Déc 14

Le numérique : un impact environnemental peu connu mais important

La consommation d’énergie du numérique est aujourd’hui en hausse de 9 % par an. Il est possible de la ramener à 1,5 % par an en adoptant la « Sobriété numérique » comme principe d’action. C’est l’axe du rapport sur l’impact environnemental du numérique publié début octobre par The Shift Project, think tank de la transition carbone.

Le numérique étant reconnu comme un levier de développement économique et social, la transition numérique apparaît comme incontournable pour l’ensemble des pays et des entreprises. La transition numérique est en outre souvent considérée comme un moyen de réduire la consommation d’énergie dans un grand nombre de secteurs. Pourtant, les impacts environnementaux directs et indirects (« effets rebond ») liés aux usages croissants du numérique sont systématiquement sous-estimés.

Le numérique est de plus en plus vorace en énergie. Le développement rapide du numérique génère une augmentation forte de son empreinte énergétique directe. Cette empreinte inclut l’énergie de fabrication et d’utilisation des équipements (serveurs, réseaux, terminaux). Elle est en progression rapide, de 9 % par an. La consommation d’énergie directe occasionnée par un euro investi dans le numérique a augmenté de 37 % depuis 2010. L’intensité énergétique de l’industrie numérique augmente de 4 % par an : une hausse à contre-courant de l’évolution de l’intensité énergétique du PIB mondial, laquelle décroît actuellement de 1,8 % chaque année. L’explosion des usages vidéo (Skype, streaming, etc.) et la multiplication des périphériques numériques fréquemment renouvelés sont les principaux facteurs de cette inflation énergétique.

Le bilan carbone pour la transition numérique augmente. La part du numérique dans les émissions de gaz à effet de serre a augmenté de moitié depuis 2013, passant de 2,5 % à 3,7 % du total des émissions mondiales. Les émissions de CO2 du numérique ont augmenté depuis 2013 d’environ 450 millions de tonnes dans l’OCDE, dont les émissions globales ont diminué de 250MtCO2eq.

La transition numérique capte des ressources nécessaires à la transition énergétique. La captation d’une part progressivement démesurée de l’électricité disponible accroît la tension sur la production électrique à l’heure où celle-ci peine à se décarboner. L’augmentation de la production d’équipements numériques nécessite des quantités croissantes de métaux rares et critiques, également indispensables aux technologies énergétiques bas-carbone, alors que des facteurs physiques, géopolitiques et économiques commencent déjà à limiter leur disponibilité.

Toutefois, la contribution nette du numérique à la réduction de l’impact environnemental reste donc à démontrer, secteur par secteur, en prenant garde aux nombreux « effets rebond ».

La consommation numérique actuelle est très polarisée. Les profils de consommation numérique sont extraordinairement contrastés. En moyenne en 2018, un Américain possède près de 10 périphériques numériques connectés, et consomme 140 Gigaoctets de données par mois. Un Indien possède en moyenne un seul périphérique, et consomme 2 Gigaoctets.

Quoi faire ?

L’impact environnemental de la transition numérique devient gérable si elle est plus sobre. The Shift Project propose une définition de la sobriété numérique : acheter les équipements les moins puissants possibles, les changer le moins souvent possible, et réduire les usages énergivores superflus. La sobriété numérique est une approche « lean », autrement dit au plus juste, qui est aussi source d’efficacité – énergétique, humaine, financière – pour les organisations.

Passer de l’intempérance à la sobriété dans notre relation au numérique permet de ramener l’augmentation de consommation d’énergie du numérique à 1,5 %, ce qui n’est que similaire à la tendance globale tous secteurs confondus. La mise en œuvre de la sobriété numérique telle que nous la proposons permettrait donc seulement de contenir l’explosion en cours de l’empreinte environnementale du numérique.

Telle qu’elle est représentée dans le scénario 2018-2025 “Sobriety”, cette sobriété numérique ne remettrait pas en cause le principe de la transition numérique. Ainsi, dans ce scénario, le volume de données échangées continue à croître, et le nombre de smartphones et téléviseurs produits chaque année se stabilise au niveau de 2017 – alors que les marchés des pays développés sont déjà aujourd’hui proches de la saturation.

Il convient donc, pour The Shift Project, d’accélérer la prise de conscience de l’impact environnemental du numérique, dans les entreprises et organisations publiques, dans le monde de la recherche et au sein du grand public est un préalable.

Mais il est nécessaire de disposer de références et d’outils adéquats, prenant en comptel’impact environnemental de la composante numérique des choix qu’elles envisagent, à différents niveaux de pilotage. The Shift Project a développé de tels outils.

Pour The Shift Project, il est nécessaire de retrouver une capacité individuelle et collective à interroger l’utilité sociale et économique de nos comportements d’achat et de consommation d’objets et de services numériques, et d’adapter nos comportements en conséquence.

https://theshiftproject.org/article/pour-une-sobriete-numerique-rapport-shift/

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire
Déc 07

La prévision est un art très difficile, surtout …

La prévision est un art très difficile, surtout lorsqu’elle concerne l’avenir. Quel que soit l’humoriste à qui attribuer cette maxime, probablement Pierre Dac, même si Groucho Marx ou les Danois la revendiquent, il faut bien reconnaître que prédire quelques tendances un peu précises est un sport de plus en plus difficile et à risque dans un monde qui s’accélère, où les transitions sont permanentes et qui n’en finit pas de nous surprendre.

Surtout lorsqu’il s’agit d’estimer des risques financiers et donc de jouer à se faire peur.

La fin d’année est propice à ce type d’exercice. Je ne résiste pas à partager les prévisions chocs de SaxoBank, spécialiste de l’investissement et du trading en ligne, pour 2019. Et d’aller voir quelles étaient les prévisions des années précédentes pour faire une sorte de RetEx (retour d’expérience). Prudent Saxo Bank note que ces prévisions ne constituent pas les prévisions de marché officielles de Saxo Bank, mais elles constituent un avertissement quant à une possible mauvaise répartition du risque pour les investisseurs qui ne voient généralement qu’1% de probabilité que ces événements se réalisent.

2019… un début de récession pour l’Allemagne, Apple achète Tesla, Trump limoge Powell et les Travaillistes remportent une victoire retentissante et Jeremy Corbyn Premier Ministre instaure la parité de change entre la livre sterling et le dollar américain… Les Prévisions chocs pour 2019 sont :

  1. L’Union Européenne annonce un effacement de la dette.
  2. Apple achète Tesla à 520 $/action.
  3. Donald Trump limoge J. Powell.
  4. Le Premier Ministre britannique Jeremy Corbyn instaure la parité entre la livre sterling et le dollar américain.
  5. La crise du crédit aux entreprises conduit Netflix à connaitre le même sort que General Electric.
  6. L’Australie lance son propre plan Paulson après avoir nationalisé les quatre principales banques du pays.
  7. L’Allemagne entre en récession.
  8. Une éruption solaire de classe X sème le chaos et provoque des dégâts à hauteur de 2000 milliards de dollars.
  9. Adoption d’une taxe mondiale sur le transport en raison de la multiplication des inquiétudes relatives au climat.
  10. Le FMI et la Banque mondiale annoncent leur intention de cesser de mesurer le PIB, et de se concentrer sur la productivité.

Dans ses explications, Saxo Bank note qu’un monde dans lequel Donald Trump est président des États-Unis transforme les énormités en simple faits divers dans le flot des informations quotidiennes, mais nous ne laisserons pas cela nous éloigner des prévisions choc de cette année : notre travail annuel qui consiste à évoquer des événements peu probables – mais pas impossibles – qui pourraient se produire au cours de la nouvelle année.

L’édition 2019 tourne autour du thème « trop c’est trop ». Un monde qui tourne à vide devra se réveiller et commencer à créer des réformes, non pas parce qu’il le veut, mais parce qu’il le doit.

Les signes sont partout. Les estimations sont exagérées, les changements politiques sont soudains et même des développements culturels apparemment mineurs, comme la montée en puissance du célèbre chef d’État, semblent indiquer que la société a atteint son apogée.

Saxo Bank ajoute que notre nouveau leitmotiv est : « Puissions-nous éviter la douleur aujourd’hui », ou plus désolant encore : « Les choses ne sont peut-être pas formidables, mais elles pourraient être pires ». Nous pensons que 2019 marquera un profond bouleversement de cette mentalité alors que nous arrivons au bout du chemin en accumulant de nouvelles dettes et que l’année prochaine, nous commencerons tous à payer la note pour nos erreurs. Le grand cycle du crédit montre déjà des signes de tension à la fin de l’année 2018 et se répandra sur les marchés des pays développés l’année prochaine, les banques centrales devant revoir leur copie. Après tout, leur politique consistant à « faire fonctionner la planche à billets » depuis 2008 n’a fait que creuser encore davantage le niveau d’endettement, et cela a maintenant dépassé leur mandat de gestion.

https://newsroom.saxobanque.fr/actualites/les-previsions-choc-2019-de-saxo-bank-bd4c-b2248.html#HhvpEdSz8FXPmDD8.99

Maintenant, je vous propose un petit rappel des prévisions chocs des 3 années précédentes. Leur « succès » rend humble sur les risques de réalisation des prévisions 2019…

2018

  1. La Fed perd de son autonomie tandis que le Trésor américain prend les rênes
  2. La Banque du Japon perd le contrôle de sa politique monétaire
  3. La Chine a émis des contrats à terme sur le pétrole libellés en CNY (yuan chinois)
  4. La volatilité s’est envolée suite au soudain krach éclair du S&P 500
  5. Le vote des électeurs américains s’oriente à gauche pour les élections de mi-mandat en 2018
  6. Les «Austro-hongrois » ont lancé une OPA hostile en Europe
  7. Les investisseurs fuient le Bitcoin après les représailles des gouvernements
  8. L’Afrique du Sud renaît après le « Printemps africain »
  9. Tencent détrône Apple comme leader sur les marchés
  10. Les femmes s’emparent du pouvoir dans les entreprises

https://www.home.saxo/fr-fr/campaigns/outrageous-predictions-2018

2017

  1. Le PIB de la Chine atteint 8% – et le SHCOMP 5000 P
  2. La FED aux abois suit l’exemple de la BOJ et émet des bons du trésor à 10 ans à 1.5%
  3. Le taux de défaut du haut rendement dépasse 25%
  4. Le Brexit n’est pas officialisé et le Royaume-Uni reste
  5. Gueule de bois pour le cuivre
  6. Le bitcoin gagne de la valeur grâce à l’expansion des monnaies virtuelles
  7. La réforme du système de santé américain déclenche la panique
  8. Malgré Trump, le péso mexicain grimpe, notamment par rapport au CAD
  9. Les actions des banques italiennes surperforment
  10. L’UE stimule la croissance par le biais d’Eurobonds

https://newsroom.saxobanque.fr/actualites/les-previsions-choc-2017-de-saxo-bank-6411-b2248.html#1PoItV5ceJCO5bwS.99

2016

  1. Quelle évolution pour le cours euro-dollar ? Vers 1,23…
  2. Le rouble augmente de 20 % d’ici fin 2016
  3. Retour à la réalité pour les licornes de la Silicon Valley
  4. Les JO boostent la reprise dans les pays émergents emmenés par le Brésil
  5. Une déferlante démocrate permet de conserver la Maison Blanche et de reprendre le contrôle du Congrès.
  6. Les troubles au sein de l’OPEP permettent au baril de pétrole de retrouver brièvement son prix de 100 $.
  7. L’argent libéré de l’emprise de l’or rebondit de 33 %
  8. La politique agressive de la Fed entraîne l’effondrement des obligations d’entreprises mondiales
  9. El Niño déclenche une recrudescence de l’inflation
  10. L’inégalité finit par avoir raison du luxe

http://www.saxobank.com/Documents/op2016/ebook-2016-fr.pdf

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire
Nov 30

Innovations de défense …

Voler. Vous en avez rêvé ? Zapata l’a fait !

Vous êtes automobilistes et voulez échapper aux opérations de blocage des routes ? Mexicains et voulez franchir la frontière états-uniennes ? Sportifs et avoir de nouvelles sensations ?

Alors le Flyboard® Air de Franky Zapata est fait pour vous !

Franky Zapata, sportif, entrepreneur et innovateur a conçu des engins hydro- ou aéro-propulsés pour s’élever individuellement dans les airs.

Cette Unité Autonome de Propulsion, pardon, ce Flyboard® Air permet un vol autonome à une altitude allant jusqu’à 10 000 pieds, à une vitesse de pointe de 150 km/h et, à ce stade, une autonomie de 10 mn.

Quelques vidéos, assez spectaculaires…

https://youtu.be/bXnXBfh7yNg?list=PL0Uz4SmsdcZJcUyK4NYeBlAcfIh-F4R-z

https://drive.google.com/drive/folders/1miuM_JJmPdUXTyYi3fqxGxbOZJz9Ct5M

Aladin n’aurait pas renié ce système, dont le nom de code aurait pu être Flying carpet.

Cet engin a été présenté la semaine dernière au premier forum de l’innovation de défense, voir https://www.youtube.com/watch?v=7kqKypM-4hc.

Ce forum a été organisé par la nouvelle Agence de l’Innovation de Défense (AID) et où étaient présentées plus de 160 innovations, diverses, variées et dans tous les domaines intéressant la défense, des systèmes de chasse aux mines navales comprenant des robots sous-marins aux dispositifs d’auscultation de chaussée aéronautique (Daca, https://www.youtube.com/watch?v=FWMkhyjIpDM) permettant, grâce à des drones, de vérifier l’état des pistes aéronautiques, y compris les terrains sommaires, afin d’effectuer rapidement les réparations nécessaires.

Citons aussi Spartacus, un simulateur vidéo 3D destiné à la préparation à l’engagement des troupes. Basé sur le jeu vidéo Virtual Battlespace 3, il a servi aux forces françaises au Mali pour se familiariser avec le terrain sur lequel elles allaient évoluer avant leur déploiement.

On y a vu un casque (RAFT) de réalité augmentée pour fantassins,  conçu par Scalian(https://www.youtube.com/watch?v=lMegELp3EXo)), des nano-satellites,des robots de reconnaissance, un internet entièrement sécurisé grâce au Li-Fi de Lucibel, et même un système adaptatif (Caméléon) capable d’épouser en permanence les couleurs de l’environnement et même de réduire la signature thermique des véhicules (https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/les-chars-invisibles-arrivent_2049875.html), …

… et des innovations médicales (http://www.opex360.com/2018/11/24/linnovation-de-defense-vise-aussi-a-ameliorer-le-soutien-aux-militaires-blesses/) telle une jambe bionique conduite par un microprocesseur qui permet à une personne amputée de la jambe de faire les mouvements sollicitant une flexion de la hanche, du genou et de la cheville, une thérapie innovante (Exocet), destinée à soigner les brûlures radiologiques, qui repose sur l’utilisation des vésicules extracellulaires (IRSN et SSA), une imprimante 3D (Bloc Print), qui propose de soigner les grands brûlés par l’impression 3D de peau au bloc opératoire (3dFab, Insa de Lyon, Université Claude Bernard Lyon 1).

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire
Nov 24

Qu’est-ce qui préoccupe les Français ???

Les trois sujets de préoccupation majeurs des Français en 2017 sont, comme en 2016, le terrorisme, le chômage ainsi que la misère et l’exclusion. Cependant, les préoccupations relatives au chômage reculent nettement – en diminution de 8 points par rapport à 2016.  Dans le domaine de l’environnement, le réchauffement climatique demeure la première préoccupation des Français avec 48 % de citations, niveau atteint en 2015 au moment de la COP 21.  Parmi les activités industrielles ou technologiques, les centrales nucléaires apparaissent une nouvelle fois aux yeux des Français comme celles ayant le plus grand potentiel catastrophique. Dans le Baromètre IRSN 2018, la perception de leur potentiel à provoquer un accident grave se dégrade et rejoint celle observée dans l’édition 2012, pour laquelle l’enquête s’était déroulée quelques mois après l’accident de Fukushima. Telle est la synthèse du baromètre 2018 sur la perception des risques et de la sécurité par les Français réalisé par l’IRSN.

Le Baromètre IRSN constitue une mise en perspective qui contribue à l’orientation des actions  menées par l’Institut au bénéfice de la gouvernance des risques.

Pour cette édition 2018, à partir de l’analyse des réponses apportées par les 1 005 personnes interrogées du 22 novembre au 9 décembre 2017, les principaux enseignements sont la première place conservée par le terrorisme au sein des préoccupations des Français et la poursuite de la dégradation de la perception des acteurs du nucléaire dans leur ensemble.

Les trois sujets de préoccupation majeurs des Français sont, comme dans l’édition 2017, le terrorisme, le chômage, ainsi que la misère et l’exclusion.

Les Français conservent une bonne opinion des experts mais accordent beaucoup d’attention à leur indépendance et à la transparence de leurs travaux. La compétence demeure la première qualité attendue de leur part.

Concernant les situations à risques, on constate une dégradation à la fois en termes de perception du risque, de confiance et de vérité pour trois domaines : les perturbateurs endocriniens, les produits alimentaires et les centrales nucléaires.

Le Baromètre 2018 confirme la tendance de l’édition précédente qui montrait que la perception par le public de la compétence et de la crédibilité des acteurs chargés de la gestion du risque nucléaire évoluait à la baisse, tandis que les positions relatives des différents acteurs demeuraient globalement inchangées. Pour l’édition 2018, ces résultats peuvent être mis en perspective avec la détection de ruthénium-106 dans l’atmosphère en Europe, évènement fortement médiatisé en novembre 2017, au moment précis où se déroulait l’enquête du Baromètre IRSN.

L’un des grands intérêts de ce baromètres est sa profondeur historique qui permet de voir l’évolution des perceptions des Français…

Par exemple à la question En France, parmi les problèmes actuels suivants, lequel est pour vous le plus préoccupant ? En premier ? En second ?

Et à la question Je vais vous citer un certain nombre de problèmes d’environnement. Quel est celui qui vous semble le plus préoccupant ? En premier ? En second ?

Et à la question Parmi les activités industrielles ou technologiques suivantes, quelles sont celles N°3 qui, selon vous, risquent le plus de provoquer un accident grave ou une catastrophe en France ? En premier ? Et ensuite ?

Un autre intérêt est que, depuis 2 ans, l’IRSN donne la parole à des contributeurs extérieurs. En sollicitant les points de vue de citoyens et de scientifiques externes, l’Institut cherche à enrichir par de nouveaux regards l’interprétation qu’il produit et à ouvrir de nouvelles perspectives. Dans l’édition 2018, la parole est donnée tout d’abord à un panel de citoyens, la Communauté Pop, constituée par l’institut de sondage BVA dans la perspective de la campagne présidentielle de 2016. « Pop » est constituée de plusieurs centaines de Français volontaires, non professionnels, non rémunérés et aux profils diversifiés, qui sont consultés sur Internet et débattent sur les questions que leur soumet BVA. La parole est ensuite donnée à trois chercheurs en sciences humaines et sociales qui apportent leur éclairage et mettent ainsi en perspective les données du Baromètre avec leurs travaux de recherche.

Enfin, de façon directe, l’IRSN pose la question de la crédibilité et de la compétence des différents intervenants du domaine nucléaire. Le résultat parle de lui-même !

http://barometre.irsn.fr/essentiels2018/

Publié dans Uncategorized | 1 Commentaire
Nov 16

Inégalité des chances éducatives et déterminisme social

L’inégalité des chances en France est d’abord une inégalité des chances éducatives. Tel est l’une des conclusions d’une étude de France Stratégie consacrée au lien entre l’origine sociale et le niveau de vie et intitulée Nés sous la même étoile ? Origine sociale et niveau de vie.

Cette étude pose la question du déterminisme social en France. Plus précisément, dans quelle mesure l’origine sociale détermine-t-elle le niveau de vie des individus ?

Sur la base d’un échantillon de population née en France et âgée de 27 à 44 ans, est étudié la variation du niveau de vie des personnes selon la profession de leur père. Les résultats surprennent moins par le constat lui-même que par son ampleur : la France, qui par ailleurs parvient à contenir le creusement des inégalités de revenus, accuse des inégalités de chances importantes, notamment aux deux extrémités de la distribution sociale. Un enfant de cadre supérieur a ainsi 4,5 fois plus de chances qu’un enfant d’ouvrier d’appartenir aux 20 % les plus aisés. L’origine sociale a un effet très discriminant sur l’accès à un niveau de vie élevé mais aussi sur le risque de faire partie d’un ménage pauvre.

L’analyse démontre aussi que les effets d’autres facteurs comme l’âge, le sexe ou l’ascendance migratoire, si souvent mis en avant, sont finalement faibles, voire négligeables, par rapport au poids de l’origine sociale.

Reste à cerner les canaux par lesquels s’opère cette influence. Le niveau de diplôme se révèle doublement déterminant : il influence directement le niveau de rémunération de l’individu mais aussi celui de son éventuel conjoint, qui appartient bien souvent au même milieu social que lui. L’inégalité des chances en France est d’abord une inégalité des chances éducatives.

Les conclusions sont donc les suivantes. Dans les générations qui ont aujourd’hui entre 30 et 45 ans, l’accès à un niveau de vie élevé comme le risque d’être en situation de pauvreté varient fortement selon l’origine sociale. Cet effet s’avère beaucoup plus déterminant que l’origine migratoire, le sexe ou l’âge de l’individu. Il s’explique largement par l’influence de l’origine sociale sur le niveau de diplôme atteint par les individus : l’inégalité des chances éducatives contribue pour moitié aux écarts de niveau de vie moyen entre enfants d’ouvriers et enfants de cadres et pour moitié également à l’écart de chances entre eux de faire partie des 20 % des ménages les plus aisés.

D’autres effets « hors diplôme » sont à l’œuvre, notamment l’homogamie sociale qui, couplée à l’influence sur la réussite éducative, conduit à ce que les conjoints des enfants d’ouvriers sont significativement moins diplômés que ceux des enfants de cadres. À l’inverse, les écarts de structures familiales (nombre d’enfants, situation maritale) entre classes sociales sont faibles et ne semblent jouer aucun rôle significatif sur les écarts de niveau de vie.

http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs-na68-nessouslamemeetoile-05-07-2018.pdf

Publié dans Uncategorized | 1 Commentaire