Australie : une feuille de route pour la robotique

L’Australie vient de se doter d’une feuille de route pour la robotique. Elle a vocation à guider le développement d’une industrie soutenant l’automatisation des procédés dans tous les secteurs de l’économie australienne.

Partant du constat que la transition industrielle est une nécessité pour maintenir le niveau de croissance et de vie en Australie, cette feuille de route insiste sur l’éducation et la formation des générations futures, afin de les équiper des compétences nécessaires pour intégrer, développer ou créer les technologies de demain. Elle constate que l’innovation est stimulée d’une part par la présence de compétences complémentaires dans des centres croisant recherche et technologie de pointe, et d’autre part, par la compétition et les défis qui sollicitent l’esprit d’entrepreneuriat et permet le développement de compétences pour résoudre les problèmes par la création de nouvelles technologies.

Le comité de rédaction de cette feuille de route s’est appuyé sur 5 principes de base pour son élaboration :

  1. L’industrie robotique doit faire progresser la compétitivité économique de l’Australie en créant des emplois qualifiés, et avec une politique adaptée, en aidant à la reconversion des emplois qui vont disparaître.
  2. L’utilisation de la robotique sur le lieu de travail doit permettre d’éliminer les travaux routiniers, d’améliorer l’efficacité des travailleurs, et de leur permettre de dédier plus de temps à des tâches valorisantes.
  3. La robotique doit réduire les risques pour les travailleurs en situation dangereuse.
  4. L’automatisation doit aider à fournir un service meilleur et plus uniforme dans les régions isolées.
  5.  Les décisions d’investissement et d’intégration de la technologie robotique doivent être clairement comprises, cette feuille de route aide à voir l’état actuel et sans doute futur de la robotique en Australie.

L’état des lieux du secteur de la robotique montre que l’Australie a développé une technologie de pointe dans le domaine, notamment dans le secteur minier, et qu’elle possède une recherche de haut niveau, connecté au secteur industriel. Le pays bénéficie également de sa géographie offrant de grands espaces utilisables comme espaces de test, et qui le pousse à développer des solutions technologiques pour les zones isolées. Mais l’Australie souffre d’un marché de petite taille et d’une industrie peu développée et peu reconnue sur la scène internationale. De plus, la culture entrepreneuriale et la prise de risque économique sont peu développées en Australie.

Cette feuille de route propose 18 recommandations afin de favoriser la transition de nombreux secteurs économiques en Australie par l’intégration de la robotique.

Industrie 

  1. Encourager la création d’entreprises de haute-technologie qui utilisent la robotique et encourager l’automatisation dans les entreprises existantes
  2. Attirer les investissements en R&D des compagnies locales et étrangères par des incitations fiscales, notamment en direction des compagnies utilisant des droits australiens de propriété intellectuelle
  3. Orienter les compétences de la main d’œuvre australienne avec des formations appropriées d’initiation ou de développement de compétences pour l’utilisation des technologies robotiques.

Dans le domaine de l’éducation, il s’agit d’équiper les Australiens des compétences nécessaires dans cette transition industrielle :

  1. En établissant des formations à la robotique et aux systèmes autonomes dans toutes les filières, et en développant la recherche et les collaborations, avec une préoccupation pour l’égalité des genres.
  2. En développant un système d’attestation de compétences en robotique dans les universités et les établissements de formation professionnelle australiens, et en soutenant l’organisation de compétitions de robotique au niveau secondaire afin d’attirer des talents dans le secteur.

Un certain nombre de recommandations s’adresse au gouvernement australien, qui doit stimuler les activités de la robotique en établissant un cadre judiciaire et éthique, et en intégrant les technologies robotiques dans les services gouvernementaux :

  1. Ce cadre devrait être cohérent avec les modèles émergents à l’étranger (Europe), et inclure des réglementations pratiques (la fréquence utilisée par les véhicules autonomes, par exemple). Un organisme gouvernemental devrait être mis en place pour accélérer l’approbation des nouvelles applications robotiques commercialisables.
  2. Le gouvernement devrait investir dans ces technologies robotiques, les développer et soutenir leurs infrastructures, y-compris les banques de données et réseaux de télécommunication sur lesquels elles s’appuient.
  3. Une étude des industries de la robotique et des technologies associées ainsi que de leurs utilisations devrait être mise en place afin de mieux guider et financer le secteur.
  4. Un soutien financier et politique devrait être apporté pour l’amélioration des qualifications, la reconversion, et la migration des travailleurs qualifiés, afin de former, d’attirer ou de retenir les talents de la robotique en Australie.
  5. Des espaces d’essais pour tester des nouvelles initiatives en robotique, dépourvus de certaines contraintes de règlementations, devraient être mis en place afin d’accélérer leur mise au point (pour les véhicules autonomes ou la télémédecine, par exemple).
  6. Des standards de sécurité, de gestion des risques et d’interopérabilité devraient être mis en place pour les robots, alignés sur les standards internationaux.

La recherche et développement du secteur de la robotique devra évoluer afin de stimuler l’innovation, d’attirer les investissements, de conduire à plus de commercialisations et d’encourager les applications robotiques en sciences sociales.

  1. Des centres de compétences en technologies robotiques, construits sur les compétences existantes, devraient être mis en place, notamment pour encourager les collaborations recherche-industrie. Ces centres devraient fournir une formation doctorale, inclure des laboratoires d’essais, et favoriser le partage de données, de brevets, de codes, de standards et d’infrastructures afin de stimuler le développement de la robotique en Australie.
  2. Un plan de financement spécifique devrait être développé afin de soutenir la recherche du secteur et d’aider à la commercialisation des technologies robotiques, donnant la priorité aux entreprises nouvelles et aux industries émergentes, au soutien pour l’automatisation des entreprises existantes, et aux approches technologiques centrées sur l’humain.
  3. Les industries existantes et émergentes devraient structurer leurs programmes de recherche et développement vers une évolution cohérente de la robotique, et les priorités du secteur devraient être développées et financées par le gouvernement.
  4. La recherche interdisciplinaire devrait être encouragée afin de répondre aux préoccupations sociales et culturelles concernant l’intégration de la robotique.

Cette transition doit être soutenue par une culture de l’entrepreneuriat dans les domaines de compétences australiennes, sur des niches technologiques pour lesquelles la robotique s’attèlerait à résoudre les défis de l’Australie

  1. Une stratégie nationale de la robotique devrait être développée, par un organisme multisectoriel par exemple, qui établirait une feuille de route des règlementations nationales du secteur. Cette stratégie devrait être fondée sur les collaborations afin de faciliter le regroupement en centres de compétence et d’encourager au partage des connaissances, des compétences et des ressources.
  2. Sensibiliser les industries, le gouvernement et le grand public sur les avantages de l’intégration des technologies robotiques (création d’emplois, service dans les zones isolées, gains en efficacité et productivité, sécurité…).
  3. Développer et financer directement des compétitions de robotique pour attirer l’intérêt, l’implication, les idées et les talents dans le secteur

La feuille de route développe ensuite les différents secteurs pour lesquels les besoins en robotique vont se développer. Elles devraient permettre de développer les capacités de la médecine (télémédecine dans les zones isolées, performances de tâches répétitives, analyse de données). De nombreux services devraient bénéficier de ces technologies (service de distribution à moindre coût, surveillance policière, soutien aux enseignants, médecins et infirmiers, services ménagers, maintenance des infrastructures, etc…). La défense, l’agriculture, l’environnement et l’espace sont également des domaines pour lesquels des robots adaptés peuvent collecter des informations, les analyser, et éventuellement agir…

https://www.roboticvision.org/wp-content/uploads/Robotics-Roadmap_FULL-DOCUMENT.pdf

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-scientifique/veille-scientifique-et-technologique/australie/article/la-feuille-de-route-australienne-pour-la-robotique

Ce contenu a été publié dans Uncategorized. Mettez-le en favori avec son permalien.

Laisser un commentaire