Sep 14

Les collectivités territoriales contribuent pour 1,6 Md€ à l’ESR

En 2016, les collectivités territoriales ont apporté 1,6 Md€ à la recherche et l’enseignement supérieur. Cet effort déclaré est plus important pour la recherche que pour l’enseignement supérieur. Le budget  R&T local privilégie le transfert de technologie et celui dédié à l’enseignement supérieur cible les opérations immobilières. Suite aux réformes territoriales, les actions en faveur de la recherche ralentissent en 2016. Les collectivités territoriales de cinq territoires régionaux apportent, en moyenne par an, plus de 100 M€ à la R&T.

Telles sont les principales conclusions d’une étude du MESRI.

L’effort déclaré en faveur de la recherche est plus important que celui dédié à l’enseignement supérieur. En 2016, les collectivités territoriales déclarent consacrer 1,55 milliard d’euros (Md€) au soutien de la recherche et de l’enseignement supérieur (ESR). Cet effort est moins important qu’en 2015 (1,71Md€), particulièrement dans les actions en faveur de la recherche.

Suite aux réformes territoriales, les actions en faveur de la recherche ralentissent en 2016. Entre 2015 et 2016, les dépenses des collectivités en faveur de la Recherche et du transfert de technologie (R&T) diminuent sensiblement (-18 %), principalement du fait de l’échelon régional. L’effort accentué des régions, en 2015, à la veille de la mise en place de la loi NOTRe, est suivi d’un moindre soutien, en 2016, année des réorganisations institutionnelles et politiques. La place des régions reste cependant prépondérante dans le soutien local à la R&T (70 %).

De 2015 à 2017, le budget R&T local privilégie le transfert de technologie. Celui dédié à l’enseignement supérieur cible les opérations immobilières. Au cours des années 2015 à 2017, les opérations de transfert de technologie sont la priorité des collectivités territoriales dans le financement de la R&T (34 %). Elles accompagnent notamment la recherche partenariale et les dispositifs de valorisation. Le soutien local direct à la recherche publique, un tiers des dépenses de R&T, consiste en des aides aux chercheurs (10%), aux projets de recherche (11 %) et à l’équipement des laboratoires (11 %). Les opérations immobilières, construction ou rénovation de bâtiments dédiés à la R&T, gardent cependant une place importante : 29 % des dépenses.

Les collectivités territoriales de cinq territoires régionaux apportent, en moyenne par an, plus de 100 M€ à la R&T.

Une concentration territoriale plus forte des dépenses en faveur de l’enseignement supérieur. Même si l’enseignement supérieur relève en premier lieu des compétences de l’État, les collectivités territoriales, dans une optique d’attractivité territoriale, s’y impliquent. Aujourd’hui, un dialogue s’est réellement instauré entre les élus locaux et les responsables et acteurs des établissements du supérieur.

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid24748-cid127773/en-2016-les-collectivites-territoriales-consacrent-1-6-md€-a-la-recherche-et-l-enseignement-superieur.html

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Sep 10

Une fois n’est pas coutume …

Une fois n’est pas coutume, en ce début de semaine, signalons la sortie de plusieurs documents fort intéressants voire utiles, les titres parlant d’eux-mêmes …

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Sep 07

Combien d’élèves ingénieurs ?

Les acteurs économiques manquent de compétences, notamment d’ingénieurs formés. Témoin, le secteur du numérique pour lequel ce sont 10 000 ingénieurs qui manquent à l’appel chaque année.

Mais quelle est la tendance du nombre des élèves ingénieurs ? Une récente fiche du MESRI donne des éléments de réponse.

Le nombre d’inscrits en cycle d’ingénieur progresse de 4,1% en un an, dans la continuité de la dynamique observée les années précédentes, notamment dans les écoles privées (+9,4%). Si 75% des étudiants sont inscrits dans un établissement public, le privé accueille l’autre quart. Les évolutions offrent un fort contraste selon les domaines de formation. Deux domaines, qui accueillent ensemble déjà près de 25% des étudiants, enregistrent une progression de plus de 10% des inscrits : ce sont les domaines de l’informatique et de l’électronique et électricité. Les études d’ingénieur restent encore très peu féminisées, à 27% à peine. Le recrutement en cycle ingénieur se fait majoritairement parmi les étudiants issus de catégories sociales favorisées.

Des effectifs en hausse à la rentrée 2017.

L’apprentissage est davantage répandu dans les écoles privées.

Les femmes représentent 27% des effectifs en cycle ingénieur.

Les classes préparatoires aux grandes écoles : principales voies d’accès à la 1ère année du cycle ingénieur.

<http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid132285/les-effectifs-en-cycle-ingenieur-en-2017-2018.html>

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Août 31

Comment améliorer le pilotage de la recherche publique dans les universités ?

Le pilotage de la recherche publique est compliqué par les faibles marges de manœuvre laissées à l’État. De quels moyens celui-ci dispose t’il ?

Les budgets ? Mais plus de 80 % des budgets alloués passent en masse salariale et en l’achat de « fluides » divers (électricité, abonnements aux revues, internet, …).

Les nominations des dirigeants ? Uniquement dans les instituts de recherche, mais pas dans les universités, encore largement autogérées et où le principal financiers (« actionnaires »), l’État, n’a même pas de voix décisionnelle au conseil d’administration.

Les structurations ? Oui pour les universités, cf Idex et autres ComUE, mais avec difficultés. Mais quasiment pas pour les instituts de recherche (seul souvenir de structuration : fusion du LCPC et de l’Inrets pour créer l’Iffstar, … et changement de nom du Cemagref devenu IRSTEA, en attendant sa « fusion » avec l’Inra).

Les contrats d’objectifs ? L’État stratège ne peut que suivre les tendances passées.

Mentionnons quand même les actions en matière de définitions des « règles du jeu » telle l’introduction de contrats de recherche attribués après appel d’offres compétitifs, voir la création de l’ANR dans la loi Goulard en 2006. Et, bien sûr, les recrutements de chercheurs, mais ceux-ci sont recrutés dans un domaine pointu avec une durée d’activité dans ce domaine d’une quarantaine d’année !

Rappelons que la dépense intérieure de recherche publique est de 16,8 Md€ (chiffre 2014). S’agissant spécifiquement des universités et des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, sur un total de ressources publiques 2014 de 6,478 Md€, 4,818 Md€ sont issus de dotations budgétaires, 1,322 Md€ de ressources sur contrat et 0,378 Md€ d’autres ressources propres.

Ceci étant dit, il convient de souligner les récentes propositions de mission parlementaire d’évaluation et de contrôle (MEC) sur l’évaluation du financement public de la recherche dans les universités. Ces 22 propositions visent à renforcer efficience et transparence dans l’attribution et l’usage des crédits.

Renforcer la lisibilité et la pluriannualité du cadre budgétaire d’ensemble

  1. Présenter dans les annexes budgétaires et notamment dans le « jaune budgétaire » consacré à la recherche, une ventilation des dépenses publiques de recherche consolidées par grands domaines de recherche, que ces financements soient issus de dotations budgétaires, de ressources propres ou de financements par projet.
  2. Instaurer une loi pluriannuelle de programmation de la recherche, sur un principe similaire à la loi de programmation militaire, pour dégager plus de prévisiblité dans le financement de la recherche et mettre ainsi en adéquation la temporalité budgétaire avec la temporalité de la recherche.

Améliorer l’efficacité des appels à projet

  1. Mettre fin à la mise en réserve des crédits destinés à financer les appels à projet de l’ANR.
  2. Étudier une simplification du dispositif de versement des frais overhead (fusion des deux mécanismes existants) et une augmentation des sommes versées jusqu’à une somme forfaitaire de 20 % des subventions accordées dans le cadre d’un projet par l’ANR.
  3. Rationaliser les outils de financement compétitif de l’ANR, en procédant à une évaluation précise de leurs objectifs et de leur périmètre (« appels blancs », « appels thématiques » et « appels de maturation »)
  4. Mettre en œuvre, à l’initiative du ministère, une structure et un réseau d’appui à la création, au financement et au suivi de projets des programmes européens. Identifier, financer et rendre visibles les structures déjà existantes au niveau national, régional ou local.

Simplifier la gouvernance des unités mixtes de recherche (UMR)

  1. Simplifier la gouvernance des UMR en limitant progressivement le nombre de tutelles possible sur une même entité.
  2. Encourager la méthode du mandataire unique au sein des UMR afin de renforcer le dialogue de gestion stratégique avec l’État.
  3. Harmoniser et simplifier à tous les niveaux (législatifs, réglementaires et conventionnels) les règles administratives de gestion des UMR.

Développer la contractualisation avec les établissements d’enseignement supérieur et les organismes de recherche

  1. Établir de véritables contrats d’objectifs et de moyens avec les établissements volontaires fondés sur des indicateurs discutés conjointement par les établissements et le ministère, permettant de donner plus de poids à l’évaluation.
  2. S’assurer que la masse salariale confiée à un opérateur permette de couvrir le plafond d’emploi, en laissant ensuite des marges de manœuvre pour piloter les emplois (recours aux post-docs et aux doctorants).
  3. Favoriser une souplesse de gestion des personnels de recherche en permettant plus largement des modulations et dérogations au profit de la recherche mais aussi, le cas échéant, de l’enseignement.
  4. Faire varier la dotation budgétaire initiale allouée aux établissements en fonction de l’intensité de recherche, sur la base d’un dialogue de gestion entre l’établissement et l’Etat permettant de distinguer la formation et la recherche.
  5. Permettre la modulation, dans le cadre des dialogues de gestion entre les équipes scientifiques et les différentes tutelles, des délais d’utilisation des financements lorsque cela est nécessaire au vu du projet scientifique.

Renforcer la légitimité et l’efficacité de l’évaluation

  1. Réintroduire une procédure contradictoire dans les évaluations du HCERES et instaurer un suivi obligatoire des recommandations par les tutelles, gage d’un véritable pilotage.

Pour un déploiement efficace du SI Labo

  1. Rendre obligatoire, à terme, l’utilisation du SI Labo (ou celle de connecteurs permettant l’inter-operabilité) pour l’ensemble des opérateurs financés sur fonds publics participant à des UMR.
  2. Permettre, via l’application décisionnelle, l’accès à des données consolidées par secteur thématique de recherche ainsi que la comparaison des laboratoires de ces secteurs selon les moyens dont ils disposent ou selon leur nombre de publications.
  3. Engager rapidement l’ensemble des organismes, sous impulsion ministérielle, dans la conception et la participation au SI Labo, en prévoyant les financements nécessaires à la transformation (ou à l’inter-opérabilité) de leurs SI et des calendriers de déploiement ajustés aux contraintes de chaque organisme.
  4. Confier au ministère la responsabilité de faire un point d’étape et d’échange avec les établissements sur l’avancement du projet SI Labo et son appréciation par les établissements, notamment en abordant de manière prospective les éventuels obstacles à son déploiement et son exploitation par les équipes des UMR et des établissements.
  5. Nommer un chef de projet transversal et ministériel pour renforcer la supervision et le suivi du développement du projet SI Labo.
  6. Distinguer le financement du projet SI Labo au sein des documents budgétaires, dans chacun des programmes et pour les différents opérateurs et établissements.

Favoriser l’insertion professionnelle des doctorants

  1. Renforcer le dispositif des CIFRE qui permet d’accroître les liens entre recherche publique et développement économique.

http://www.assemblee-nationale.fr/15/pdf/rap-info/i1213.pdf

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Juil 27

L’été sera énergétique ou ne sera pas !

Avant que ce blog ne se mette en pause estivale, un zoom sur l’étuude sur les perspectives stratégiques de l’énergie publiée par la Commission de régulation de l’énergie.

L’analyse de l’évolution du secteur de l’énergie à moyen et long terme a permis de faire ressortir une douzaine de « thèses » prospectives qui dressent le portrait d’un secteur de l’énergie largement refaçonné sous l’effet combiné des évolutions technologiques et des politiques publiques répondant aux enjeux climatiques et sociaux.

Ces douze thèses sont présentées ci-après.

  1. [Demande d’énergie finale] – La consommation d’énergie diminuera en Europe

Alors que la demande d’énergie finale à l’échelle mondiale augmentera, tirée par la hausse de la demande des pays en développement, elle diminuera fortement en Europe et en France, y compris pour le gaz naturel, sous l’effet notamment des politiques d’efficacité énergétique. En Europe et en France, la demande d’électricité diminuera ou, au plus, n’augmentera que légèrement et ce malgré des transferts d’usages significatifs vers cette énergie (mobilité et chaleur).

  1. [Mix électriques] – Les mix électriques deviendront « naturellement » quasiment décarbonés grâce à la compétitivité des filières renouvelables

A l’échelle mondiale, les nouvelles capacités électriques seront très majoritairement renouvelables. Au sein des pays développés, des systèmes électriques fortement décarbonés (>80%) se généraliseront, au plus tard à l’horizon 2050. Ces systèmes électriques décarbonés seront compétitifs (par rapport au thermique fossile) dans les zones interconnectées comme, a fortiori, dans les ZNI où cela arrivera à un horizon plus proche, en raison de la diminution des coûts de production mais également des technologies permettant l’insertion d’une production fatale intermittente.

  1. [Réseaux électriques] – Le besoin en réseaux va croître alors même que leur taux d’utilisation va baisser

La transition énergétique aura un impact majeur sur les grands équilibres des réseaux électriques, engendrant à la fois un besoin significatif en réseaux (pour intégrer une fraction croissante de la production renouvelable et bénéficier du foisonnement des productions intermittentes) et une baisse de leur taux d’utilisation (liée à l’autoconsommation et à la décentralisation de la production). La demande apparente vue des réseaux de transport diminuera fortement du fait du développement de la production décentralisée, mais les besoins en interconnexions augmenteront pour exploiter le foisonnement climatique et géographique des ENR. Ces dynamiques contradictoires créeront un risque d’actifs échoués.

  1. [Planification des réseaux électriques] – Sous peine de voir exploser les coûts du réseau, il deviendra de plus en plus nécessaire de coordonner les investissements de production et de réseaux de transport (voire de distribution)

Le passage à une proportion élevée d’ENR représentera une refonte complète des systèmes et des réseaux électriques, nécessitant une réflexion d’ensemble pour optimiser globalement les investissements dans les réseaux de transport (voire de distribution) et les moyens de production. Les problèmes de congestion observés dans des systèmes où les actifs de production sont éloignés des zones de consommation (ex. fermes éoliennes off-shore du nord de l’Allemagne, production solaire et éolienne au nord et à l’ouest de la Chine pour des centres de consommation industrielles à l’est et au sud) témoignent de l’importance de ces enjeux.

  1. [Flexibilité] – Le développement de nouvelles formes de flexibilité répondant aux enjeux d’insertion de la production renouvelable changera à la fois la nature des réseaux et leur exploitation.

Les besoins de flexibilité augmenteront et seront majoritairement pourvus via des outils décentralisés (stockage, effacement, modulation de consommation, batteries de VE, production décentralisée) nécessitant l’agrégation d’un grand nombre de points diffus ; les gestionnaires de réseau de distribution se transformeront en véritables opérateurs, responsables d’une gestion active du réseau et de l’organisation de marchés locaux de flexibilité. La coordination entre GRT et GRD dans l’exploitation et l’optimisation des sources de flexibilité (question de l’optimisation globale / optimisation locale) deviendra un enjeu essentiel.

  1. [Stockage d’électricité]–En tant qu’instrument de flexibilité, le stockage par batteries deviendra une composante essentielle du système électrique.

Le stockage massif de l’électricité, notamment par le biais des batteries de véhicules électriques, jouera un rôle essentiel pour permettre le bon fonctionnement de systèmes électriques décarbonés avec une haute proportion d’énergies renouvelables intermittentes. Il s’imposera grâce la baisse des coûts du stockage, similaire à celle que le photovoltaïque a connue.

  1. [Microgrids] – L’architecture hiérarchique descendante des grands réseaux évoluera vers un modèle articulant des grappes de microgrids.

Grace à l’association production renouvelable distribuée et stockage par batteries co-localisé, des microgrids permettant d’assurer localement l’approvisionnement des quartiers se développeront de façon rentable là où les conditions économiques et réglementaires le permettent. Sur des zones géographiques affectées par des événements climatiques extrêmes – les Etats-Unis par exemple – ils se développeront en raison de leur résilience, même si leur coût est plus élevé. Dans les pays émergents ne disposant pas déjà d’un réseau, l’électrification se déploiera sur la base de microgrids, progressivement connectés entre eux. Sauf cas particulier (systèmes isolés, absence de réseau fiable, électrification en Afrique dans les phases de développement), ils resteront connectés au réseau principal afin de bénéficier des effets de foisonnement demande et production.

  1. [Rôle des marchés de gros de l’électricité] – La capacité des marchés de gros à envoyer des signaux de prix pertinents pourrait être remise en cause. Le market design devra être adapté de façon à réintroduire des signaux de prix ou des contrats de long terme

Le paradigme du marché de gros de l’électricité (demande rigide et production flexible) sera progressivement renversé : la production devient plus rigide (avec une augmentation de l’injection d’électricité fatale) alors que la gestion dynamique de la demande permet de la rendre de plus en plus flexible. De son côté, le stockage rendra plus flexibles aussi bien l’offre que la demande. Les volumes de production à coût marginal nul viendront peser sur la formation des prix, ce qui pourrait remettre en cause leur capacité à assurer une couverture des coûts complets des investissements (coûts marginaux de long terme).

Dans ces conditions, le marché de gros pourrait ne plus être une référence pertinente pour le signal prix d’investissement – même si des exemples récents montrent que des investissements dans de grandes infrastructures renouvelables sur la base de signaux de prix marché ne sont pas impossibles. Inversement, le développement d’outils comme le stockage et la modulation de consommation pourrait renforcer la pertinence des prix de marché. Dans tous les cas, le marché de gros continuera en revanche à orienter le dispatching selon des critères économiques.

  1. [Systèmes gaziers] – En Europe, les infrastructures gazières continueront à jouer un rôle important notamment pour faciliter la transition énergétique

En Europe, les infrastructures gazières continueront à jouer un rôle important sous l’effet de plusieurs facteurs : une substitution vers le gaz « vert », la croissance des usages mobilité, une contribution du gaz restant importante pour le passage de la pointe hivernale en complément de l’électricité décarbonée. Toutefois, la baisse de la demande gazière doit conduire à ne pas envisager de nouveaux investissements d’infrastructure en dehors d’enjeux de sécurité d’approvisionnement ou de développement du gaz « vert » (flux rebours, etc.)

  1. [Hydrogène] – A long terme, une économie de l’hydrogène pourrait émerger

A long terme, sous réserve d’une décroissance des coûts, l’hydrogène pourrait devenir un vecteur important dans les systèmes énergétiques, permettant de stocker l’énergie ou de la déplacer de zones à coûts de production favorables pour le renouvelable (pour le PV : le Chili, le Mexique, l’Australie, le Moyen-Orient…) vers les zones de consommation. L’hydrogène pourrait apporter une réponse pertinente à des besoins spécifiques sur certains segments de la mobilité mais surtout à une décarbonation massive des systèmes électriques et gaziers, en combinaison avec la production électrique renouvelable.

  1. [Consommateurs & fournisseurs] – L’émergence des nouvelles technologies permettra au consommateur de prendre le contrôle sur son approvisionnement énergétique et sa consommation

De nombreuses alternatives au « fournisseur classique » s’offriront aux consommateurs pour s’approvisionner. Le consommateur particulier ou PME sera de plus en plus souvent auto- producteur, à hauteur de plusieurs millions dans chacun des principaux pays européens. Il pourra se procurer de l’électricité sur des plateformes « peer-to-peer » (sous-tendues par exemple par la technologie blockchain), lui permettant de sélectionner à son gré l’énergie provenant d’actifs de production identifiés et localisés (logique de circuits courts) et/ou de vendre sa propre production excédentaire. Pour les grandes entreprises, les contrats d’achat long terme directs avec des producteurs d’énergie renouvelable (PPA) se développeront à grande échelle dans tous les pays développés. Pour les particuliers comme pour les entreprises, les solutions innovantes de gestion de la demande (big data, IoT, smart metering, intelligence artificielle) offriront de nouvelles opportunités de maîtrise de leur consommation.

  1. [Rythme de changement de l’industrie] – Sous l’effet des nouvelles technologies et des enjeux sociaux et environnementaux, le rythme du changement d’une industrie traditionnellement très inertielle va s’accélérer considérablement

La décroissance des coûts (PV, batteries) et le progrès technologique (taille et puissance des nouvelles générations d’éoliennes off-shore) des différentes filières renouvelables se sont considérablement accélérés ces dernières années. A cette tendance, s’ajoute l’entrée en force des technologies de l’information dans le secteur (blockchain, big data, IoT, smart metering, Intelligence Artificielle). Ces dynamiques sont en train de refaçonner à un rythme sans précédent une industrie d’infrastructures aux constantes de temps longues, avec pour conséquence des risques d’apparition d’actifs échoués.

<http://fichiers.cre.fr/Etude-perspectives-strategiques/1SyntheseGenerale/Perspectives_Strategiques_du_secteur_de_l_energie_Synthese_generale_FR.pdf>

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