures vivrières, la diversification, la mécanisation et la formation, à Savalou et à Kinwedji. Le modèle Songhaï est aussi en début de réplication dans d’autres pays de la région, Nigeria, Liberia, Sierra Leone et Congo-Brazzaville.

Un prochain article de ce blog traitera de la mise en œuvre de l’économie circulaire au centre Songhaï et de ses valeurs et approches en matière de formation.

http://www.songhai.org

Pour un reportage de Jeune Afrique :

http://www.jeuneafrique.com/237450/economie/fermes-agricoles-une-reussite-nommee-songhai/

Pour la présentation du Monde :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/10/08/benin-songhai-l-ecole-des-fermiers-entrepreneurs-fait-des-emules_4784990_3212.html

Pour un entretien avec le fondateur :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/10/08/songhai-est-un-projet-de-nouvelle-societe-africaine_4784986_3212.html

Pour une vidéo de l’Unesco « Centre Songhaï au Bénin : développement intégré par l’entreprenariat agricole » :

https://www.youtube.com/watch?v=_bquoSTUSzU

Pour une approche plus touristique :

https://www.petitfute.com/v49359-porto-novo/c1173-visites-points-d-interet/c958-musee/196230-le-centre-songhai.html#UdPOGsSiret0vjMm.99


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