Déc 06

Mais où se cache l’innovation ?

Mais où se cache l’innovation ?

Telle est la quête qui anime deux détectives, missionnés par les ministères chargés de l’économie et de la recherche dans un livre qui vient de sortir.

Leur enquête les mène dans différents lieux emblématiques de la relation entre science, innovation et développement. Du Muséum National d’Histoire Naturel, issus des « Jardins du Roy » fondé en 1632, au Jardin des Plantes, à l’Institut de France, quai Conti. Du CEA à Saclay à NUMA dans le Sentier. Des zooms sont faits sur les différents lois emblématiques concernant la recherche, la technologie ou l’enseignement supérieur. De la loi Faure à la loi Curien. De la loi Pécresse à la loi Fioraso. Y sont aussi décodés les différents dispositifs actuels de soutien à l’innovation, du crédit impôt-recherche aux différentes actions du programme d’investissement d’avenir, de la stratégie nationale de recherche française au programme H2020 européen. Un long développement est consacré à l’aménagement du plateau de Saclay et aux différents organismes qui le peuplent ou sont amenés à le peupler. 

C’est un « roman policier » d’un genre très particulier qui met en scène des connaissances de l’évolution historique des liens entre recherche, innovation et développement économique en France sous une forme « ludico-romancée » facilitant le coté pédagogique.

Il s’adresse à ceux qui s’interrogent sur l’innovation, sur ses liens avec la recherche et sur le rôle et les actions de l’État en la matière.

N’hésitez pas à venir le découvrir au Salon du livre à la médiathèque Landowski à Boulogne-Billancourt ce dimanche 8 décembre de 14h00 à 19h00 ! Il vous sera dédicacé…

https://www.salondulivreboulogne.com

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Nov 29

Panoramas sur les transitions climatiques et énergétiques (2/2)

Les transitions climatiques et énergétiques sont intimement liées. Coup sur coup, deux panoramas concernant ces transitions viennent de sortir. Après avoir traité des financements « climat », intéressons-nous au panorama des énergies renouvelables.

Panorama de l’électricité renouvelable

Cette 19ème édition du Panorama de l’électricité renouvelable est établi par 5 partenaires directement impliqués…

Ce panorama présente l’état des lieux à fin juin 2019. Toutes les informations sont mises en regard des ambitions retenues par la France dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) à l’horizon 2023, options basse et haute, pour chaque source de production d’électricité renouvelable. 

47 % des capacités de production d’énergies renouvelables sont d’origine solaire ou éolienne Les filières éolienne et solaire contribuent à hauteur de 96 % à la croissance des énergies renouvelables électriques sur le deuxième trimestre 2019. Au 30 juin 2019, la puissance des parcs éolien et solaire atteint près de 24,6 GW. 

Avec plus de 25,5 GW installés en France, la filière hydraulique, la première des énergies électriques de source renouvelable, demeure stable. Le parc de production d’électricité à partir des bioénergies atteint près de 2,1 GW. 

Toutes filières confondues, la croissance du parc de production d’énergies renouvelables atteint 578 MW sur le trimestre, ce qui porte sa puissance à 52,2 GW au 30 juin 2019. 

https://www.rte-france.com/sites/default/files/panorama2019-t2-v9.pdf

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Nov 22

Panoramas sur les transitions climatiques et énergétiques (1/2)

Les transitions climatiques et énergétiques sont intimement liées. Coup sur coup, deux panoramas concernant ces transitions viennent de sortir. Le premier concerne le financement « climat » et fait l’objet de l’article d’aujourd’hui.

Panorama des financements climat 

Le Panorama des financements climat est réalisé par l’I4CE. Il recense les dépenses d’investissement en faveur du climat en France et analyse la manière dont ces dépenses sont financées. L’étude dresse la carte des flux de financement en faveur du climat, de leur source jusqu’à leur secteur et domaine de destination. 

Les principaux points mis en avant sont les suivants.

Depuis deux ans, le contexte économique et réglementaire est plus favorable aux investissements climat.

La croissance des investissements climat s’accélère.

Les pouvoirs publics interviennent de plus en plus dans le financement des investissements climat.

Investir entre 15 et 18 milliards d’euros supplémentaires chaque année d’ici 2023 pour s’engager vers la neutralité carbone.

La dynamique d’investissement doit s’accélérer dès 2019 dans la plupart des secteurs.

Si le modèle de financement ne change pas, la contribution annuelle des pouvoirs publics devra augmenter de 7 à 9 milliards d’euros d’ici 2023.

Le centre de gravité des financements climat se déplacerait vers les ménages et les entreprises.

Les investissements fossiles sont propulsés par le marché des véhicules particuliers.

Les investissements doivent augmenter dans les infrastructures cyclables et celles des transports en commun.

Electricité renouvelable : investissements stables en attente du démarrage des chantiers éoliens en mer.

Véhicules : l’essor des motorisations bas-carbone n’enraye pas la progression des ventes de voitures thermiques.

Rénovation des logements : des investissements conciliables avec une trajectoire de rénovation par étapes.

Le Panorama des financements climat apparaît comme un puissant outil pour suivre et décrypter les investissements de la transition bas-carbone.

https://www.i4ce.org/wp-core/wp-content/uploads/2019/09/I4CE-Panorama2019.pdf

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Nov 15

Du cyber et de la guerre

Au XXIe siècle, la guerre sera forcément imprégnée de digital. La seule question pertinente reste de savoir si cela constitue une révolution stratégique ou si, comme souvent, il n’y aura pas de bouleversement majeur. 

Telle est l’accroche d’une note récente de la Fondation pour la Recherche Stratégique. Cette note fait aussi écho à un rapport du ministère des Armées sur le droit international appliqué aux opérations dans le cyberespace.

Pour le Gal (2S) Olivier Kempf, auteur de la note de la FRS, le cyber est aussi l’instrument d’une convergence de luttes dans des champs autrefois distincts. Il y a ainsi de forts liens entre la cyberconflictualité et la guerre économique qui rendent malaisée la juste appréciation du phénomène, pourtant nécessaire pour appréhender une dimension fondamentale de la guerre au XXIe siècle. 

Mais est-ce une révolution stratégique ?

Selon l’auteur, une révolution stratégique change les modalités de la guerre et peut imposer de nouvelles règles stratégiques, sans pour autant que la grammaire de base soit annihilée (que celle-ci trouve son inspiration dans Clausewitz ou Sun -Tsu). 

Selon ce critère, plusieurs révolutions stratégiques peuvent être identifiées à partir du révélateur de l’énergie. La vapeur est allée de pair avec le moteur correspondant (locomotive, steamer) qui a influé sur les guerres de la deuxième moitié du XIXe siècle (Guerre civile américaine, Guerre de 1870, mobilisation de 1914, etc.). On inventa alors la guerre industrielle et donc la massification du rôle des fantassins. Avec l’essence vint le trio « camion, char & avion », mis au point au cours de la première moitié du XXe siècle (Seconde Guerre mondiale, Guerre de Corée, Guerre des Six jours) : nul besoin d’expliciter son influence durable (et encore perceptible) sur l’ossature blindée-mécanisée de nombreuses armées contemporaines. La détonation nucléaire de 1945 orienta toute la seconde moitié du XXe siècle, avec la dissuasion et la polarisation de la Guerre froide. Il semble qu’avec la donnée, décrite par certains comme l’énergie de l’âge digital, nous faisions face à une nouvelle révolution stratégique qui conditionnera cette première moitié du XXIe siècle. 

Cette mise en perspective permet de relativiser le rôle de ces révolutions stratégiques : elles sont indubitablement importantes, mais n’annihilent pas d’un coup les grammaires stratégiques antérieures. Autrement dit, le digital n’abolira pas la dissuasion qui n’a pas aboli pas le char qui n’avait pas aboli le fantassin suréquipé, etc. Ceci précisé, le digital constitue donc bien une révolution stratégique. Il affecte la conduite de la guerre. 

La suite de la note examine les liens entre ce cyberespace et la guerre. J’y renvoie le lecteur intéressé de ce blog et souhaite signaler un récent rapport qui précise la position française sur l’application du droit international aux opérations militaires dans le cyberespace. 

En l’espace de deux décennies, le cyberespace est devenu un lieu de tension et de confrontation. L’instabilité et l’insécurité liées à l’accroissement des risques et des menaces dans ce milieu, ainsi que l’usage d’Internet à des fins criminelles ou terroristes, fragilisent l’ensemble des démocraties. L’augmentation constante du niveau de sophistication et d’intensité des cyberattaques a conduit ces dernières années la plupart des États à renforcer leur résilience et à adopter des stratégies nationales de cybersécurité. 

Dans ce contexte, la France a adopté une position forte en publiant une stratégie nationale de cyberdéfense en février 2018 puis deux documents fondateurs : une instruction ministérielle de lutte informatique défensive et une doctrine de lutte informatique offensive à des fins militaires, qui encadre l’emploi de la cyber-arme. 

Cette transparence s’inscrit en cohérence avec sa conception d’un cyberespace libre, sûr, ouvert, stable, fondé sur la confiance et les règles du droit international. Dans la continuité de l’Appel de Paris pour la confiance et la sécurité dans le cyberespace, la France entend ainsi porter une conception et une utilisation du cyberespace conformes aux buts des Nations Unies de maintien de la paix et de la sécurité internationales. 

L’instruction ministérielle sur la lutte informatique défensive permet de bâtir une défense unifiée, réactive, spécialisée et cohérente de l’ensemble des moyens numériques du ministère. Autour du Commandant de la cyberdéfense et de la posture permanente de cyberdéfense, elle articule les missions relevant de la protection des installations du ministère face aux menaces cyber, et celles relevant de l’anticipation et de la défense de ces systèmes. 

La lutte informatique offensive à des fins militaires élargit la palette des options à la disposition de nos autorités politiques et militaires. Qu’elle soit engagée pour recueillir du renseignement à haute valeur ajoutée, pour mener des opérations de lutte contre la propagande anti-française ou de neutralisation de systèmes adverses, cette nouvelle capacité s’impose graduellement dans les opérations. Voir http://science-innovation-developpement.com/dans-la-cyberguerre-loffensif-nest-plus-tabou/ .

Si la France a déjà eu l’occasion de partager publiquement certains éléments de son interprétation de l’application du droit international dans le cyberespace (via différents documents de stratégie et de doctrine, des contributions et initiatives internationales portées ces dernières années), il lui manquait encore un document de référence abordant de façon transverse les enjeux juridiques et politiques liés à cette question. 

Ce rapport vient préciser la position de la France, qui considère que le respect du droit international est la condition nécessaire à l’émergence d’une régulation adaptée au cyberespace. Il vient ainsi conforter l’engage- ment constant de la France en faveur du respect du droit international existant, y compris dans le domaine cyber, et sa volonté de faire preuve d’exemplarité et de transparence dans un contexte international où de nombreux acteurs maintiennent un discours ambigu sur ces sujets. 

Sans précédent au niveau international, il met en exergue certaines spécificités de l’approche française, notamment en ce qui concerne les contours du concept de souveraineté dans le cyberespace, le seuil du recours à la force ou d’une agression armée, l’interdiction de faire usage du droit de légitime défense en réaction à la violation par un Etat du principe de diligence due, ou la définition de l’attaque en contexte de conflit armé. 

http://www.frstrategie.org/web/documents/publications/notes/2019/201917.pdf

https://www.defense.gouv.fr/salle-de-presse/communiques/communiques-du-ministere-des-armees/communique_la-france-s-engage-a-promouvoir-un-cyberespace-stable-fonde-sur-la-confiance-et-le-respect-du-droit-international

Signalons aussi l’expression de la stratégie du ministère des Armées sur le développement durable et les énergies renouvelables https://www.defense.gouv.fr/actualites/articles/developpement-durable-et-energies-renouvelables-la-strategie-du-ministere-des-armees .

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Nov 08

Océan et changement climatique

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a présenté son Rapport spécial sur le changement climatique, les océans et la cryosphère lors de la 51ème assemblée plénière du GIEC, fin septembre 2019 à Monaco. Son constat est sans appel : le réchauffement s’accélère.

L’océan et la cryosphère sont bouleversés par le changement climatique avec notamment des impacts sur les récifs coralliens, les côtes basses et les îles, les écosystèmes de montagne, le pergélisol et les glaciers.

Le niveau de la mer s’élève à un rythme de plus en plus rapide et l’absorption croissante de CO2 dans l’océan a entraîné une acidification qui s’accélère. Cette acidification, combinée au réchauffement et à la désoxygénation des eaux, cause de nombreux dommages au système océanique et à la biodiversité marine, avec notamment des effets importants sur la pêche. Les impacts vont donc bien au-delà des milieux qui sont directement affectés et contribuent au réchauffement global de façon alarmante.

La fonte de plus en plus marquée des glaces et neiges de l’Arctique affaiblit les capacités naturelles de réfléchissement des rayons solaires (albédo), régulateurs majeurs des températures.

L’océan et la cryosphère sont des éléments essentiels du système climatique global et leur connaissance fine est une nécessité fondamentale pour nous permettre d’agir pour réduire notre impact et nous adapter aux changements auxquels nous devons faire face.

Cette dégradation des écosystèmes démultiplie les risques pesant sur les populations, en entraînant une dégradation des pêcheries, des dommages sur les infrastructures, des problèmes sur l’approvisionnement en eau douce, des impacts sur la santé humaine, sur la sécurité alimentaire ou encore sur le développement du commerce et du tourisme.

Cependant, le rapport démontre qu’il faut réduire d’urgence les émissions de gaz à effet de serre pour limiter l’amplification de tels changements dans le futur et leur lot d’évènements extrêmes. Il est possible de déployer de nombreuses solutions qui améliorent la résilience et préservent les fonctions vitales de l’océan et de la cryosphère. La protection et la restauration des écosystèmes ainsi que le déploiement des solutions fondées sur la nature doivent notamment servir de fondement à notre action pour qu’elle soit réellement durable.

Et Ifremer … ?

En France, c’est l’Ifremer qui est le principal organisme de recherche traitant des océans, océans qui absorbent un quart des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine. Faisons un rapide tour d’horizon des derniers résultats ou des projets en cours sur le sujet associant l’Ifremer.

Poissons, huitres, éponges ou ascidies… l’impact sur la biodiversité

La hausse de la température de l’eau peut avoir un effet important sur certaines espèces de poisson. Par exemple, une baisse de l’abondance des poissons en baie de Somme a déjà été observée ainsi que des phénomènes de migration pour des espèces en Manche Mer du Nord ayant une préférence pour les eaux froides, comme le hareng, la sardine ou le maquereau. Le changement climatique à venir d’ici 2100 pourrait amplifier cette tendance. 

La hausse de température de l’océan facilite aussi la tropicalisation des écosystèmes côtiers, notamment dans les zones tempérées où certaines espèces à affinité froide (comme les éponges) déclinent alors que leurs voisines tropicales débarquent, par exemple les octocoraux. C’était la principale conclusion de l’article publié sur l’est de l’Australie dans Nature Climate Change il y a un an. Des résultats qui nous offrent une vision accélérée des évolutions à attendre dans nos eaux côtières.

Au-delà de la température, comment réagiront les espèces dans une eau plus acidifiée ? Un projet mené sur plusieurs générations de bars élevés en eau acidifiée montre un impact au niveau de la maturation sexuelle des poissons plus précoce pour les pH plus faibles. De plus, les taux de fécondation sont moins bons en eau acidifiée, la ponte est avancée de 2 à 4 semaines et les œufs sont de moins bonne qualité. Les essais se poursuivent dans les bassins de l’Ifremer à Brest, en comparant des poissons en situation de stress alimentaire. Bonne nouvelle par contre pour les ostréiculteurs : les huitres de moins d’un an semblent moins sensibles à l’acidification des océans jusqu’à un pH de 7,3. 

Le tapis roulant océanique bientôt grippé ?

Dans un monde où les niveaux de CO2 seraient multipliés par 4, scénario possible dès 2100 si nos rejets se poursuivent au même rythme qu’aujourd’hui, les simulations publiées fin 2018 dans Nature Climate Change montrent que le « tapis roulant » océanique va être fortement grippé, avec un courant réduit de moitié par rapport à la période préindustrielle. Or le courant Nord Atlantique étudié redistribue la chaleur de l’eau entre les zones polaires et équatoriales. Ce courant crucial fait donc l’objet de mesures régulières dans le cadre du programme Ovide avec l’appui des flotteurs Argo.

Les énergies marines renouvelables, une solution pour diminuer nos rejets de gaz à effet de serre 

L’océan peut aussi contribuer à diminuer nos rejets de gaz à effet de serre, grâce à l’énergie des vagues, des courants, ou du vent. Pour les vagues, il s’agit de dispositifs houlomoteurs, comme la plateforme Wavegem développée par la société Geps Techno et en cours de test au large de Saint-Nazaire. Pour les courants, plusieurs types d’hydroliennes sont envisagés et l’Ifremer contribue aux essais en bassin et en mer avec les sociétés Guinard dans Le Morbihan, et Eel Energy à Boulogne-sur-Mer. Enfin, l’espace maritime permet d’envisager l’utilisation du vent par des éoliennes, posées sur le fond ou ancrées : sur cette deuxième catégorie, l’entreprise Eolink achève un deuxième été d’expérimentation avec l’Ifremer en rade de Brest, tandis que l’éolienne à axe vertical WindQuest était testée en bassin. 

L’impact de ce type de structures sur le milieu marin, notamment au niveau des câbles d’alimentation électrique, est également à l’étude en partenariat avec France Energies Marines comme le montrent la dernière campagne menée à Jersey ou les essais sur la sensibilité du homard.

https://report.ipcc.ch/srocc/pdf/SROCC_SPM_Approved.pdf

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/giec-devoile-rapport-sur-oceans

https://wwz.ifremer.fr/Espace-Presse/Communiques-de-presse/Ocean-et-changement-climatique-resultats-et-perspectives

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