Budget 2016 de l’ESR : des chiffres sujets à caution

Le budget 2016 prévoit 23,25 Md€ pour le ministère chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, soit une « hausse » de 347 M€ par rapport à 2015.

Ce budget 2016 de l’ESR traduit certes une volonté affichée de répondre aux défis du présent et d’anticiper ceux de demain. En « valeur faciale », les crédits augmentent et les moyens des opérateurs de recherche et de l’Agence nationale de la recherche sont préservés.

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Ces moyens regroupent :

  • 13 Md€ dédiés à l’enseignement supérieur (+305 M€) ;
  • 2,54 Md€ dédiés à la vie étudiante (+36 M€) ;
  • 7,71 Md€ dédiés à la recherche (+6 M€).

Le budget 2016 prévoit donc 7,71 Md€ pour la recherche, soit une augmentation de 6 M€, qui ne suffit pas à compenser l’inflation et le GVT (glissement vieillesse-technicité).

Les moyens de fonctionnement des opérateurs de recherche s’établissent à périmètre constant à 5,82 Md€ en 2016, soit une « stabilisation » par rapport à 2015. Il semblerait que, même si plus de 2 600 nouveaux chercheurs ont été recrutés dans la sphère publique depuis 2012, seul le CNRS soit désormais à même d’assurer le remplacement de l’ensemble des départs à la retraite de ses chercheurs.

Les moyens d’intervention de l’Agence nationale de la recherche (ANR) restent stables en « valeur faciale » par rapport à 2015 (555 M€).

Les crédits destinés à la couverture des engagements internationaux de la France progressent (+7 M€) pour tenir compte notamment de la nouvelle programmation de l’Agence spatiale européenne liée au lancement du programme Ariane 6.

Les dotations des établissements d’enseignement supérieur progressent de 165 M€ , en particulier pour accompagner la hausse du nombre d’étudiants (100 M€). Cependant, s’agissant de cette hausse du nombre d’étudiants en enseignement supérieur, le chiffre de 65 000 étudiants supplémentaires en 2015 évoqué lors de la présentation de ce budget par la ministre et le secrétaire d’Etat (et repris par une partie de la presse) doit être pondéré du fait qu’environ la moitié, soit 32 000, sont des étudiants inscrits en 1ère année de classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) pour lesquels une inscription payante à l’université est devenue obligatoire (loi Fioraso), tant bien même ils n’auront aucune présence et aucun impact sur les activités des universités.

Il faut aussi remarquer (source CGE) que ce sont plutôt les grandes écoles qui amortissent l’augmentation progressive du nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur. Sur les 7 dernières années, ces grandes écoles ont accueilli 109 000 étudiants supplémentaires soit une hausse de 36% de leurs effectifs alors que dans le même temps, les universités ont vu leurs effectifs croître de 7,5% (soit 97 000 étudiants supplémentaires). Dans ce contexte, et tout en conjuguant excellence, ouverture sociale et insertion professionnelle, les grandes écoles ont maintenu des taux exceptionnels de réussite grâce à leur capacité à inventer de nouveaux modèles et évoluer vers un système d’enseignement de masse : 40% des diplômes de grade master sont délivrés en France par les grandes écoles.

Le Projet Annuel de Performances (PAP) pour l’ESR :  http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/sites/performance_publique/files/farandole/ressources/2016/pap/pdf/PAP2016_BG_Recherche_enseignement_superieur.pdf

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid93743/budget-2016-des-moyens-en-hausse-en-faveur-de-l-enseignement-superieur-et-de-la-recherche.html

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