Juin 22

Innovations pour la défense terrestre : un regard d’étonnement sur Eurosatory

Quel regard sur le salon Eurosatory qui s’est tenu la semaine dernière en banlieue parisienne ? Et quels étonnements ?

D’une façon générale, la qualité de ce salon, déjà le plus grand du monde dans sa catégorie, s’améliore. De plus en plus d’exposants, plus de 1800. De plus en plus de visiteurs, presque 60 000. Des circulations et cheminements améliorés. Une vraie ouverture au domaine de la sécurité, dont un mini-symposium fort intéressant sur la sécurité des JO 2024. Et, forcément car l’époque le veut, de l’ »innovation » à tous les croisements d’allées.

Au-delà de la présentation de matériaux de protection balistique, notamment pour le combattant, par de nombreux pays et avec de nombreuses solutions technologiques, (céramiques, tissées, ….,) trois sujets m’ont interpelé : les drones, le look des véhicules, le camouflage.

La place des drônes et robots

Le « petit » robot terrestre de Milrem associé à Nexter a eu les honneurs de la presse.

Des engins mixtes robots terrestres/drone aérien ont été présentés….

… ainsi que des petits drones…

Voires des drones « flottants », « amphibies » et « gonflables » !

http://diodon-drone.com/fr/, membre de l’accélérateur d’innovations Generate du GICAT ( https://www.gicat.com/generate-label-innovation-gicat/).

Mais l’un des clous du salon a été le Black Hornet du groupe américain Flir, ou plutôt la troisième version de son mini-drone de 33 grammes pour 16,8 cm de longueur. Il vise à donner au combattant débarqué un œil déporté. Il porte deux caméras embarquées, et transmet en temps réel des images en qualité HD jusqu’à 2 km de distance avec une autonomie de 25 min. Il se pilote simplement avec une petite poignée. Il aurait déjà été mis en oeuvre dans les forces françaises.

Voir reportage US sur https://www.youtube.com/watch?v=R9aS7LjRrNg .

Le look des véhicules blindés

Un autre étonnement est venu de l’apparence, du look, de certains véhicule, profilé ou caréné… ou pas, qu’il soit à roue…

… à chenille…

… ou amphibie, avec un look de bateau devant et de véhicule terrestre derrière… à moins que ce ne soit l’inverse.

Parfois même doté d’une couverture de camouflage…

Le camouflage

Car le camouflage est mon troisième étonnement. On connait le camouflage avec les peintures … de guerre  qui fleurit non seulement sur les textiles de ville mais aussi (et c’est bien leur origine) sur les tenues de combat …

…  mais aussi sur les véhicules. Rien d’innovant. Juste, là aussi, un look guerrier.

Mais, beaucoup plus innovant, on a vu aussi des présentations de camouflage adaptatif notamment par la DGA et Nexter. Le principe est d’avoir un revêtement bourré de capteurs capables d’analyser la couleur et la texture des éléments qui constituent le paysage environnant. L’algorithme embarqué en déduit le motif de camouflage optimal pour réduire la « saillance » de l’objet dans son environnement en est déduit et est appliqué par un réseau de tuiles enveloppant l’objet à cacher.

On a vu aussi une vraie innovation d’une PME de Pessac en Gironde, Olikrom, à l’origine d’une technologie de rupture basée sur des pigments intelligents capables de changer de couleurs en cas de modification de la lumière, de la température ou de la pression. Olikrom a été fondée en 2014 par un chercheur bordelais et vient de lever 4,5 M€ pour commencer l’industrialisation de ses encres et peintures intelligentes.

https://www.olikrom.com

https://www.usinenouvelle.com/editorial/en-images-a-eurosatory-l-armement-terrestre-joue-la-carte-de-l-innovation.N705444

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Juin 21

Expression du Premier ministre sur les IRT, pôles, …

Désolé de troubler le tempo hebdomadaire de publication d’articles sur ce blog, mais il me parait important de diffuser ci dessous un extrait du discours de ce jour, 21 juin, du Premier ministre à Metz traitant notamment des pôles de compétitivité (phase 4) et des IRT.

Intégralité du discours sur https://www.gouvernement.fr/sites/default/files/document/document/2018/06/discours_de_m._edouard_philippe_premier_ministre_a_linstitut_de_recherche_technologique_-_metz_-_21.06.2018.pdf

« …

Quel était l’objectif (du programme d’investissement d’avenir (P.I.A.))? Faire la révolution !

Rapprocher les mondes de l’industrie, de la recherche et de l’enseignement. Créer des passerelles. Accélérer les transferts de technologie. Tout ce qu’on ne faisait pas assez et qu’il était urgent de faire plus. Grâce à des outils, à des financements. Grâce aussi à une méthode exigeante, pour sélectionner les projets, expérimenter, et accepter d’arrêter ce qui ne pas fonctionne pas, ce qui est la nature même de l’innovation.

Une des réussites de cette politique, c’est l’émergence d’un grand nombre de « maisons communes » sur le territoire. Plus ou moins grandes, les maisons. Mais communes. Les I.R.T, les instituts pour la transition écologique (I.T.E.), les sociétés d’accélération et de transfert de technologie (S.A.T.T), et enfin les pôles de compétitivité. Des maisons qu’il convient aujourd’hui de consolider. Et dont on peut encore abattre quelques cloisons.

Un mot d’abord sur les « pôles de compétitivité » qui sont un bel exemple de catalyseur de rencontres. Rencontres entre des technologies de pointe, des traditions industrielles, des compétences et une histoire locale. Les pôles ont beaucoup progressé depuis leur lancement en 2004. Ils sont maintenant des acteurs connus, identifiés. Certains sont prêts à partir à la conquête de l’Europe. Tout ça, à 14 ans. Ce qui est jeune. De mon point de vue. Ou vieux du point de vue par exemple d’un start-uper.

Pour les consolider, nous allons engager la « phase IV » des pôles de compétitivité qui s’ouvrira en 2019.

Nous en préparerons le cahier des charges avec les régions. Avec un haut niveau d’exigence. Parce que ce doit être l’occasion pour les pôles de monter en gamme, d’acquérir une taille critique. Pour coopérer avec d’autres entreprises ou d’autres pôles européens. Et pour aller chercher ensemble des crédits européens.

Dans le cadre de cet appel, nous encouragerons certains pôles à fusionner, à se rapprocher ou à bâtir des synergies avec d’autres structures. Nous tiendrons compte aussi de la nouvelle carte des régions. En échange, nous garantirons aux pôles qui auront franchi la barre, une vraie visibilité sur leurs financements, en fonction bien sûr de leur performance.

C’est pourquoi, nous allons fusionner plusieurs sources pour constituer une enveloppe unique au sein du P.I.A., qui mobilisera près de 400 millions d’euros pour la période 2019-2020. Et les pôles auront un accès privilégié, mais pas exclusif, à cette enveloppe. Force est en effet de constater que les projets des pôles réussissent plutôt mieux en moyenne.

Les autres « maisons communes » dont je voudrais parler sont les IRT et les ITE. Des dispositifs qui depuis leur création, ont permis la mobilisation de plusieurs centaines de partenaires industriels et académiques. C’est bien. Je pense qu’on peut aller plus loin et qu’on peut simplifier davantage.

D’abord, en rapprochant les IRT et les ITE pour harmoniser leurs règles de fonctionnement et gagner en visibilité, notamment à l’international.

En déverrouillant ensuite un certain nombre de règles de fonctionnement. Je pense parexemple à celles relatives à la mise à disposition des chercheurs. L’objectif ici est de donnerla main aux acteurs du territoire.

En anticipant enfin leur évolution vers des modèles pérennes, adaptés à chaque écosystème, de manière à ce qu’à terme, le financement récurrent de l’Etat couvre au maximum le tiers deleurs dépenses, ce qui implique que les partenaires privés apportent chaque année, une contribution minimale à hauteur des apports publics. Et ce qui nécessite que l’on favorise le co-investissement avec les régions.

Un dernier mot sur un sujet qui vous concerne directement. Je veux parler du financement des start-ups issues de la recherche.

L’objectif est de favoriser le développement des start-ups qui naissent chez vous. Les faire naître, les faire grandir. Les ancrer aussi dans la culture, parfois un peu éloignée de la leur je le reconnais, du capital-risque.

On le sait, l’industrie du capital-risque en France s’est beaucoup développée. C’est très positif. Cependant, cette industrie ne couvre pas encore tous les besoins. De nombreuses pépites, en général issues de la recherche, ne peuvent y accéder. Soit parce qu’elles sollicitent de trop petits tickets d’investissement, moins de 500 000 euros. Soit parce qu’elles présententun risque encore trop élevé.

C’est pourquoi nous allons créer un fonds – le Fonds « French Tech Seed », doté de 400 millions d’euros par le PIA et géré par Bpifrance, qui pourra investir directement aux côtés d’investisseurs privés – c’est fondamental – dans ces start-ups. Y investir durant cette phase cruciale de pré-amorçage que je décrivais, qui se situe très en amont et où le risque est élevé. Grâce à ce fonds, la France se dote enfin d’un outil capable de financer le « pré-amorçage » à grande échelle.

Il y a donc un «acquis du P.I.A». Un acquis qui est au moins autant culturel qu’organisationnel. Cet acquis est évidemment précieux. Si on veut le faire fructifier, il faut l’évaluer. Vous le savez, dès cette année et jusqu’au début de l’année 2019, nous allons procéder à l’évaluation globale du P.I.A qui va « fêter » ses 10 ans.

Une évaluation que coordonnera le comité de surveillance que j’ai installé ce matin. À lui de nous dire ce qui a bien fonctionné et ce qui, en revanche, n’a pas totalement donné satisfaction. Pour nous projeter, pour définir de nouvelles priorités et pour peut-être engager de futurs programmes à horizon 2020. Ces programmes, nous les construirons avec vous : acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche, entreprises, et collectivités territoriales.

… »

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Juin 15

L’intelligence artificielle au Japon

« Une étude compilée par le Tencent Research Institute (…) cite les États-Unis, la Chine, le Japon et la Grande-Bretagne comme les pays les mieux placés dans la course à l’IA. (…) La France n’est pas citée. » Cet extrait du récent et médiatisé rapport de Cédric Villani, Donner un sens à l’intelligence artificielle, justifie que l’on s’intéresse à ce qui se passe en la matière dans ces pays.

S’agissant du Japon, une récente étude du Service pour la science et la technologie de l’Ambassade de Farnce au Japon présente un état de l’art de la recherche sur l’intelligence artificielle au Japon. Ses principales perspectives sont reprises ici. Il est intéressant de remarquer que les travaux en IA s’effectuent dans le cadre du concept « société 5.0 » et que le rapport japonais aux technologies d’IA est plutôt bienveillant, contrairement au public occidental pour lequel c’est la méfiance qui prédomine encore.

A noter qu’un symposium franco-japonais sur les sciences des données et de l’intelligence artificielle (IA) se tiendra au MESRI, à Paris, du 10 au 12 juillet 2018. Les inscriptions (gratuites) sont ouvertes jusqu’au 2 juillet 2018

Le Japon montre une volonté́ affichée de développer ses ressources en intelligence artificielle et de devenir un acteur majeur du domaine sur la scène mondiale et réaffirmer ainsi son statut de leader technologique, industriel ainsi qu’en recherche et innovation face à la Chine et aux Etats-Unis.

Au-delà de ces considérations internationales, les technologies d’IA sont perçues comme des outils incontournables pour remédier à de nombreux problèmes auquel le pays est d’ores et déjà confronté. C’est la raison pour laquelle l’IA fait partie intégrante du 5th Basic Plan et son concept de « société 5.0 » élaboré par le Cabinet du Premier Ministre, de la Japan Revitilization Strategy et qu’une stratégie présentant des objectifs planifiés sur presque 20 ans lui est consacrée.

Pour atteindre ces objectifs, le Japon bénéficie de son expertise reconnue en robotique, notamment industrielle, qui constitue un savoir-faire non négligeable, et du niveau d’excellence de ses chercheurs, universités et instituts de recherche, encouragés par les initiatives gouvernementales à développer leurs activités dans le domaine. Cependant, bien que les moyens octroyés augmentent d’année en année, ils semblent minimes comparés aux budgets chinois et américains dédiés aux mêmes sujets. De plus, si la plupart des pays constatent un manque de chercheurs et ingénieurs formés dans le domaine, cette situation est encore plus sévère au Japon étant donné son contexte démographique.

Contrairement à la Chine et aux Etats-Unis, le Japon ne possède pas de géants du numérique comparables à Google, Facebook ou Baidu, et le pays ne se démarque pas par un environnement particulièrement favorable au développement de startups, qui sont pourtant largement reconnues comme d’importants vecteurs d’innovation à l’étranger. Sans être inexistante, la culture des startups est encore récente au Japon et donc peu développée, même si le pays possède quelques pépites et que le gouvernement multiplie les initiatives pour leur développement. Les grands groupes de l’industrie et du numérique japonais quant à eux ne sont pas passés à côté du sujet et sont des acteurs et investisseurs très actifs de l’innovation dans le domaine.

Ce sont d’ailleurs les startups et les laboratoires des grands groupes du privé qui, principalement, s’intéressent aux technologies de deep learning, souvent considérées comme à l’origine du troisième « boom de l’IA » et de ses progrès fulgurants de ces dernières années, et pourtant encore largement dédaignées par les chercheurs au Japon qui remettent en question la crédibilité de la technologie. Un changement de mentalité se fait cependant sentir au sein de la plus jeune génération. Selon certaines opinions, ce désintérêt pourrait en partie expliquer le retard du Japon sur l’aspect logiciel de l’intelligence artificielle. Si le Japon tarde à adopter le deep learning, il n’en est pas de même en France par exemple où la technologie est plébiscitée depuis plusieurs années.

Par bien des aspects, la situation de la recherche et de l’innovation en IA au Japon rappelle celle de la France et plus largement celle de l’Europe. Comme au Japon, l’Europe ne possède pas de géants du numérique comparables à des équivalents chinois ou américains. Les gouvernements européens n’ont pas non plus investi dans la recherche à la même échelle et par conséquent, malgré une volonté récente de s’affirmer dans le domaine l’Europe doit, au même titre que le Japon, rattraper son retard.

Cependant, en matière d’élaboration de politiques et de stratégie, le Japon est actif depuis début 2016. En France par exemple, la stratégie « France IA » a été publiée début 2017 et le gouvernement a publié une stratégie plus récente (mars 2018) détaillée dans le rapport Villani qui présente les intentions françaises mais ne formule pas d’objectifs ou de feuille de route, contrairement aux stratégies japonaises.

On peut constater de nombreuses similitudes entre les visions japonaises et françaises. Dans les deux stratégies, les secteurs de la mobilité et de la santé sont identifiés comme prioritaires pour l’application de l’intelligence artificielle. Les deux pays convergent également sur l’utilisation de l’IA pour l’amélioration de la productivité, la prise en compte des questions d’environnement et la nécessité de former plus de talents dans le domaine. Sur les questions de défense et de sécurité, qui représentent un volet entier de la stratégie française, l’approche japonaise est moins explicite et plutôt centrée sur des applications civiles : l’IA doit contribuer au développement d’une société garantissant la sécurité de tous (toujours dans le but de réaliser le concept de « société 5.0 »).

Les priorités divergent également sur les sujets de l’exploitation des données et de l’acceptation de l’IA par la société. La stratégie française élabore sur la nécessité de développer un écosystème et des régulations européennes pour encadrer l’utilisation des données personnelles sans freiner la recherche mais dans le respect des utilisateurs. Les questions en rapport au caractère inclusif de l’IA sont soulevées, ainsi que les inquiétudes qui ne manqueront pas d’émerger face aux transformations du travail amenées par l’IA. La sensibilisation et l’importance de rendre l’IA compréhensible au plus grand nombre sont mises en avant du côté français. L’importance donnée à ces questions est le reflet explicite du contexte social et économique français en particulier.

Au Japon, pays qui connaît le plein emploi, les inquiétudes quant à l’acceptation de l’IA au travail sont moindres. Culturellement, le rapport japonais aux technologies d’IA est plutôt bienveillant, alors que pour le public occidental, c’est la méfiance qui prédomine encore. Sur les questions d’éthique et de réglementation, le MIC a pris l’initiative de former un comité de réflexion sur ces sujets. Cependant, si des recommandations ont été formulées sur l’utilisation des technologies d’IA et leur développement, les acteurs à l’origine de ces technologies ne seront pas contraints par la loi de les appliquer. La sécurité de l’information a tout de même été identifiée comme un volet annexe à la stratégie sur les technologies d’IA s’appliquant à tous les secteurs prioritaires identifiés.

<https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-scientifique/veille-scientifique-et-technologique/japon/article/symposium-franco-japonais-dataia-jst-sur-les-sciences-des-donnees-et-l>

<https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_ia_au_jp_2018_-_final_cle8254b2.pdf>

 

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Juin 08

Comparaison internationale de la recherche publique française

La dépense intérieure de R&D s’établit à 53,3 Md€ (chiffres 2015) dont 21,8 Md€ pour les administrations (41% du total). Il est donc légitime de s’interroger sur l’impact de cette dépenses publiques et sur le niveau comparé de la France par rapport à d’autres pays, certes partenaires mais aussi concurrents en termes d’innovation, de créations de valeur et d’emplois et d’attractivité des capitaux étrangers.

Une récente fiche du Ministère de l’Economie et des Finances présente des éléments de comparaison avec les grands pays de l’OCDE.

Parmi les grands pays de l’OCDE, la France occupe la 5èmeplace mondiale pour la dépense de recherche publique en 2015. Rapportée au PIB et en intégrant la R&D en défense, la dépense de R&D représente 0,86 %, ce qui place la France au-dessus de la moyenne de l’OCDE, mais en-dessous des pays leaders (les pays nordiques, la Corée et l’Allemagne) et de « l’objectif de Lisbonne » de 1 % du PIB.

L’organisation et la gouvernance du système de recherche français présentent des spécificités. Si l’enseignement supérieur occupe souvent une place centrale dans les autres pays, les organismes de recherche (comme le CNRS) ont historiquement été au coeur du système français. Aujourd’hui, les laboratoires sont généralement mixtes (beaucoup ont, par conséquent, de multiples tutelles). Par ailleurs, les ressources proviennent essentiellement d’allocations budgétaires récurrentes (plutôt que contractuelles), et la part de financement allouée sur projets semble être la plus faible parmi les pays comparables.

La production scientifique française couvre toutes les disciplines et elle est très internationalisée. Les indicateurs de résultat (dont les limites doivent être soulignées) suggèrent que cette production est comparable à la moyenne des autres pays avancés. La France est au 7èmerang du point du vue du volume de publications scientifiques, dont la qualité (mesurée par l’intensité des citations reçues) est dans la moyenne. Le profil disciplinaire de ces publications évolue au même rythme que la moyenne mondiale. Enfin, la recherche publique française a une importance croissante dans les demandes de brevets.

La France n’est pas positionnée sur la « frontière d’efficience » de la dépense de recherche publique, que l’on peut estimer en reliant les niveaux de dépense aux indicateurs de performance d’un échantillon de pays. De ce point de vue, elle n’est toutefois pas significativement différente de la moyenne des pays de second rang (qui incluent l’Allemagne et le Japon). La situation s’est améliorée depuis 2004, ce qui signale une dynamique positive.

On peut en tirer la conclusion que la programmation de la recherche est plutôt bottom-up (proposée par les chercheurs) que top-down (incitée par les défis à résoudre), malgré la structuration de la Stratégie Nationale de Recherche en tels défis sociétaux… D’où les efforts faits pour rapprocher le monde académique du monde économique.

https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/a3833ca5-c98a-4011-854c-c11ace0fcbf2/files/ee7e33be-d1a7-495a-aac8-d5cd460fde24

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Juin 01

Qui sont les chercheurs en entreprises ?

En France, comme en moyenne dans l’UE, c’est 2/3 de la R&D qui est réalisé dans les entreprises. Mais quelles sont les caractéristiques socio-professionnelles de ces chercheurs ? Des éléments d’analyse sont présentées dans une note du MESRI reprise en partie dans cet article.

Une forte croissance du nombre de chercheurs en entreprise entre 2007 et 2015

En 2015, parmi les 348 000 personnes travaillant en entreprise aux activités de R&D en France, 226 000 occupent la fonction de chercheur. Il leur correspond l’équivalent de 166 000 chercheurs à temps plein dans leur activité recherche, soit 73 % de leur temps de travail pour la R&D.

La forte croissance annuelle du nombre de chercheurs en personnes physiques, entre 2007 et 2013, s’atténue de 2013 à 2015 (resp. + 8,2 % et + 1,4 % en moyenne).

Parmi les chercheurs en entreprise, les femmes (20 %) sont dans l’ensemble plus jeunes que les hommes

Les chercheurs en entreprise sont, dans l’ensemble, relativement jeunes, la moitié d’entre eux ont moins de 39 ans. En 2015, près de 46 000 chercheures, 20 % de l’ensemble des chercheurs, mènent leur activité de recherche en entreprise. Elles sont mieux représentées dans les tranches d’âge les moins élevées : 2 4 % des chercheurs de moins de 35 ans sont des femmes, contre 14 %, pour ceux de plus de 50 ans.

Plus de la moitié des chercheurs en entreprise sont diplômés d’une école d’ingénieurs

Les entreprises déclarent employer environ 127 000 diplômés d’une école d’ingénieurs et 27 000 titulaires d’un Doctorat pour les travaux de R&D en 2015, soit respectivement, 56 % et 12 % de leurs chercheurs. De plus, 17 % des chercheurs en entreprise sont titulaires d’un Master/DEA/DESS. La promotion interne permet à 14 000 salariés d’accéder à la fonction de chercheur, avec un diplôme de niveau Bac+2 maximum , soit 8 % des chercheurs.

En entreprise, la part des femmes est plus élevée parmi les chercheurs issus de l’université. Elles représentent un tiers des chercheurs titulaires d’un Doctorat et plus du quart de ceux titulaires d’un Master. En revanche, parmi les chercheurs diplômés d’une école d’ingénieurs, la part des femmes est de 17 %.

Les principales disciplines de recherche en entreprise sont les moins féminisées

Les disciplines de recherche des chercheurs en entreprise se concentrent sur les Sciences de l’ingénieur / Mathématiques / Logiciel et Physique. En 2015, quatre chercheurs sur cinq travaillent dans ces domaines, par ailleurs les moins féminisés. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes en sciences médicales / biologiques et la parité est observée en sciences humaines / agricoles. La place relative des femmes découle des filières de formation, voir aussi l’enquête de la CDEFI sur la place des femmes dans les formations d’ingénieurs http://www.cdefi.fr/fr/actualites/chiffre-du-mois-les-femmes-et-lingenierie .

Les caractéristiques socioprofessionnelles des chercheurs en entreprise sont très dépendantes du secteur de recherche de l’entreprise

En 2015, 56 % des chercheurs en entreprise mènent leur activité de R&D dans les secteurs de recherche des industries manufacturières. La moitié d’entre eux ont moins de 41 ans et ils consacrent plus de 80 % de leur temps de travail à la R&D. Dans les secteurs de recherche des services marchands, la situation est autre : les chercheur s sont en moyenne beaucoup plus jeunes et ne passent que 60 % de leur temps de travail à la R&D.

Les secteurs de recherche des industries chimique et pharmaceutique rassemblent la plus grande proportion de femmes parmi leurs chercheurs (resp. 48 % et 59 %). À l’opposé, la part des femmes est de 13 % dans l’industrie automobile et les services informatiques et d’information.

Les titulaires d’un diplôme d’ingénieur représentent respectivement 72 % et 58 % des chercheurs des secteur s de la construction aéronautique et spatiale et l’industrie automobile. En revanche, la part des titulaires d’un doctorat y est inférieure à 10 % alors qu’elle est de 43 % dans le secteur pharmaceutique.

Parmi les chercheurs en entreprise 5 % sont de nationalité étrangère, issus pour près de la moitié de l’UE

Environ 12 0 00 chercheurs de nationalité étrangère mènent leur activité R&D dans une entreprise implantée en France, soit 5 % des chercheurs en entreprise. Cette proportion est de 7 % chez les femmes et de 5 % chez les hommes. Ils sont à 42 % issus de l’Union européenne, à 29 % d’Afrique et à 14 % d’Asie.

<http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2017/26/0/NF2017-16_Chercheurs_en_entreprise_839260.pdf>

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