Déc 08

Pôles, SATT et IRT : les avis et recommandations pleuvent

Coup sur coup (et non coûts sur coûts comme certains esprits chagrins pourraient le penser !), les recommandations pleuvent sur trois outils partenariaux de politiques publiques d’innovation.

Le CESE publie un avis s’interrogeant sur quelle politique pour les pôles de compétitivité ?

Le sénateur rapporteur spécial de la mission « Recherche et enseignement supérieur » qualifie les SATT : des structures de valorisation de la recherche publique qui doivent encore faire la preuve de leur concept

Le rapport relatif à la mise en œuvre et au suivi des investissement d’avenir, le « jaune » budgétaire » estime que les instituts de recherche technologique démontrent au quotidien qu’ils sont en mesure de concevoir et d’entreprendre de nouveaux projets collaboratifs en six mois environ ce qui est mieux que tout autre dispositif de recherche partenarial bénéficiant d’un soutien public national ou européen.

S’agissant des pôles de compétitivité, leur création en 2004 avait pour objectif de regrouper et faire travailler en synergie sur un même territoire des entreprises, des établissements d’enseignement supérieur et des organismes de recherche au profit de projets d’innovation, afin de dynamiser la compétitivité de l’industrie française. En 2017, l’objectif de décloisonnement des acteurs de l’innovation et de leur mise en réseau est atteint. Pour le CESE, il s’agit désormais de transformer l’innovation en produits et services créateurs de richesses et d’emplois, au service des transitions et en cohérence avec les neuf solutions industrielles de l’Industrie du futur. Il souligne le besoin d’approfondir et compléter les évaluations des pôles, qui serviront à engager une nouvelle phase de leur activité. Il livre dans cet avis son analyse des conditions d’une nouvelle dynamique des pôles et formule 12 recommandations pour les aider à passer de « l’usine à projets » à « l’usine à produits » et services :

  1. Mieux caractériser les pôles et leurs échelles d’action
  2. Faciliter les coopérations interpôles
  3. Développer une méthodologie partagée d’évaluation
  4. Tirer les leçons de l’évaluation en engageant des actions correctrices graduées
  5. Assurer une convergence d’intérêts entre partenaires tout au long de la vie des projets, notamment sur les questions de propriété intellectuelle
  6. Instaurer un lieu d’échange et de partage d’informations sur les enjeux
  7. Lutter contre le saupoudrage et assurer une sélectivité rigoureuse lors du financement des projets
  8. Concentrer les financements sur l’innovation et le développement des produits et services
  9. Anticiper collectivement les risques d’innovation
  10. Accompagner la numérisation des entreprises adhérentes ou qui souhaitent s’associer à un pôle
  11. Veiller à la cohérence globale des objectifs, des stratégies de filière aux pôles de compétitivité
  12. Anticiper les évolutions et développer l’emploi dans leurs filières ou champs thématiques de compétences et dans les territoires

Créées en 2010 dans le cadre du programme d’investissements d’avenir (PIA), les sociétés d’accélération du transfert de technologies (SATT) ont pour objet de répondre à certaines des lacunes du système de valorisation français : le manque de financement de la maturation et de la « preuve de concept », d’une part, des services de valorisation insuffisamment développés voire inexistants au sein des différents établissements de recherche, en particulier au sein des universités, d’autre part. Après une mise en place parfois longue et tardive, 14 SATT sont désormais opérationnelles. Les SATT répondent globalement à l’un des principaux objectifs qui leur étaient assignés en finançant la maturation et la « preuve de concept ». Entre 2012 et 2016, près de 215 millions d’euros ont ainsi été dépensés par les SATT, pour 1 388 projets soutenus. Malgré le développement de leur activité, les recettes de ces sociétés restent, pour l’heure, limitées, en particulier celles issues du transfert de technologies, avec seulement 15 millions d’euros sur l’ensemble de la période, un montant bien faible au regard de ces 215 millions d’euros engagés. Tirant un bilan des SATT contrasté même s’il est encore trop tôt pour juger pleinement de leurs résultats et de leur pertinence, le rapporteur spécial du Sénat formule 19 recommandations résumées ci-dessous :

Les principales recommandations

  1. Garantir une plus grande proximité avec les chercheurs…
  2. Développer la détection et ensuite le transfert de technologies dans certains domaines de recherche apparaissant davantage sous-exploités, par exemple les sciences humaines et sociales.
  3. Augmenter les chances de réussite et renforcer les liens entre les SATT, les chercheurs et le secteur économique …
  4. Conserver le principe d’une activité principale de maturation et de transfert des projets soutenus, en veillant à ce que les SATT ne multiplient pas trop les activités annexes…
  5. Renforcer le pilotage national, notamment par une fiabilisation et une stabilisation des données disponibles sur l’activité et les résultats de l’ensemble des SATT.
  6. Prévoir la représentation des SATT au sein du comité national de gestion, en s’appuyant par exemple sur le réseau des SATT pour désigner la personne idoine.
  7. Progresser dans le développement du réseau des SATT.
  8. Poursuivre les efforts de coordination avec les organismes de recherche et leurs filiales de transfert et trouver des moyens de travailler avec efficacité et souplesse, y compris dans les procédures mises en place.
  9. Favoriser les interactions entre les SATT et l’ensemble des acteurs de la valorisation, notamment les structures également financées par le PIA.
  10. Encourager la co-maturation afin d’associer au plus tôt les entreprises intéressées par les résultats d’une recherche et de garantir une « preuve de concept » optimale.
  11. Nommer rapidement un ou des membres experts du secteur économique au sein des conseils d’administration des SATT.
  12. Inciter les SATT à identifier les demandes du marché (« market pull ») auprès des entreprises présentes sur leur territoire en complément de la recherche de commercialisation des projets issus de laboratoires.
  13. Optimiser la connaissance par les acteurs du tissu économique local et des besoins identifiés au sein des entreprises, fluidifier les relations entre les SATT et les unités de valorisation restées dans les universités.
  14. Mener une réflexion, au niveau du comité de pilotage et du Commissariat général à l’investissement, sur l’avenir des SATT d’ici à la fin du financement par le PIA et envisager les solutions possibles dans le cas où elles ne pourraient poursuivre leur activité sans enveloppe supplémentaire.
  15. S’interroger sur la possibilité offerte aux SATT de bénéficier du crédit d’impôt recherche (CIR) en leur qualité de sociétés privées, même si leurs financements sont très largement publics.
  16. En remplacement des SATT qui ne fonctionneraient pas et ne parviendraient pas à développer efficacement leur activité, notamment en raison de la couverture d’un territoire trop important, créer des structures plus légères reposant directement sur les établissements universitaires … et faire appel à d’autres SATT en tant que de besoin.
  17. Déployer des actions de sensibilisation auprès des laboratoires et des entreprises…
  18. Simplifier et rationaliser le paysage de la valorisation et de l’innovation.
  19. Faciliter le partage de copropriété entre les établissements et les organismes de recherche dans le cadre des projets issus des unités mixtes de recherche.

L’objectif des Instituts de recherche technologique (IRT) est, en s’inspirant des meilleures pratiques internationales, de constituer un nombre restreint de campus d’innovation technologique de dimension mondiale. Ils regroupent des établissements de formation, des laboratoires de recherche appliquée publics et privés, des moyens de prototypage et de démonstration industrielle et des acteurs industriels sur un même site.

Le « jaune » estime que les bilans annuels sont globalement très encourageants, en raison notamment de la capacité des IRT à attirer de nouveaux partenaires privés et de la mise en place rapide de plates-formes de R&D, dont les équipements sont en partie couverts par des apports industriels en numéraire. Les industriels saluent la capacité des IRT à réaliser les programmes de R&D dans les temps.

Néanmoins le « jaune » donne des pistes d’amélioration :

  • renforcer les concertations, d’une part, des IRT avec les acteurs académiques pour orienter les formations et pour développer le ressourcement scientifique, et, d’autre part, des IRT avec les pôles de compétitivité pour continuer à attirer davantage de PME, mais aussi de grands groupes français et étrangers, sur ces campus,
  • poursuivre les améliorations de simplification du suivi des IRT,
  • consolider les actifs (équipements, démonstrateurs) des IRT mais aussi développer leurs compétences en interne,
  • être plus ambitieux en termes de valorisation, produire davantage de brevets, et surtout obtenir plus de licences et créer davantage de start-up,
  • poursuivre le déploiement de projets européens et internationaux.

http://www.lecese.fr/travaux-publies/quelle-politique-pour-les-poles-de-competitivite

http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/commission/finances/Controle/RI_prov_SATT.pdf

https://www.performance-publique.budget.gouv.fr/sites/performance_publique/files/farandole/ressources/2018/pap/pdf/jaunes/jaune2018_investissements_avenir.pdf

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Nov 29

Des initiatives publiques sur l’ESRI, mais avec quels résultats ?

Dans le dernier classement du Times Higher Education, la Comue PSL se classe à la première place française mais est seulement 72ème … alors que l’ENS Paris seule, sa plus fameuse composante, était 66ème en 2016.

Non les Comue, les fusions, les rapprochements ne suffiront pas à elles seules à nous faire remonter dans les classements, comme le remarque Olivier Rolot dans son blog. N’auraient-elles pas en plus un effet délétère dans l’éco-système ?

N’étant pas sûr que forcer les acteurs avec un schéma qui n’est pas le leur ait beaucoup d’avenir, le président de la République à CentraleSupélec le 25 octobre dernier, a très justement jugé qu’une part de la naïveté était de considérer que les rapprochements pouvaient se faire sans que la gouvernance des universités ait évolué. Emmanuel Macron a donc acté que l’ensemble universitaire de Paris Saclay se compose de deux pôles complémentaires et d’éléments de transversalité profondément structurés. Il a même ajouté que quand il regarde l’excellence qu’il évoquait à l’étranger bien souvent elle repose sur les deux pôles qu’il vient de décrire.

Pour les regroupement, il aurait fallu partir de la définition d’un projet commun. Or, ce sont les structures qui ont prévalu dans la construction initiale. Et qui dit structure, dit chef. Et là, tout a été bloqué. Comme l’avait remarqué la ministre, Frédérique Vidal, à l’assemblée générale de la CDEFI, La seule question à ne jamais poser avant le projet, c’est « qui est le chef ? »…. Elle y a aussi précisé que, désormais, les organismes pourront organiser leur gouvernance strictement comme ils l’entendent, à partir du moment où cette gouvernance porte la stratégie.

Attendons sereinement la décision du jury de l’Idex pour Saclay en décembre prochain, sereinement car, même si Saclay dans son ensemble n’est (ou presque) constitué que de premiers de la classe dans leur domaine, les personnes à la manœuvre sont sensés et intelligentes.

Mais quand est-il par ailleurs des résultats des efforts constants et importants des gouvernements qui se succèdent en matière d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation ? Prenons quelques exemples.

Quelques classements des établissements d’enseignement supérieur

Pour le (trop) célèbre classement de Shanghai, la France place 3 universités dans les 100 premières du classement de Shanghai : l’UPMC est 40ème (39ème en 2016), Paris-Sud est 41ème (49ème en 2016) et l’ENS est 87ème (69ème en 2016). La situation ne s’améliore pas.

Dans le classement des 1 000 meilleures universités mondiales du Times Higher Education, la France place 31 établissements contre 27 l’an passé, dont 6 dans le top 200 : PSL (72ème), Polytechnique (115ème), l’UPMC (123ème), puis Paris-Sud, l’ENS Lyon et Paris-IV.

Toujours pour le Times Higher Education en 2018, l’École polytechnique (82ème) et PSL (99ème) sont les deux représentants français figurant dans le top 100 mondial en ingénierie et technologie, pour lequel 23 français sont présents dans le top 500. En sciences informatiques, se sont 8 institutions françaises qui sont dans le top 300 avec Polytechnique en 70ème position et PSL en 77ème.

Pour le Financial Times et les executive MBA, la France place 11 établissements dans le top 100 avec l’Insead (3ème), HEC  (5ème), ESCP Europe (10ème), puis Kedge, Essec, Neoma, EM Lyon, Edhec, Toulouse business school et ESC Rennes (98e).

Pour The Economist, 6 écoles françaises figurent dans le top 100 des MBA : HEC (15ème), Insead (21ème), Edhec, Audencia, Grenoble École de management, EM Lyon.

Remarquons que ce sont majoritairement les écoles privés (souvent consulaires) avec un fort taux de sélection et aux coûts très importants qui réalisent les meilleurs performances françaises…

Classements sur l’« innovation »

Selon l’édition 2017 de l’Indice mondial de l’innovation publiée conjointement par l’Université Cornell et l’INSEAD et l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), la France est 15ème et gagne 2 place par rapport à 2016. Ce sont la Suisse, la Suède, les Pays Bas, les États-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni sont les pays les plus innovants du monde, tandis qu’un groupe de pays comprenant l’Inde, le Kenya et le Viet Nam devancent les autres pays au niveau de développement équivalent.

Pour l’Indicateur de l’innovation 2017, la France se positionne 15ème. Ce sont la Suisse, Singapour et la Belgique qui sont en tête des pays les plus innovants pour ce classement établi par le Fraunhofer Institute for Systems and Innovation Research en coopération avec le Centre pour la recherche économique européenne.

Attractivité de la France

Le nouveau baromètre EY de l’attractivité de la France affiche pour l’année 2016 des résultats particulièrement encourageants en termes d’investissements étrangers. Selon EY, la France monte ainsi à la troisième place du podium de la destination européenne la plus prisée des investisseurs étrangers, derrière le Royaume-Uni, encore numéro 1 avec 1 144 projets, et l’Allemagne avec 1 063 projets. L’année 2016 a été marquée en France par une forte augmentation des implantations et des extensions annoncées par les investisseurs étrangers (+30 %).

Le rapport note que «l’innovation est désormais notre premier avantage compétitif (50 %, +14 points en un an). En conséquence, le nombre de centres de recherche et développement (R & D) en 2016 (51) nous place en position quasi-égale avec l’Allemagne et le Royaume-Uni». Si les investisseurs étrangers plébiscitent la France pour installer leurs centres de R & D, c’est notamment grâce au succès du crédit d’impôt recherche, qui a permis de générer quelque 2 600 emplois.

Paris, capitale européenne de l’innovation

Carlos Moedas, commissaire européen à la Science, la Recherche et l’Innovation, a récemment annoncé que Paris est la capitale européenne de l’innovation 2017, s’étant donné comme mission de devenir une ‘Fabcity’ accueillant le plus grand campus de start-up au monde, encourageant les projets innovants de ses citoyens et entrepreneurs, avec un prix d’un M€ destiné à faire monter en gamme ses activités d’innovation.  Les dix villes finalistes utilisent les idées les plus innovantes pour améliorer la vie et impliquer les citoyens dans la communauté. Les 2 villes dauphines sont Tallinn (Estonie) et Tel Aviv (Israël).

La marque France

L’agence d’évaluation Brand Finance a publié le classement 2017 des 100 marques nationales les plus performantes (source Les Echos). La France se maintient à la 6ème place et la valeur de sa marque (3,1 Md$) gagne 27 % depuis 2016.

La valeur de chaque marque nationale mesurée en billion de dollars est calculée sur un agrégat de différents indicateurs clefs : force du pays dans chaque domaine (biens de consommation, système social, tourisme, gouvernance, investissement…), PIB annuel, coût du capital, taux d’imposition sur les sociétés.

Au global, le classement bouge peu depuis l’année dernière, avec les États-Unis toujours largement en tête (21 Md$) même si la croissance diminue fortement avec les incertitudes de la présidence Trump alors que la marque Chine (10 Md$) continue son impressionnante percée et passe de la 8ème à la 2ème place en à peine dix ans. Sans surprise, les vieux pays d’Europe de l’Ouest et du Nord stagnent ou décroissent légèrement, là où les tigres et dragons asiatiques ainsi que les pays d’Europe du sud mesurent eux des croissances souvent supérieures à 30 %. Le dynamisme économique et la dépense publique tirent les premiers tandis que les politiques de rigueur budgétaire rassurent pour les seconds.

http://orientation.blog.lemonde.fr/2017/09/20/les-ecoles-dingenieurs-a-lheure-des-fusions/

http://www.shanghairanking.com/ARWU2017.html

https://www.timeshighereducation.com/world-university-rankings/2018/world-ranking#!/page/0/length/25/sort_by/rank/sort_order/asc/cols/stats

https://www.timeshighereducation.com/world-university-rankings/2018/subject-ranking/engineering-and-IT#!/page/0/length/-1/sort_by/rank/sort_order/asc/cols/stats

http://rankings.ft.com/businessschoolrankings/executive-mba-ranking-2017

http://www.economist.com/whichmba/full-time-mba-ranking?year=2017&term_node_tid_depth=All

http://www.wipo.int/pressroom/fr/articles/2017/article_0006.html

http://www.innovationsindikator.de/fileadmin/2017/PDF/Innovationsindikator_2017.pdf

http://www.ey.com/fr/fr/newsroom/news-releases/ey-communique-de-presse-les-cartes-en-main-barometre-de-l-attractivite-de-la-france-2017

https://www.lesechos.fr/industrie-services/services-conseils/030677158273-la-marque-france-a-le-vent-en-poupe-2120693.php#xtor=CS1-33

http://brandfinance.com/knowledge-centre/reports/brand-finance-nation-brands-2017/

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Nov 20

« L’économie circulaire : un concept dangereux et malsain »

Bernard Beauzamy, PDG de la Société de Calcul Mathématique, réagit à l’article sur l’économie circulaire avec les réflexions ci-dessous, qui n’engagent que son auteur, selon la formule consacrée.

On appelle généralement « économie circulaire » un ensemble de doctrines : recyclage des produits de toute nature, tri des déchets, réduction de la consommation, etc. L’idée de base est que l’espèce humaine doit minimiser son « empreinte écologique », c’est-à-dire la trace qu’elle laisse sur la planète.

Ce concept n’est jamais l’objet d’aucun débat ; pourtant, on le retrouve un peu partout sous les formes les plus diverses. Dans le programme de certains candidats à l’élection présidentielle, on lit « la meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas », slogan dépourvu de sens.

Or, comme nous allons le voir :

  • La Nature n’économise rien ; elle est, à toute échelle, un immense gaspillage ;
  • Aucune civilisation, avant la nôtre, n’a mis en œuvre de telles théories ;
  • Ces pratiques sont fondamentalement malsaines ; elles nous mènent au chômage et au sous-développement.

1.     La Nature

Les arbres donnent leurs fruits sans se soucier de savoir si quelqu’un va les manger. Ce qui n’est pas mangé pourrit, voilà tout ! Les êtres vivants naissent et meurent, sans se soucier de savoir si une autre espèce va en profiter. Les fleuves coulent, indifférents aux besoins de l’humanité, et si un cycle est maintenu, c’est grâce à une énergie extérieure (celle du Soleil).

A aucun moment, sur aucun sujet, la Nature n’a cherché à « optimiser » un quelconque process, à le rationaliser, à le rentabiliser au prorata d’un besoin quelconque. Faudrait-il limiter le nombre des pommiers, au prorata des besoins ? Amusante tentative de régulation !

Bien au contraire, la Nature lance en permanence d’innombrables essais, qui sont d’immenses gaspillages : telle espèce animale va pondre des milliards d’œufs, pour que quelques unités se développent. La Nature fait en permanence apparaître et disparaître des espèces vivantes, sans aucun plan qui nous soit perceptible, et il faut une bonne dose d’arrogance pour en voir un !

Ce sont ces immenses gaspillages qui sont à l’origine de l’abondance et de la diversité de la vie sur Terre ; aucune planification n’y pourrait réussir. La Nature fait en permanence de nouveaux essais ; elle ne se contente pas de recycler des produits ou des espèces existants.

2.     Les civilisations antérieures

Les civilisations qui se sont développées l’ont toutes fait par l’exploration et la conquête : exploration de nouvelles idées, de nouveaux moyens, de nouvelles technologies, conquête de nouveaux territoires. C’est tout le contraire du recyclage ! Aucune civilisation avant la nôtre n’a érigé le recyclage en vertu. On a toujours considéré comme une marque de progrès le fait de pouvoir disposer de produits neufs, de qualité supérieure aux produits anciens. Lorsque la réutilisation des produits anciens était indispensable (dans le cas des crises, des guerres), l’époque considérait cela comme une courte honte, dont il fallait se débarrasser au plus vite ; les difficultés surmontées, le progrès reprenait son cours. Les châteaux de la Loire, gloire de la Renaissance, n’ont pas été réalisés en recyclant les masures qui les ont précédés.

Une civilisation qui « réussissait » avait à cœur de le montrer, en construisant des monuments splendides et en organisant des fêtes. Les Grecs, les Romains, ont laissé des traces évidentes. Voltaire, dans « Le Mondain » (1736), écrit :

« Il est bien doux pour mon coeur très immonde

De voir ici l’abondance à la ronde,

Mère des arts et des heureux travaux,

Nous apporter, de sa source féconde,

Et des besoins et des plaisirs nouveaux. »

Il ne parle pas de recyclage, mais de plaisirs nouveaux ! « Le superflu, chose si nécessaire », dit encore Voltaire (op.cit.). Une jeune fille, qui se réjouit de son premier bal, se réjouira sans doute moins si on lui dit que sa robe est en tissu recyclé de seconde main.

Après la seconde guerre mondiale, le fait que chaque foyer puisse disposer de ses propres commodités (machine à laver, automobile, etc.) a été considéré comme un progrès ; on voudrait aujourd’hui prôner le covoiturage : régression.

3.     Le recyclage : une pratique profondément malsaine

Un produit recyclé est évidemment moins cher qu’un produit neuf ; c’est l’évidence et les raisons sont multiples. La première d’entre elles est la recherche, composante du produit neuf, absente du produit recyclé. Ce dernier ne comporte évidemment aucune innovation d’aucune sorte.

Il est généralement de moins bonne qualité que son homologue neuf, pour plusieurs raisons :

  • Les normes évoluent vite, et les produits neufs sont obligés de les suivre ;
  • On maîtrise mal les processus de recyclage (fatigue des composants, tenue dans le temps, apparition de défauts, de fissures, etc.). On croit recycler « à l’identique », mais en réalité la résistance au vieillissement est beaucoup moins bonne ;
  • Un produit recyclé ne présente pas les mêmes garanties d’hygiène qu’un produit neuf, car on ne sait pas quelles opérations ont été menées pendant le recyclage.

Le meilleur exemple est celui des sacs de supermarché : jadis, on disposait de sacs à usage unique, destinés par conséquent à être détruits après usage. Mais ces sacs ont été interdits au nom de considérations bobo-écolo ; on emploie désormais des sacs réutilisables. A-t-on cherché à en évaluer la propreté, au bout de quatre ou cinq usages ? Il suffit de voir le degré de crasse des paniers en plastique dans les supermarchés pour s’en faire une idée !

Bien entendu, du point de vue du fabricant, le recyclage est une calamité : si on recycle indéfiniment des Peugeot 407, le constructeur vendra moins de modèles récents et ceci est évidemment source de chômage.

Le recyclage nuit à l’inventivité, à l’innovation : les ressources qui lui sont attribuées sont autant de ressources détournées de la conception de produits neufs. La compétitivité du pays va en souffrir, ainsi bien sûr que son image de marque.

Donc, par quelque bout qu’on le prenne, le recyclage est une calamité. Il n’est satisfaisant ni pour le producteur, ni pour le consommateur, ni pour le pays. On s’en accommode lorsqu’on ne peut pas faire autrement : si le pouvoir d’achat est trop faible ou si les approvisionnements font défaut.

4.     Le rôle de l’Etat

On se demande vraiment, sur ces questions, de quoi se mêle l’Etat ; quelqu’un aura-t-il un jour le courage de dire à la Ministre ce que Cicéron disait à Catilina « jusque à quand abuserez-vous de notre patience ? ». Car enfin ce n’est pas le rôle de l’Etat que de décider si un produit doit être recyclé ou non.

Le rôle de l’Etat est de définir des normes de qualité et de sécurité, par exemple le respect de la chaîne du froid, l’hygiène alimentaire, etc. Si les industriels, dans le respect de ces normes, préfèrent utiliser des bocaux en verre ou des bouteilles en plastique, c’est leur affaire et celle des consommateurs. Pourvu que les normes soient respectées, les consommateurs sont souverains, et jugeront du prix et de la qualité.

Chacun a encore en mémoire l’absurde décision concernant les ampoules à incandescence ; les ampoules ordinaires ont été retirées de la vente et même interdites, toujours au nom de cette même idéologie bobo-écolo. Mais les nouvelles ampoules n’éclairent pas aussi bien (si bien que toute une génération souffre des yeux) et ne présentent pas la même longévité. La doctrine était celle des « économies d’énergie » ; mais pourquoi fallait-il économiser l’énergie ? personne ne l’a jamais su. C’est un dogme.

5.     Les trois piliers du sous-développement

Le sous-développement économique a trois piliers, comme la casquette du bouffon avait trois grelots : l’un est le recyclage, l’autre est le tri, le troisième est la parcimonie. Mais quand, pour les frotter, on cherche les oreilles des responsables, des Hulot, des Jancovici, on ne les trouve jamais. Ils ont « ouvert boutique effrontément », ces « cyniques brocanteurs sortis on ne sait d’où » (Victor Hugo, Poème à des journalistes de robe courte – Les Châtiments), mais on ne peut jamais les combattre : jamais de sanction électorale, jamais de débat !

Voilà un ensemble de doctrines absolument vide (un enfant le comprendrait !), évidemment nuisible au pays, mais qui parvient subrepticement, à la sauvette, à acquérir droit de cité. Nous savons que Voltaire est mort et que le Siècle des Lumières a disparu avec lui : nous avons eu le temps de nous y habituer. Mais on pouvait tout de même espérer que des doctrines aussi nuisibles et aussi sottes rencontreraient ici ou là une forme de contestation, même modeste, que subsisterait, ici ou là, un lumignon tremblotant.

Nous savons bien entendu que les journaux « pitres dévots, marchands d’infâmes balivernes » seront les premiers à présenter les absurdités comme des vérités et les régressions comme des victoires. Mais on aurait souhaité que les « think tanks », qui se veulent nombreux, aient quelques soubresauts, que les Académies réagissent, et que les Industriels, qui sont les premiers concernés, soient moins pusillanimes.

6.     Le retour de l’âge d’or

Si, par la grâce des dieux et le vote des hommes, si un jour on voit l’Ademe dissoute et le Hulot proscrit, les vertus industrieuses reprendront droit de cité. S’accomplira alors l’antique prophétie de la Sibylle de Cumes :

Ultima Cumaei venit jam carminis aetas

Bernard Beauzamy, PDG SCM SA, 111 Faubourg Saint Honoré, 75008 Paris

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Nov 17

Sciences et société : répondre ensemble aux enjeux climatiques

A l’époque de la COP (la 23ème), exercice annuel qui voit les dirigeants se mettre au chevet de notre planète, il est bon de se demander quel rôle peuvent jouer ensemble scientifiques et société civile ensemble sur la question des enjeux climatiques. En France car, selon la terminologie officielle, les Etats-Unis ont l’intention de se retirer de l’accord, à moins que le président puisse identifier des termes plus favorables aux entreprises, travailleurs et contribuables américains.

C’est la question à laquelle s’est récemment intéressé le CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental) à partir d’une étude puis d’un avis élaboré sous le pilotage de Julien Blanchet et Jean Jouzel.

La question de la lutte contre le réchauffement climatique et d’adaptation à ses conséquences offre l’opportunité d’un dialogue sciences-société renforcé, protéiforme et continu, associant chercheur.euse.s, décideur.euse.s politiques, acteur.rice.s de la société civile organisée, dans toutes ses dimensions, et citoyen.ne.s.

Comme le remarque le préambule du rapport, les scientifiques impliqué.e.s dans les différents aspects du changement climatique aspirent à développer un dialogue sciences-société structuré. La société dans son ensemble se sentant plus qu’hier concernée par le défi collectif du réchauffement climatique sollicite déjà cette communauté.

Les recommandations de l’avis sont reprises ci-dessous. Elles ont pour objectif que les interactions, déjà nombreuses, entre la communauté scientifique « climat » et la société dans son ensemble, se transforment en un véritable dialogue afin de les rendre encore plus fructueuses.

  1. Le dialogue sciences-société sur les questions climatiques s’est nourri au fil des années, mais il a tardivement été pris en compte dans les politiques publiques

Pour développer le dialogue sciences-société sur les enjeux climatiques, un processus d’échange et de rencontre entre les acteur.rice.s de la recherche et ceux.celles du monde économique au niveau territorial est une nécessité.

  1. Au niveau mondial le GIEC est un modèle sans équivalent de dialogue entre décideur.euse.s politiques et communauté scientifique

Les chercheur.euse.s français.e.s doivent s’impliquer et si possible renforcer leur présence, notamment au niveau des relecteur.rice.s, dans le processus du GIEC. Cette participation au GIEC requiert un soutien financier spécifique qui doit être assuré par les ministères concernés.

  1. Au niveau national les modalités de ce dialogue sont diversifiées et doivent être améliorées

La France doit se doter, au niveau national, de lieux d’interaction entre la communauté scientifique « climat » et les décideur.euse.s politiques de façon à étayer la position française dans les négociations climatiques. Les instances de dialogue mises en place doivent permettre qu’il se développe véritablement entre décideur.euse.s politiques et scientifiques. Les organismes du type « comité d’experts » regroupant principalement des scientifiques et fonctionnant selon les règles propres à l’éthique scientifique doivent être privilégiées. Le CESE partage avec le Parlement le besoin d’analyse des choix scientifiques et technologiques. Aussi faut-il envisager une évolution de l’OPECST vers une instance composée de membres des trois assemblées. En s’inspirant de l’exemple du Royaume-Uni, la France devrait créer au niveau du Président de la République et sous son autorité un poste de « chief scientist », qui serait confié à un.une chercheur.euse de haut niveau, internationalement reconnu.e.

  1. Le dialogue entre les acteur.rice.s économiques et la communauté scientifique est perfectible

Le développement des services climatiques devrait faire l’objet d’un dialogue permanent entre la communauté scientifique et les acteur.rice.s de l’entreprise. La simplification des démarches d’appels à projets pour les PME doit être poursuivie afin de renforcer l’opportunité de création de projets collaboratifs concernant tout particulièrement l’accès aux services climatiques. Les chambres consulaires pourraient accroître leur contribution au décloisonnement entre le monde économique et les établissements d’enseignement supérieur et de recherche.

  1. Le dialogue entre les acteur.rice.s économiques et la communauté scientifique présente des risques qu’il faut prévenir

Il serait souhaitable de mieux contrôler les déclarations de liens d’intérêt des chercheur.euse.s et notamment de bien identifier l’organisme qui les réceptionne et les conditionne. Une déclaration systématique de tous les liens, nanciers ou non, existant entre les industriel.le.s, les chercheur.euse.s, pourrait ainsi être effectuée.

  1. Un dialogue entre citoyen.ne.s, associations et communauté scientifique qui passe par les sciences citoyennes

L’existence des savoirs d’expérience, d’usage ou encore l’expertise citoyenne devrait être valorisée par leur mobilisation plus systématique dans la construction des projets de recherche sur le climat et les démarches scientifiques conduites dans les territoires en vue de leur adaptation aux effets du réchauffement climatique. Pour favoriser les échanges entre science citoyenne et science académique, une mission « recherche participative » fondée sur un partenariat avec des associations sélectionnées à partir de critères objectifs pourrait être inscrite dans les missions des universités et organismes de recherche. L’évaluation d’un service climatique par les populations qui utiliseront l’information apparaissant comme souhaitable, les évaluations des recherches par une communauté de pair.e.s étendue aux non scientifiques doivent se multiplier. La relance des boutiques de sciences, outils participatifs de production de connaissance scientifiques au pro t des organisations de la société civile, mérite une réflexion approfondie.

  1. Une organisation de la communauté scientifique qui doit répondre à cette nécessité de dialogue

Le développement et à terme la généralisation des formations à la diffusion de la culture scientifique doivent être envisagés. L’évaluation des chercheur.euse.s doit évoluer en y intégrant effectivement des critères en lien avec leur investissement vers la société. Les efforts des chercheur.euse.s pour établir et maintenir des liens avec la société devraient être facilités en temps et en moyens et pleinement reconnus et valorisés dans la formation doctorale, comme dans le déroulement de leur carrière. Dans l’exposé des titres et travaux des scientifiques, une place devrait être systématiquement dédiée à leur implication sociétale au bénéfice de la diffusion et /ou de la production collaborative de connaissance.

  1. L’organisation de la communauté scientifique doit répondre à la nécessité de créer des espaces ou des moments de dialogue…

Le souhait d’une construction collective, chacun avec ses spécificités, d’espaces de confiance où l’on travaille ensemble est exprimé par de nombreux chercheur.euse.s. Ces espaces doivent être mis à la disposition des chercheur.euse.s et représentant.e.s de la société pour qu’ils partagent en sécurité ce que sont leurs valeurs, leurs contraintes matérielles et leur compréhension du monde, même si elles sont très différentes. Des expérimentations de nouveaux lieux et moments sont conduites au niveau des collectivités locales. Elles doivent être poursuivies, afin d’élaborer une méthodologie fiable. Ces dispositifs expérimentaux doivent être utilisés par les chercheur.euse.s afin que la relation créée avec le public les rende plus aptes à ce que leurs discours deviennent des actes chez les autres.

  1. …et de lieux d’élaboration de l’expertise nationale

L’OPECST et d’autres ministères que celui de la Recherche devraient avoir la possibilité d’émettre des appels d’offres vers la communauté scientifique, en amont de la préparation de certaines lois, pour mobiliser les connaissances. Le CESE pourrait participer à l’élaboration de ces appels d’offres.  Le CESE se propose d’être le lieu d’organisation d’états généraux de la science sur le changement climatique.

<http://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Avis/2017/2017_19_contribution_dialogue_sciences_societe.pdf>

PS : Bienvenu.e dans le monde merveilleux de l’écriture inclusive utilisé dans le texte du CESE….

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Nov 10

Lancement d’un chantier Innovation Défense

Florence Parly lance un chantier ID : Innovation défense visant à positionner le Ministère des Armées à l’avant-garde de l’innovation de défense et, plus largement au sein de l’innovation publique.

Comment concilier risques liés à la prise en compte de nouveautés (innovations) et processus (#1516) de conduite des programmes d’armement (génétiquement couteux et longs) cherchant à limiter au maximum les risques (coûts, délais, performances, respect du code des marchés publics) ? Comment concilier contrat passé à des grandes entreprises (les « primes ») et valorisation de l’agilité et de la réactivité des PME, voire de start-ups, pour l’amélioration des matériels de défense ? Voilà deux vrais sujets pratiques et concrets pour ce chantier.

C’est une lettre au chef d’état-major des armées, au délégué général pour l’armement et au secrétaire général pour l’administration qui lance ce chantier. Sa coordination est confiée à la DGA. Les autres directions fonctionnelles du Ministère seront associées à la task force ID ainsi constituée, de même que des personnalités extérieures. Le mandat de ce chantier est détaillé dans une annexe à cette lettre. Il couvre l’ensemble des champs relatifs à l’innovation au sein du ministère […] et dans ses relations avec ses partenaires … : innovation opérationnelle, innovation d’usage, innovation technologique, innovation managériale, innovation administrative.

Trois ambitions majeures sont présentées :

  • tirer profit en boucle courte des innovations issues du domaine civil (notamment dans le secteur numérique) afin de créer des ruptures d’usage et des effets de surprise sur le terrain des opérations et de gagner en qualité de service rendu aux usagers dans l’administration et le soutien ;
  • faire monter rapidement en maturité des solutions innovantes qui répondent spécifiquement aux besoins de la défense par une politique ambitieuse alliant prototypage rapide, expérimentation agile et développement de démonstrateurs de grande ampleur ;
  • investiguer des technologies porteuses de ruptures opérationnelles majeures à horizon 2030.

La task force ID devra proposer une feuille de route ministérielle de soutien à l’innovation organisée autour de cinq axes :

  1. Construire un outil ministériel ambitieux, lisible et cohérent de soutien à l’innovation.

La task force devra traiter en particulier la question de la diversification et de l’adaptation des modalités de soutien à l’innovation technologique.

  1. Proposer des moyens d’expérimentations agiles.

Le mandat propose de s’appuyer sur des initiatives existantes de type LAB, ce qui passera entre autres par la création d’espaces d’expérimentation qui pourront s’inspirer des start-ups d’Etat, et d’« hubgrader les écosystèmes » … pour développer une réactivité qui fait encore défaut.

  1. Développer l’attractivité, la visibilité et l’influence du ministère en matière d’innovation.

Le mandat appelle clairement de ses vœux une nouvelle organisation de la fonction innovation.

  1. Dynamiser l’innovation participative et propager la culture de l’innovation.
  2. Préparer le passage à l’échelle.

Il s’agit aussi d’identifier les freins à l’innovation du processus actuel de conduite des programmes d’armement.

Une annonce de premières actions sera faites le 23 novembre 2017 pour une finalisation des feuilles de routes de chaque axe en février 2018.

L’innovation était d’ailleurs présentée, dans la récente Revue stratégique de défense et de sécurité nationale, comme au cœur de la démarche du ministère et des armées, voir un récent article de ce blog.

Rappelons aussi que Florence Parly avait « annoncé » la création d’un fonds d’investissement de 50 M€ pour les PME de défense lors de l’université d’été du Medef, le 29 août 2017, même si cette « annonce » n’en était pas vraiment une. L’idée de ce fonds avait été annoncée par Laurent Collet-Billon, l’ex-Délégué général pour l’armement, en novembre 2016, avant d’être confirmée quelques jours plus tard par Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense. Florence Parly y avait néanmoins déclaré : L’innovation est le cœur de mon action. C’est pourquoi je prends l’engagement d’augmenter sensiblement le budget alloué à la préparation de l’avenir […], avec une augmentation de 30 % du budget alloué aux études et aux travaux d’innovation. Elle y précisait que serait lancé avant la fin de l’année un fonds d’investissement pour les PME de défense en partenariat avec Bpifrance. Les fondements en sont déjà posés, ce fonds sera doté de 50 M€ et permettra à l’État de rentrer au capital de certaines pépites technologiques, de les soutenir dans leur gouvernance et leurs ambitions.

Comme le signale Laurent Lagneau dans le blog Opex360.com, le ministère des Armées investit actuellement environ 730 M€ dans la recherche et le développement. Une hausse de 30% porterait ce montant à près d’un milliard, comme l’a en effet demandé le Conseil des Industries de Défense Françaises (CIDEF).

Garder et sacraliser la R&D, c’est absolument essentiel pour être capable d’intégrer en temps réel les technologies quand elles vont être développées et d’accélérer les cycles pour Hervé Guillou, le président du Groupement des Industries de Construction et Activités Navales (GICAN).

Gageons que le lancement de ce chantier ID est l’une des preuves de la volonté de la ministre et de l’appareil d’Etat de développer l’innovation, le « progrès », dans l’écosystème de la défense, équipements mais aussi organisations et concepts d’emploi, et que les crédits budgétaires suivront.

http://science-innovation-developpement.com/linnovation-dans-la-revue-strategique-de-defense-et-de-securite-nationale/

http://www.opex360.com/2017/08/30/industrie-la-ministre-des-armees-sengage-augmenter-de-30-leffort-en-matiere-de-recherche/

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