Actualité des écoles d’ingénieurs (Mines-Télécom, Polytechnique)

L’Institut Mines-Télécom va intégrer les Écoles des Mines d’ici 2017

Les six Écoles des mines seront bientôt intégrées dans l’Institut Mines-Télécom. Elles abandonneront leur statut d’EPA, conservé lors de la création de l’Institut en mars 2012, et deviendront des écoles internes de l’EPCSCP grand établissement Institut Mines-Télécom, tout en gardant une forte autonomie de gestion, avant le 1er janvier 2017. Les Écoles des télécoms sont, elles, déjà des écoles internes de l’IMT. Pour mémoire, un EPCSCP est un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel.

Outre l’évolution administrative du statut des Écoles des mines, le Conseil général de l’économie annonce des délégations de responsabilités plus importantes pour les Écoles des télécoms. Il souhaite que les processus opérationnels (y compris pour la gestion des budgets) ne soient modifiés qu’à la marge. L’objectif est de mieux promouvoir le modèle d’enseignement supérieur et de recherche des écoles sous tutelle du ministère chargé de l’Industrie, modèle fortement tourné vers la coopération avec les entreprises tout en s’appuyant sur une excellence académique.

Comme le signale Damien Goetz, directeur de la recherche de Mines Paris Tech, travailler avec des industriels oblige à une recherche académique de haute qualité.

Ces changements devront respecter trois grands principes :

  • la concentration de l’échelon central, dans un principe de subsidiarité et de collégialité, sur la promotion du modèle Mines-Télécom : définition de la stratégie, lancement d’actions collectives nationales et internationales, engagement dans des thématiques à forts enjeux sociétaux (transition numérique, transition énergétique, transition industrielle) ;
  • une délégation forte aux différentes écoles pour le recrutement d’élèves, la pédagogie, la stratégie de recherche et de partenariat, les relations avec les acteurs locaux, l’utilisation des moyens en personnel, la gestion annuelle et pluriannuelle de leur budget ;
  • le maintien des différents statuts actuels pour le personnel et donc des avantages de chacun, qu’il soit fonctionnaire, contractuel de l’État ou contractuel de l’établissement.

Les attentes des étudiants et des employeurs se modifient, la compétition s’accroît, les pédagogies évoluent fortement grâce à de nouvelles technologies, les thématiques de recherche incorporent toujours plus de transversalités, les modèles économiques se transforment. Face à ces mutations, les acteurs publics ou privés de l’enseignement supérieur adaptent leurs stratégies et leur organisation en procédant notamment à des regroupements explique Philippe Jamet, Directeur général de l’Institut Mines-Télécoms.

Cette évolution, qui respectera leurs identités historiques d’écoles et préservera leur autonomie, notamment dans la mise en œuvre d’une stratégie de site, leur donnera des armes supplémentaires pour aborder les enjeux de l’excellence et de l’attractivité dans leurs métiers. Elle permettra en outre à l’Institut de déployer sa stratégie avec une efficacité et une ambition accrues. Cette décision est un encouragement à poursuivre les mouvements de rapprochement ou de fusion engagés entre Écoles des télécoms et Écoles des mines. Le rapprochement probable de certaines écoles de l’Institut entre elles sera facilité également par cette évolution. Deux regroupements sont en cours actuellement : entre Télécom Bretagne et les Mines de Nantes, et entre Télécom Lille (qui a le statut de GIE) et les Mines de Douai.

Il note aussi que les positionnements locaux par rapport aux Comue n’ont pas vocation à évoluer du fait de ce changement de statut.

Polytechnique et l’université Paris-Saclay

L’université Paris-Saclay se met progressivement en place. Selon Jacques Biot, Président de l’X, Polytechnique n’a aucun mal à trouver sa place au sein des 19 membres de l’Université Paris-Saclay, dont elle est même un militant très actif. Elle a été la première à intégrer la mention « Université Paris-Saclay » à son logo. Il rappelle aussi que sur la promotion de polytechniciens sortie en 2014, 30 % ont poursuivi en thèse. C’est le plus fort taux de poursuite parmi les écoles d’ingénieurs, le cas particulier de l’ESPCI mis à part.

Sur le modèle de l’université Paris-Saclay, Jacques Biot a suggéré de s’inspirer du modèle de LVMH, dont ce sont avant tout les marques comme Louis Vuitton qui sont connues. Selon lui, l’UPS doit donc être au service de ses membres. Tous les étudiants restent inscrits dans les établissements, l’UPS n’en a pas en tant que telle. C’est en cela que le parallèle avec LVMH a du sens. La question qui se pose alors est celle du devenir des membres dans les classements internationaux. Nous sommes en train d’analyser le sujet avec l’aide de consultants, qui font des simulations. Il s’avère que les choses sont en la matière plus complexes que ce que le politique avait imaginé, car les règles des divers rankings ne sont pas les mêmes et leurs algorithmes sont compliqués. Jusqu’à il y a peu, il n’y avait pas non plus beaucoup de transparence sur les méthodologies. Nous examinons donc l’impact qu’aurait sur les membres de Paris-Saclay le classement de la seule « Université Paris-Saclay » … pour éviter que par la dilution qu’elle pourrait entraîner, l’Université Paris- Saclay se retrouve moins bien classée que ses membres pris individuellement dans les différents classements. Or, certaines simulations nous font penser que ce risque existe, notamment pour QS, Times Higher Education ou CWUR.

Une réflexion stratégique sur l’Ecole Polytechnique est lancée

Suite au regard porté sur l’Ecole Polytechnique par le rapport Cornut-Gentile, le Premier ministre vient de confier une mission d’étude sur l’Ecole à Bernard Attali, ancien élève de l’ENA et ancien président d’Air France, orientée selon 6 axes :

  • établir ce que pourrait être un modèle souhaitable pour la France d’une École polytechnique correspondant aux modèles internationaux d’excellence,
  • évaluer l’exercice de la tutelle dans la gestion de l’école,
  • analyser l’intérêt de faire évoluer le statut de Polytechnique vers celui d’EPSCP,
  • apprécier les capacités de l’école à s’ouvrir aux élèves méritants issus des classes socialement peu favorisées,
  • évaluer l’attractivité de l’école pour les enseignants de haut niveau,
  • mettre en perspective les profils de carrière des grands corps de l’État au vu des besoins.

Il est intéressant de noter que ce serait via le site de François Cornut-Gentile que cette lettre de mission a été connue. S’agissant du dernier point, nul doute que l’autre école grande pourvoyeuse des corps (plutôt administratifs ou juridiques) de l’Etat sera aussi non seulement concernée mais impliquée.

Voici la voici la liste exhaustive des points à étudier :

  • établir ce que pourrait être un modèle souhaitable pour la France d’une École polytechnique correspondant aux modèles internationaux d’excellence ; il s’agit notamment d’évaluer en quoi la dynamique de réforme engagée depuis 2013 par l’École polytechnique, et sa participation essentielle au pôle scientifique et technologique Paris-Saclay, répondront dans la durée à la double exigence, d’une part de préservation d’un modèle d’école à même de former des élites sensibilisées à la notion d’intérêt général et du service de la France, et d’autre part, d’inscription de l’école dans la compétition internationale de l’enseignement supérieur et de la recherche ;
  • évaluer l’exercice de la tutelle dans la gestion de l’École polytechnique en analysant par exemple la façon dont les recommandations des rapports de la Cour des comptes ont été prises en considération ;
  • analyser l’intérêt de faire évoluer le statut de l’École polytechnique vers celui d’EPSCP – grand établissement, et l’impact qu’une telle orientation aurait, en particulier sur la tutelle de l’établissement ; il s’agit en outre d’analyser les risques et les opportunités, notamment sur les orientations stratégiques que l’école pourrait être amenée à prendre, d’une participation financière de plus en plus significative d’organismes tiers au budget de l’École polytechnique ;
  • apprécier les capacités de l’école à s’ouvrir aux élèves méritants issus des classes socialement peu favorisées ;
  • évaluer l’attractivité de l’école, dans la durée, pour les enseignants de haut niveau, face à la concurrence des plus grands établissements mondiaux d’enseignement supérieur et de recherche ;
  • mettre en perspective les profils de carrière à moyen/long terme des grands corps de l’État, au vu des besoins de la haute fonction publique.

Rapport François Cornut-Gentile : http://www.francois.cornut-gentille.fr/

Lettre de mission de Bernard Attali : http://www.francois.cornut-gentille.fr/wp-content/uploads/2015/01/1622-Mandat-etude-relative-a-Ecole-polytechnique-a-Bernard-ATTALI.pdf

Voir aussi http://science-innovation-developpement.com/lx-fer-de-lance-du-modele-francais/

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