Juin 14

Systèmes de stockage d’électricité : situation en France et en Allemagne

Aussi bien en France qu’en Allemagne, des capacités de stockage d’électricité à grande échelle sont disponibles depuis de nombreuses années déjà, sous la forme de centrales de pompage-turbinage. En Allemagne, au cours des dernières années, on a assisté à un développement important de batteries de grande puissance, ainsi que de petits systèmes de stockage destinés à une optimisation de l’autoconsommation photovoltaïque des clients finals. En France, les accumulateurs ne sont pas encore aussi répandus. Leur utilisation fait actuellement l’objet d’essais dans le cadre de projets pilote. 

Prolongeons les réflexions sur le stockage de l’électricité en nous intéressant à un mémo franco-allemand, publié sous l’égide des deux ministères chargés des questions d’environnement, mémo qui présente un état des lieux de la question en France et en Allemagne.

Rappelons que le stockage d’électricité joue un rôle important pour une intégration réussie des énergies renouvelables au système électrique. D’une part, il peut garantir la mise à disposition d’une flexibilité pour la compensation des variations de charge et de production. D’autre part, il peut fournir des services système pour assurer la stabilisation du réseau électrique. Différentes technologies de stockage existent ; du fait des caractéristiques qui sont propres à chacune, ces technologies conviennent à des domaines d’application distincts. 

La figure 1 est une présentation des différentes technologies de stockage utilisées aujourd’hui. Elle illustre la phase de décharge en fonction de la capacité moyenne d’une technologie de stockage. La phase de décharge est le rapport entre l’énergie déchargée et la puissance de décharge. Ce graphique illustre clairement le fait que plusieurs technologies de stockage coexistent. Ces technologies se distinguent par leurs caractéristiques ou leurs caractéristiques techniques, telles que décrites ci-dessus ; par ailleurs, chacune de ces technologies présente des avantages et des inconvénients qui lui sont propres. 

En Allemagne, ce sont majoritairement des centrales de pompage-turbinage qui sont employées comme gros systèmes de stockage. En février 2018, leur puissance totale s’élevait à près de 10 GW pour une capacité d’environ 40 GWh en fonctionnement. Sont comprises dans ces chiffres les centrales du Luxembourg et d’Autriche qui injectent de l’électricité sur le réseau allemand. Sur cette base, la part des centrales de pompage-turbinage par rapport à la puissance de production installée totale en Allemagne s’élève donc à environ 5 %. Au cours des dernières années, on a assisté à un développement important des systèmes de batteries de grande puissance. La capacité réalisée et planifiée ou en construction pour ce type de systèmes s’élevait à environ 300 MWh en 2017 ; cette capacité a été multipliée par cinq depuis 2015. Les petits systèmes de stockage de l’énergie solaire destinés à l’optimisation de l’autoconsommation ne sont pas compris dans le graphique. 

Évolution de la capacité de batteries en Allemagne en fonction des affectations 

Fig

Évolution de la puissance nominale cumulée des batteries pour la mise à disposition de réserve primaire en Allemagne 

Employées en combinaison avec des installations photovoltaïques d’une puissance maximum de 30 kWc pour l’optimisation de l’autoconsommation, les petites batteries à domicile également ont connu une forte croissance au cours des dernières années en Allemagne. 

En France, les centrales de pompage-turbinage sont utilisées comme systèmes de stockage d’électricité à grande échelle. La puissance cumulée des centrales actuellement en service dans le pays s’élève à environ 5 GW avec une capacité de stockage de près de 200 GWh. La part des centrales de pompage-turbinage représente environ 4 % des capacités de production d’électricité installées totales. La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) française prévoit par ailleurs le développement de 1 à 2 GW de puissance supplémentaire d’ici à 2025 – 2030. Parallèlement à ces installations, une puissance de production s’élevant à environ 10 GW est mise à disposition par des centrales hydrauliques à accumulation. 

L’intégration ou l’utilisation de systèmes de batteries de grande puissance ne sont pas aussi développées en France qu’en Allemagne. Si l’on excepte les centrales de pompage-turbinage, la participation de systèmes de stockage au marché d’ajustement est limitée. Actuellement, il existe quelques projets de démonstration visant à étudier l’utilisation de systèmes de batteries pour la mise à disposition de flexibilités sur le réseau électrique. 

Principe de fonctionnement du projet de démonstration pour la maîtrise de saturations du réseau 

https://energie-fr-de.eu/fr/efficacite-flexibilite/actualites/lecteur/memo-sur-les-systemes-de-stockage-delectricite-presentation-et-etat-des-lieux-en-france-et-en-allemagne.html?file=files/ofaenr/04-notes-de-synthese/02-acces-libre/05-efficacite-et-flexibilite/2019/OFATE_memo_systemes_stockage_electricite_1901.pdf

Signalons aussi …

La dimension stratégique de la transition énergétique. Défis et réponses pour la France, l’Allemagne et l’Union européenne

<https://www.ifri.org/sites/default/files/atoms/files/eyl-mazzega_mathieu_transition_energetique_ue_2019.pdf>

Mise en oeuvre du plan d’action stratégique sur les batteries : créer une chaîne de valeur stratégique des batteries en Europe

<https://eur-lex.europa.eu/resource.html?uri=cellar:72b1e42b-5ab2-11e9-9151-01aa75ed71a1.0003.02/DOC_1&format=PDF>

<https://eur-lex.europa.eu/resource.html?uri=cellar:72b1e42b-5ab2-11e9-9151-01aa75ed71a1.0003.02/DOC_2&format=PDF>

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Juin 07

Où vont les néo-étudiants après le baccalauréat ?

Une étude de l’INSEE nous éclaire sur la mobilité des bacheliers qui rentrent dans l’enseignement supérieur.

Après le baccalauréat, à l’entrée dans l’enseignement supérieur, 6 bacheliers sur 10 choisissent une formation dans une autre zone d’emploi que celle où ils étudiaient en terminale. Cette mobilité dépend de la diversité de l’offre locale de formation. Elle varie aussi selon l’origine sociale des jeunes. 

Les différences sont marquées entre les territoires. Par construction, les jeunes issus d’un territoire n’offrant pas d’établissement du supérieur sont contraints de se déplacer, soit au sein de l’académie (pour 56% d’entre eux), soit dans une autre académie (44 %). La moitié d’entre eux déménage pour suivre ses études, l’autre moitié effectue des navettes quotidiennes entre son domicile et son lieu d’étude.

Au contraire, 8 bacheliers originaires d’un grand pôle universitaire sur 10 restent dans leur zone d’emploi d’origine. Les mobilités sont un peu plus souvent associées à une sortie d’académie et à des déménagements. 

En plus des mobilités, l’offre locale impacte l’orientation des bacheliers : ceux qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas se déplacer s’orientent de facto vers les formations proposées sur leur territoire. Ainsi, les jeunes issus d’un territoire offrant uniquement des formations de proximité s’orientent un peu plus vers les IUT et les STS. À l’inverse, ceux originaires d’un territoire sans formation sont contraints à une mobilité, mais sont moins influencés dans leur orientation. Dans ce cas, les formations universitaires hors santé sont largement plébiscitées au détriment des STS. 

Au-delà des effets des disparités géographiques, les choix d’orientation diffèrent selon l’origine sociale de l’étudiant. L’origine sociale joue sur les résultats scolaires, la série de baccalauréat ou la mention obtenue, la connaissance des filières post-bac et les aspirations des jeunes. 

Les changements d’académie à l’entrée dans l’enseignement supérieur sont en revanche moins fréquents : ilsconcernent seulement 2 bacheliers sur 10 et dans un peu plus de la moitié des cas, ils s’accompagnent d’un déménagement. Ces mobilités concernent principalement des académies limitrophes. 

<https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/version-html/3688229/ip1727.pdf>

<https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/3688229/ip1727.xls>

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Mai 31

Numérique et santé

Le numérique est partout. Mais le numérique n’existe que par ses usages. Notamment dans la santé, thématique qui nous offre deux récents exemples de réflexion voire d’adaptation à la transition numérique (qui ne doit laisser personne sur le bord de la route !).

C’est d’abord l’OPECST qui publie le rapport relatif à l’audition sur le thème : « Intelligence artificielle et données de santé : quelle collecte, quel accès aux données, pour quelles améliorations diagnostiques et thérapeutiques ?« .

C’est ensuite le ministère chargé de la santé qui a dévoilé sa feuille de route pour Accélérer le virage numérique.

Dans son éditorial, la ministre des solidarités et de la santé signale que le numérique en santé doit relever d’immenses défis. 

Mais le monde du numérique est complexe, il est difficile de l’appréhender dans son ensemble, alors même que chacun est appelé à en devenir acteur. L’Etat ne doit pas seulement réguler, il doit donner du sens. Et dans ce domaine, les données de santé sont devenues un enjeu majeur. 

Il importe avant tout de garantir la confiance. C’est pourquoi l‘exigence éthique sera présente à tous les niveaux, depuis les grands principes jusqu’à l’utilisation des outils numériques. 

Car il s’agit à la fois de protéger et décloisonner les données. Le système de santé se transforme autour des parcours mobilisant les professionnels de la santé et du secteur médico-social. Les systèmes d’information doivent évoluer vers plus de sécurité et d’interopérabilité. 

Le numérique en santé doit donner lieu à un grand programme de niveau national, qui doit rassembler l’ensemble des acteurs. Le projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé contient plusieurs mesures phares, comme l’Espace Numérique de Santé, la plateforme des citoyens, ou encore le Health Data Hub, la plateforme des données de santé. 

La présente feuille de route fixe les grandes orientations de la politique du numérique en santé. Parce qu’il s’agit d’une politique qui prend en compte toutes les dimensions du système de santé, elle sera assortie d’un programme opérationnel structurant.

Cette feuille de route présente cinq orientations, se déclinant en 26 actions, pour accélérer le virage numérique.

1 – Renforcer la gouvernance du numérique en santé 

Le pilotage de l’ensemble des chantiers de transformation numérique sera assuré par la délégation ministérielle du numérique en santé (« DNS »), rattachée directement à la ministre des Solidarités et de la santé. Elle assurera un pilotage resserré de l’agence du numérique en santé (« ANS »), dont la mission sera centrée sur la mise en œuvre opérationnelle de la politique du numérique en santé (action 1). 

Afin d’impliquer tous les acteurs, les grandes orientations de la politique du numérique en santé seront débattues au sein du Conseil du numérique en santé (action 2). La délégation s’appuiera également sur une cellule d’éthique pour inscrire son action dans un cadre de valeurs humanistes. 

La doctrine technique de la feuille de route du virage numérique de Ma santé 2022 et le schéma d’architecture qui lui sera associé, seront mis à la concertation en septembre et publiés en décembre, puis mis à jour régulièrement (action 3). 

2 – Intensifier la sécurité et l’interopérabilité des systèmes d’information en santé 

Améliorer l’identification numérique des acteurs de santé, c’est-à-dire de tous les professionnels concourant aux systèmes d’information de santé, est une condition indispensable au bon fonctionnement des systèmes d’information de santé. Pour ce faire, l’identification numérique issue d’un même référentiel national sera généralisée (action 4). La dématérialisation des moyens d’authentification (action 5) permettra de sécuriser l’accès aux téléservices, avec en particulier l’appli carte Vitale ou la e-CPS. 

Afin d’assurer la continuité des parcours, un même patient devra être reconnu dans tous les systèmes informatiques de manière unique. Pour ce faire, le déploiement de l’identifiant national de santé (INS) sera accéléré (action 6). La mise à disposition de l’appli carte Vitale (action 7) permettra l’authentification numérique des usagers du système de santé. 

Au-delà des problématiques d’accès et de sécurité, afin que tous les systèmes anciens ou nouveaux puissent communiquer, une étude sur l’opposabilité des référentiels d’interopérabilité communs sera lancée (action 8). Un accompagnement des acteurs concernés sera mis en place pour assurer la convergence. 

Pour se prémunir collectivement des risques, tous les acteurs de santé pourront bénéficier du dispositif de déclaration des incidents de sécurité. Un service national de cyber-surveillance en santé sera déployé (action 9). 

3 – Accélérer le déploiement des services numériques socles 

La feuille de route comporte quatre principaux services pour échanger et partager les données de santé en toute confiance : 

  • Le déploiement du DMP, Dossier Médical Partagé, sera poursuivi pour stocker toutes les données qu’il est utile de partager, entre le patient et les professionnels qui le prennent en charge tout au long de son parcours (action 11). 
  • L’usage des messageries sécurisées de santé pour sécuriser l’échange d’information de santé entre professionnels sera élargi et accompagné (action 12). 
  • La e-prescription sera développée pour simplifier et sécuriser le circuit de transmission de l’ordonnance depuis la prescription jusqu’à la dispensation par le pharmacien (action 13). 
  • Les services numériques territoriaux de coordinations de parcours inscrits dans le programme e-parcours seront déployés (action 14).

Ces services se déploieront suivant leur propre calendrier, mais tous dans une même vision d’ensemble, un même schéma d’urbanisation. 

4 – Déployer au niveau national des plateformes numériques de santé 

Ces plateformes constitueront un réceptacle aux applications proposées par les acteurs publics et privés qui s’y inscrivent. L’objectif est simple : permettre aux usagers et professionnels de santé de trouver leurs repères dans des espaces numériques fiables et simples d’accès. 

Dans une vision d’ensemble, les pouvoirs publics organiseront la mise en œuvre de trois plateformes pour gagner en agilité toute en conservant une souveraineté par la maitrise des règles d’urbanisation, d’interopérabilité, de sécurité et d’éthique : 

L’Espace Numérique de Santé permettra à chaque citoyen, acteur du système de santé, de choisir et d’accéder à des services numériques de santé dans un cadre sécurisé et avec une navigation fluide (action 15). 

Les professionnels pourront quant à eux accéder à une plateforme de bouquets de services communicants (action 16). 

En rassemblant les données de santé dans un même schéma d’urbanisation sécurisé, les pouvoirs publics se donneront les moyens de les analyser à grande échelle au bénéfice de tous. C’est l’objectif du Health Data Hub, la plateforme des données de santé, en cours de déploiement (action 17). 

Ces espaces numériques se constitueront étape par étape, avec l’évolution de services existants, grâce à des méthodes de co-conception et via des appels à projet. 

5 – Stimuler l’innovation et favoriser l’engagement des acteurs 

Des grands programmes d’investissement concourront aux objectifs de la politique nationale, tels le programme HOP’EN pour le soutien aux systèmes d’information hospitaliers (action 19) et le plan « Etablissements et services sociaux et médico-sociaux (ESMS) numérique » (action 20) pour aider les structures médico-sociales à s’inscrire pleinement dans le virage numérique. 

L’innovation en matière de services numériques en santé sera encouragée via la création du « Lab e- santé » (action 23). Son rôle sera d’identifier, de faire émerger et de diffuser de nouveaux concepts, technologies, solutions et usages en matière de e-santé, et d’aiguiller les acteurs du marché dans l’ensemble des dispositifs existants. 

Enfin, tous les acteurs seront invités à débattre autour de la politique nationale du numérique en santé et de ses modalités de mise en œuvre. Avec le « tour de France de la e-santé » (action 25), des rencontres seront organisées dans tous les territoires, sur une période de six mois. Au sein « d’ateliers citoyens du numérique en santé » (action 26), les usagers pourront définir les besoins de leur futur Espace Numérique de Santé, valider les principes ergonomiques et tester les premières maquettes. 

http://www.assemblee-nationale.fr/15/rap-off/i1795.asp

<https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/190425_dossier_presse_masante2022_ok.pdf>

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Mai 24

Stocker l’électricité : un impératif majeur.

Depuis très longtemps, je pense que le jour où on aura réussi à trouver un dispositif efficace et efficient de stockage de l’énergie, notamment électrique, de nombreux problèmes du monde seront sinon totalement résolus au moins très atténués, que ces problèmes soient environnementaux, géopolitiques, économiques, sociétaux, … Des progrès en la matière ont été faits ces dernières décennies, en particulier grâce au développement de la mobilité, ordinateurs puis téléphones puis véhicules puis ….

Saluons donc deux travaux récents, l’un sur le stockage de l’électricité, issu de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), et l’autre (présenté dans le prochain article de ce blog) portant une analyse critique des travaux de l’ADEME sur l’évolution du Mix électrique jusqu’en 2060, issu de l’Académie des technologies.

Sous cette nouvelle législature, l’OPECST a limité drastiquement l’ouverture au public de ses auditions, ce qui est regrettable, mais a proposé une nouvelle forme intéressante de « livrable » sous la forme de fiche de 4 pages sur des sujets de société.

La dernière fiche produite, dont quelques éléments sont repris ci-dessous, concerne le stockage de l’électricité.

L’électricité a ceci de particulier qu’elle doit être utilisée (ou stockée) lorsqu’elle est produite. Stocker l’électricité, c’est transformer l’énergie électrique en une autre forme d’énergie, puis transformer de nouveau cette dernière en électricité, avec des pertes inévitables lors de chaque conversion. Chaque mode de stockage possède des caractéristiques qui déterminent son champ d’applications pratiques. La fiche de l’OPECST en cite principalement trois : les STEP, les batteries et l’hydrogène. 

Les STEP (Stations de transfert d’énergie par pompage) sont formées de deux bassins situés à des altitudes différentes entre lesquels est placé un groupe hydroélectrique qui peut fonctionner comme un ensemble pompe-moteur ou turbine-alternateur. Le bassin supérieur est alimenté par pompage de l’eau du bassin inférieur quand le prix de l’électricité est bas. Lorsque la demande électrique et le prix de l’électricité augmentent, les STEP injectent de l’électricité sur le réseau en turbinant l’eau du bassin supérieur. Technique maîtrisée, qui permet un stockage massif d’énergie couplé à des puissances élevées tout en offrant un bon rendement, les STEP sont le mode de stockage de l’électricité le plus répandu en France et dans le monde. Elles permettent par ailleurs de produire une électricité décarbonée (lorsque la phase de stockage a été alimentée en énergie décarbonée comme c’est le cas en France). 

L’hydrogène est le troisième vecteur stratégique de stockage de l’électricité. Les technologies power-to-gas permettent de produire, par électrolyse de l’eau, un hydrogène qui pourra alimenter des piles à combustibles (PAC), remplacer dans certaines filières industrielles l’hydrogène issu du vapo reformage du méthane ou être injecté directement dans les réseaux de gaz. 

Moyen de stockage en fort développement, les batteries convertissent l’énergie électrique en énergie chimique et réciproquement. On en distingue plusieurs familles en fonction du couple oxydo- réducteur impliqué dans les réactions électrochimiques, des classiques accumulateurs au plomb aux batteries Sodium-Soufre (Na-S), Lithium- Soufre (Li-S) ou Nickel-Cadmium (Ni-Cd), en passant bien sûr par toute la gamme des batteries Lithium-ion. Ces dernières ont constitué à partir des années 1990 une rupture technologique permettant d’envisager des applications allant du stockage stationnaire à l’alimentation des appareils électroniques, en passant par la mobilité. Ces batteries offrent des performances croissantes en termes de densité énergétique, ainsi qu’un très bon rendement (90-95 %), des coûts de revient en baisse et un niveau de sécurité satisfaisant. 

Le stockage de l’électricité apparaît comme une nécessité pour accomplir la transition énergétique. La France est engagée dans la diversification de son mix électrique. Or, le remplacement de moyens de production nucléaires ou thermiques, dont le niveau peut être ajusté à la hausse comme à la baisse, par des moyens éoliens et solaires non « commandables » implique un accroissement sensible des besoins de flexibilité du système électrique. C’est dans ce contexte que s’inscrit la réflexion sur les liens entre stockage de l’électricité et gestion du système électrique. 

La fiche traite ensuite des scénarios pour quantifier les besoins de stockage futurs, notamment ceux de RTE qui a élaboré 4 scénarios à l’horizon 2025.

En résumé cette fiche insiste sur 3 points :

  • Au niveau mondial, le stockage de l’électricité est appelé à se développer dans un contexte de fort essor des énergies renouvelables (EnR) variables. 
  • Les simulations montrent toutefois que les besoins de stockage stationnaire resteront limités dans le cas de la France du fait de la flexibilité de notre système électrique et de son interconnexion au système européen. C’est seulement après 2035, si devait se mettre en place un mix électrique composé quasi exclusivement de moyens de production renouvelables, que des besoins de stockage significatifs, notamment inter-saisonniers, pourraient apparaître. 
  • Le stockage de l’électricité se trouve par ailleurs au cœur de l’essor de formes de mobilité durable, dès maintenant pour la mobilité électrique, à plus long terme pour ce qui concerne une mobilité de masse à l’hydrogène. 

Conseil de l’innovation et stockage de l’énergie haute densité

Pour compléter, signalons aussi que le Conseil de l’innovation du 13 décembre 2018 a retenu un grand défi sur la thématique de la transition écologique et du développement durable « Comment développer le stockage de l’énergie haute densité pour une mobilité « zéro fossile » ? » doté de 30 M€

Ce défi a pour objectif de favoriser le développement et l’utilisation de technologies de stockage d’énergies nouvelles pour une mobilité durable. Il s’agit, pour chacune des disciplines scientifiques de développer de nouveaux paradigmes en utilisant comme vecteur commun la transition énergétique et de fédérer les forces de filières pour développer un stockage haute densité intégré et adapté à chaque type de véhicules. Les énergies et puissances nécessaires varient fortement en fonction des applications (terrestre, ferroviaire, maritime, aérien) et de leur profil d’utilisation (rayon d’action, vitesse, charge utile). L’objectif final est d’être en mesure de proposer pour industrialisation des sous-systèmes à forte valeur ajoutée pour le développement de véhicules routiers, ferroviaires, marins ou aéronautiques à propulsion « zéro-fossile ». 

Le but de ce défi est d’ouvrir les marchés de nouvelles solutions de mobilité durable en s’appuyant sur une sélection de technologies de stockage d’énergie en rupture et très performantes (chimie des batteries, pile à combustible, stockage dense de l’hydrogène, super capacités, …) mais aussi sur l’intégration concrète des travaux réalisés par d’autres filières, notamment la filière automobile, pour les véhicules à très fort besoin énergétique. 

http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/opecst/quatre_pages/OPECST_2019_0009_note_stockage_electricite.pdf

https://www.entreprises.gouv.fr/node/177683?language=es

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Mai 17

Remettre la science au sein de la société

Dans la perspective de la 45ème édition du sommet du G7, qui se tiendra à Biarritz du 25 au 27 août prochains, les académies des sciences des pays membres viennent de remettre à leurs gouvernements respectifs trois déclarations conjointes pour les alerter sur les enjeux scientifiques qu’elles ont jugés prioritaires.

Patrick Flandrin, vice-président Académie des sciences (France), Sébastien Candel, ancien président Académie des sciences (France), Cédric Villani, OPECST, Pierre Corvol, président Académie des sciences (France), Philippe Baptiste, directeur du cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

Science et confiance

Les changements technologiques et les besoins d’innovation croissants de notre époque exigent une confiance sans faille de la société envers la science, plus particulièrement dans un contexte où l’espace public voit l’expression de sources d’information à la fiabilité contestable. Cultiver le dialogue de confiance entre le public, la classe politique et la sphère scientifique apparaît essentiel pour permettre à la science de remplir son rôle auprès de tous : conseiller, alerter et guider les choix de chacun comme les décisions politiques sur les sujets à fort contenu scientifique. Les académies recommandent dans ce domaine de promouvoir dès le plus jeune âge un enseignement des sciences apte à conférer aux élèves un esprit critique, la capacité de conduire un raisonnement, de mener des expériences scientifiques et de comprendre les bénéfices de la science et le monde qui les entoure. La déclaration des académies met en avant la nécessité, pour la communauté scientifique, de garantir à la recherche l’application de ses principes fondamentaux en matière d’éthique, d’intégrité et de responsabilité. 

Intelligence artificielle et société

Les progrès de l’intelligence artificielle (IA) ont déjà conduit à des résultats remarquables – reconnaissance vocale, classification d’images, véhicules autonomes, systèmes d’aide à la décision…- qui ont bénéficié à nos sociétés dans de nombreux domaines. Cette évolution fulgurante en fait aujourd’hui une technologie susceptible de transformer en profondeur notre vie quotidienne. Les sept académies soulignent les potentiels avantages économiques de l’IA, et relèvent à cet égard la nécessité, afin de faire partager ses bénéfices à l’ensemble de la société, de mener une gestion prudente et de se préparer aux transformations qu’elle va engendrer, notamment dans le secteur de l’emploi. Elles insistent sur le fait que les systèmes et les données de l’IA doivent être fiables, sûrs et sécurisés. Ainsi les données personnelles ne doivent pas être mises à la disposition de tiers sans autorisation. Un ensemble de mesures sont nécessaires pour mettre au point des systèmes d’IA explicables, familiariser les jeunes générations à l’IA, concevoir et développer des recherches interdisciplinaires afin de tirer le maximum des bénéfices sociétaux de l’IA. Les académies recommandent par ailleurs un débat de politique publique sur l’application de l’IA aux armes létales autonomes qui pourrait être selon elles examinée par les organes compétents de l’ONU.

Science citoyenne à l’âge de l’Internet 
La science citoyenne désigne « la recherche menée par des citoyens qui ne sont pas des scientifiques professionnels ». Elle regroupe deux composantes : la recherche participative et la science hors les murs. La première repose sur la contribution de personnes sans formation scientifique initiale poussée, qui prennent part, en tant qu’amateurs, à des projets de recherche, notamment à travers la collecte de données de terrain. La seconde implique des personnes de solide formation scientifique, qui exercent leur activité en dehors des murs des systèmes de recherche professionnels. A la faveur de l’avènement des nouvelles technologies de communication et de la démocratisation du savoir, la science citoyenne connait actuellement un fort dynamisme. Les sept académies encouragent ces deux types de recherche, qu’elles estiment devoir être soutenues par des financements spécifiques. Elles recommandent de promouvoir le co-développement de la science citoyenne et de la recherche menée en laboratoire et soulignent la nécessité de valider les résultats obtenus et de s’assurer que les critères indispensables d’honnêteté, de fiabilité, et d’éthique leur soient bien appliqués. Elles insistent sur l’effort majeur à conduire dans le domaine de l’éducation et de la formation, pour amener les jeunes générations à prendre part dans les meilleures conditions à d’éventuelles activités scientifiques, dans un cadre professionnel ou citoyen. Elles incitent à mettre en place des mesures pour s’assurer que la science citoyenne ne déroge pas aux règles éthiques ou de sécurité.

Les représentants des académies du sommet du G7 réunis à la Fondation del Duca

https://www.academie-sciences.fr/fr/Actions-interacademiques/academies-des-sciences-du-g7-2019.html

https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/Science_and_trust_G7_2019_FR.pdf

https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/AI_G7_2019_FR.pdf

https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/Citizen_G7_2019_FR.pdf

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