Avr 03

Un observatoire des laboratoires publics en SHS

L’Alliance Athéna a récemment mis en ligne son observatoire des sciences humaines et sociales.

Interface de veille, d’observation et d’analyse des grandes tendances de la recherche dans le champ des sciences humaines et sociales en France, son principal objectif est de fournir aux instances et décideurs publics des éléments d’aide à la décision et d’encourager le dialogue avec (et entre) les communautés scientifiques.
Les activités de l’observatoire sont conduites en collaboration avec les principaux producteurs de données concernés : ANR, CNRS, HCÉRES, MESRI, AMUE, etc.

Collecte de données, cartographies, analyses, synthèses  : les études produites et relayées par l’observatoire ont vocation à s’inscrire dans les axes de travail des différents groupes et chantiers de l’alliance.

Construit à partir d’une base de données actualisée chaque année, le site de l’observatoire des SHS est mis en œuvre par la MRSH de Caen. Il présente les différentes structures de recherche SHS du territoire en mentionnant les axes scientifiques dans lesquelles ces structures sont impliquées.

Il a vocation à dessiner tous les ans une image plus précise du paysage de la recherche en SHS en suivant les créations et reconfigurations de ces structures.

Rappel sur l’Alliance Athéna

L’Alliance thématique nationale des sciences humaines et sociales (Athéna) est un lieu de concertation et de coopération stratégique entre les universités (représentées par la CPU), les Grandes écoles (représentées par la CGE) et les organismes de recherche (CNRS, CEA, INRA, INSERM, IRD, INED, EHESS).

Fondée en 2010 par convention entre ces organismes, l’Alliance Athéna a pour mission d’organiser le dialogue entre les acteurs majeurs de la recherche en sciences humaines et sociales sur des questions stratégiques pour leur développement et leurs relations avec les autres grands domaines scientifiques.

L’Alliance porte les positions partagées qui émergent de ce dialogue auprès des instances de décision et de financement de la recherche de niveau national et européen notamment.

Elle coordonne une réflexion sur la programmation en direction de l’Agence nationale de la recherche. Elle développe une activité prospective pour alimenter l’exercice de stratégie nationale de la recherche sur la base notamment de données objectivées sur l’ensemble des sciences humaines et sociales. Elle assure un suivi et développe une réflexion stratégique sur l’ensemble des infrastructures de recherche en sciences humaines et sociales (TGIR et IR) et dans le domaine de l’information scientifique et technique. Elle favorise la cohérence des politiques scientifiques menées en france en matière d’Europe et d’international. Elle définit des actions communes en faveur de la structuration du domaine de l’information scientifique et technique.

http://observatoireshs.unicaen.fr/cartes/

http://www.alliance-athena.fr/-Annuaire-et-cartographie-des-structures-de-recherche-en-SHS-en-France-

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Mar 27

La recherche aéronautique avance grâce à la collaboration

L’ONERA et l’IRT Saint Exupéry renforcent leur collaboration : un accord cadre de collaboration entre les deux organismes prévoit le lancement de projets communs ainsi que la mise en place d’un pilotage stratégique pour identifier ensemble les thématiques porteuses pour la filière aéronautique et spatiale et pour lesquelles les collaborations apporteront une valeur ajoutée significative. 

L’accord intègre déjà cinq opérations de recherche, pilotées chacune par un duo ONERA – IRT Saint Exupéry. 

Analyses et optimisations multidisciplinaires (MDO) pour la conception aérospatiale 

Mise en place de méthodologies et d’algorithmes d’analyse permettant d’optimiser simultanément différentes caractéristiques d’un avion/satellite : aérodynamique, thermique, structure vibratoire, etc. Ces travaux sont issus des projets MUFIN (ONERA) et MDA-MDO (IRT Saint Exupéry) et traiteront principalement les thématiques de l’incertitude et de la multi-fidélité de la MDO. 

Intelligence artificielle (IA) hybride 

Cette collaboration rentre dans le cadre de la certification de fonctions d’IA, un des axes du projet DEEL (en liaison avec l’institut 3IA ANITI). Ce projet vise à développer des briques technologiques d’Intelligence Artificielle à la fois sûres, robustes, explicables et certifiables pour les systèmes critiques. 

Avion et sources d’énergie électrique 

Dans le cadre de la réduction de l’impact environnemental du transport aérien, cette opération de recherche vise à apporter une meilleure connaissance des solutions de propulsion basées sur l’électricité et la gestion de l’énergie à bord. 

Ingénierie des systèmes et modélisation 

Développement de méthodes et outils pour répondre aux défis de compétitivité des industries aéronautiques, spatiales et automobiles comme la réduction du temps et des coûts de développement, de fabrication et de maintenance des produits. 

Matériaux composites et métalliques, structures et procédés 

Cette opération de recherche vise en partie à réaliser des essais virtuels sur les matériaux composites, afin de réduire les essais physiques pour la certification des structures d’aéronefs. Dans le cas des matériaux métalliques, elle vise à analyser l’effet des nouveaux procédés de fabrication de pièces sur la durabilité et le vieillissement des matériaux métalliques et des structures. Les surfaces multifonctionnelles seront étudiées afin de répondre aux contraintes environnementales telles que le givre, les contaminations, le réchauffage, etc. 

Pour Geneviève FIORASO, Présidente de l’IRT Saint Exupéry ce rapprochement de l’IRT avec l’ONERA, acteur majeur des recherches aéronautiques et spatiales, s’inscrit dans la stratégie de l’IRT Saint Exupéry qui souhaite resserrer ses liens avec la recherche fondamentale comme technologique …. Il était évident, dans ce cadre, de renforcer le partenariat d’abord avec l’ONERA pour être plus fort et plus performant, ensemble

Pour Bruno Sainjon, PDG de l’ONERA, cet accord prend place dans une politique générale de l’ONERA, d’ouverture et de rapprochement avec les acteurs scientifiques, institutionnels ou industriels de son secteur d’activités.

Ces opérations seront soutenues par les activités de recherche en cours, l’expertise et les plateformes de l’ONERA et de l’RT Saint Exupéry. 

L’ONERA et l’IRT Saint Exupéry sont des acteurs différents de la recherche aéronautique et spatiale, par leur taille, leur positionnement et leurs compétences, mais complémentaires. Tous deux contribuent à la compétitivité des entreprises de cette filière. Leur objectif commun est de contribuer à répondre aux enjeux aéronautiques et spatiaux du futur. 

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Mar 20

Transition énergétique : la France ne serait-elle pas plus vertueuse que l’Allemagne ?

Dresser un panorama des financements climat ou la cartographie des investissements énergétiques au niveau d’un pays peut être un instrument utile, afin de comprendre la manière dont les investissements et les modèles d’investissement répondent aux engagements nationaux climatiques. Ces méthodes peuvent contribuer à identifier un déficit ou un excédent en investissements dans certains secteurs économiques ou dans des technologies spécifiques. Les données relatives aux émissions de gaz à effet de serre (GES) et à la consommation d’énergie servent à mesurer les progrès des objectifs climatiques nationaux et internationaux. 

Un rapport de l’Office franco-allemand pour la transition énergétique (OFATE) présente un aperçu du suivi des investissements nationaux en faveur de la transition énergétique et du climat et y comparons les méthodologies et les résultats français et allemands. 

Signalons évidemment le facteur d’au moins 2 entre l’Allemagne et la France s’agissant des émissions GES, tant en valeur absolue que par habitant !

http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?codeTheme=10&codeStat=EN.ATM.CO2E.PC&codePays=DEU&optionsPeriodes=Aucune&codeTheme2=10&codeStat2=EN.ATM.CO2E.PC&codePays2=FRA&optionsDetPeriodes=avecNomP&langue=fr

Le rapport est même de 10 ( ! ) s’agissant de production électrique.

Le rapport de l’OFATE signale qu’en Allemagne, à ce jour, ni méthodologie commune, ni système de suivi n’ont été introduits sur le plan juridique. Les dépenses financières spécifiques au climat ne font pas partie des rapports budgétaires du gouvernement ou des intermédiaires financiers publics. En outre, les informations sur l’investissement privé sont fragmentées et insuffisantes. 

En France, les définitions et la méthodologie de suivi sont établies par la loi. Les données sont fournies par des enquêtes régulières ciblées, menées par des agences publiques. Toutefois, il reste difficile d’intégrer, avec précision, certains domaines d’investissement au panorama. Ceci concerne notamment les investissements réduisant les émissions de GES, qui ne sont pas induites par la combustion d’énergie, tels les investissements dans l’agroécologie ou la forêt. 

Malgré les différences de méthodologie pour lesquelles la France serait bien plus vertueuse, il est possible de faire plusieurs observations pertinentes sur la façon dont la France et l’Allemagne financent leurs transitions énergétiques : en Allemagne, les prêts à conditions avantageuses jouent un rôle important dans le financement de la transition énergétique. En France, par contre, on a recours à des instruments diffus. La banque de développement appartenant à l’État allemand (KfW) joue un rôle crucial dans le financement de la transition énergétique. Elle débourse 32 millions d’euros en prêts à conditions avantageuses pour les ménages, les entreprises et les acteurs publics, par le biais des succursales locales des banques privées, permet- tant d’accéder facilement à du capital pour des projets de différentes tailles. En France, la pratique de la « rétroces- sion » est moins développée. Différents acteurs s’appuient sur des instruments divers, tels que les obligations, les prêts à conditions avantageuses directement déboursés par les institutions financières appartenant à l’État, les aides, la dette commerciale, le financement par le bilan et autres. La part élevée d’investissements diffus reflète la difficulté d’attirer des investissements privés pour des projets de petite taille, en France. 

Dans les deux pays, le secteur du bâtiment attire la plus grande partie des investissements. Toutefois, ce secteur représente aussi le défi le plus important dans chacun des deux pays. D’après les évaluations, aucun des deux pays n’atteint ses objectifs spécifiques. Provenant essentiellement de sources publiques, les investissements dans le secteur des transports occupent la deuxième position en France. À l’inverse, ils ne sont pas à une place élevée en Alle- magne. La faible part des investissements dans les transports en Allemagne ne reflète pas une situation structurelle. Elle est plutôt la conséquence de l’absence de méthodologie permettant la prise en compte des investissements spé- cifiques au climat dans les infrastructures de transport. Les investissements dans la production et le transport d’énergie arrivent en seconde position en Allemagne et en troisième position en France, les investissements dans les installations d’énergies renouvelables étant en baisse depuis 2010 dans les deux pays. Enfin, les investissements dans la décarbonation du secteur industriel ne jouent pas un rôle très important, probablement en raison des prix bas sur le marché carbone EU-ETS. Au vu de l’évolution de la réduction des émissions GES, il est manifeste que, dans les deux pays, des efforts beaucoup plus importants sont requis pour atteindre les objectifs 2050. 

En ces temps de COVID-19, respectons tous la distanciation sociale et rendons hommage aux soignants à 20h00 tous les soirs. Bon courage à tous…

<https://energie-fr-de.eu/fr/systemes-marches/actualites/lecteur/note-de-synthese-externe-sur-le-panorama-des-investissements-dans-la-transition-energetique-en-france-et-en-allemagne.html?file=files/ofaenr/04-notes-de-synthese/02-acces-libre/05-efficacite-et-flexibilite/2019/IKEM_I4CE_OFATE_Panorama_investissements_transition_energetique_FR_DE_1930.pdf>

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Mar 13

Dix marchés technologiques prioritaires pour la France

Le gouvernement vient de sélectionner 22 marchés clés, dont 10 prioritaires parmi lesquels l’hydrogène, les technologies quantiques ou la santé digitale. 

Le Ministre de l’Economie et des Finances conjointement à la Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation avaient confié la mission à un collège d’experts construit autour du Conseil de l’innovation d’établir une stratégie ambitieuse et sélective pour déclencher une nouvelle dynamique industrielle et entrepreneuriale sur des marchés émergents. La construction de stratégies d’accélération pour ces marchés, et la sélection de marchés prioritaires sur lesquels concentrer l’action publique, seront un élément clef du Pacte productif. Le rapport correspondant a été récemment remis aux 2 ministres.

La démarche s’est structurée autour de quatre enjeux sociétaux fondamentaux :

  • favoriser une alimentation saine et durable et contribuer à la souveraineté alimentaire mondiale 
  • préserver et développer la santé et le bien-être de nos citoyens, notamment en ce qui concerne l’accompagnement du vieillissement de la population, le traitement des maladies chroniques et rares, et la réponse au problème des déserts médicaux 
  • protéger l’environnement et assurer notre transition écologique et énergétique, en particulier vers une mobilité sans énergie fossile 
  • assurer notre souveraineté dans le numérique, qui est au cœur de la protection et la sécurisation de nos vies privées sur internet et du développement de l’économie et de l’éducation

Afin d’identifier les marchés émergents associés, l’ensemble des parties prenantes a été consulté pour construire une approche commune. Ainsi, les écosystèmes d’innovation (pôles de compétitivité, SATT, incubateurs, IRT/ITE, réseaux French Tech), start-ups, représentants de la recherche publique, Ministères, opérateurs publics, Régions et l’Académie des Technologies ont été mobilisés. Ont été identifiés 22 marchés émergents, dont 10 prioritaires, sur lesquels la France a le potentiel pour jouer un rôle de leader à l’échelle mondiale et appelant une concentration des moyens. Ces marchés ont pour caractéristiques communes : 

  • de répondre à ces enjeux sociétaux et de comporter une forte dominante technologique ; 
  • d’être en phase de structuration à l’échelle nationale et européenne sur des domaines en croissance où la France dispose d’avantages compétitifs ; 
  • de faire face à des barrières à l’entrée importantes (capitalistiques, réglementaires, technologiques, de compétences) ; 
  • parfois, la criticité des enjeux en matière de souveraineté est venue abonder en faveur d’une priorisation. 

L’intervention des pouvoirs publics se justifie dans l’ensemble de ces marchés à travers des «stratégies d’accélération» qui devront être conçues dans une approche systémique : de l’amont à l’aval, en agissant sur l’ensemble des leviers pertinents, qu’il s’agisse du soutien à la R&D, de maturation des technologies, de déploiement, ou encore de capital-humain, d’attractivité et de promotion à l’international. Dans ces actions, nous avons considéré le levier européen, notamment dans ses dimensions d’accélération, de normalisation et surtout de masse critique indispensable sur certains marchés peu profonds à l’échelle française. Le collège d’experts s’est penché prioritairement sur les marchés pouvant faire l’objet de stratégies combinées, nationales et européennes, excluant ainsi les marchés pour lesquels le levier d’action principal est à porter au niveau de l’Union Européenne. 

LES 10 MARCHÉS PRIORITAIRES 

  1. L’agriculture de précision et les agroéquipements ;
  2. L’alimentation durable pour la santé ;
  3. Le biocontrôle animal et végétal ;
  4. La santé digitale ;
  5. Les biothérapies et la bioproduction de thérapies innovantes ;
  6. L’hydrogène pour les systèmes énergétiques ;
  7. La décarbonation de l’industrie ;
  8. Les nouvelles générations durables de matériaux composites ;
  9. Les technologiques quantiques ;
  10. La cybersécurité. 

A ces 10 marchés prioritaires s’ajoutent 12 autres marchés présentant des enjeux sociétaux et technologiques nécessitant la poursuite des actions de soutien public, voire ultérieurement l’élaboration de stratégies d’accélération. 

  1. Les carburants durables ;
  2. Les infrastructures de stockage et de traitement des données ;
  3. L’éolien en mer ;
  4. Les nouvelles générations de photovoltaïque ;
  5. Le bâtiment innovant ;
  6. Le recyclage des matériaux de construction ;
  7. Le recyclage et la valorisation des déchets ;
  8. Les produits biosourcés ;
  9. L’e-learning et les edtech ;
  10. La fabrication additive ;
  11. Les batteries pour véhicules électriques ;
  12. La microélectronique hardware et software embarqué.

Les travaux ont aussi permis de mettre en évidence plusieurs enjeux transversaux à l’ensemble des marchés. 

En premier lieu, le soutien aux technologies diffusantes (IoT, robotique-cobotique, cloud) constitue un facteur clé de l’accroissement de la performance de nos processus industriels. Caractérisées par un rôle de diffusion dans l’économie, elles permettent d’optimiser les processus, raccourcir les délais et renforcer la sécurité. Si les acteurs français ne sont pas nécessairement bien positionnés sur certaines briques technologiques, l’acculturation des PME et ETI, la possibilité de personnaliser (« customiser ») des technologies existantes est fondamentale pour réinventer et optimiser les processus industriels. 

Deuxièmement, revient le sujet du financement de la croissance des entreprises innovantes : la croissance de nos entreprises technologiques passe par un financement suffisamment important et rapide. A défaut de prise en compte de ces éléments, la France demeurera dans un rôle d’incubation d’entreprises innovantes à fort potentiel qui feront l’objet de rachats par les grands groupes mondiaux étrangers. 

Enfin, l’accompagnement de ces transitions nécessite d’agir en profondeur sur les compétences, en adaptant au plus tôt les cursus, en développant les formations au cours de la vie et en promouvant une politique des talents, y compris dans sa dimension internationale. 

https://www.economie.gouv.fr/remise-rapport-faire-france-economie-rupture-technologique

https://www.economie.gouv.fr/files/Rapport_college_experts_06_02.pdf

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Mar 06

Baromètre des énergies marines

EurObserv’ER a présenté une étude synthétique sur la filière des énergies marines qui est en pleine effervescence avec un nombre significatif de prototypes immergés ces trois dernières années, que ce soit au large des côtes britanniques ou de la Bretagne, en mer du Nord ou en mer Méditerranée. Dans cette course à l’océan, l’énergie des courants a un temps d’avance sur l’énergie des vagues et les autres technologies. 

Les zones économiques exclusives de tous les États de l’Union européenne, Royaume-Uni inclus, représentent un domaine maritime de plus 25 millions de km2, soit la plus grande zone au monde, et offrent de fait un potentiel de valorisation énergétique gigantesque. L’industrie européenne des énergies marines estime que 100 GW de capacités utilisant l’énergie des vagues et des courants marins peuvent être déployés en Europe d’ici 2050. Cette puissance pourrait répondre à 10 % des besoins électriques européens actuels. Certaines technologies marines, comme l’énergie des courants ou le marnage, (voir ci-dessous) ont pour elles l’avan- tage d’une prédictibilité de leur produc- tion à venir supérieure à celle de l’éolien. L’énergie des vagues présente un autre atout : elle est plus abondante en hiver, durant la période la plus gourmande en consommation électrique. 

Selon la publication Energy Technology Perspectives 2012 de l’Agence internationale de l’énergie (International Energy Agency – IEA), les énergies marines pourraient afficher une puissance mondiale installée de 337 GW en 2050 avec environ 30 % (101 GW) provenant des courants marins et 70 % (236 GW) issus des vagues. Ce chiffre peu paraître faible en comparaison de ceux du photovoltaïque, qui a déjà franchi en 2018 le cap des 500 GW raccordés, ou avec l’éolien qui a atteint début 2019 le cap des 600 GW (591 GW fin 2018 selon le Global Wind Energy Council (GWEC). 

Il n’en reste pas moins qu’à l’échelle de certains pays côtiers ou insulaires comme le Royaume-Uni, la contribution potentielle des énergies marines est loin d’être négligeable dans l’optique d’une décarbonisation totale du mix électrique et justifie les efforts actuellement menés par les développeurs. 

Les énergies marines : un jeu à 5 familles

Les énergies marines comprennent cinq familles distinctes regroupant chacune des technologies spécifiques. 

Historiquement, L’ÉNERGIE MARÉMOTRICE (tidal range energy), est la première énergie océanique à avoir été déployée en Europe. Elle représente l’énergie poten-ielle liée à la marée, plus précisément à la différence de hauteur entre la pleine et la basse mer (le marnage). Elle est exploitée grâce à la construction d’un barrage équipé de turbines (les mêmes que celles utilisées dans les barrages hydroélectriques) situé dans une baie ou un estuaire. C’est le flux et le reflux de la marée qui permettent alternativement de remplir ou de vider la retenue d’eau en actionnant des turbines qui produisent de l’électricité. Les usines marémotrices, à l’instar des barrages hydroélectriques, peuvent également être équipées d’un système de pompage-turbinage pour augmenter la réserve d’eau stockée qui augmentera la production lors du reflux. C’est le cas de l’unique usine marémotrice en activité dans l’Union européenne et qui est située en Bretagne, dans l’estuaire de La Rance. La puissance de l’installa- tion est de 240 MW dont une vingtaine de mégawatts dévolus au pompage- turbinage. D’autres projets utilisant cette technologie sont actuellement à l’étude. C’est le cas au Royaume-Uni avec le projet de Swansea Bay Tidal lagoon (320 MW). Il s’appuie sur une conception nouvelle, celle d’un lagon artificiel. Ce lagon fonctionnerait à la manière d’un lac artificiel en se remplissant d’eau à marée haute puis en se vidant par des sas équipés de turbines. 

L’ÉNERGIE DES COURANTS (tidal stream energy) exploite l’énergie cinétique des courants de marées et des courants océaniques. Elle est généralement captée par des machines de type hydroliennes. Ces dis- positifs qui s’apparentent à des éoliennes sous-marines sont posés sur les fonds marins ou arrimés (souvent par paire) sous une barge ou un flotteur. Selon Ocean Energy Europe, association européenne représentant les acteurs industriels du secteur, 18 projets étaient en activité durant l’année 2018, incluant 6 nouvelles machines immergées l’an passé en France, au Royaume- Uni et en Belgique pour une puissance cumulée de 3 678,5 kW. 

L’ÉNERGIE DES VAGUES OU ÉNERGIE HOULOMOTRICE (wave energy) est produite par le mouvement des vagues. Il existe une multitude de technologies pour convertir l’énergie des vagues en élec- tricité, comme l’utilisation de flotteurs ponctuels ou linéaires, de systèmes à déferlement ou encore de colonnes d’eau oscillantes. En 2018, selon les données de l’association Ocean Energy Europe, 24 pro- jets houlomoteurs étaient opérationnels sur les côtes de 9 pays de l’Union euro- péenne. Pas moins de 8 machines (répar- ties sur 7 projets) ont été immergées en 2018 en Italie, Royaume-Uni, France, Dane- mark et Grèce pour une puissance cumulée de 444,2 kW. 

L’ÉNERGIE THERMIQUE DES MERS (ETM ou OTEC en anglais pour ocean thermal energy conversion) exploite au sein d’un cycle thermodynamique classique la différence de température entre l’eau chaude de surface disponible dans certaines parties du globe (entre 25 et 30 °C) et l’eau froide des profondeurs (environ 4 °C à partir de 800 m). Cette technologie n’en est encore qu’au stade de démonstrateurs de faible puissance et son développement commercial est nettement moins avancé que celui des hydroliennes ou des houlomoteurs. Depuis quelques années, les projets actuels ETM se concentrent sur des installations terrestres plutôt que sur des installations flottantes technique- ment plus contraignantes. Naval Energies a installé en 2012 un prototype ETM à terre de 15 kW sur l’île de La Réunion et un banc d’essai en 2017 en Martinique dans le cadre du projet Marlin (porté par l’Ademe). L’énergie thermique des mers peut également être valorisée par d’autres procédés. En Espagne, le fournisseur de gaz Enagás a eu l’idée d’utiliser son terminal portuaire méthanier de regazéification de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le port de La Huelva au sud de pays. Il exploite ainsi sur son site une centrale de 4,5 MW qui utilise la différence de température entre l’eau de mer (qui sert de point chaud) et le gaz naturel liquéfié (qui sert de point froid) pour générer de l’électricité. L’énergie thermique des mers peut également être utilisée pour la production de chaleur ou de froid. Des projets de taille commerciale de systèmes de climatisation par eau de mer de type Swac (sea water air conditio- ning) sont déjà opérationnels en Europe. Ce procédé exploite la différence de température entre l’eau chaude de surface et l’eau froide des fonds marins, pompées grâce à des canalisations. Sur la côte, des échangeurs et des pompes à chaleur per- mettent de produire, selon les besoins, du chaud ou du froid. L’eau est ensuite acheminée vers les bâtiments pour les chauffer ou les climatiser. Ce procédé est notamment utilisé par la centrale Thalassia d’Engie inaugurée en 2016 dans le port de Marseille. Elle alimente en chaud et en froid l’ensemble des bâtiments qui lui sont raccordés grâce à un réseau de 3 km. À terme, le réseau devrait être relié aux 500 000 m2 de bureaux de l’écoquartier Euroméditerranée. 

La dernière énergie océanique recensée est L’ÉNERGIE OSMOTIQUE (salinity gradient) qui utilise l’énergie exploitable à partir de la différence de salinité entre l’eau de mer et l’eau douce. Phénomène naturel, l’osmose se caractérise par le transfert, à travers une membrane semi-perméable (perméable uniquement à l’eau), de l’eau depuis le milieu où elle est la moins concentrée en sel (eau douce) vers celui où elle est la plus concentrée (eau salée), jusqu’à l’équilibre des concentrations de part et d’autre de la membrane. La différence de salinité provoque un mouvement d’eau, qui exerce une pression dans le compartiment d’eau salée, pression qui peut être turbinée pour produire de l’électricité. À l’instar de l’ETM, cette technologie est encore en phase de développement. Un premier prototype de 4 kW a été testé en 2009 en Norvège par l’entreprise publique Statkraft, sur le site de Tofte au sud-ouest d’Oslo. Une variante technologique appelée “électrodialyse inverse” (reversed electro dialysis) a également été testée avec succès aux Pays-Bas sur la digue d’Afslui- tdijk, avec d’un côté la mer, et de l’autre, de l’eau douce. Opéré par la société Redstack depuis 2014, le démonstrateur néerlandais a une puissance de 50 kW et utilise 1 m3/s d’eau douce et autant d’eau de mer. L’entreprise ambitionne d’utiliser son procédé pour produire directement de l’hydrogène et d’augmenter la puissance à1MW. 

https://www.eurobserv-er.org/pdf/ocean-energy-barometer-2019-fr/

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